Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=709600
images/icones/ancre2.gif  ( 709600 )Cardinal Ricard : le Pape idéal n'existe pas par Paterculus (2013-03-08 16:51:17) 


Rome: Le collège veut un pape pasteur et homme de gouvernement, assure le cardinal Ricard
"Le pape idéal n’existe pas", estime l’archevêque de Bordeaux
Rome, 8 mars 2013 (Apic) Le nouveau pape devra être un "pasteur", fer de lance de la nouvelle évangélisation, mais aussi "un homme de gouvernement". C’est ce qu’attendent de lui les cardinaux réunis en congrégations générales, a assuré le 8 mars 2013 le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux. Il a souligné au passage que le "pape idéal" n’existait pas.


Votre dévoué Paterculus
images/icones/1b.gif  ( 709603 )C'est curieux... par Fennec (2013-03-08 16:57:48) 
[en réponse à 709600]

J'aurais pensé qu'un saint pape était bien un pape idéal...
Je suis bien trop naïf !
images/icones/livre.gif  ( 709670 )encore du Santo Subito ? ... se méfier d'Il Santo par Luc Perrin (2013-03-08 20:27:40) 
[en réponse à 709603]

de grâce ... avant même l'élection, vous faîtes fort !

Célestin V était un saint moine mais fut un pape calamiteux, de son propre aveu.


Bien plus utile est de relever cette demande constante pour "un homme de gouvernement" sous-entendu après 9 ans d'une ecclésiologie de communion molle où le pape a dit des choses justes, a pris quelques mesures, a donné l'exemple par sa personne (en néo-liturgie par ex.) mais a manqué d'être suffisamment un "homme de gouvernement", sans que le cardinal Bertone ne le soit en substitution ni les préfets de dicastère.

A mon sens, le collégialisme a montré ses limites : le collège des évêques a absolument besoin d'un chef, Vatican II le dit d'ailleurs. Le collège ne se suffit pas à lui même et le pape n'est pas un patriarche primus inter pares avec les évêques : c'est le rêve, je sais, d'une grande partie des ecclésiologues occidentaux, de quelques non-occidentaux aussi du côté du Congo-Zaïre et de l'Inde et de quelques puissants ordres religieux, mais ce n'est pas ce qui convient à la gravité des défis posés au catholicisme contemporain dans ce même Occident mais aussi ailleurs, notamment par la poussée des mouvements évangéliques et néo-pentecôtistes et des syncrétismes variés.


Par ailleurs, j'invite chacun à lire le roman étonnamment prémonitoire d'un grand esprit du modernisme italien sous saint Pie X, Antonio Fogazzaro, un sénateur italien, écrivain de renom en son temps : Il Santo (1905).
Le livre est véritablement un manuel- livre programme pour subvertir l'Église de l'intérieur : tout y est, même les ancêtres de Bugnini.
Il a été condamné en 1906.

Or le cheval de Troie pour le modernisme (le vrai à l'époque) n'est autre qu'un "saint" moine qui dans son angélisme benêt est manipulé par tous ces groupes dont il est sans trop s'en rendre compte la façade.

images/icones/1e.gif  ( 709689 )Mieux vaut un Borgia qu'un saint moine! par PEB (2013-03-08 21:00:27) 
[en réponse à 709670]

Alexandre VI n'était pas un saint (mais l'arrière-grand père d'un saint!)

Ce grand Pape a initié le mouvement de restauration qui allait conduire à la Contre-Réforme. Pour cela, il a créé des cardinaux jeunes de 25 ans d'âge afin de préparer la relève du prochain demi-siècle. Il a été un Pape à poigne qui a dressé sa Curie sans hésiter à humilier un Sacré-Collège fuyant la francesca furia.

Il a réprimé dans le soufre les beaux esprits intransigeants du temps: les révolutionnaires en herbe comme cet anarchiste de Savonarole en a fait les frais.

Il a aussi conserver la souveraineté sur Rome, fait la paix entre l'Espagne et le Portugal, confirmé les Valois comme rois de France, consacrés les monarques ibériques et français comme Catholique et Très-Chrétiens respectivement.

Ce n'était pas un spirituel mais quelqu'un qui avait un sens pratique. Les orgies de sa famille étaient exemplaires mais donnaient l'impression d'une communauté humaine qui croquait la vie à pleine dent dans un monde nouveau, naissant en plein chaos mais à la limite de l'effondrement.
Cela a fait aussi de l'Eglise le plus grand amateur d'art de l'époque!
images/icones/ancre2.gif  ( 709694 )Neuf ans seulement ? par Paterculus (2013-03-08 21:19:04) 
[en réponse à 709670]

Que nenni, cher professeur !

Cela ne fait pas neuf ans que nous sommes dans l'ecclésiologie de la molle communion, cela dure depuis Vatican II, indépendamment de ses textes, d'ailleurs, comme vous le soulignez justement : ceux-ci rappellent bien le rôle du Pape.

Je pense que c'est au bienheureux Jean XXIII que nous devons cette situation. Il avait vu, avec raison, que l'Eglise paraissait trop sévère, inutilement.
Mais on est passé à l'excès inverse.

Pour moi, je le répète à l'envie et je prie les liseurs de m'en excuser, Paul VI aurait dû tirer les leçons du vote de la CEF le contredisant au sujet d'Humanae Vitae. J'avais signé dans ces années-là une sorte de supplique lui demandant si les évêques français méritaient de ce fait l'excommunication prévue par le droit canon contre ceux qui s'opposent au Pape.
Je me souviens aussi de la rencontre du bienheureux Jean-Paul II avec l'épiscopat français à Paris en 1980. Nos excellences étaient arrivées plutôt craintives, connaissant les tendances du nouveau Pape, qui n'étaient pas vraiment les leurs, si vous me permettez cette litote. Ils en sont ressortis en disant : "Le Pape nous a donné une leçon de collégialité."
Et l'Eglise en France a continué sa dégringolade.

Je trouve donc que par rapport à ses prédécesseurs Benoît XVI a plutôt gouverné mieux qu'eux.
C'est encore insuffisant, certes, mais si son successeur veut aller dans le même sens que lui, il aura les coudées plus franches que Benoît XVI à son arrivée.

VdP

PS Merci pour la référence à "Il Santo".