Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=705668
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 705668 )Le départ de notre Pasteur par margarida (2013-02-15 13:40:26) 

Bonjour,
Je suis extrêmement désemparée pour ne pas dire désespérée par la décision de Benoît XVI de quitter sa charge sous le motif de son grand âge et sa grande fatigue...
Je ne juge pas sa décision mais je me sens abandonnée.
Handicapée de naissance, aujourd'hui malade et en perte d'autonomie, je puise souvent mes forces dans le souvenir de Jean-Paul II à la fin de sa vie qui, tel un roc, tenait bon malgré la maladie qui réduisait son pauvre corps à néant. J'ai de lui plusieurs images dont la plus émouvante est celle où écroulé sur le siège de sa papa-mobile il était secoué de spasmes de souffrance, le rictus de son visage ne faisait aucun doute. Malgré cela l'esprit était là, le berger n'abandonnait pas son troupeau, ses brebis n'étaient pas seules et celle qui ne pouvait plus avancer ne serait pas oubliée sur le chemin.
Aujourd'hui, le successeur de ce noble berger se dit fatigué et craint de ne plus pouvoir assumer sa charge ... il me fait penser à St Pierre qui après quelques pas sur l'eau s'est mis à couler et que Jésus gronda affectueusement après l'avoir retiré de l'eau : "homme de peu de foi pourquoi as-tu douté ?".
St Pierre encore à Jésus : " Seigneur, à qui irions-nous ?"
Bien sûr nous allons avoir un autre pape et celui-là sera aussi investi de l'Esprit Saint, mais rien ne sera plus pareil car nous savons que les héritiers de Pierre peuvent ne plus vouloir obéir à l'Esprit et dire "non, je n'en peux plus Seigneur je dépose mon bâton de berger, un autre plus jeune le reprendra à ma place..." Voilà que même le Pape considère que la "jeunesse", ce mal de notre époque, est la condition sinae quanun pour faire du "bon travail"... que devient cette force que nous donne l'Esprit Saint et qui a fait dire à St Paul : "C'est quand je suis faible Seigneur qu'alors je suis fort !"
L'annonce de Benoït XVI me laisse abandonnée avec l'impression douloureuse d'être trahie, comme un enfant l'est pas un père qui le quitte pour s'en aller vers une autre vie où il n'a pas sa place.
Si un évêque a le droit de démissionner, je suis intimement convaincue que, même si ce n'est écris nulle part, un Pape est PAPAM AD VITAEM ! Dieu seul décide le moment où son serviteur quittera sa charge pour être remplacé par un autre "plus jeune"...
Avec ce départ, Benoît XVI dénonce l'état de grand faiblesse où se trouve notre église et je me demande comment les chrétiens persécutés et massacrés dans ces pays où une autre religion veut s'imposer comme l'unique, reçoivent et vivent cette annonce ?
Je suis trop bouleversée pour avoir pu faire l'analyse et découvrir s'il y a, ou pas (sic) une explication divine à cette situation unique dans l'histoire de l'église de Rome.
A quoi me sert de souffrir chaque jour et chaque instant, chaque minute, chaque seconde, chaque souffle et douleurs de tout le corps et par contre-coup subir une grande douleur morale ? Est-ce que l'église m'accorde le droit désormais de dire aussi : "j'en ai assez Seigneur, je vais quitter la Vie que vous m'avez donnée, car je la trouve insupportable et je n'ai plus la force de lutter."
Alors que je considère que l'église catholique vit le moment le plus grave de son Histoire, je vois la majeure partie des chrétiens, même les prêtres, évêques et cardinaux, ne pas s'étonner outre mesure, chacun s'affaire déjà à savoir qui sera le prochain Pape, les paris sont ouverts, la page "Benoît XVI" est déjà tournée, je trouve cela incroyable ! Est-ce que je suis la seule à me dire que le peuple des catholiques devrait se trouver, en ces instants terribles, dans le même état de désespoir et de détresse que les apôtres au soir de la crucifixion ? "Si le sel de la terre vient à s'affadir, avec quoi salera-t-on ?
Dieu nous garde tous par l'intercession de Notre Dame de Lourdes.
images/icones/vatican.gif  ( 705689 )Compréhension! par Frère Guibert (2013-02-15 15:27:38) 
[en réponse à 705668]

