Le Forum Catholique
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( 704980 )
Vivons-nous sur la même planète ? par Alonié de Lestre (2013-02-12 04:50:01)
Les médias québécois se réjouissent du départ du Saint-Père. Ils font des entrevues avec des membres du clergé et des passants, ils se réjouissent et espèrent tous un « vent de fraîcheur » avec le nouveau pape. « On veut des femmes prêtres, le mariage pour les prêtres, le divorce, les homosexuels, le contrôle des naissances, le condom pour le sida, etc. L'Eglise doit embrasser la modernité au lieu d'en avoir peur. Ce serait préférable d'avoir un pape africain ou sud-américain parce qu'ils comprennent mieux les pauvres... »
Est-ce que c'est pareil chez vous, en France, en Belgique, en Suisse, ou ailleurs dans le monde ?
J'ai vraiment le coeur brisé...

( 704981 )
C'est du classique ! par Jean-Paul PARFU (2013-02-12 05:38:21)
[en réponse à 704980]
On a toujours droit aux mêmes commentaires en Europe occidentale et en Amérique du Nord !
Mais il est sûr que cette démission encourage ce déchaînement.
Le ministère de Pape n'est pas un ministère comme un autre. On meurt Pape. On ne part pas à la retraite comme un Préfet ou un PDG.
Cette démission induit, selon moi, une conception désacralisée de la fonction et va constituer un précédent. C'est d'ailleurs le but de l'opération.
Quand il s'est fait élir, le Pape aurait dû prévenir les cardinaux qu'au cas où ils l'éliraient, ils devaient également savoir qu'il démissionnerait quand il "ne le sentirait plus".
Or, il ne leur a pas dit !

( 704983 )
presque d'accord par Aigle (2013-02-12 07:33:52)
[en réponse à 704981]
avec vous cher Jean Paul. J'ai également été frappé par cette vision "mécanique" et presque naturaliste de la fonction pontificale qu'implique la renonciation. Il y a là quelque chose de déstabilisant, de désacralisant je vous le concède bien volontiers.
Mais n'oublions pas que la Tradition de l'Eglise l'a toujours acceptée : elle est prévue par le droit canon et a été pratiquée (très rarement certes mais il y a tout de même des précédents). Et sans qu'il y ait influence de la pratique suivie par les évêques depuis 1970 (puisque leur renonciation à 75 ans n'est pas libre).
Mais surtout, la noblesse, la hauteur de vues, la grandeur d'âme, la dignité, la volonté d'exercer sérieusement sa mission toujours manifestée par le Saint Père depuis 2005 permettent de voir dans le geste de Benoît XVI une décision mûrement réfléchie et échappant aux catégories un peu vulgaires du monde contemporain.
Remercions le Seigneur de nous avoir accordé un tel pasteur pendant presque 8 ans !

( 704986 )
Autre angle possible par Rikiki (2013-02-12 08:14:58)
[en réponse à 704981]
Vous êtes plusieurs à voir des conséquences néfastes dans la démission du pape.
Ne peut-on pas y voir (pêle-mêle et sans développer) aussi:
- un exemple de détachement qui peut servir de leçon à tous ceux qui s'accrochent éperdûment au pouvoir, aux biens terrestres?
- un geste "administratif" nécessaire après les crises successives qui ont touché le Vatican, Vatileaks, banque vaticane, etc.? (l'Eglise étant aussi institution humaine, aurait besoin d'être reprise en main?)
Bref, au-delà de la portée politique, ne peut-il y avoir une signification spirituelle "positive", et pourquoi pas une nécessité d'ordre administratif?
Je pose la question, ne frappez pas svp.

( 704992 )
Il faut voir le rapport coût-avantage d'une décision par Jean-Paul PARFU (2013-02-12 08:38:21)
[en réponse à 704986]
Il y a bien entendu dans la plupart des décisions des avantages et des inconvénients.
Il faut donc faire le rapport coût-avantage. Certains peuvent mettre des lunettes roses et voir le bon côté des choses, d'autre comme moi plutôt le mauvais côté.
Cependant, il ne s'agit pas seulement du verre à moitié vide et du verre à moitié plein.

( 704995 )
Restons sérieux par Vincent F (2013-02-12 09:03:16)
[en réponse à 704992]
Vous croyez vraiment que Benoît XVI n'a pas fait ce rapport coût-avantage avant de prendre sa décision ?

