Le Forum Catholique

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images/icones/croix.gif  ( 705434 )La renonciation de Benoît XVI vue par RIVAROL par Petrus (2013-02-14 09:56:49) 

La renonciation de Benoît XVI

Le 11 février, à la surprise générale, Benoît XVI a annoncé aux cardinaux lors d’un consistoire qu’il renonçait à occuper le siège de Pierre : « Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. (...) Dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire. »

UN UNANIMISME SOVIETOÏDE

Aussitôt cette décision a été saluée unanimement. Par les media qui ont loué ce geste témoignant d’une grande modernité. Par le monde politique, de la gauche à la droite nationale. Par les dignitaires des diverses religions et confessions, les organisations juives se montrant particulièrement élogieuses. On retiendra notamment le communiqué du Congrès juif mondial, dithyrambique : « Aucun pape avant lui n’avait visité autant de synagogues. Il a rencontré des représentants de la communauté juive à chaque fois qu’il s’est rendu à l’étranger. Aucun pape avant lui n’avait fait autant d’efforts pour améliorer les relations avec les juifs, sur autant de niveaux. » Le Conseil représentatif des institutions juives de France n’est pas en reste, non plus que le grand rabbin d’Israël qui se dit « reconnaissant envers le pape Benoît XVI pour tout ce qu’il a fait pour renforcer les liens entre les religions et promouvoir la paix interconfessionnelle ». Il faut dire que Josef Ratzinger a maintes fois répété que l’Ancienne Alliance n’a jamais été abrogée, que l’interprétation juive de la Bible est parfaitement possible, qu’il a décoré moult rabbins, reçu plusieurs fois au Vatican le B’nai B’rith (en 2006 et 2011), condamné à maintes reprises le révisionnisme (sans jamais dénoncer les peines de prison infligés en Occident aux chercheurs et historiens ne croyant pas en l’“Holocauste”), visité nombre de synagogues de Rome à Cologne. On s’explique ainsi aisément l’hommage universel qui lui est rendu.

LES RAISONS D’UN DEPART

Reste à s’interroger sur les raisons de cette renonciation. La raison officielle est son état de santé. Il ne tiendrait pas à finir comme son prédécesseur dont le délabrement et l’agonie très médiatisés se sont éternisés. Nous ne savons évidemment rien des éventuels problèmes de santé de Benoît XVI mais il ne semble pas en tout cas que ses capacités intellectuelles soient altérées puisque deux jours avant cette annonce il méditait quasiment sans notes la première épître de saint Pierre avec les séminaristes de Rome ! Ce qui est sûr en revanche, c’est que cette décision contribue à désacraliser la fonction qu’il affirme incarner. En 1964 Paul VI avait déjà déposé la tiare, ce qui était un geste fort. Celui de Benoît XVI en ce mois de février 2013 est tout aussi significatif. De même que depuis Vatican II les curés et les évêques doivent prendre leur retraite à 75 ans et que les cardinaux sont privés de droit de vote à partir de 80 ans révolus, l’occupant du siège de Pierre prend désormais sa retraite tel un vulgaire PDG ! Les conséquences de cette décision seront innombrables : dès que son successeur tiendra des propos controversés, dès qu’il vieillira, on l’incitera à démissionner. A terme, au rythme où vont les choses, on pourrait même envisager des mandats limités dans le temps comme cela se fait dans les démocraties pour les différents élus, de la mairie à la présidence de la République. Ce serait pousser la logique démocratique et la collégialité conciliaire à leur paroxysme.
Certains observateurs pensent que cette subite renonciation pourrait être liée à l’affaire VatiLeaks, le majordome particulier de Benoît XVI, Paolo Gabriele, ayant dérobé des documents confidentiels faisant notamment état de corruption, de malversations, de népotisme et de favoritisme dans la gestion des biens immobiliers de la cité vaticane. D’aucuns affirment que la décision de Benoît XVI s’expliquerait en grande partie par l’échec, au moins temporaire, des pourparlers avec la Fraternité Saint-Pie X. Depuis son élection le 19 avril 2005, Josef Ratzinger avait entrepris de “normaliser” l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre. En recevant son supérieur général Mgr Fellay à Castel Gandolfo en août 2005. En promulguant en juillet 2007 le Motu Proprio Summorum Pontificum faisant de la messe tridentine (cependant modifiée par les réformes de Jean XXIII) une « forme extraordinaire » du rite romain. En levant en janvier 2009 les excommunications des quatre évêques sacrés par le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X. En organisant des colloques doctrinaux avec les “lefebvristes” entre 2009 et 2011. En proposant la signature d’un préambule doctrinal en échange de l’octroi d’une prélature personnelle. Ces efforts qui ont failli être couronnés de succès en juin 2012 ont finalement été vains. Tout comme, semble-t-il, la dernière lettre de Mgr Di Noia envoyée en janvier par l’entremise de Menzingen à tous les prêtres de la FSSPX. Les dirigeants de la commission Ecclesia Dei, Müller et Di Noia, auraient d’ailleurs fixé un ultimatum au 22 février, soit quelques jours seulement avant le départ de Benoît XVI (étrange coïncidence !) pour que Mgr Fellay acceptât le préambule doctrinal du 13 juin 2012. Cet échec si, comme c’est probable, il se confirme est une défaite cinglante pour Benoît XVI qui avait mis au centre de ses préoccupations et de son action la résolution du « problème FSSPX ».