Depuis que j'ai appris cette terrible nouvelle lundi, je ne comprends pas cette décision. Je comprends tout à fait votre raisonnement et éprouve des sentiments analogues. Je repense au Bienheureux Jean-Paul II. Par sa volonté de rester jusqu'au bout, ce cher Pape a renforcé la fonction sacrée de successeur de St Pierre, même auprès des jeunes où il avait un contact unique malgré son triste état.
La décision de lundi va, à mon humble avis,faire du mal à notre chère Eglise, déjà si mal en point. Prions Notre-Dame de Lourdes pour qu'elle nous aide et spécialement pour le futur Pape qui n'aura pas facile, avec cette décision!
images/icones/neutre.gif  ( 705749 )incompréhention par Minger (2013-02-15 19:34:38) 
[en réponse à 705689]

Bien entendu c'est très éprouvant cette démission de notre Pape Benoit XVI ..il a toute ses facultés intellectuelles et physiquement il n'est pas du tout dans la situation de Jean Paul II...

Mais lequel des deux devait le faire? la question ne devrait sans doute pas se poser !

N'oublions pas que sur les deux dernières années du pontificat de Jean Paul II, il y a eu un frein assez ennuyeux dans le traitement des affaires ..des décisions importantes ne se prenaient pas vraiment ! il faut le savoir!
De plus, il y avait une agitation assez malsaine autour de son état physique frôlant parfois le désespoir!
Pour le reste , il y a des choses que je ne veux pas ressortir par respect pour ce grand personnage mais ce Pontificat de Jean Paul II n'était pas d'une parfaite clarté sur des sujets d'une extrême gravité !
Qu'il soit bien heureux dans ce si beau ciel qu'il a si bien mérité! et je pense que dans sa grande humilité il n'en demande pas plus!
images/icones/neutre.gif  ( 705819 )Vos mots touchants traduisent une réaction par le torrentiel (2013-02-16 01:07:01) 
[en réponse à 705749]

à laquelle je m'attendais:

Chère Margarida,

Et l'un des "messages subliminaux" qui se déduit forcément de cette démission, comme une tentation, c'est celle de l'euthanasie. Après tout si le pape démissionne, pourquoi pas moi? C'est pourquoi je persiste à penser que le moment de cette "démission", renonciation, abdication ou résignation est très mal choisi, car beaucoup de catholiques et de non catholiques y verront comme une inconséquence.


Peut-être est-ce le christ qui vous a inspiré de dire à benoît XVI à travers ce forum qu'il ressemble à Pierre qui s'enfonce et manque de confiance en son Maître, en l'année de la foi.


Courage, Margarida, ne baissez pas les bras, l'eglise et le monde tiennent grâce à des gens comme vous.
images/icones/5a.gif  ( 705833 )Pour aller dans votre sens : par Cath...o (2013-02-16 10:05:11) 
[en réponse à 705819]

Lu ici :

J’aime bien Benoît XVI pour sa façon de tirer le rideau. Il a usé de la plus grande et plus belle liberté qui soit accordée à un homme. Celle de choisir la fin de sa route. Tout bien pesé. Tout bien réfléchi. Il est parti parce que ne se sentant plus en mesure d’accomplir sa tâche.

Ici ces phrases sont sous la plume d'un défenseur du Pape. Otez la première, cela devient un hommage à l'euthanasie.
images/icones/neutre.gif  ( 705839 )Et quant à l'article, par le torrentiel (2013-02-16 10:17:00) 
[en réponse à 705833]

il est d'un béniouiouiste, qui approuve sans réserve le pape "vu de droite" et parce qu'il est le pape.


