Le Forum Catholique

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images/icones/tele.gif  ( 707233 )Pétition contre le mariage homo : irrecevable sur le fond par Alonié de Lestre (2013-02-23 23:51:53) 

Jean-Paul Delevoye :« La pétition sur le mariage pour tous est irrecevable sur le fond »

Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental (Cese), était jeudi 21 février l’invité de l’émission « Face aux chrétiens », animée par Jean-Michel Blier.

Il répondait aux questions de Romain Mazenod (RCF), Louis Daufresne (Radio Notre-Dame) et Mathieu Castagnet ( La Croix ).

Où en est le processus d’examen de la pétition que les opposants au mariage pour tous ont envoyée au Cese ?

Jean-Paul Delevoye : Les pétitionnaires nous ont apporté plus de 690 000 signatures. Il y a là un fait politique évident. Nous avons procédé à la vérification par échantillonnage, sous contrôle d’huissier pour que la procédure soit totalement transparente. Il s’avère que les critères, comme le nombre de signataires ou le mandataire unique, semblent être respectés. À partir de ce moment-là, le bureau du Conseil, qui se réunit le 26 février, devrait auditionner le mandataire, de façon ensuite à se prononcer sur le fond.

On s’aperçoit qu’il y a eu un certain nombre de fausses affirmations, ce qui est normal, car c’est la première pétition citoyenne qui parvient à ce niveau. Les arguments avancés disant que le Cese a un pouvoir suspensif sont faux. Aucun pouvoir n’est suspensif pour arrêter un processus parlementaire. Le Cese n’a aucune vocation à devenir un instrument au service du pouvoir ou de l’opposition au pouvoir, même si l’on doit respecter cette pétition.

Le Cese va donc conclure à l’irrecevabilité de la pétition ?

J.-P. D. : La pétition demande que le Cese se prononce pour ou contre la loi. Constitutionnellement, c’est impossible. C’est donc irrecevable sur le fond. D’ailleurs, le courrier remis par le pétitionnaire reconnaît cette impasse. Nous ne pouvons pas intervenir sur le processus de la loi. Mais il y a aujourd’hui un sujet, au-delà même de la pétition, qui est celui des évolutions dans la société française de la configuration familiale, des modes de vie. Le 26 février, le bureau du Cese va donc analyser les conditions de recevabilité de la pétition, mais aussi des alternatives qu’il pourrait proposer pour intégrer cette expression politique qui nous a interpellés et à laquelle nous ne pouvons pas être insensibles.
images/icones/hum2.gif  ( 707237 )Cette pétition par Japhet (2013-02-24 00:43:31) 
[en réponse à 707233]

Cette pétition (que j'ai signée) aura au moins eu le mérite de soutenir l'emmission des timbres poste, ce qui n'est pas rien en temps de crise.
images/icones/1y.gif  ( 707239 )Mais non ! par Sursum corda (2013-02-24 01:11:32) 
[en réponse à 707233]

Ecoutez, à la date du 22, la conférence de presse

C'est le point de vue du juriste, dans lequel il est justement rappelé que la pétition ne demande pas du tout au CESE de se prononcer pour ou contre une loi, mais de donner son avis sur un PROJET de loi et sur ses conséquences.

Alors wait and see !

Réponse le 26 février (mardi prochain)


SC

images/icones/neutre.gif  ( 707252 )Comment avez-vous pu en douter? par le torrentiel (2013-02-24 09:11:01) 
[en réponse à 707233]

"Les arguments avancés disant que le Cese a un pouvoir suspensif sont faux. Aucun pouvoir n’est suspensif pour arrêter un processus parlementaire." (Jean-Paul delevoye)


Le Président delevoye, qui est un modèle de courtoisie et d'humanisme ou d'humanité, se dit "interpellé". Sauf le respect qu'on doit à cet ancien médiateur de la république qui a exercé son mandat et son devoir d'état de manière exemplaire, qu'il soit "interpellé" nous fait une belle jambe, puisque le CESE n'a justement qu'un pouvoir d'interpellation... des pouvoirs publics.


