Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 708467 )Questions par Don Henri (2013-03-02 23:47:41) 

Il y a ce paragraphe sur le site de la FSSPX en Angleterre qui explique pourquoi les fidèles ne doivent pas aller aux Messes Motu Proprio. Et deux raisons me questionnent:

- Parce que le prêtre a été ordonné dans le nouveau rite
- Parce que vous pourriez recevoir des hosties consacrées dans le nouveau rite

Et ça je ne le comprends pas. Je comprends qu'on puisse craindre (bien que cela me paraisse vraiment infondé) des sermons modernistes, ou que le rituel de confession ne soit pas en latin, ou que le lectionnaire utilisé soit le nouveau, ou que ce soit une ruse de l'Evêque du lieu pour garder les fidèles loins de la FSSPX (comme s'ils n'étaient pas assez intelligents pour déterminer eux mêmes où ils veulent aller à la Messe). Ces deux raisons sont bizarres, parce que cela voudrait dire que le rite nouveau d'ordination est invalide, tout comme la Messe de Paul VI. Dans ce contexte, il est alors normal qu'une grande partie du clergé FSSPX s'oppose à une régularisation, si tous les prêtres ordonnés après 1969 sont en fait des laïcs qui en plus disent une Messe invalide.
Que pensent de ces deux raisons les liseurs qui vont aux Messes FSSPX?

+ pax et bonum
images/icones/fleche3.gif  ( 708469 )j'ai trouvé ceci par jejomau (2013-03-03 00:30:15) 
[en réponse à 708467]

dans le Denzinger :


CONCILE DE TRENTE

22ème session, 17 septembre 1562

Chapitre 8. Rejet de la langue vulgaire dans la messe ;

§ 1749 : Bien que la messe contienne un grand enseignement pour le peuple fidèle, il n'a pas cependant paru bon aux pères qu'elle soit célébrée çà et là en langue vulgaire 1759 . C'est pourquoi, tout en gardant partout le rite antique propre à chaque Eglise et approuvé par la sainte Eglise romaine, Mère et maîtresse de toutes les Eglises, pour que les brebis du Christ ne meurent pas de faim et que les petits ne demandent pas du pain et que personne ne leur en donne Lm 4,4, le saint concile ordonne aux pasteurs et à tous ceux qui ont charge d'âme de donner quelques explications fréquemment, pendant la célébration des messes, par eux-mêmes ou par d'autres, à partir des textes lus à la messe, et, entre autres, d'éclairer le mystère de ce sacrifice, surtout les dimanches et les jours de fête

§ 1759 : Si quelqu'un dit que le rite de l'Eglise romaine, selon lequel une partie du canon et les paroles de la consécration sont prononcées à voix basse, doit être condamné ; ou que la messe ne doit être célébrée qu'en langue vulgaire ; ou que l'eau ne doit pas être mêlée, dans le calice, au vin que l'on doit offrir, parce que cela est contraire à l'institution du Christ : qu'il soit anathème



Qu'en penser ?

images/icones/fleche3.gif  ( 708472 )QUE... ? par Candidus (2013-03-03 00:44:53) 
[en réponse à 708469]

Personne n'a jamais dit que la messe ne devait être célébrée QUE en langue vulgaire même si, de fait, c'est ce qui a lieu la plupart du temps dans nos paroisses de rite latin.

Par ailleurs, il a toujours existé des messes célébrées en langue vulgaire dans l'Eglise (même si pour certains rites, la langue vulgaire utilisée s'est figée pour devenir avec le temps une langue sacrée - le slavon par exemple).

L'Eglise catholique ne se résume pas à l'Eglise latine qui n'est qu'une des 22 Eglises composant l'Eglise universelle.
images/icones/fleche3.gif  ( 708478 )la constitution liturgique du Concile Vatican II par jejomau (2013-03-03 08:09:41) 
[en réponse à 708472]

ne contredit pas le Concile Trente et dit ceci :


CONSTITUTION SUR LA SAINTE LITURGIE SACROSANCTUM CONCILIUM

36. La langue liturgique

1. L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins

2. Toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres suivants, pour chaque cas.(remarquons qu'il est écrit que seules quelques parties peuvent être dites en langue vernaculaire en ce qui concerne "la norme")

3. Ces normes étant observées, il revient à l’autorité ecclésiastique qui a compétence sur le territoire, mentionnée à l’article 22 (même, le cas échéant, après avoir délibéré avec les évêques des régions limitrophes de même langue), de statuer si on emploie la langue du pays et de quelle façon, en faisant agréer, c’est-à-dire ratifier, ses actes par le Siège apostolique.(ici, l'on comprend que si la messe est dite toute en langue vernaculaire, il s'agit seulement d'un indult... Et que par conséquent, ce n'est pas "la norme" dans l'Eglise)

4. La traduction du texte latin dans la langue du pays, à employer dans la liturgie, doit être approuvée par l’autorité ecclésiastique ayant compétence sur le territoire, dont il est question ci-dessus.