Cath...o, n'oubliez pas de me contacter privatim pour ce que vous savez (à moins que l'idée ne vous paraisse pas judicieuse, Morti pourra vous redonner mon adresse mail: j'ai essayé de vous écrire plusieurs fois, mais à chaque fois, le mail m'est revenu).

Bien à vous

Julien (le torrentiel)
images/icones/neutre.gif  ( 705692 )J'aimerais tant que d'ici le 28/2.... par Pol (2013-02-15 15:42:17) 
[en réponse à 705668]

.....le Pape fasse la consecration de la Russie: c'est urgent, il me semble...

Courage, Margarida.
images/icones/1h.gif  ( 705695 )Ce départ par AVV-VVK (2013-02-15 15:51:32) 
[en réponse à 705668]

ne serait-il pas une capitulation? Où est l'assistance spéciale du Saint-Esprit dans ces circonstances?
images/icones/neutre.gif  ( 705699 )L'Esprit souffle comme il veut! par PEB (2013-02-15 16:02:09) 
[en réponse à 705695]

Le Saint-Esprit lui-même peut pousser le Pape au renoncement.

Si le bienheureux Jean-Paul le Grand était un résistant dans l'âme et un modèle de confesseur, Benoît XVI s'est posé comme l'humble ouvrier dans la vigne du Seigneur.

Peut-être a-t-il senti qu'il avait fait le tour de la question compte tenu de ses forces et de son tempérament? La Papauté est une institution incarnée.

Ne désespérons pas de l'Eglise.
images/icones/neutre.gif  ( 705706 )Je crois que les deux pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI par Elzéar (2013-02-15 16:39:06) 
[en réponse à 705699]

peuvent être considérés comme n'en formant qu'un seul à certains points de vue. L'Allemand succédant au Polonais, c'était deux peuples réconciliés au plus haut niveau de l'Eglise qui avaient pourtant les plus grandes raisons de s'en vouloir. Le rassembleur de foules laissant la place à celui qui les intériorisait, c'était encore un signe de la Providence. Dans cette optique je crois qu'il est vain d'opposer la fin du pontificat de l'un à la fin du pontificat de l'autre. Leurs témoignages sont à prendre ensemble. Paradoxalement, c'est celui dont on aurait attendu qu'il marque de son intériorité l'engagement personnel total, qui témoigne que la Papauté dépasse la personne qui en est investie, que cette dernière est au service d'une fonction qui la dépasse. Chacun son charisme. Les deux sont magnifiques. Nulle opposition là-dedans : que des merveilles que Dieu nous donne à admirer.
images/icones/neutre.gif  ( 705705 )on peut aussi par Lycobates (2013-02-15 16:28:27) 
[en réponse à 705695]

... résister à la grâce.

Le moderniste, disait le Père Calmel, souffre d'un aveuglement, mérité par de multiples résistances à la grâce, parfois répétées pendant des décennies.
images/icones/neutre.gif  ( 705713 )Dans la publication mise en ligne par Chelot (2013-02-15 16:56:55) 
[en réponse à 705695]


Nous sommes tous déroutés par cet évènement que nous n’avions pas prévu, qui était inimaginable. En prenant cette décision héroïque et surnaturelle, Benoît XVI, théologien de génie, nous indique quelle est le vrai rôle du Pape.



En suivant les liens
images/icones/bravo.gif  ( 705714 )"Ivre, il donne « un signe de modernité »" par XA (2013-02-15 17:01:11) 
[en réponse à 705668]

Article à lire sur Koz toujours (tu m'intéresses quand même parfois).

