Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=707938
images/icones/carnet.gif  ( 707938 )L'Eglise se meurt en Allemagne, par UNEC (2013-02-28 07:04:46) 



L’EGLISE SE MEURT EN RFA (ru, 27 février 2013) – Les chiffres donnés courageusement par le rédacteur en chef de l’agence de nouvelles catholiques allemande KNA sont impressionnantes : en 1963, date du Concile Vatican II, il y aurait eu encore 9 millions de Catholiques à la messe du dimanche, aujourd’hui ils ne seraient plus que 2,3 millions « se rendant régulièrement à l’église ». Cela représente une chute vertigineuse de la pratique religieuse de 74,4 % en 50 ans. La conférence allemande des évêques catholiques a publié des chiffres différents donnant « seulement » une baisse de 74,3 %. En tout cas le spectre est hallucinant, une apostasie générale, même si le nombre de « Catholiques » en Allemagne, ouest et est, reste fixé officiellement à 24,6 millions (contre 23,9 millions de Protestants). Par contre le nombre d’ »employés » de l’Eglise en RFA aurait augmenté de 100.000 en 1963 à 700.000 en 2012, une augmentation de 700 % ! Autrement dit en 1963 il y avait 90 pratiquants par « employé », contre 3 pratiquants par « employé » en 2012. La raison pour ce somptueux encadrement des pratiquants est la riche dotation que l’Etat accorde chaque année à l’Eglise. L’Eglise Catholique en Allemagne semble inexorablement tendre vers la situation des Protestants, la religion d’Angela Merkel fille d’un pasteur protestant, chez lesquels il y a même, selon les statistiques de la KNA, 1 employé pour 1 pratiquant. Seraient-ce les mêmes personnes ? – D’autant plus il est étonnant que le noyau catholique restant, richement payé par l’Etat allemand, montre tant d’arrogance et d’insolence, au lieu de frapper à sa poitrine. N’est-ce pas la conférence des évêques catholiques allemands qui a demandé aux juges païens d’interdire à ceux qui sont les plus fidèles à la tradition catholique (FSSPX) la désignation « catholique », au lieu de les accueillir à bras ouverts et les saluer comme les sauveurs de l’Eglise en Allemagne ? Comme à Rome, c’est le contraire, on accable ces fidèles de la tradition de conditions préalables inacceptables, rien que pour ne pas devoir soi-même courber l’échine et dire son mea culpa. Allemagne, convertis-toi !

Ajoutons qu’en Russie où l’on se lamentait encore au début des années 1990 de ne pas avoir réussi à organiser « un Concile pour adapter notre foi aux gens d’aujourd’hui », 73% des Russes se disent aujourd’hui de nouveau « orthodoxes », après plus de 70 ans de soviétisme athée radical. Et ceci grâce à la fidélité de l’Orthodoxie à la foi et surtout à la liturgie dont ils n’ont même pas altéré un seul iota. Heureusement ils n’ont pas réussi à organiser un Concile Vatican II, suite auquel – ou au moins après lequel – par exemple en Allemagne 75% des pratiquants ont abandonné l’exercice de la foi catholique. Les chiffres sont bien là sur la table, et ces chiffres font mal. Mais face à 70 ans de soviétisme à l’est, nous avons à l’ouest « seulement » 50 ans de post-conciliarisme. L’apostasie générale est surmontable. Un grand merci à la « sainte Russie » pour nous rappeler par son exemple que la foi - VIE divine – est impérissable, à l’est comme à l’ouest. Rien sur terre – même l’apostasie - est irréversible, grâce à Dieu qui nous aime toujours de nouveau.

- O.A.M.D.G. -
images/icones/fleche3.gif  ( 707939 )pourtant, globalement, les vocations repartiraient à la hausse par jejomau (2013-02-28 08:24:38) 
[en réponse à 707938]

C'est ce qu'analyse Valeurs Actuelles :

quelle que soit l’origine géographique du successeur de Benoît XVI, quelle que soit sa volonté d’enrayer coûte que coûte la laïcisation du vieux continent, les papes à venir régneront durablement sur une Église catholique dont le centre de gravité s’éloigne toujours plus de la vieille Europe.


Elargir le regard au-delà des frontières européennes reste le meilleur moyen pour les catholiques d’échapper à la sinistrose : car, si en Europe, la pratique poursuit sa décrue, ailleurs dans le monde, c’est souvent à un catholicisme jeune, dynamique et conquérant que l’on a affaire
Le nombre de catholiques dans le monde continue de progresser, à peu près au même rythme que la démographie. La proportion de catholiques dans la population mondiale est donc stable, environ 17,5 %, soit près de 1,2 milliard en 2010. Ils représentent plus de la moitié des 2,2 milliards de chrétiens, le reste se répartissant entre protestants (37 %) et orthodoxes (12 %).

