Les paroles du Christ à Pierre, que vous citez, prouvent justement que la foi de Pierre dans la foi de l'Eglise peut défaillir.
« Si, défendant le libre arbitre non selon la grâce de Dieu, mais contre elle, tu dis qu’il appartient au libre arbitre de persévérer ou de ne pas persévérer dans le bien, et que si l’on y persévère, ce n’est pas par un don de Dieu, mais par un effort de la volonté humaine, que machineras-tu pour répondre à ces paroles du Maître : «J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas» ? Oseras-tu dire que malgré la prière du Christ pour que la foi de Pierre ne défaille pas, cette foi eût défailli néanmoins, si Pierre avait voulu qu’elle défaillît, c’est-à-dire s’il n’avait pas voulu persévérer jusqu’à la fin ? Comme si Pierre eût pu vouloir autre chose que ce que le Christ demandait pour lui qu’il voulût ? Qui ignore que la foi de Pierre devait périr, si sa propre volonté, la volonté par laquelle il était fidèle, défaillait, et qu’elle devait demeurer jusqu’au bout, si sa volonté restait ferme ? Mais puisque la volonté est soutenue par le Seigneur, la prière du Christ pour lui ne pouvait être vaine. Quand il a prié pour que sa foi ne défaille pas, qu’a-t-il demandé en définitive, sinon qu’il ait une volonté de croire à la fois parfaitement libre, ferme, invincible et persévérante ? Voilà comment on défend la liberté de la volonté, selon la grâce, et non contre elle. Car ce n’est pas par sa liberté que la volonté humaine acquiert la grâce, mais plutôt par la grâce qu’elle acquiert sa liberté, et pour persévérer, elle reçoit, en outre, de la grâce le don d’une stabilité remarquable et d’une force invincible » (De la correction et de la grâce, livre VIII, ch. 17)
La difficulté tirée de ces paroles de Jésus Christ à Saint Pierre "j'ai prié pour vous afin que votre foi ne défaille point" n'arrêtait pas nos Docteurs, qui conformément à l'interprétation commune n'entendaient pas la promesse, non de la foi particulière de Pierre, ou du Pontife Romain, décidant une question de foi ; mais de la foi de l'Eglise catholique, qu'on appelait, disaient-ils, la foi de Pierre, parce que Pierre l'a prêchée le premier, et pour tous les autres, spécialement lorsqu'au nom du collège apostolique, il dit à Jésus Christ "Vous êtes le Christ, fils du Dieu vivant".
Cette explication était confirmée par cette glose remarquable sur le chapitre "a recta" du décret de Gratien au mot "
Quelques théologiens rapportaient la promesse de Jésus Christ à l'Eglise particulière de Rome fondée par Saint Pierre, et soutenaient que la foi de Pierre, c'est à dire la foi prêchée par ce saint apôtre, serait indéfectible dans l'Eglise romaine.
Les plus anciens scolastiques ont embrassé ces deux sens et singulièrement Saint Thomas qui s'exprime ainsi : "la Foi de l'Eglise universelle est indéfectible, selon cette parole de notre Seigneur "j'ai prié pour vous afin que votre foi ne défaille point"". Le même Saint dans son commentaire sur Saint Mathieu s'était expliqué en ces termes sur l'indéfectibilité de l'Eglise particulière de Rome : "quoi que les hérétiques puissent dire au désavantage des autres églises, il est certain que jamais l'Eglise Romaine n'a été infectée du venin de l'hérésie ; parce qu'elle est fondée sur Pierre. Nous voyons par exemple que des hérétiques se sont assis sur le siège de C.P. et y ont détruit le travail des Apôtres : la seule Eglise de Pierre est demeurée pure et sans tâche. C'est pour cela qu'il est dit "j'ai prié pour vous afin que votre foi ne défaille point" ; ce qui ne doit pas rapporter uniquement à l'Eglise de PIerre, mais encore à la Foi de Pierre et à toute l'Eglise d'Occident."
Saint Bonaventure donne à ce passage, "j'ai prié pour vous..." la même explication que saint Thomas. "Notre Seigneur prie, dit-il, non pour que Pierre ne tombe point, mais afin que sa foi ne défaille pas absolument. C'est pour cela qu'il se relève après sa chute. Cette prière se peut aussi rapporter à l'Eglise de Pierre pour la foi de laquelle Jésus Christ a prié quand il a dit "je ne prie pas pour eux seulement mais encore pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole". L'Eglise représentée sous l'emblème de la barque de Pierre peut être battue par la tempête, mais elle ne peut être submergée". Saint Bonaventure rapporte, comme on peut le voir, la prière et la promesse de Jésus Christ ou à Pierre en particulier, ou à l'Eglise en général.