Ce qui prouve la tartuferie des manoeuvres dilatoires.

La demande de référendum était une demande de fond. Elle n'a pas eu l'heur de remporter tous les suffrages des liseurs de ce forum, à commencer par celui du "premier d'entre nous" (je ne suis pas vil flatteur au point d'avoir dit du "meilleur"). Je ne regrette pas de l'avoir signée, mais je regrette a posteriori que cette demande de fond ait été adressée avec tartuferie et sous des prétextes dilatoires par un collectif peu délicat sur le respect des données personnelles (ce dont je me fiche un peu, à vrai dire, bien que le procédé soit indélicat)


Il n'y avait quasiement aucune chance que f. Hollande réserve une suite favorable à cette demande de référendum, mais cela permettait de faire valoir que le moins qu'on pouvait espérer d'une démocratie, c'est la consultation populaire. Les opposants à la démarche arguaient qu'"on ne met pas la loi naturelle aux voix". Quelles que soient mes réserves vis-à-vis de ce concept beaucoup trop étendu (la vraie loi naturelle s'obtenant selon moi du relevé des invariances anthropologiques, hors de tout contexte ou préjugé religieu, n'en déplaise à l'antique autorité de saint Thomas d'aquin dans ce domaine), il pouvait arriver, même au "peuple à la nuque raide" de ne pas suivre collectivement les lois que Dieu lui avait prescrites. Il se fabriquait d'autres lois et même des idoles pour singer le Dieu Unique, "qui les avait fait sortir du pays d'egypte". Il était jugé pour son assentiment ou sa désobéissance collective aux impératifs divins. L'autre nom de notre allégeance ou de notre apostasie collective est le consensus populaire. Et la mesure du consensus, selon nos moyens modernes de l'établir, c'est la consultation, la mise aux voix. Le péché principal n'est donc pas dans la consultation populaire ou dans la recherche d'un consensus au sein du peuple, il est dans le dissensus entre le consensus populaire et la volonté de Dieu. En amont, il est dans la confusion entre la souveraineté divine et la liberté populaire de répondre par "lexpression de (sa) volonté générale" à la volonté de dieu. Mais sans liberté de choisir le mal, il n'y a pas de "liberté de choisir le bien", ce qui est l'essence de la liberté chrétienne. C'st ce que dit DH en n'articulant pas assez pourquoi "la vérité oblige", mais "ne contraint pas", et en quoi "la liberté religieuse" s'enracine dans la liberté chrétienne. Ce défaut d'articulation tient à ce que DH a peur de s'arrêter sur notre responsabilité de choisir le mal, et de devenir sciemment, si nous "ne satisfaisons pas à l'obligation d'embrasser la vérité quand nous l'avons trouvée", des adeptes de la religion du mal. Mais cette "ultime transgression", pour parler comme le dr dickès, est une responsabilité qui échoit à la liberté de notre acte de foi.
images/icones/radioactif.gif  ( 707268 )Peut-on mettre aux voix? par PEB (2013-02-24 11:28:24) 
[en réponse à 707252]

A-t-on le droit de mettre aux voix la nature même de la famille comme on mit le fit aussi au Roi?

La réponse ne peut pas être - ne peut plus être - politique mais religieuse. César a pour prince est Lucifer dont l'image orne la Bastille.

Cela ne veut pas dire que, laïcs, nous devons déserter l'arène. Au contraire. Unissons-nous au témoignage de sainte Blandine et faisons face aux fauves.

Soyons ce petit reste de Chrétienté en terre de France, une lumière dans la nuit pour éclairer nos semblables, un levain pour soulever le monde, un sel qui donne à l'existence sa saveur. Alors nous serons la pierre d'achoppement et de contradiction sur laquelle les certitudes de nos contemporains se fracassent comme les vagues d'un océan en furie.

C'est cela aussi l'Espérance: ce qui reste lorsque tout espoir mondain s'effondre!

C'est un peu du Gaudium et Spes mais bon...