Pour ce faire , elle souligne qu'une formation solide doit être dispensée afin de respecter la Tradition:

23. Tradition et progrès

Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, pour chacune des parties de la liturgie qui sont à réviser, il faudra toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique, pastorale. En outre, on prendra en considération aussi bien les lois générales de la structure et de l’esprit de la liturgie que l’expérience qui découle de la récente restauration liturgique et des indults accordés en divers endroits. Enfin, on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique(je souligne ce dernier passage tant il me semble important et mettre en exergue........ ce qui n'a justement pas été fait il y 50 ans)

images/icones/1e.gif  ( 708497 )Que le saint Concile de Trente par Rémi (2013-03-03 12:37:44) 
[en réponse à 708469]

dont je m'étonne que vous ne decouvriez qu'aujourd'hui les canons, déjà à l'époque ne condamnait pas celui aurait dit que la Messe peut être célébrée en vernaculaire.


Un Concile déjà bien moderne et ouvert, donc ! Huhu.
images/icones/livre.gif  ( 708525 )Retour sur une Contre-Réforme: un nouvel équilibre par PEB (2013-03-03 17:05:47) 
[en réponse à 708469]

La Réforme catholique s'opposait principalement aux hérésies et schismes luthériens ou calvinistes. Tout comme Vatican II, Trente doit être contextualisé pour ne pas faire de contre-sens absolu et pour bien en comprendre l'enjeu.

Ces sectes affirmaient et affirment toujours que, dans la célébration de la Cène, seul s'exprimait le sacerdoce commun des baptisés à l'exclusion de tout ministère sacramentel ordonné.

Le maintien du Latin avait plusieurs raisons fondamentales:
- Affirmer l’universalité, c'est-à-dire la catholicité de l’Église, transcendant les clivages nationaux naissant: en Angleterre, en France et en Allemagnes notamment.
- Poser la sacralité du rite: le mystère exposé en geste liturgique n'en reste pas moins au delà de la simple compréhension des fidèles (clergé compris) mais exprime la volonté souveraine du Rédempteur.
- Asseoir la majesté des ordres sacrés: la parole consécratoire lue par le prêtre emporte, à elle toute seule, la volonté du Peuple de Dieu assemblé.

Remarquons avec le canon 1749, que Trente fut aussi un concile pastoral. Il est demandé au clergé de faire œuvre de pédagogie. La prédication eucharistique en particulier et sacramentelle en général est de première importance pour éduquer les croyants à une culture du sacré.
Une des raisons du Protestantisme était la désertion du sens des sacrements.

Bien des siècles plus tard, des curés comme saint André Hubert Fournet (1752-1834) inventèrent la feuille de messe pour aider leurs ouailles à suivre.

Trente remet la place centrale au prêtre tout en ouvrant le sens de la messe aux Chrétiens. C'était le seul moyen de combattre les prétendues réformes étrangères à la Tradition authentique.
images/icones/1b.gif  ( 708527 )Canon IX par Rémi (2013-03-03 17:11:52) 
[en réponse à 708525]

de la XXIIème session du Concile, en réalité.

1749 (ça ferait un peu beaucoup de canons ! ) c'est le numéro du paragraphe qui le reprend dans cette édition du Denzinger.
images/icones/neutre.gif  ( 708470 )Pour simplifier... par Meneau (2013-03-03 00:35:14) 
[en réponse à 708467]


Ces deux raisons sont bizarres, parce que cela voudrait dire que le rite nouveau d'ordination est invalide, tout comme la Messe de Paul VI.



Non, cela ne veut pas dire ça. Cela ne veut absolument pas dire que le nouveau rite est invalide par principe, et pas non plus que la messe de Paul VI est systématiquement invalide. Cela veut dire qu'étant donné que dans certains cas il peut y avoir des doutes sur la validité du nouveau rite, et des doutes sur la validité de la messe de Paul VI, alors il vaut mieux s'abstenir quand on ne sait pas d'où proviennent les hosties.

Et quand on voit les messes spectacles parfois célébrées, ou bien les prêtres qui changent les paroles de la consécration à leur gré, ou encore utilisent une matière qui n'est pas celle prévue, on peut avoir des doutes.

Maintenant rien n'empêche non plus le fidèle d'aller se rendre compte par lui-même de comment et par qui sont consacrées les hosties réservées dans le Tabernacle considéré !

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 708493 )Difficile à dire... par Herne (2013-03-03 11:53:11) 
[en réponse à 708470]

Après le Motu Proprio, Mgr de Germiny, évêque de Blois, demandait aux fidèles de lui écrire pour savoir ce qu'ils pensaient de la possible célébration d'une messe Tridentine chaque dimanche.

Le prêtre de la FSSPX qui se rendait à notre chapelle à l'époque, nous a encouragé à lui écrire. Il faut dire que ce n'est pas un querelleur, et qu'il a été ordonné dans le nouveau rite d'ordination... par Mgr Lefebvre.

Le nouveau rite est reconnu comme valide par la FSSPX, mais ce sont les nombreux abus qui font douté de sa validité, au "cas par cas" pour ainsi dire.
images/icones/nul.gif  ( 708593 )C'est un choix politique par Japhet (2013-03-03 22:53:43) 
[en réponse à 708467]

que je ne partage absolument pas (je suis fidèle à la FSSPX).
Ce n'est pas la peine de demander la libéralisation de la messe tridentine, d'éditer des DVD pour permettre aux prêtres de se former si c'est pour dire aux fidèles de ne pas s'y rendre.

Avec les cardinaux Bacci et Ottaviani je pense que le NOM est mauvais. Mais je ne vois pas comment un prêtre NOM qui fait la démarche d'apprendre et de célébrer le VOM peut être annimé de mauvaises intentions lorsqu'il consacre en NOM.

Cela me semble être un mauvais choix politique.