Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 709307 )Les évêques suisses excommuniés latæ sententiæ ? par Theonas (2013-03-07 11:22:22) 



Je crois que l’on assiste actuellement au dynamitage des rares dernières digues qui nous protégeaient encore. Hier, nous apprenions en effet que les évêques suisses acceptaient l’administration de la pilule du lendemain aux femmes qui auraient subi un viol. Les évêques suisses rejoignent ainsi leurs homologues allemands et espagnols. Le hic c’est que cette pilule a évidemment un effet abortif en empêchant la nidification de l’ovule fécondé. Les évêques suisses ont beau jeu de dire qu’ils ne l’admettent que pour une finalité contraceptive. Comment une personne qui vient d’être violée peut-elle être absolument sûre que la fécondation n’a pas encore eu lieu puisque même par une prise de sang il faut attendre plusieurs jours pour avoir une réponse certaine ? La prise de cette pilule immédiatement après le viol ne peut donc jamais garantir une totale inoffensivité à l’égard d’un embryon. Et rien ne sert de nuancer, comme le Suisse romain( ici ), qu'elle peut être prescrite seulement dans la phase pré-ovulatoire du cycle menstruel, tant il est évident que le cycle de nombreuses femmes
est souvent irrégulier.
Les évêques ont ainsi ouvert une brèche légitimant de nouveaux avortements. C’est un scandale ahurissant. Il est impossible que les évêques puissent ignorer que leur argumentaire est tout simplement intellectuellement insoutenable, biaisé et, pour tout dire, malhonnête. La suite ici


images/icones/fleche3.gif  ( 709315 )de toute façon le Magistère excommunie tous ceux qui dérogent par jejomau (2013-03-07 11:47:44) 
[en réponse à 709307]

à la loi divine .


Moyens illicites de régulation des naissances

14. En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu'est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l'interruption directe du processus de génération déjà engagé, et surtout l'avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques (14).

Est pareillement à exclure, comme le Magistère de l'Eglise l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme .

Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation .

Et on ne peut invoquer comme raisons valables, pour justifier des actes conjugaux rendus intentionnellement inféconds, le moindre mal ou le fait que ces actes constitueraient un tout avec les actes féconds qui ont précédé ou qui suivront, et dont ils partageraient l'unique et identique bonté morale. En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien , c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux. C'est donc une erreur de penser qu'un acte conjugal rendu volontairement infécond et, par conséquent, intrinsèquement déshonnête, puisse être rendu honnête par l'ensemble d'une vie conjugale féconde.


L'Eglise reconnaît seulement l'utilisation des périodes infécondes pour le "contrôle des naissances" :

Licéité du recours aux périodes infécondes

16. A cet enseignement de l'Eglise sur la morale conjugale, on objecte aujourd'hui, comme Nous l'observions plus haut (n. 3), que c'est la prérogative de l'intelligence humaine de maîtriser les énergies offertes par la nature irrationnelle et de les orienter vers un but conforme au bien de l'homme. Or, certains se demandent: dans le cas présent, n'est-il pas raisonnable, en bien des circonstances, de recourir au contrôle artificiel des naissances, si on obtient par là l'harmonie et la tranquillité du foyer et de meilleures conditions pour l'éducation des enfants déjà nés ?

A cette question, il faut répondre avec clarté l'Eglise est la première à louer et à recommander l'intervention de l'intelligence dans une œuvre qui associe de si près la créature raisonnable à son Créateur, mais elle affirme que cela doit se faire dans le respect de l'ordre établi par Dieu.

Si donc il existe, pour espacer les naissances, de sérieux motifs dus, soit aux conditions physiques ou psychologiques des conjoints, soit à des circonstances extérieures, l'Eglise enseigne qu'il est alors permis de tenir compte des rythmes naturels, inhérents aux fonctions de la génération, pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et régler ainsi la natalité sans porter atteinte aux principes moraux que Nous venons de rappeler .



Humanae Vitae

Concernant le viol et ses conséquences , tout a été rappelé sur le Blog de Jeanne Smits par les évêques espagnols.

s'il est « légitime » d'empêcher la fécondation à la suite d'un viol, « en aucun cas l'avortement » ne l'est. Il réagissait à l'annonce par la Conférence des évêques d'Allemagne que les hôpitaux catholiques dans ce pays sont autorisés à prescrire la pilule du lendemain aux victimes de viol si la pilule prescrite n'a pas d'effet abortif.



