Il y a l'offrande de l’Église qui offre par elle-même dans les main de son ministre, la matière du travail fécond de la nature et du génie des hommes.
Notons que si le Canon se réfère à Abel le Juste, à la victime sanglante et pastorale est substituée la matière des oblats de Caïn qui étaient purement agraires (prémices des céréales des champs et des fruits des vergers)... (Théologiquement, c'est une piste de réflexion passionnante.)
Il y a le prêtre, offert lui-même en sacrifice par l’Église comme Marie a offert le Christ jusqu'à la Croix de douleur pour y intercéder en Pontife parfait:
Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice
Tu as ouvert mes oreilles; (Tu m'as fait un corps;)
Tu ne demandais ni holocauste ni victime
alors j'ai dit : « Voici, je viens. »
(Ps 39, 6-8 cité par He 10, 8-9)
Il y a le Christ qui se donne par le prêtre
in persona Christi capitis (CIC §1009) et qui est donné par lui: l'Agneau de Dieu, le veau gras de la fête (Lc 15, 23), révélé en pain nourricier et en vin des noces éternelles, Hostie donnée en sacrifice de louange et d'action de grâce.
La Sainte Messe récapitule l'Histoire Sainte en nous-même et consacre le Peuple de Dieu en sacerdoce royal. Car tout part du Christ pour aller vers le Christ manifesté en son Corps mystique.
Aussi Jésus-Christ a-t-il trois Corps:
- Le Corps incarné du Messie lors de son pèlerinage terrestre et retourné dans la gloire du Père où Il veut nous établir comme fils et filles pour régner avec Lui qui est l'Unique Fils.
- Le Corps de l’Église dont Il est la tête
- Le Corps eucharistique qui lie intimement le Corps à son seul et unique Chef.
Ainsi, lorsque nous recevons le Corps du Christ, nous recevons et le Christ et nous même donné au Christ par la main de son ministre que nous lui avons donné et que nous nous sommes donné.
De fait, dans la Sainte Messe, ce n'est plus nous qui agissons mais le Christ Jésus (
cf. Ga 2, 20) afin que la gloire de Dieu soit manifestée aux hommes pour la rémission des péchés.