Le début, si vous hésitez à cliquer :

Et soudain c'est le drame. "C'est un acte de modernité que sa démission" (Mgr Gaillot), c'est "un signe de modernité" (Kosciusko-Morizet ou encore Guéant, (ici). Pire, "le geste novateur d'un pape moderne" (là), qui, "en se retirant, fait enfin preuve de modernité" ici). Il y en a aussi pas mal de partout par là... N'en jetez plus, la coupe est pleine, le cochon est dans le maïs.

Alors, Benoît, ne pars pas. Reviens. Ne me laisse pas. Ne laisse pas saccager ta belle ouvrage par quelques interprètes empressés. Mon Très Saint Père, vous n'avez pas fait tout ça pour qu'on vous laisse impunément traiter de moderne. Tant d'efforts, et ce bonnet ridicule, pour montrer la Vérité et ces imbéciles qui regardent le doigt. Comment peuvent-ils imaginer même un instant de raison que la modernité puisse être un critère ?! Le bien, le vrai, le juste. Mais le moderne ? Le moderne ?!
images/icones/vatican.gif  ( 705729 )Pape moderne par Japhet (2013-02-15 18:02:45) 
[en réponse à 705714]

"Mon Très Saint Père, vous n'avez pas fait tout ça pour qu'on vous laisse impunément traiter de moderne"

Pour Benoit XVI il ne s'agit pas là d'une insulte. Encore une fois son intervention pleine de nostalgie devant le clergé du diocèse de Rome est très révélatrice de la pensée du Pape.
Benoit XVI est un théologien moderne ayant parfaitement étudié, apprécié et diffusé la pensée moderniste. Il l'affirme encore aujourd'hui, il faut revenir au Concile, au vrai concile, celui du Père de Lubac, de l'Axe du Rhin.....
images/icones/1g.gif  ( 705751 )au moins lui par FerdinandP (2013-02-15 19:43:34) 
[en réponse à 705729]

il a une pensée construite, une culture et une intelligence dont il se sert admirablement...
images/icones/5b.gif  ( 705759 )Milles excuses par Japhet (2013-02-15 20:19:02) 
[en réponse à 705751]

Cher ami,
Je conviens ne posséder qu'une intelligence tout a fait moyenne, une culture bien inférieure a la votre et de ne pas me servir de ces dons toujours de la meilleure façon qui soit. Je vais essayer d 'améliorer tout cela, afin de mieux vous convenir a l 'avenir.
ps mon clavier ne me permet plus de faire des A avec accent.
images/icones/vatican.gif  ( 705764 )Quelle est la finalité du ministère pétrinien? par Feiz ha Breizh (2013-02-15 20:31:15) 
[en réponse à 705668]

Et quelle est sa nature? Relève-t-il d'une vocation ou d'un appel de l'Eglise?

A mon sens, la finalité du ministère pétrinien, c'est de participer à l'édification du corps du Christ. Il y a bien des moyens de le faire. Le Bienheureux pape Jean-Paul II a offert ses souffrances pour des bienfaits spirituels dans l'Eglise. Benoît XVI fait de même en se faisant humble et peu regardant des oppositions, d'où qu'elles viennent, jusqu'au bout.
Lui seul pouvait déterminer, en son âme et conscience, avec l'intelligence qui le caractérise, la longue connaissance de l'Eglise qu'il a, s'il était opportun de le faire.
Je ne crois pas Benoît XVI capable de prendre une telle décision si elle ne s'inscrivait pas dans la Foi.

Pour ma part, je lui fait confiance, comme depuis toujours.

Ubi Petrus, ibi Ecclesia

FhB
images/icones/ancre2.gif  ( 705795 )Je comprends votre désarroi, mais... par Paterculus (2013-02-15 22:21:43) 
[en réponse à 705668]

Comme la majorité des catholiques j'ai été extrêmement touché à l'annonce de la renonciation du Saint-Père à sa charge.
Indépendamment de l'affection qu'on a pour lui, il y avait encore tant de choses à terminer dans la logique de ce qu'il avait commencé !