Mais cette stabilité globale masque une évolution régionale spectaculaire. Ainsi l’Europe, qui regroupait 65 % de la population catholique mondiale en 1910, et encore 35 % en 1980, n’en abrite plus en 2010 que 24 %… En un siècle, l’Amérique du Sud est passée en revanche de 24 à 39 % et l’Asie de 5 à 12 % : c’est à Manille, en 1995, que les JMJ ont réuni leur plus grosse affluence : 4 millions de personnes !


Dans le même temps, l’Afrique subsaharienne bondissait de 1 à 16 % : c’est aujourd’hui le continent où la progression du catholicisme est la plus dynamique



Aux États-Unis, la situation est particulière, semblant témoigner d’un point de rencontre entre les deux évolutions : effritement de la pratique chez les populations d’origine européenne, plus que compensée par la montée en puissance de la population latino, à 70 % catholique (et à 15 % évangélique).



Des vocations qui repartent à la hausse ? L’affirmation semble osée, tant nous avons pris le pli de tout analyser selon le prisme européen. Pourtant, les chiffres sont là. Depuis 2000, le déclin du nombre global de prêtres semble enrayé : ils sont aujourd’hui 412 000 dans le monde, chiffre équivalent à celui de 1980. Plus prometteur encore : le nombre de séminaristes est en forte hausse, passant de 66 000 en 1980 à 119 000 en 2010.



La France subit de plein fouet la crise de la transmission, sévère dans un pays où les remous provoqués dans l’Église par les soubresauts de Mai 68 furent particulièrement violents. En témoigne la continuelle décrue des baptêmes : 300 000 en 2011, contre 391 000 dix ans plus tôt. Peu à peu, les “baptêmes de tradition”, encore demandés pour leurs enfants par des parents qui n’ont pas eux-mêmes de pratique religieuse, sont en train de s’éteindre. Seuls 4,5 % des Français iraient désormais à la messe tous les dimanches.


Les communautés traditionalistes, elles aussi, souffrent moins de la crise. En 2011, aux 710 séminaristes diocésains français, il fallait ajouter environ 140 séminaristes traditionalistes, toutes chapelles confondues. Même en dehors de la sphère traditionaliste, ce sont les séminaires les plus traditionnels qui attirent le plus fortement, comme le traduit le succès de la communauté Saint-Martin, qui forme aujourd’hui plus de 50 futurs prêtres

images/icones/neutre.gif  ( 707941 )"la riche dotation que l’Etat accorde chaque année à l’Eglise." ??? par Meneau (2013-02-28 08:34:42) 
[en réponse à 707938]

Quelle est cette "riche dotation que l’Etat accorde chaque année à l’Eglise." ? Si vous parlez de l'équivalent du denier du culte, que chaque catholique verse chaque mois à l'état sous forme de prélèvement sur son salaire, qui est ensuite reversé à l'Eglise, il me semble qu'on ne peut pas parler de "riche dotation de l'Etat" !

Cordialement
Meneau
images/icones/hum2.gif  ( 707944 )Votre titre est en forme de question par megnace (2013-02-28 09:50:14) 
[en réponse à 707941]

Donc une seule réponse possible : le montant de cette dotation.
Et chacun jugera si elle est riche ou non
images/icones/neutre.gif  ( 707956 )Ma question va plus loin par Meneau (2013-02-28 11:56:56) 
[en réponse à 707944]

S'il s'agit du denier du culte prélevé par l'Etat et reversé à l'Eglise, il ne s'agit pas du tout d'une dotation, quel que soit le montant.

Si par contre il y a une vraie dotation, alors oui le montant est intéressant, mais je n'en ai pas connaissance.

Donc ma question est en fait : cette dotation existe-t-elle oui ou non ?

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 707959 )Pour être bien clair par Meneau (2013-02-28 12:01:44) 
[en réponse à 707956]

Le message initial laisse entendre que l'Etat allemand financerait l'Eglise catholique.

S'il existe effectivement une dotation de l'Etat, alors, oui, l'Etat finance l'Eglise catholique. Le montant est alors intéressant.

Si par contre l'Etat ne fait que reverser le denier du culte à l'Eglise, alors, non, on ne peut pas dire que l'Etat finance l'Eglise catholique. Ce sont les fidèles qui financent l'Eglise catholique, comme dans tous les autres pays du monde. Dans ce cas les développements ultérieurs du post initial de ce fil, la comparaison avec les protestants, la référence à Angela Merkel, et le "seraient-ce les mêmes ?" sont complètement infondés.