VERS DE NOUVEAUX BOULEVERSEMENTS

Quoi qu’il en soit des raisons réelles de cette abdication, compte tenu de l’atmosphère anti-chrétienne dans laquelle évolue le monde, on peut s’attendre dans les années et décennies qui viennent à de terribles bouleversements. Voici ce que l’on pouvait lire il y a quelques jours dans Le Monde, quotidien de la bien-pensance, sous la plume du socilogue Eric Fassin : « Ainsi, l’Eglise catholique est aujourd’hui, en tout cas en France, le seul employeur qui affiche fièrement une discrimination homophobe à l’embauche — au mépris du droit. [...] L’Eglise catholique est-elle homophobe ? Ce sera aux tribunaux d’en juger, dès qu’un séminariste alsacien ou mosellan, écarté de la carrière ecclésiastique, aura porté plainte contre une telle discrimination dans l’emploi. Ce pourrait être l’occasion de contester une autre exclusion, tellement familière que la justice oublie de s’en soucier : les femmes sont interdites de sacerdoce. Peut-être le Vatican aura-t-il intérêt à moins se mêler de politique, s’il ne veut pas qu’en retour l’Etat se mêle davantage de ses affaires. » Cela paraît fou mais la perspective de légaliser une union contre-nature ne paraissait-elle pas insensée il y a trente ans ? Les anti-chrétiens cachent d’ailleurs de moins en moins leur fanatisme. La une de Libération, le mercredi des Cendres, était volontairement blasphématoire : « Après le pape : Dieu démission ! » La veille, les lesbiennes hystériques du mouvement Femen entraient à Notre-Dame, torse nu, et se jetaient sur les cloches flambant neuves exposées dans la nef en braillant des slogans anticatholiques, avant de se mettre à genoux et de singer le signe de Croix.
Ne nous leurrons pas, le pire est devant nous d’autant que l’on ne saurait attendre d’un aréopage de fieffés modernistes la moindre espérance de redressement tant d’ailleurs sur le plan temporel que spirituel.

Jérôme BOURBON.

