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images/icones/carnet.gif  ( 705936 )Le « côté révolutionnaire » de Benoît XVI par Jean Kinzler (2013-02-16 16:16:56) 

Le « côté révolutionnaire » de Benoît XVI
Par Guillaume de Prémare le mercredi 13 février 2013, 14:46 - Revue de presse - Lien permanent
benoît XVi démission pape renonciation
Dans l’abondance de commentaires sur la renonciation du pape Benoît XVI, le volet économique de son enseignement a été relativement ignoré. Dominique Seux, chroniqueur économique de France Inter, se distingue, soulignant « le paradoxe d’un pontificat qui se sera déroulé au moment d’une crise économique sans précédent récent, d’une crise que l’Eglise avait annoncée, décrite par avance ; mais aussi d’une crise pendant laquelle elle n’a pas réussi à beaucoup faire entendre son discours économique, en tout cas largement. » L’Eglise « n’a pas capitalisé sur son approche visionnaire, et on n’a retenu que son discours sur les questions morales », regrette-il.

Rappelant que Jean-Paul II, en son temps, avait « créé une grosse polémique en renvoyant dos-à-dos l’ultralibéralisme et le communisme », Dominique Seux relève que « l’Eglise, comme d’autres, mais souvent en avance, avait averti des risques de bulles spéculatives et des méfaits du surendettement ». Et le chroniqueur de lâcher crûment une vérité "coup de poing", qui contraste avec l’image toute faite de conservatisme qui colle à la peau du pape sortant : « Il y avait un côté révolutionnaire, presque marxiste, dans la critique d’un système, et pas seulement de comportements individuels. »

Dominique Seux insiste notamment sur l’encyclique de juin 2009 - Caritas in veritate -, parue en pleine crise économique, dont il souligne la sévérité « sur la finance, la dérégulation des marchés, le sort fait aux pays pauvres, les délocalisations etc. » Pour lui, « l’analyse de Benoît XVI sonne juste » ; analyse dont il résume magistralement l’un des aspects majeurs : « La société globalisée nous rapproche, mais elle ne nous rend pas solidaires. Il y a interdépendance de tout, sauf des consciences et de l’éthique. »

Voici l’homo economicus mis face à sa conscience. Telle est la fonction prophétique de l’Eglise : elle n’est pas prophète pour prédire l’avenir, mais pour prévenir l’homme des dangers qu’il court lorsque sa conscience est comme anesthésiée par une spirale déshumanisante. Ce n’est plus alors simplement les comportements individuels qui sont en cause, mais ce que l’homme construit collectivement : une "systémie" délétère qui ignore le sens et la finalité du travail humain. Mais Le "système" ne retire rien à la responsabilité personnelle de la « classe cosmopolite des managers (…) animée par le profit à court terme ». « Du vrai Mélenchon ! » commente Dominique Seux…

Admettons cependant que Benoît XVI va plus loin – et surtout plus en profondeur – que Mélenchon… Son vœu de voir « le don et la gratuité » trouver leur place dans les interactions économiques – notions qui sonnent à contre-emploi des sirènes productivistes – constitue probablement la clé ultime d’une réflexion économique renouvelée autour d’une vision anthropologique authentique : l’homme est fait pour l’amour, le don, pour exprimer la perfection de la charité dans toutes les dimensions de son activité terrestre.

In fine, Dominique Seux pose la question qui fâche : pourquoi cet aspect capital de l’enseignement de Benoît XVI demeure-t-il en apparence marginal dans le bilan que l’agora contemporaine dresse aujourd’hui de son bilan pontifical ? Parmi les trois explications qu’il avance, il en est une qui doit interpeller particulièrement les catholiques : « Rome s’est heurtée à l’absence, dans des pays comme la France, de relais, syndicalistes, patrons, intellectuels. » Et Dominique Seux de conclure avec une certaine amertume : « Benoît XVI laissera des textes remarquables, mais méconnus. »

Au moment où de nombreux catholiques entrent – à juste titre – en résistance pour défendre et promouvoir une authentique « écologie humaine », ils seraient bien avisés de relever le défi proposé par le chroniqueur de France Inter : faire connaître et approfondir « ces textes remarquables, mais méconnus ». Il y a du pain sur la planche…

Guillaume de Prémareurgencecomcatho.com
images/icones/1d.gif  ( 706022 )doctrine sociale de l'Église de par Luc Perrin (2013-02-17 12:02:26) 
[en réponse à 705936]

Léon XIII - Rerum novarum 1891 - à Benoît XVI (2009) en passant par Gaudium et spes (1965) et Populorum progressio (1967).

Dominique Seux ferait bien de s'initier à l'histoire de l'Église contemporaine pour éviter à l'avenir de découvrir que midi est à 12h.
La continuité est absolue dans la pensée critique du libéralisme et le rejet des socialismes dans la doctrine catholique depuis 1891, et même avant sur certains points.

Léon XIII avait déjà été qualifié de socialiste en 1891 et ... Jean Jaurès avait salué le caractère "révolutionnaire" (prétendu) de l'encyclique. Or ce n'est que la conséquence logique de l'antilibéralisme principiel du catholicisme.

En bref rien de neuf sous le soleil romain en la matière avant, pendant, après Vatican II.