( 705004 )
Il le dit lui-même par Thomas (2013-02-12 09:56:26)
[en réponse à 704995]
« Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises [...] »
On peut supposer qu'il est plus au courant que nous de éléments qui l'ont amené à prendre sa décision.
Par ailleurs, Saint Thomas ne dit-il pas qu'on ne peut pas pécher lorsqu'on agit selon sa conscience ?
Thomas

( 705012 )
Ben si par Meneau (2013-02-12 10:16:06)
[en réponse à 705004]
on ne peut pas pécher lorsqu'on agit selon sa conscience
On pêche si sa conscience est coupablement erronée.
Mais bon, cas d'école. Je ne pense pas que cela s'applique au St Père en cette circonstance !
Cordialement
Meneau

( 705005 )
ce que vous dîtes est correct mais par Luc Perrin (2013-02-12 10:00:56)
[en réponse à 704986]
ne retire rigoureusement rien à l'impact négatif majeur de cette démission sur la papauté.
Un pape qui, apparemment valide et ayant tous ses moyens - même diminués par l'âge et peut-être la maladie (mais dès lors pourquoi faire du Pompidou ? quand tant d'hommes et femmes politiques ont annoncé un cancer ou autre maladie potentiellement invalidante) - se retire ainsi, c'est son droit et nul ne le conteste, porte un coup au moins temporaire au ministère pétrinien.
Tous les observateurs de l'Église le disent et ils ne sont pas tous frappés d'une soudaine hallucination collective. Le geste de Benoît XVI est bien révolutionnaire car il accrédite - involontairement j'en suis bien conscient et même contre son intention affichée - l'idée que le pape est doté d'un mandat limité et qu'à terme, il faudra prévoir une maison de retraite des papes émérites ...
Beaucoup ici ignorent que depuis des années et des années, des folliculaires théologiens ne cessent de promouvoir cette idée radicalement hérétique (protestante) et dramatiquement fausse que l'Église est une société humaine comme les autres, qu'elle devrait calquer son fonctionnement sur celui des démocraties occidentales et par conséquent substituer à la Révélation et au Credo, la souveraineté populaire et le mandat déterminé et le vote pour définir des "dogmes" variables dans le temps, au gré des majorités : c'était la grande idée d'Alfred Loisy.
Il va de soi, c'est aveuglant, que la décision de Benoît XVI donne un formidable encouragement à tous ces gens : il suffit d'écouter les radios et lire les media français, tous les intervenants vont dans ce sens.
Au fond, que les motivations du pape soient très nobles, très spirituelles, qu'elles soient justifiées par son état de santé réel peut-être très grave, tout cela ne change rien à l'objectivité des conséquences sur la papauté. Le nouveau pape élu aura fort à faire pour remonter la pente même si c'est un athlète et un grand spirituel. A supposer qu'il en ait la volonté.
La pression morale ad intra et ad extra pour institutionaliser un papauté faible sera énorme à partir de mars 2013. Un peu comme au temps de Martin V à l'issue du Grand Schisme d'Occident et d'Eugène IV.
Les partisans du conciliarisme et les tenants de la primauté des Églises locales sur le centre romain sont à tous les micros et devant toutes les caméras ... ce n'est qu'un début.
Ces pressions s'exerceront au sein du conclave.
D'autant plus que l'image - fausse là encore, hélas - d'un Benoît XVI continuateur du cardinal Raztinger sur le trône de Saint Pierre et ayant échoué en tout, le dernier grand échec nous le connaissons, jette le discrédit sur la voie "ratzinguérienne" alors que Benoît XVI n'a pas osé emprunter cette voie en tant que pape. Hélas de mon point de vue. Renouveau resourcé de la liturgie (le NOM), redynamisation du sacerdoce par une refonte du corps épiscopal, réenracinement de l'enseignement théologique dans l'orthodoxie doctrinale, clarification sérieuse de l'interreligieux, TOUS les chantiers ouverts par le cardinal Ratzinger avant 2005, tous ont été laissés à l'abandon, pas même ouverts par le pape démissionnaire.
- Le départ de Mgr Ranjith en 2009 marquait, je l'avais dit, le grand renoncement au chantier liturgique : cela s'est confirmé. S.P. est non une poire mais une myrtille pour la soif ... on ne traverse pas le Sahara avec une myrtille en poche. Ou, si l'on préfère, on ne nettoie pas les écuries néo-liturgiques d'Augias avec un demi kleenex.