RIVAROL daté du vendredi 15 février 2013.
Editions des Tuileries, 82 boulevard Masséna, 75 013 Paris.
images/icones/fleche2.gif  ( 705439 )Nous n'avons pas assez prié pour le Pape par Jean-Paul PARFU (2013-02-14 10:31:54) 
[en réponse à 705434]

Il a donc eu peur des loups et il s'est dérobé !
images/icones/neutre.gif  ( 705440 )Affirmation glaçante par jean-marie dobrée (2013-02-14 10:39:25) 
[en réponse à 705439]

Monsieur, votre façon d'affirmer sans la moindre preuve est glaçante
images/icones/neutre.gif  ( 705453 )Célestin V par Marek (2013-02-14 12:12:03) 
[en réponse à 705439]

a démissionné juste avant le grand schisme d'Occident. Il a été canonisé peu après sa mort par le premier pape d'Avignon. J'ai vu hier sur KTO le pape renouvelant ses adieux dans une basilique de béton qui ferait passer celle de Lourdes pour un chef d'oeuvre architectural : en pleine forme intellectuelle. Pour le psychique et le spirituel je ne sais pas.
images/icones/neutre.gif  ( 705454 )La salle Paul VI par Rémi (2013-02-14 12:15:44) 
[en réponse à 705453]

n'est ni une basilique, ni même une église, mais une "simple" salle d'audience.
images/icones/fleche2.gif  ( 705460 )Audiences du mercredi par Jean-Paul PARFU (2013-02-14 13:01:32) 
[en réponse à 705454]

dans la salle Paul VI. Il s'agit, je trouve, d'une salle magnifique !

Voir mon post d'hier ici
images/icones/1f.gif  ( 705469 )Non par N.M. (2013-02-14 13:45:21) 
[en réponse à 705453]

Célestin V (saint Pierre Célestin) a abdiqué en 1294. C'est-à-dire non pas "juste avant" le Grand Schisme (1378-1417) mais 84 ans avant.

Il ne faut pas confondre le séjour des papes en Avignon, de 1309 à 1377, et la période dite du Grand Schisme où deux "papes douteux" (Clément VII et Benoît XIII) ont résidé à Avignon.

Cordialement



images/icones/neutre.gif  ( 705443 )Renonciation du pape: les enseignements des modernistes par Theonas (2013-02-14 10:59:38) 
[en réponse à 705434]

Les concerts d’applaudissements venant du monde devraient nous mettre en alerte : cette renonciation est belle et bien suspecte. Hier, par exemple, c’est le diacre Philippe Charmillot (grand admirateur de l’hérétique Anne Soupa) qui, dans le Quotidien jurassien, a complètement retourné les paroles de l’apôtre pour s’extasier devant la décision du pape :

« Si cette annonce a été très majoritairement saluée, pour son courage et son audace, écrit-il, il est un élément novateur qui a peu été mentionné. L’image de l’institution Eglise perçue par l’être humain du XXIe siècle est souvent celle d’un monolithe peu sensible au parcours des gens, plutôt enfermé dans un juridisme étroit où manque la place pour le cas particulier et la compassion. Avec cette renonciation, le pape partage la vie de toutes celles et de tous ceux qui doivent accepter leurs limites, faute peut-être de les avoir choisies, et met en pratique la célèbre phrase de saint Paul aux Corinthiens: «Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.» Merci Monseigneur pour cet exemple qui nous rejoint dans notre humanité limitée. »

Or St Paul ne veut pas dire par là qu’il s’agit considérer ses limites pour en déduire, au regard de la seule raison, ce qu’il nous convient de faire, mais, tout au contraire, d’accueillir à travers nos limites la grâce surnaturelle qui seule nous permet de les transcender. « Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse. » C’est donc de grand coeur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. C’est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ ; car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Cor 12,9-10)

Voilà qui nous donne un indice très intéressant pour comprendre ce qui met tant en joie le monde dans cette renonciation. Ne serait-ce tout simplement pas parce qu’à travers elle c’est le surnaturel qui est encore un peu plus tenu à distance ? La sécularisation de nos sociétés traduit cette entreprise de stérilisation du surnaturel s’étendant à la planète tout entière. Il est à craindre que cette renonciation, à travers les commentaires qu’elle engendre, ne renforce encore cette tendance dans les esprits de nos contemporains: puisqu’un contre-exemple est donné du sommet de l’Eglise. Mais le Souverain Roi de l’Univers se moque bien des folles prétentions des hommes, fussent-ils proches conseillers d’un pape aux abois. A l’heure qu’Il se sera choisi, Il balayera comme un fétu de paille toutes leurs entreprises impies.