Cependant, deux choses n'ont pas assez été relevées à propos de cette décision.
On a dit, et je le tiens pour vrai, que Jean-Paul II avait consulté le cardinal Ratzinger sur la question d'une renonciation du Pape. Donc Benoît XVI "maîtrise" la question.
D'autre part, Benoît XVI ne peut pas ne pas se souvenir des pressions subies par son prédécesseur jusque sur son lit de mort, et de certaines nominations faites dans ces circonstances.
Il y a donc un réel danger pour la fonction du Souverain Pontife que sa perception dans les masses soit affaiblie par la vision d'un Pape défaillant dans son gouvernement.
Et c'est justement parce que l'Eglise est particulièrement secouée aujourd'hui que Benoît XVI a eu doublement raison de prendre sa décision. D'abord pour ne pas affaiblir davantage l'Eglise par des décisions que la sénilité ne lui aurait pas permis de prendre de façon juste ; ensuite d'affaiblir l'Eglise en affaiblissant l'image de la papauté.

Je comprends donc votre désarroi, surtout dans les raisons personnelles qui l'amplifient chez vous.
Mais je vous invite à considérer le bien de l'Eglise.

Ne croyez pas qu'en souhaitant qu'un plus jeune prenne la charge qu'il quitte, Benoît XVI cède au "jeunisme". De toute façon chacun sait qu'un Pape jeune est quand même un Pape d'au moins 50 ans.

Un mot encore au sujet de l'assistance de l'Esprit-Saint : on ne peut l'invoquer comme si elle suppléait aux carences des hommes quand ceux-ci auraient pu y remédier eux-mêmes.

Bon courage !

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 705821 )Oui, mais Paterculus, par le torrentiel (2013-02-16 01:26:07) 
[en réponse à 705795]

Reconnaissez que, si la pierre sur laquelle est bâtie l'eglise roule d'elle-même et si ce n'est pas la mort qui la fige, l'institution branle sur ses fondations.


Ensuite, ce qui a surpris à l'élection de benoît XVI, c'était son âge. Un pape âgé après un pape dont nous venions de vivre, des années durant, la longue agonie et la configuration à la Passion de notre Seigneur.


Donc, s'il fallait un rajeunissement de la papauté, il fallait réélire un homme de l'âge de Jean-Paul II à son accession au souverain pontificat.


Et à supposer qu'il ait fallu ne plus lier le ministère pétrinien à la vie et à la mort de celui qui l'exerçait, cette décision aurait pu être prise sous un pape plus jeune, sereinement et en y préparant les fidèles.


Tandis que là, beaucoup trop de mauvais signaux s'accumulent à la fois.


Comme j'aime la liberté, je me réjouis de celle avec laquelle Benoît XVI a pris sa décision.


Mais de là à dire, comme un liseur avant moi, que cette décision m'émerveille...


Et que l'on doit également s'émerveiller de la persévérance de Jean-Paul II et du retrait de benoît XVI...


S'émerveiller également de tout cela confine à la "papimanie" dont parlait Luc Perrin ou à "la papolâtrie" que Me Parfu dénonce à raison comme une dérive dans l'eglise.
images/icones/ancre2.gif  ( 705858 )La décision dont vous parlez est ancienne par Paterculus (2013-02-16 11:06:29) 
[en réponse à 705821]

Vous écrivez, cher Le Torrentiel,

Et à supposer qu'il ait fallu ne plus lier le ministère pétrinien à la vie et à la mort de celui qui l'exerçait, cette décision aurait pu être prise sous un pape plus jeune, sereinement et en y préparant les fidèles.


Cette décision de ne plus lier le ministère pétrinien à la vie et à la mort de celui qui l'exerce est ancienne.
Elle remonte au moins à la rédaction du code de droit canon, mais les rédacteurs ont pris acte de certains épisodes de la vie de l'Eglise.
Et sans doute y ont-ils été poussés par la constatation que la médecine sait prolonger très longtemps la vie de personnes inaptes à tenir des fonctions importantes.