- Le maintien d'Assise sans une catéchèse préalable, avec quelques menues retouches certes utiles, a confirmé le brouillard de l'interreligieux actuel qui ne sait pas trop où il va ni comment il est articulable avec l'essence missionnaire de l'Église.
- L'activité de la CDF pour protéger les fidèles contre des penseurs déviants a été extrêmement faible en comparaison des règnes de Paul VI et Jean-Paul II : Benoît XVI a été sûrement le pape le plus timide dans ce domaine depuis Vatican II.
- Aucune politique claire de nomination n'est apparue : ni parmi les cardinaux ni dans la Curie aussi disparate et tirant à hue et à dia qu'elle l'était sous Jean-Paul II ni dans l'épiscopat mondial (les choix heureux étant contrebalancés par la reconduction des candidats au profil 1960-1970).
Là encore, Benoît XVI est en retrait par rapport à la fin du règne de Paul VI et aux gros efforts de Jean-Paul II. Or le cardinal Ratzinger, bien inspiré, avait souligné que ce renouvellement était une clef majeure pour un renouveau ecclésial en zone déchristianisée.
- les rares dossiers où une impulsion papale nette a été donnée sont aussi des échecs surtout par pusillanimité finale :
a) la promotion de l'herméneutique de réforme dans la continuité s'est peu traduite dans les faits ni dans les institutions d'enseignement et de formation des clercs (cf. les raisons ci-dessus)
b) Anglicanorum coetibus (2009) est un texte potentiellement majeur - avec quelques risques d'ailleurs - mais Rome a abandonné ensuite les candidats à l'unité aux lobbies oecuménistes et aux petitesses internes et à celles des épiscopats locaux : le résultat est maigrichon avec 3 minuscules Ordinariats et une grande occasion qui paraît manquée. Le retrait de la T.A.C. qui avait été en pointe dans le processus est un camouflet cinglant.
c) enfin le recul final de mai-juin 2012 et l'abandon du dossier de la réconciliation avec la F.S.S.P.X et les traditionalistes séparés sont difficiles à comprendre : pourquoi tant d'efforts (2005, 2007 avec Summorum Pontificum, la tempête de 2009, les discussions de 2009-2011) pour aboutir à ce revirement de dernière minute sans plan B ?
Là où, semble-t-il vu de l'extérieur, Benoît XVI s'est impliqué personnellement et a mis de la constance dans sa politique, ultimement c'est l'abandon en rase campagne. On peut se demander si, avec le Vatileaks et la zizanie curiale grandissante (conséquence indirecte des choix erratiques faits par le pape) , cet échec retentissant sur le dossier qu'il avait le plus porté n'a pas pesé dans la démission annoncée hier. Moralement au moins.
En dressant ce bilan,"sans concession" au sugar-coating clérical usuel, je mesure bien qu'il fera hurler les papolâtres inconditionnels en dépit de son caractère purement factuel et, à mon sens, parfaitement objectif.
Je mesure aussi bien que le pape n'est pas un surhomme et c'est la noblesse de la décision de Benoît XVI d'en prendre acte pour lui-même. J'ai souligné à l'envie que l'Église ne se réduit pas au pape et que les fidèles ont une lourde responsabilité devant Dieu : peuple de Dieu, qu'as-tu fait de ton baptême ? pour paraphraser Jean-Paul II.
Il n'empêche, pour des raisons qui restent obscures aujourd'hui, Benoît XVI s'est de plus en plus éloigné des analyses et des remèdes mûrement énoncés par Joseph Ratzinger. Il a renoncé progressivement à donner les impulsions fortes requises par l'état de l'Église. Dans le grand débat qui va surgir dans l'Église, on ne saurait de ce fait écarter cette "voie ratzinguérienne" comme ayant échoué puisque, au final, le pontificat qui s'achève à la fin du mois ne l'a pas véritablement empruntée.
Le conclave aura-t-il le courage de relever le défi ou bien s'abandonnera-t-il aux "délices" illusoires des compromis tous azimuts avec la modernité libérale, telle une pastorale de fin de vie, les soins palliatifs d'un christianisme occidental qui s'épuise ?
La surreprésentation cardinalice du catholicisme européen anémié et aveuglé, "fort" de ses ratages et de son insignifiance sociale grandissante, peut nourrir le pessimisme. Mais l'Esprit déjoue parfois les pesanteurs de la sociologie ecclésiale : prions pour cela en pensant que le frère Benoît, dans sa retraite prochaine, priera aussi pour cette intention.