ESCHATON
images/icones/1r.gif  ( 705445 )On se calme ! par Lamy (2013-02-14 11:17:11) 
[en réponse à 705443]

Nul ne sait pourquoi le Pape renonce.
Cette décision est surprenante et inoppinée, soit.
Tout à sa surprise : chacun tente de comprendre et y voit midi à sa porte, les modernistes comme les autres.
En outre un conclave se profile : les grandes manoeuvres sont en marche, c'est inévitable.
Pour autant : ce n'est pas parceque certains (que nous n'aimons pas) semblent y voir de quoi se réjouir, ou du moins le proclamment haut et fort, qu'ils ont raison.
Nul ne sait pourquoi le Pape renonce : faisons-lui confiance, à lui et nous aimons tant et au Saint-Esprit.
Cette situation me fait penser à la mort de Jean-Paul Ier : chacun y a vu midi à sa porte : "Il a été tué c'est sûr", "Sa mort est suspecte", "C'est un coup des cocos", "C'est un coup des tradis pour entraver la moooodernisation de l'Eglise", "C'est un coup des modernos pour entraver le retour de la TTTrâââdition", "c'est un coup de la Finance mondiale", etc...
Notre-Dame de la Sainte Espérance : convertissez-nous, vite !!
images/icones/vatican.gif  ( 705457 )Si on le sait! par Miserere (2013-02-14 12:34:14) 
[en réponse à 705445]

Pour raison de santé, point barre!

Il le dit lui-même.

Quoi il ment?

Des personnes qui arrêtent leurs activités pour raison de santé,ce n'est pas d'hier!

Bien à vous.

Miserere
images/icones/fleche3.gif  ( 705447 )pourquoi ne pas dire par jejomau (2013-02-14 11:28:14) 
[en réponse à 705434]

aussi que le pape porte un pace-maker - ce que très, très peu de gens savaient - et qu'il est actuellement très affaibli ? Rivarol ne l'indique nulle part... Pourtant à 85 ans, il est plus que probable qu'il cela ait joué un rôle important ET que dans le contexte actuel de l'Eglise, il ait préféré passer la main pour le plus grand bien de Celle-ci justement...
images/icones/1g.gif  ( 705461 )La phrase qui trahit le sedevac'... par Pétrarque (2013-02-14 13:04:51) 
[en réponse à 705434]


la fonction qu’il affirme incarner



Tout est dit. Fermez le ban.
images/icones/2b.gif  ( 705463 )Transpire malheureusement par Clovis (2013-02-14 13:09:33) 
[en réponse à 705434]

dans cet articles toute la verve sédévacantiste...avec pas le moindre espoir spirituel.
images/icones/fleche2.gif  ( 705478 )vous avez été bien courageux par marie-joseph (2013-02-14 14:32:19) 
[en réponse à 705463]

de le lire
pour ma part, je n'ai pas cliqué , connaissant les positions outrancières de J B et sa talentueuse agressivité.
je n'aime pas entendre insulter ma mère ( l'Eglise) , ni mon père ( le pape)
images/icones/neutre.gif  ( 705489 )Rivarol.................. par Ubique Fidelis (2013-02-14 15:24:10) 
[en réponse à 705478]

Rivarol est devenu depuis longtemps le porte-voix du sédévacantiste.

Rabelais lui aurait donné un nom plus poétique... je laisse à chacun le soin de s'y reporter préférant éviter d'user d'un langage qui ne sied pas entre chrétiens.

Une chose est certaine, laissons les jouer avec leur boule de cristal, leur marc de café ou que sais-je encore, et confions au Bon Dieu notre Pape, Son Eglise affligée mais pleine de Foi, d'espérance et de charité, et le futur Successeur de Pierre et Vicaire qu'Il nous donnera selon Son coeur.