Ceci dit, vous avez raison en ce que nous n'avons pas été préparés à l'application de cette décision. Nous la connaissions comme une possibilité qui nous paraissait improbable, alors que les progrès de la médecine, justement, auraient dû nous y rendre attentifs.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 705871 )Merci, Paterculus, par le torrentiel (2013-02-16 11:49:03) 
[en réponse à 705858]

mais nous sommes d'accord pour convenir que cette décision canonique a été peu popularisée auprès des fidèles, et comme l'usage prévaut en tout, si l'on voulait changer l'usage, ne fallait-il pas rendre une décision plus claire et ne pas donner un signe contraire à cette décision par l'élection d'un pape âgé, succédant à un pape dont nous avions vécu la longue agonie en union de prière ? Ca me paraît être le noeud du problème, avec les "injonctions paradoxales" que cela suggère aux catholiques : pour vous, demeurez fidèles et persévérants; pour moi, je suis fatigué, je vais me reposer, et comptez bien que je prierai pour vous avant de m'endormir.


A un niveau hiérarchique moins élevé, on trouve le même "message subliminal" négatif et portant à l'instabilité dans le déplacement constant des curés (pour lequel la FSSPX n'a rien à envier aux orientations pastorales qu'elle critique), des curés qui n'ont certes pas fait voeu de stabilité comme les moines, mais qui, auparavant, étaient réputés "inamovibles", à moins d'un désordre manifeste, d'un charisme exceptionnel ou d'une nécessité supérieure. On comprend qu'un missionnaire aille par monts et par vaux annoncer l'Evangile, mais chaque fois qu'un curé s'en va, on a l'impression d'un deuil inutile ou d'un divorce. Un autre reprend et transforme les projets que le curé avait patiemment construits avec "ses conseils" " et qu'il doit abandonner. Et que les clercs soient interchangeables aux postes qu'ils occupent suggère l'idée, très néfaste elle aussi, que la restructuration est le mode normal de l'emploi des "ressources humaines".


On ne découvre pas avec ces nouvelles pratiques que "les cimetières sont pleins de gens irremplaçables", ni que l'apôtre est l'"instrument" de son Dieu Dont il doit propager la foi. On ne découvre pas que le prêtre est un serviteur de la foi, mais que l'home es subordonné à la structure. Or le primat de la structure sur l'homme, c'est la bureaucratie, support de tous les totalitarismes admiistratifs. Le siège pétrinien devenant une fonction plus administrative qu'apostolique, laquelle n'excède pas, ni ne se confond avec la personne qui l'occupe, augure une transformation de la révérence qu'on avait pour le pape, qui n'est pas seulement configuré à Saint Pierre dont la Foi dans ses forces peut chanceler selon la métaphore nautique qui nous a été rappelée au début de ce fil par Margarita et qui a été constamment utilisée par benoît XVI pour décrire le gouvernement de l'eglise et ses tempêtes. Mais Saint-Pierre est appelé "le doux vicaire du christ", donc est configuré au christ. Ou bien cela doit engager le pape jusqu'à la mort comme le Christ, ou bien c'est par abus ou exagération de langage qu'on lui confère ce titre, et la même humilité qui ne rend pas illégitime de le faire renoncer à sa fonction doit le faire renoncer à ce titre, et rend cette clarification nécessaire que le pape est successeur de Pierre et doit confirmer ses frères dans la foi, mais n'est pas pour autant vicaire du christ et n'est qu'un homme dont les forces sont faillibles. Dans la succession apostolique, ce n'est pas saint-Pierre, mais Saint Paul qui s'est pris pour une "Icône du christ" -Lui-Même "Icône du dieu Invisible"-, qu'on devait prendre pour modèle.
images/icones/ancre2.gif  ( 705893 )Si je suis d'accord... par Paterculus (2013-02-16 13:29:51) 
[en réponse à 705871]

... avec ce que vous dites de l'inamovibilité des curés, je ne peux souscrire à ce que vous dites au sujet du Pape.