( 705013 )
Mais quelle serait la signification d'un pape-légume ? par Gaspard (2013-02-12 10:20:19)
[en réponse à 705005]
Cher Luc Perrin,
Vous critiquez vertement la signification "révolutionnaire" qu'aurait cette décision du pape. Vous me semblez raisonner comme si les progrès de la médecine n'existaient pas. Aujourd'hui grâce à la médecine, on peut maintenir en vie très longtemps des personnes dans un état pas très éloigné de celui d'un légume. Nulle exagération ici, et les débats sur les soins palliatifs ou même sur l'euthanasie ne naissent pas de rien mais de la réalité.
Bref, Benoît XVI a choisi, alors qu'il est encore pleinement libre et en pleine conscience, d'abdiquer. Il connaît son état de santé. Supposons qu'il ait pu vivre encore quinze ans, dans un état de très grande faiblesse. Cela n'aurait-il pas été bien pire pour l'Eglise ?
Il y a encore cinquante ans, l'état de grande faiblesse d'une personne âgée ne durait pas longtemps. Aujourd'hui, et a fortiori pour un pape avec les meilleurs médecins, cela peut durer très longtemps.
Benoît XVI n'a-t-il donc pas choisi la meilleure (ou la moins mauvaise) solution ?

( 705017 )
c'est une vraie question mais ... par Luc Perrin (2013-02-12 10:47:04)
[en réponse à 705013]
ni Pie XII (mourant en 1954, diminué ensuite) ni le bienheureux Jean XXIII (qui avait indiqué son état de santé fin 1962) ni surtout et fort longtemps le bienheureux Jean-Paul II ne sont arrivés à la même conclusion que leur successeur actuel.
Pourtant ils ont tous subi et de façon plus visible que Benoît XVI les marques de la maladie et du vieillissement. Il ne semble en rien un "pape légume" comme vous dîtes. Ce cas reste un cas difficile : le droit canon gagnerait à mieux préciser les circonstances dans lesquelles un pape perdrait des facultés mentales et ce qu'il conviendrait de faire. Tel n'est pas le cas de figure actuel, du moins pour ce que Benoît XVI en dit.
Une fois encore, je ne discute pas du principe de la démission : il est dans le droit de l'Église et les motifs avancés par Benoît XVI sont fort compréhensibles.
Cela ne retire hélas rien aux inconvénients objectifs de cette décision, tout spécialement dans la conjoncture actuelle.
Vous savez une décision légitime, même bien étayée, porte des conséquences qu'on ne maîtrise pas forcément.
Ces inconvénients, qui ont fait reculer tous les papes depuis 500 ans tout de même, seront peut-être surmontés : souhaitons le.
Mais il est absurde, par pure papolâtrie, de vouloir faire comme s'ils n'existaient pas. Le cardinal Marty disait que l'une de ses croix était de rendre visite à son prédécesseur chaque année, ce dernier n'étant pas enthousiasmé par les errements de l'Église de Paris dans années 1970. On imagine un pape rendant visite à ses 2 ou trois prédécesseurs chaque année ... et surtout les interviews desdits prédécesseurs en prime time ou sur internet ou les "mémoires de X, pape de 2035 à 2042" ...
ps. la question s'est posée au sein de la Société de Jésus avec Arrupe et depuis la tendance à démissionner avant terme de vie semble prévaloir.

( 705032 )
Maladies par Thomas (2013-02-12 11:30:37)
[en réponse à 705017]
Il est des maladies plus invalidantes que d'autres.
En supposant que le Pape soit atteint d'une affection qui fasse énormément souffrir. Il a le choix entre une souffrance si grande qu'elle peut paralyser la pensée, ou l'usage d'analgésiques du genre morphine qui peuvent altérer les facultés intellectuelles.
Dans les deux cas, ses capacités pour gouverner l'Église seraient gravement entamées. Peut-être a-t-il lutté jusqu'au bout contre cette douleur afin de conserver le plus longtemps possible sa lucidité, mais qu'il est arrivé au bout de ses forces et qu'il doive maintenant entrer dans une phase où ses facultés intellectuelles n'auront plus la certitudes d'être gardées intactes, soit par les effets de la douleur, soit par ceux des traitements.
Peut-être juge-t-il qu'il vaut mieux un successeur plutôt que de laisser l'Église se gouverner sans pape, ou avec un pape trop diminué pour continuer à tenir efficacement la barre ?
On ne sait pas ce qu'il sait de l'évolution prochaines de ses facultés. Mais on peut supposer que ses raisons ne sont pas légères.
Même si vous êtes très mitigé sur le bilan de ce pape (bien que ses échecs ne sont pas nécessairement à lui imputer à lui. Ses tentatives de réunification de l'Église, tant auprès de la TAC que de la FSSPX, mais aussi des orthodoxes n'ont, à mon ses, pas échoué de son fait), il a montré qu'il ne reculait pas devant les responsabilités, tant par les démarches tant controversées envers la FSSPX (MP puis levée des excommunications) que, par exemple, dans son traitement courageux des affaires de pédophilie.
Il est de fait que sa décision n'est pas sans conséquences. Mais il me paraît téméraire d'affirmer qu'il aurait mieux fait d'en prendre une autre.
Thomas

( 705033 )
Prédecesseur ou successeur ? le Cardinal Veuillot est mort en 1968 par Athanase (2013-02-12 11:31:07)
[en réponse à 705017]
Cher Luc,
Il me semble que vous parlez du successeur du Cardinal Marty, Mgr Lustiger, car le Cardinal Veuillot est mort en 1968.
Il n'a donc pas été mesure de voir son prédeceseur.

( 705039 )
non anté-prédécesseur par Luc Perrin (2013-02-12 11:41:00)
[en réponse à 705033]
il s'agissait du cardinal Feltin qui a survécu plusieurs années à son immédiat successeur, en effet le cardinal Veuillot est mort après moins de 2 ans sur le siège parisien dont il était coadjuteur depuis presque une décennie.
Le cardinal Marty visitait donc le cardinal Feltin.