Cordialement
Meneau
images/icones/info2.gif  ( 707985 )l'impôt d'Église Kirchensteuer par Luc Perrin (2013-02-28 15:56:53) 
[en réponse à 707959]

Il ne s'agit pas d'une simple "donation" mais d'un impôt dont le taux est fixé en fonction de l'institution religieuse et qui est prélevé sur les revenus par les Länder et reversé : comme l'État français prélève les taxes foncières etc. et les reverse aux collectivités locales. Bref on ne donne pas ce que l'on veut : les dons sont en supplément.

Ce système est inscrit dans la constitution depuis 1919.

Un décret des évêques allemands du 28 août 2012 précise les conséquences d'une "sortie d'Église" au plan fiscal : une déclaration de sortie doit être faite, de même qu'un nouveau contribuable doit déclarer sa confession au fisc.
Il a rapporté 4,9 milliards d'euros à l'Église allemande l'an passé.

"Conséquences d’un retrait

Sur ce dernier point, la réponse des évêques allemands a le mérite de la clarté. Si elle « est source d’inquiétude pour l’Église et la préoccupe », la décision de sortir de l’Église ne peut être sans conséquences juridiques, indique le communiqué. En effet, rappelle-t-il, toute personne dans ce cas « enfreint le devoir canonique de défendre l’Église » (canon 209), ainsi que celui de lui « apporter sa contribution financière » (canon 222).

Un catholique qui aura signifié ce retrait ne pourra donc plus recevoir les sacrements de pénitence, de l’Eucharistie, de la confirmation, ou encore de l’onction des malades, « sauf en cas de danger de mort ». Par ailleurs, il ne pourra plus être parrain, ni membre d’un conseil paroissial ou diocésain, et perdra son droit de vote dans l’Église. Pour qu’il puisse se marier religieusement, il devra solliciter de son curé l’autorisation de participer à la préparation au mariage et s’engager à « préserver la foi et l’éducation catholiques de ses enfants ». Enfin, « au cas où la personne ayant quitté l’Église n’aurait montré aucun signe de remords avant sa mort, l’enterrement à l’église pourra lui être refusé ».
Impôt ecclésiastique

Répondant par avance aux critiques ou aux incompréhensions, la Conférence des évêques justifie ces mesures par le fait que, à ses yeux, « une sortie ne peut être partielle ». Il n’est pas possible de séparer la « communauté spirituelle » de « l’Église institutionnelle ». Un retrait uniquement de l’institution n’est pas possible.

Toutefois, et pour faire droit aux réserves de Rome qui souhaitait que le contact soit toujours possible avec les croyants ayant cessé de payer l’impôt ecclésiastique, ce nouveau décret s’accompagne d’une « lettre pastorale », sorte de formulaire que le prêtre devra adresser à chaque personne ayant signifié son désir de quitter l’Église." (La Croix, 23/9/2012)


Ce système vaut pour l'Autriche et certains cantons suisses.

images/icones/hein.gif  ( 707988 )Ca ressemble fort par Bertrand (2013-02-28 16:06:18) 
[en réponse à 707985]

à de la simonie! Quid de la participation volontaire et libre des fidèles!!!
images/icones/neutre.gif  ( 707995 )Certes on ne donne pas ce qu'on veut par Meneau (2013-02-28 17:10:30) 
[en réponse à 707985]

Mais on ne peut pas dire non plus que l'Etat finance l'Eglise catholique. Ce sont les fidèles qui financent. Plus exactement dans ce cas les contribuables qui se déclarent catholiques.

Je suis bien placé pour le savoir, puisque je suis domicilié et perçois mon salaire en Allemagne.

Ce décret de la conférence des évêques a d'ailleurs été fortement contesté, y compris en appel à Rome. La question n'est pas si claire.

Je peux par ailleurs témoigner que personne ne vous demande votre feuille d'impôt avant de vous confesser ou de vous donner la communion. C'est sans doute effectivement plus difficile pour les autres démarches administratives.

Cordialement
Meneau
images/icones/1d.gif  ( 707998 )Curieux ... par Lamy (2013-02-28 17:31:58) 
[en réponse à 707985]

C'est drôle : on pourraît croire qu'en Allemagne tout est permis par les autorités ecclésiastiques, même les plus extravagantes théories, doctrines ou pratiques liturgiques.
On peut "prendre ses distances" avec Rome (mais du "bon" coté hein ??), on peut fomenter des contestations du dogme... on peut absolument tout ...
SAUF :
Cesser de verser sa participation : là les sanctions sont dûres, et les mots pour le dire se sont pas ambigus : on se croirait dans le syllabus ...
Incroyable !