Les curés eux mêmes doivent se retirer quand ils sont trop âgés, cela reste valable même s'ils sont inamovibles.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/hein.gif  ( 705878 )Question de droit canon par Cath...o (2013-02-16 12:16:18) 
[en réponse à 705858]

Il est vrai qu'avec les progrès de la médecine il devient relativement courant de survivre de longs mois (sinon de longues années) dans un coma profond. Que se passerait-il si ce cas devait s'appliquer à un pape ? Que prévoit le droit canon ?

Je n'ai rien trouvé sinon ici (oui je sais, ce n'est pas une référence ...) :

Le droit canonique ne prévoit pas l'éventualité qu'un pape soit temporairement ou définitivement inapte pour des raisons de santé, une tentative d'assassinat ou une captivité. Même dans le cas où l'action du Saint-Siège est complètement entravée, aucune innovation ne doit être apportée dans la gouvernance de l'Église universelle et les lois spéciales adoptées, pour ces circonstances, doivent être observées.



Pouvez vous nous en apprendre plus ?
images/icones/5b.gif  ( 705897 )Désolé ! par Paterculus (2013-02-16 13:44:45) 
[en réponse à 705878]

Je n'ai pas de compétence canonique particulière - et je suis sans doute même en dessous de la moyenne, car quand j'ai fait mes études le code était en cours de révision, ce qui fait qu'on apprenait davantage les principes que les normes elles-mêmes.

Voici les références à ce sujet :



et

et encore

Si je peux me permettre un commentaire, puisque personne n'est au-dessus du Pape, seul celui-ci doit constater son infirmité quand il est encore assez lucide pour le faire.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/hum2.gif  ( 705836 )Je vous comprends, à ceci près par Yves Daoudal (2013-02-16 10:10:40) 
[en réponse à 705795]

que Benoît XVI ne parle pas du tout de sénilité, mais de forme physique. Or tout le monde connaît des vieux qui sont physiquement délabrés et intellectuellement en pleine forme (et le pape l'est et en outre il le dit).

(Et la fonction pontificale n'exige pas de faire deux ou trois tours du monde par an, ni d'avoir un rythme de travail d'un Premier ministre.)
images/icones/ancre2.gif  ( 705860 )Sénilité ou forme physique ? par Paterculus (2013-02-16 11:10:23) 
[en réponse à 705836]

Faut-il se lancer dans l'exégèse des propos du Saint-Père ?
Sans doute avez-vous raison de le faire, mais je crois qu'au-delà des mots qu'il a employés, il y a chez lui la conscience vive de ne plus être à la hauteur.
Et il connaît mieux que vous et moi les caractéristiques de cette fonction !
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 705925 )C'est juste par jbbourgoin (2013-02-16 15:27:02) 
[en réponse à 705860]

J'ajouterai ceci : s'il avait attendu d'être sénile, aurait-il alors prit cette décision ?

De plus, une personne âgée physiquement fatiguée est plus exposée à la sénilité. Car si le corps souffre, la fatigue vient, l'esprit est lui aussi fatigué, et les capacités de régénération étant affaiblie voire quasi nulle chez les personnes âgées, la sénilité pointe.

Il a attendu d'être au bout de ses forces physiques, mais pas intellectuelles, afin de pouvoir prendre cette décision avec une conscience claire.
images/icones/neutre.gif  ( 705927 )Il est rare par Yves Daoudal (2013-02-16 15:38:10) 
[en réponse à 705925]

que les intellectuels deviennent séniles. Je n'ai connu qu'un seul cas. Et j'ai surtout connu des cas contraires de vieux au corps fatigué et à l'agilité intellectuelle parfaite.
images/icones/neutre.gif  ( 705932 )C'est rassurant par jbbourgoin (2013-02-16 15:50:44) 
[en réponse à 705927]

Vous invalidez mon "argument", mais vous me donnez de l'espoir quand à mon avenir :D
images/icones/1d.gif  ( 705937 )Et au mien, par Yves Daoudal (2013-02-16 16:21:46) 
[en réponse à 705932]

évidemment !