« Comme un viol n'est pas un acte conjugal, mais un acte d'injustice et de violence, la défense face à une telle agression est légitime et il est légitime de tenter d'empêcher la fécondation, mais non d'avorter, car il n'est en aucun cas légitime d'ôter la vie à un être humain innocent. »

Puisque « à ce jour » toutes les pilules du lendemain « existantes ont cet effet , alors « ce n'est pas possible » d'y avoir recours.

images/icones/heho.gif  ( 709320 )Pas les espagnols par New Catholic (2013-03-07 11:59:13) 
[en réponse à 709307]

Voir la différence ici. Elle est petite, mais essentielle.
images/icones/1q.gif  ( 709331 )Monsieur Theonas ... par petitClerc (2013-03-07 13:40:17) 
[en réponse à 709307]

Il semble que vous ne créiez de nouveaux postes que pour mieux renvoyer à votre blog ... Ayez au moins la politesse de suivre les autres postes ... ICI
Vous eussiez vu que l’info est démentie par la confèrence des évêques de Suisse :


« - En lien avec la discussion lancée en Allemagne concernant la « pilule du lendemain » pour des femmes victimes de viol, les évêques suisses ont été informés par le Président de la Commission Bioéthique du fait que cette dernière traite actuellement cette délicate question. Les évêques attendent le rapport de ladite commission. Une prise de position de la CES quant à cette question n’existe pas pour l’instant, contrairement à ce que certains médias ont évoqué. Les évêques suisses regrettent ce défaut de communication. »

in misericors corde Iesu,
petitClerc
images/icones/neutre.gif  ( 709333 )rétropédalage à toute vitesse... par Theonas (2013-03-07 13:49:32) 
[en réponse à 709331]

confusion totale, le porte-parole Walter Müller s'est-il oui ou non exprimé hier?
images/icones/neutre.gif  ( 709335 )d'après ce que je sais ... par petitClerc (2013-03-07 13:58:17) 
[en réponse à 709333]

... les sources (relativement directes) que j'ai m'ont dit que le porte parole a commis une erreur en répondant à des questions de presse !
Lui est difficilement excusable, mais de là à excommunier tous les évêques de Suisse ...
images/icones/neutre.gif  ( 709338 )c'est quand même énorme... par Theonas (2013-03-07 14:05:30) 
[en réponse à 709335]

vous y croyez vraiment? un expert en communication qui au lieu de dire blanc dit noir sur un sujet aussi délicat, tout en précisant les modalités de l'autorisation... Il y a certainement eu une sacrée bagarre entre les évêques durant la nuit oui!
par ailleurs les évêques allemands ont soutenu cette proposition. Quant à l'excommunication, je ne faisais que poser la question qui me semble légitime au regard du droit canon. Non?
images/icones/heho.gif  ( 709353 )excommunication par Lycobates (2013-03-07 15:06:00) 
[en réponse à 709338]



Certes.

Mais l'excommunication en question (dont l'absolution pro foro externo est réservée à l'Ordinaire du lieu, ce qui ne facilite pas les choses de nos jours) ne paraît effective que "effectu secuto" [pas très joli "secuto" au sens passif, soit dit en passant], donc après la mort de l'enfant, pas avant.

(Voir CIC can. 2350§1: Procurantes abortum, matre non excepta, incurrunt, effectu secuto, in excommunicationem latae sententiae Ordinario reservatam ...).


Ceci dit, les tristes fonctionnaires ecclésiastiques suisses, auxquels vous faites allusion, tomberont sans exception, très probablement, sous l'excommunication tout aussi latae sententiae pour hérésie (multiple, à cause de leur modernisme avéré, omnium haereseon collectum) ou schisme, excommunication dont l'absolution est réservée "speciali modo" au Saint-Siège (can. 2314§2).
C'est autrement difficile.
images/icones/hein.gif  ( 709355 )un évêque excommunié peut-il ordonner des prêtres ? par jejomau (2013-03-07 15:08:09) 
[en réponse à 709353]

Dans un cas comme celui qui est décrit ci-dessus ?
images/icones/fleche2.gif  ( 709360 )ordre et juridiction par Lycobates (2013-03-07 15:20:50) 
[en réponse à 709355]

Si l'évêque est validement évêque il ordonne bien sûr validement, s'il utilise un rite catholique, le sacrement se réalisant ex opere operato.
L'excommunication n'enlève en rien la "potestas ordinis" si elle est là, seulement l'usage légitime de celle-ci.

Par exemple, tous les évêques orientaux schismatiques sont excommuniés et n'ont pas de juridiction ordinaire, mais malgré cela ils ordonnent (et sacrent) validement (ils ont en principe des rites valides), quoique illégitimement.
images/icones/1a.gif  ( 709363 )"effectu secuto" par John DALY (2013-03-07 15:43:44) 
[en réponse à 709353]

Le sens est précisément actif cher Lycobates, comme dans l'expression "secuto die", qui est d'une latinité irréprochable !
images/icones/1a.gif  ( 709365 )tout à fait par Lycobates (2013-03-07 16:01:33) 
[en réponse à 709363]

cher M. Daly, et merci pour la remarque et la correction!
Là vous me confondez à raison.

Par la force de lire du mauvais latin ces dernières décennies on termine de voir des solécismes partout (et si ce n'était que ça).