( 705015 )
Je vois avec plaisir par Marek (2013-02-12 10:35:05)
[en réponse à 705005]
M le professeur, que vous avez rassemblé vos notes et repris votre élan. Votre analyse est toujours aussi percutante. Malgré tout, la FSSPX remercie Benoît XVI d'avoir rétabli la messe traditionnelle et levé les excommunications, même si la machine a grippé in fine. B XVI va-t-il pouvoir guider le conclave dans le choix d'un successeur? Et nous éviter son pote Müller et quelques autres? Il y a aussi dans son pontificat une chose positive que vous ne mentionnez pas : la descente en vol de l'immonde Marcial Maciel que ses prédécesseurs cajolaient.

( 705027 )
mes facultés intellectuelles restent intactes par Luc Perrin (2013-02-12 11:21:36)
[en réponse à 705015]
merci cher ami et mes lunettes ne sont toujours pas teintées en rose.
Mgr Müller ne sera pas au conclave donc ses chances sont restreintes, à moins que les cardinaux n'innovent en élisant un pape extérieur au Sacré Collège : c'est licite mais ce n'est pas arrivé depuis très, très, très longtemps.
Le frère Benoît restera à l'écart, cela a été annoncé. S'il a une influence, elle sera morale : le conclave prendra-t-il le risque de désavouer entièrement le pontificat qui s'achève en optant pour une personnalité ouvertement anti-ratzinguérienne ? Cela semble improbable, plus improbable encore du vivant de frère Benoît.
On peut même penser que le futur pape prendra soin de marquer, en paroles au moins dans les citations et références, plus scrupuleusement encore la continuité avec Benoît XVI que ne le veut l'usage constant des papes.
Concernant les clercs corrompus, Benoît XVI a poursuivi avec courage - c'est vrai - l'oeuvre amorcée auparavant par le ... cardinal Ratzinger et malgré les réticences de Jean-Paul II. Il fallait le faire, cela demeure une action qui relève du bon gouvernement presqu'ordinaire. On est frappé par ex. par l'impuissance totale de la Rome de Benoît XVI devant les religieuses américaines : en 8 ans, on a abouti à rien. C'était une tâche autrement plus rude et de portée plus grande que de confirmer la mise à l'écart du scandaleux Père Maciel.
La refondation des Légionnaires du Christ ne répond à elle seule à aucune des causes structurelles du déclin du catholicisme occidental, causes bien analysées avant 2005 par ... Joseph Ratzinger.

( 705021 )
Vision partielle (partiale ?) par Vincent F (2013-02-12 11:00:21)
[en réponse à 705005]
M. Perrin, pensez-vous sérieusement que Benoît XVI n'a pas pris en compte tous ces éléments ?
Quand on voit sa déclaration on comprend bien que c'est le bien supérieur de l'Eglise qui a motivé cette décision. Il semble qu'il y ait des éléments qui vous dépassent.

( 705036 )
sûrement mais une fois encore par Luc Perrin (2013-02-12 11:34:22)
[en réponse à 705021]
la décision la plus mûrement pesée, la plus sage qui soit en fonction d'un certain nombre de critères dont on dispose, peut comporter - que cela vous plaise ou pas - une composante négative incontournable.
A moins que vous pensiez - votre post le fait croire - que Benoît XVI soit doté de pouvoirs surnaturels lui permettant de guider les actes des hommes et d'écrire le futur à sa guise.
Si vous le croyez, sur quelles bases vous fondez vous ?
Je n'ai pas vu ce supposé pouvoir de contrôler le cours du monde entre 2005 et 2013. Cette croyance papolâtrique qui paraît vôtre ne peut, par ailleurs, s'appuyer en rien sur l'enseignement public de Benoît XVI qui n'a eu de cesse de combattre ce fantasme (cf. son admirable homélie à Saint-Jean de Latran en mai 2005 où il décrit bien le ministère pétrinien dans ses limites).

( 705042 )
Bien sûr qu'il y a une composante négative incontournable par Vincent F (2013-02-12 11:48:20)
[en réponse à 705036]
Mais là où je trouve votre analyse partielle c'est qu'il y'aurait peut-être aussi un composante négative incontournable à ce Benoît XVI reste, même si nous ne la connaissons pas.
Le Pape a très certainement des éléments que nous n'avons pas qui lui font penser que les conséquences négatives s'il reste seraient plus grave.