Parce qu'il commence à être temps que je me rassure...
images/icones/1e.gif  ( 705988 )Condition sine qua non : par Sursum corda (2013-02-16 22:04:13) 
[en réponse à 705927]

faire tout le temps travailler son cerveau ! Lire, apprendre, mémoriser, etc., et sans oublier de venir polémiquer régulièrement sur le FC !


SC (qui, n'étant pas intellectuelle, espère bien quitter ce monde avant d'être -totalement- sénile !)
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 706067 ) « Quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-il la Foi sur la terre ? » Luc 18:8. par margarida (2013-02-17 16:29:50) 
[en réponse à 705668]

Je remercie tous ceux qui ont donné suite à mon message concernant le départ du Pape. J’ai été rassurée de n’être pas la seule à ressentir ce départ comme un abandon et j’avoue que seuls ces messages là m’ont réconfortée, profondément réconfortée même. Les autres, plus nombreux, la plupart d’une grande qualité intellectuelle, me semblent être, derrière les mots et phrases savantes, dans le déni de ce qu’implique réellement la décision de Benoît XVI.
Au risque de faire bailler de rire ceux qui me liront, je suis intimement convaincue qu’un Pape ne PEUT PAS devenir sénile !
Pourquoi ?
Pour la simple raison que son corps est habité par l’Esprit de Dieu et ce de façon concrète, réelle et miraculeuse. Envisager que le Pape devienne sénile c’est nier que le successeur de Pierre est physiquement investi, comme Jésus et les apôtres, de l’Esprit Saint. Si son corps peut-être exposé aux pires délabrements de l’âge et/ou de la maladie, son Esprit restera intact car ce n’est plus le sien mais celui de Dieu.
Combien sommes-nous à croire que l’Esprit Saint habite réellement le corps du Pape, sans pour autant lui enlever son libre arbitre ?
Par sa décision faut-il en conclure que Benoît XVI, à l’image de la majorité des catholiques, ne croit plus aux miracles, en la puissance de l'Esprit Saint et de la prière, au combat du Bien contre le mal ?
Benoît XVI se veut-il lui aussi en harmonie non pas avec Dieu mais avec son époque ?
Quelle est cette sorte de ténacité à tenter de prouver à la société qu’être chrétien en 2013 c’est avoir "les pieds sur terre" ?
Jésus nous dit qu’on ne peut pas servir deux maîtres à la fois, il faut choisir !
La plupart des catholiques d’aujourd’hui ne veulent pas choisir et de ce fait ont oublié qu’être chrétien c’est témoigner. Témoigner c’est transmettre à l’Humanité, par l’exemple de nos actes, le message du Christ.
Un message destiné à l’Humanité mais pas au monde car Jésus n’a pas prié pour le monde : « Mon Père, je ne prie pas pour le monde mais pour ceux que tu m’as donné ! »-Jean 17.10-
N’est-ce pas troublant et en total désaccord avec les pratiques en vigueur dans l’église d’aujourd’hui ?
Pourquoi les serviteurs de l’église et même Benoît XVI sont-ils tellement préoccupés de ne pas décevoir ce monde pour lequel Jésus n’a pas prié ? Par quelles tentations, quelles dérives, quelles concessions et trahisons en est-on arrivés là ?
- « Où vas-tu Seigneur ? » dit Pierre qui fuyait Rome où on voulait le tuer.
- « Je vais à Rome pour y être crucifié. » lui répondit Jésus.