J'aurais dû m'en douter. Notre cher Code est un beau monument de latinité juridique et le cardinal Gasparri et les siens connaissaient leur métier.

Heureusement que vous êtes là.
Bonne continuation de Carême et bonne Saint-Patrick
(est-ce que la fête est reportée au lundi? dans ce cas, sursis de jeûne le lundi? simple curiosité; pour Saint-Joseph on n'a pas ce privilège)
images/icones/neutre.gif  ( 709369 )Obiter dicta par John DALY (2013-03-07 16:23:08) 
[en réponse à 709365]

Cher Lycobates,

Vous voyez que je lis les obiter dicta avec plus d'attention que le sujet principal !

En 2008 la saint-Patrick est tombée durant la semaine sainte et devait donc être reportée à après pâques en Irlande ; la FSSPX a décidé de suivre la pratique NOMiste de la fêter en semaine sainte, ce qui a donné lieu à un fil intéressant sur le FC, malheureusement indisponible à présent.

Mais enfin, je ne suis pas en Irlande, d'où je dois en tout cas me passer de la saint Patrick cette année.

Bonne mi-carême à vous !
images/icones/fleche2.gif  ( 709476 )Saint Patrick et alia par Lycobates (2013-03-08 00:26:59) 
[en réponse à 709369]

Cher M. Daly!

Les pratiques liturgiques dans la Fraternité St-Pie X sont souvent assez aléatoires et peu claires, regrettables solutions NOMistes (je reprends votre expression) incluses.
J'ai toujours déploré qu'à partir de 1984/5 environ feu l'Archevêque ait opté pour la version light du Missel et, pire, du Bréviaire (éd. de 1962) - c'est bizarre d'associer le concept "light" de ce Missel avec son promulgateur - , alors qu'avant cette date la liberté de suivre exclusivement les rubriques de Saint-Pie X, comme nous le faisons dans nos chapelles paléotes, existait.
Il est vrai, en revanche, qu'à l'époque tout prêtre (l'Archevêque inclus) dans la Fraternité faisait un peu ce qu'il voulait, la gamme allant des rubriques de 1911 aux changements de 1965 et ultra, ce qui n'est pas forcément souhaitable non plus.

Enfin, malgré mon estime pour certains prêtres de la Fraternité, que je maintiens au niveau personnel jusqu'à ce jour, je ne puis être d'accord, sur ce point et sur d'autres, qui relèvent plutôt de la lex credendi. Mais tout est lié.


Quant à la Saint-Patrick, je ne suis pas en Irlande non plus! - mais il est toujours intéressant de creuser les lois particulières.

Il existe apparemment un décret de la Congrégation du Concile du 13 mai 1919 qui abroge le jeûne et le cas échéant l'abstinence pour le 17 mars pour l'Irlande. C'est un cas assez unique. Aertnys-Damen le citent dans leur Theologia moralis, vol. I, ed. 1932, p. 631, mais, sauf erreur, je ne le retrouve pas dans les AAS, ce qui est surprenant.

Pour la Saint-Joseph (19 mars, fête d'obligation dans l'Église universelle, mais pas en France, ni dans mon pays d'ailleurs) le jeûne et le cas échéant l'abstinence pendant le Carême ont été explicitement maintenus, aussi là où la fête d'obligation subsiste. Voir la réponse de la commission pour l'interprétation du Code, AAS 13, 1920, p. 576.
On jeûnera donc ce mardi 19 mars.

La Saint-Patrick tombe cette année le dimanche 17, dimanche de la Passion. On fera simple mémoire du Saint chez nous, mais en Irlande la fête patronale (double IIe ou peut-être Ière cl.) devrait être reportée au mercredi 20, qui est férie.
Je suppose que le jeûne ce jour là serait abrogé.
En tout cas la consommation de Guinness ne tombe pas sous le jeûne ...
images/icones/neutre.gif  ( 709510 )Saint Patrick et alia par John DALY (2013-03-08 09:59:21) 
[en réponse à 709476]

Oui, cher Lycobates : je pense que vous avez raison pour la Saint-Patrick, reportée cette année en Irlande au mercredi 20, mais qui le respectera ? En tout cas il est certain, comme vous le dites, que l'Irlande est toujours excusée du jeûne et de l'abstinence pour sa fête patronale.

C'était au cours de 1983 que Mgr Lefebvre a imposé les livres liturgiques de 1962 à sa Fraternité si ma mémoire est bonne. À Londres l'abbé Black a maintenu la semaine sainte d'avant Pie XII en 1983 pour la dernière fois, bien que dans son for intérieur il déplore encore de nos jours cette décision de Mgr Lefebvre.

Je connais au moins un prêtre FSSPX qui continue d'utiliser toujours le missel de S Pie V à la place de celui de "Jolly John" XXIII, et qui ne semble pas être dérangé à présent par ses supérieurs.