( 705054 )
je me fonde sur 500 ans d'histoire par Luc Perrin (2013-02-12 12:21:03)
[en réponse à 705042]
et pas sur le secret des délibérations intimes de Benoît XVI et de données inconnues supposées (par vous).
Vous les connaissez donc ?
Pas moi.
En revanche, les 5 siècles d'histoire sont là et sont objectifs. Une quantité de papes a fait un choix opposé à celui de Benoît XVI : étaient-ils tous idiots selon vous ?
Oui mon analyse est donc bien partielle, fondée sur 500 ans de choix pontificaux, mais pas du tout "partiale". La partialité c'est de considérer que par essence tout acte de Benoît XVI est sublime et digne d'éloges sans la moindre réserve.
Ceci posé, la démission est peut-être une décision justifiée et disons un moindre mal au vu du dossier que le pape maîtrise seul, le moindre mal est parfois le seul choix possible. Je n'en disconviens pas. Un moindre mal reste toutefois un ... mal. Par définition.
C'est tout ce que je voulais souligner.

( 705068 )
Les données inconnues ne sont pas supposée par Vincent F (2013-02-12 13:48:38)
[en réponse à 705054]
Je n'ai pas supposé l'existence de ces données inconnues, je l'ai déduite.
En effet, vous oubliez un autre fait objectif dans votre analyse, c'est que le Pape connait déjà vos objections et malgré tout il a fait ce choix. La seule conclusion possible est donc qu'il avait des arguments en faveur de sa renonciation et qu'il a estimé que ces arguments avaient le plus de poids. Je trouve votre analyse partiale car vous auriez dû la nuancer par ce fait.
Ne connaissant pas ces arguments en faveur de la renonciation je ne suis pas plus que vous capable de porter un jugement sur cette décision. Mais je ne crois pas que ce soit de la papolatrie de dire que le Pape était le mieux placé pour juger qu'il s'agissait d'un moindre mal, voire même d'un bien.
Cela veut-il dire pour autant que les Papes précédents étaient idiots ? Non, on ne peut même pas affirmer qu'ils se soit retrouvés exactement dans la même situation.

( 705028 )
merci pour cette analyse... par Benoîte (2013-02-12 11:21:56)
[en réponse à 705005]
Voilà une vraie analyse que je partage totalement. Si ce sont les pressions modernistes qui lui ont fait raté tous ses projets, l’avenir paraît sombre à moins qu’Il ait « négocié » son départ en proposant un successeur qu’il aurait préparé à terminer ses dossiers ! Pures spéculations peut-être, mais on ne peut pas croire qu’il abandonne sa Mission comme un président laïque quelconque. Son souci est en premier lieu, le salut des âmes. Il a forcément fait quelque chose pour que la suite soit encore meilleure pour nous. Impossible autrement, sinon tous ces laïcs auraient raison et cela laisserait la porte ouverte à toutes ces réformes dont vous parlez et qui n’ont pas leur place dans l’Eglise.

( 705034 )
Votre analyse est purement humaine et ... contradictoire par Ion (2013-02-12 11:31:17)
[en réponse à 705005]
- Contradictoire, tout d'abord : si ce Pape a été aussi inefficace que vous le dites, vous devriez applaudir son renoncement comme au contraire la meilleure voie pour redonner une efficacité au ministère Pétrinien, soyez logique. Quelle lucidité, au contraire !
- Contradictoire, ensuite, car à deux lignes d'intervalle, vous évoquez un impact négatif majeur et un coup au moins temporaire. Est-ce l'un ou l'autre ?
- Vous pensez donc sur le fond que le message envoyé au monde par cette démission est dommageable (impact négatif majeur) pour l'Eglise, s'agissant d'une révolution. Je n'en suis pas si sûr. Hormis le fait que le saint Père a analysé tout cela bien mieux que vous, et que cette réflexion, contrairement à vous s'est faite dans la prière et avec l'aide spéciale du saint Esprit, l'impact planétaire de cette décision me semble au contraire très positif. Les commentaires et/ou wishful/thinking des médias et autres personnalités en mal de publicité seront très vite oubliés dans un mois dès l'élection du nouveau Pape. Quelle message d'humilité au contraire, et de ... continuité dans la mission confiée par le Christ : L'homme s'efface devant la fonction.
- A mon sens, la Papauté va prendre un "coup de jeune", et dans le monde d'aujourd'hui, c'était indispensable. Et Benoît XVI s'en est sans doute bien rendu compte. Sachant que jeune ici signifie plus de 65 ans ... regardez les âges respectifs des Cardinaux électeurs. Seuls 18 d'entre eux ont moins de 65 ans. mais on peut regarder par là ...
- Un indice, regardons du côté des dernières élévations au cardinalat. En novembre dernier, Benoît XVI savait sans doute qu'il allait bientôt annoncer son renoncement. Il nomme alors 6 nouveaux cardinaux ... dont pas un seul européen !!
Ion

( 705049 )
je ne savais Ion que vous étiez un ange par Luc Perrin (2013-02-12 12:05:59)
[en réponse à 705034]
ou un archange.
Le Ion que j'ai vu autrefois me semblait très humain ... ou bien vous cachiez fort astucieusement vos aîles et votre auréole ...
Pour le reste, la composition du Sacré Collège donnée par Anne Charlotte pulvérise votre "argument" : une majorité absolue d'Européens ... je veux bien que les 6 derniers créés soit l'objet de toutes les attentions, c'est votre inspiration (surnaturelle sans doute ?). Cela ne se fonde en raison sur rien.
Ceci dit, j'ignore entièrement qui sera le futur élu : vous semblez avoir une ligne directe avec le Très Haut : mon domicile n'est lui pas branché comme vous. Je ne suis qu'un simple "humain" et je le revendique.
Pour ce qui est de la "contradiction", là aussi elle relève de votre nature surnaturelle. Je ne la vois pas.
La démission d'un pape porte intrinsèquement une note d'affaiblissement au moins temporaire de l'institution pontificale. N'ayant pas vos dons de prédiction de l'avenir, je ne peux savoir si l'effet sera seulement temporaire - comme au XVè siècle où il fallut bien 50 ans pour remonter la pente et encore - ou de plus longue portée.
Une fois encore je ne suis qu'un "humain".
Pour vous éclairer sur l'impact "positif", il est vrai que le néo-modernisme vous agrée, voici l'analyse de Jean-Louis Schlegel, un bon connaisseur du catholicisme occidental :
"Sur les questions de société, que peut-on retenir de son pontificat ?
Là non plus, pas grand-chose. Benoît XVI n’a jamais répondu aux questions modernes de société. En matière de morale sexuelle ou conjugale, il s’est aligné très fermement sur ses prédécesseurs. Certes, en 2008, il a concédé à demi-mot dans un ouvrage à un journaliste allemand qu’on pouvait admettre l’usage du préservatif. Mais il n’a jamais fait de déclaration officielle nette et précise en disant qu’une entorse à la morale était préférable plutôt que de mourir du sida. Sur le mariage pour tous, il considère très sincèrement que les sociétés qui sont libérales en matière de mœurs, partent à vau-l’eau. A Rome, ils ont tous la conviction que ces libertés nouvelles annoncent une société chaotique.
Benoît XVI régnait mais ne gouvernait pas. Il a très vite donné l’image d’un pape fatigué. C’est assez paradoxal mais en se retirant comme cela, il fait enfin preuve de modernité. Il aurait très bien pu continuer jusqu’au bout comme Jean-Paul II qui a fait l’étalage de sa souffrance au monde entier. Ou bien nommer un cardinal pour le seconder et gouverner à sa place. Il préfère se retirer, c’est un acte de courage. Un de ces quatre matins, il va annoncer où il se retire, je ne pense pas qu’il reste au Vatican." (interview à Libération hier).
René Solis dans le même journal :
"Dans les dernières années, face à la maladie, Jean Paul II pensait que son rôle n'était pas seulement politique mais sacral. D’où l’acceptation de la maladie, avec le côté héroïque de la dernière messe de Noël, et derrière l’héroïsme, l’identification à la souffrance du Christ.
»Benoit XVI fait le chemin inverse et choisit, lui, de désacraliser sa fonction. Et l’on est surpris parce que c’est pour le coup une décision réformatrice."
J'arrête là les citations des réactions "positives", je ne lis et n'entends que cela sur tous les tons mais le même contenu.
Positif pour l'archange Ion peut-être mais pas pour l'Église à mon point de vue très humain.

( 705038 )
Vous avez cent fois raison ! par Pétrarque (2013-02-12 11:40:39)
[en réponse à 705005]
Je souscris sans réserve à votre analyse.
Prions pour que le prochain pape soit Mgr Ranjith.
Adieu vieille Europe, que le Diable t'emporte !

( 704994 )
Vous étiez au conclave ? par Vincent F (2013-02-12 09:00:35)
[en réponse à 704981]
Parce que sinon vous ne pouvez pas affirmer que Benoît XVI n'avait pas averti les cardinaux.
Si oui, ce qui ce dit au conclave est secret sous peine d'excommunication.

( 704984 )
curieux par Aigle (2013-02-12 07:36:09)
[en réponse à 704980]
pourquoi le nouveau pape devrait il ne plus être catholique ?
imaginez un peu qu'au cours de l'élection présidentielle de vos voisins en 2012 les médias aient dit "Souhaitons qu'Obama fasse la politique des républicains" !!!!
d'où vient ce culte du changement qui habite les Québécois ?

( 705003 )
Mon témoignage : par Elzéar (2013-02-12 09:50:42)
[en réponse à 704984]
Ayant vu et entendu l'adoration eucharistique personnelle et publique de Benoît XVI le 15 septembre 2008 à Lourdes - une demi-heure de la présence du Pape en la Présence Réelle, incroyablement réelle, 70000 personnes comme happées dans cette Présence par les paroles de Benoît XVI, un silence à couper au couteau - je n'ai pas le moindre doute sur le caractère mûrement réfléchi, pensé, prié, médité, intériorisé et pour tout dire inspiré de la décision de Benoît XVI. Son communiqué est parfaitement clair. Des trois prérogatives épiscopales, enseignement, célébration et gouvernement, c'est bien cette dernière qu'il ne se sent plus à même d'exercer et il le dit avec cette simplicité qui le caractérise. Si je ne craignais d'être vulgaire, je dirais : " Chapeau l'artiste ". Il me semble que Benoît XVI sent que l'Eglise a plus que tout besoin d'un " gouverneur " et qu'il y faut un tempérament qu'il n'a plus ou qu'il n'a pas. C'est tout le contraire d'une " démission ", c'est d'un réalisme dont seuls les saints sont capables. Nul doute qu'à travers des serviteurs de cette trempe, ce soit Dieu qui conduise plus que jamais son Eglise. Mon Dieu donnez-nous le Pape qu'il nous faut, après nous avoir donné celui qu'il nous fallait. Il y a trois jours, Benoît XVI , improvisant répliquait à ceux qui disent de l'Eglise qu'elle est finie, qu'au contraire " elle est au commencement ".
Le geste de Benoît XVI me fait irrésistiblement penser à la phrase de Jean-Baptiste : " Il faut qu'Il croisse et que je diminue ". Mais Benoît XVI les reprend en pensant à l'Eglise ( Corps du Christ ) " Il faut qu'Elle croisse et que je diminue ".
Après, ce que vous en dites...

( 705002 )
En France par Clayve (2013-02-12 09:49:37)
[en réponse à 704980]
je n'en suis pas vraiment surpris, c'est un déchaînement sans précédent contre le pape et son pontificat... ! Déjà de son vivant, mais alors là, sachant qu'il part, les médias rivalisent tous dans la critique et le dénigrement... ! Et ce n'est qu'un début...!

( 705022 )
Un pape africain ou sud-américain ? par Patrick GAMACHE (2013-02-12 11:00:33)
[en réponse à 704980]
Justement, les cardinaux africains ou sud-américains ne sont-ils pas parmi les plus conservateurs ?
Dans ce cas ce serait un formidable boomerang pour tous ces biens pensant !!!
On rigolerait bien...

( 705055 )
Ou Espagnol ? par FilsDeMarie (2013-02-12 12:21:50)
[en réponse à 705022]
Le Cardinal Antonio Cañizares Llovera, plutôt jeune (67 ans) et qui encourage la communion à genoux et dans la bouche et a défendu le MP SP... ?

( 705058 )
oui et non par Luc Perrin (2013-02-12 12:39:21)
[en réponse à 705022]
Les cardinaux sud-américains ne sont pas homogènes : certains sont pour le moins flottants, un Argentin jésuite et un Hondurien fantasque par ex. En 2005, la majorité avait reculé devant ces personnalités un peu trop flottantes justement alors que la piste latino-américaine paraissait très solide.
Les cardinaux africains sont bien plus fermes doctrinalement et pastoralement, c'est exact. Mais regardez les chiffres et le poids excessivement réduit du catholicisme africain, le grand maltraité, au sein du Sacré Collège.
Quand on a pu voir, comme je l'ai fait en janvier, le dynamisme inouïe du catholicisme rwandais, la Pologne africaine, on ne peut que regretter qu'une place bien trop faible ne soit encore faite à l'Afrique dans la haute hiérarchie. Benoît XVI avait été critiqué pour ne pas avoir assez pris en compte cela et maintenu le primat européen, alors même que cette Europe (de l'Ouest surtout) est la figure même de l'échec aujourd'hui, échec que le cardinal Ratzinger avait bien décrit et dont il avait cerné les causes.
Maintenant je ne fais aucun pronostic. Tout est possible, notamment dans un climat inédit d'un conclave qui se tiendra en parallèle avec l'ancien pape vivant dans un couvent de la Ville.

( 705186 )
Vocations pastorales par Jean Kinzler (2013-02-12 22:23:32)
[en réponse à 705058]
C'est impressionnant car nous étions au Rwanda au même moment! Nous avons été touchés par la foi des Rwandais. Les Eglises sont pleines, vous vous imaginez 3000 personnes à la messe solennelle de 10h00 avec 60 baptêmes en une seule messe!
J'ai eu l'occasion de partager quelques moments avec des prêtres rwandais, j'avoue que l'Eglise reste vivante en Afrique notamment au Rwanda. Une seule commune a la grâce de donner naissance à une dizaine de prêtres alors qu'en France, dans la plupart des diocèses, il n y a même pas une ordination (94 prêtres ordonnés en 2012 dans toute la France. Un pape africain peut éventuellement redonner la force à l'Eglise occidentale!....
Restons en union de prière!!!

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