La glose de Nicolas de Lyre, suivie par nos théologiens, confirme cette explication : ceci démontre, dit cet auteur, que la foi subsistera jusqu'à la fin du monde, surtout dans l'Eglise Romaine qui reconnait Saint Pierre dans son fondateur après Jésus Christ.
Nos docteurs, croyant donc que les interprètes les plus estimés de leur temps appliquaient ce passage à l'Eglise de Pierre, se persuadèrent aisément que la foi de cette Eglise dont le Saint Apôtre avait été le fondateur et le chef, serait indéfectible ; mais ils n'en conclurent jamais que les successeurs de Pierre ne pouvaient errer, comme si c'était une nécessité que leurs fautes fussent irréparables, et qu'en tombant, ils entraineraient toute l'Eglise dans leur chute.
...Saint Thomas qui s'exprime ainsi : "la Foi de l'Eglise universelle est indéfectible, selon cette parole de notre Seigneur "j'ai prié pour vous afin que votre foi ne défaille point". Le même Saint dans son commentaire sur Saint Mathieu s'était expliqué en ces termes sur l'indéfectibilité de l'Eglise particulière de Rome : "quoi que les hérétiques puissent dire au désavantage des autres églises, il est certain que jamais l'Eglise Romaine n'a été infectée du venin de l'hérésie ; parce qu'elle est fondée sur Pierre. Nous voyons par exemple que des hérétiques se sont assis sur le siège de C.P. et y ont détruit le travail des Apôtres : la seule Eglise de Pierre est demeurée pure et sans tâche. C'est pour cela qu'il est dit "j'ai prié pour vous afin que votre foi ne défaille point" ; ce qui ne doit pas rapporter uniquement à l'Eglise de Pierre, mais encore à la Foi de Pierre et à toute l'Eglise d'Occident."
2) Le dogme de l'infaillibilité pontificale affirme en quelque sorte que, contrairement à Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Pape n'est pas ordinairement "inspiré", puisqu'aussi bien il n'est infaillible que dans des cas et des circonstances bien précis et exceptionnels !
Ce qui signifie, a contrario, qu'en dehors des cas et des circonstances énoncés par le dogme, le Pape n'est pas infaillible !
en dehors des cas et des circonstances énoncés par le dogme, le Pape n'est pas infaillible
qu'en dehors des cas d'infaillibilité prévus, le pape peut être infaillible bien sûr
Le Pape, ce n'est pas Jésus-Christ ou sa réincarnation, comme vous avez osé l'affirmer un jour ici même
D'après vous : quand le Pape est-il infaillible ? Quand il interdit la messe de toujours ou quand il l'autorise à nouveau ?
“Le nouvel Ordo a été promulgué pour prendre la place de l’ancien, après une mûre délibération et afin d’exécuter les décisions du concile. De la même manière, notre prédécesseur saint Pie V avait rendu obligatoire le Missel révisé sous son autorité après le concile de Trente.Et de fait, l’Instruction générale qui précède le Novus Ordo Missæ prétend bien imposer des “règles nouvelles pour la célébration du sacrifice eucharistique” :
La même prompte soumission, nous l’ordonnons, au nom de la même autorité suprême qui nous vient du Christ, à toutes les autres réformes liturgiques, disciplinaires, pastorales, mûries ces dernières années en application des décrets conciliaires.”
“nonobstant, si c’est nécessaire, les Constitutions et Ordonnances apostoliques données par nos Prédécesseurs et toutes les autres prescriptions même dignes de mention spéciale et pouvant déroger à la loi.”Du reste, les années qui ont suivi ont vu la Congrégation du Culte Divin promulguer dans les Acta Apostolicæ Sedis plusieurs documents législatifs qui, si besoin était :
“Quant à l’usage du Missel de 1962, comme Forma extraordinaria de la Liturgie de la Messe, je voudrais attirer l’attention sur le fait que ce Missel n’a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé.”Je suis malheureusement logé à la même enseigne qu’Accipiter (dont je viens d’apprécier les
Q. — Le Saint-Père, en promulguant le Codex l’a-t-il revêtu de son autorité infaillible ?
[...] Quand ils énumèrent les différents objets sur lesquels peut s’exercer l’infaillibilité de l’Église et du Pape, les théologiens mentionnent les lois universelles de l’Église. D’après les explications qu’ils donnent, il s’agit des lois humaines, n’ayant donc pas de lien nécessaire avec la Révélation que l’Église a mission de garder et d’interpréter ; il s’agit de lois obligeant tous les fidèles, et non pas seulement tel ou tel particulier ou tel groupe de chrétiens. Tel est bien le Code, puisqu’il est le recueil des lois universelles de l’Église. Pour de telles lois, les théologiens ne réclament pas le privilège de la perfection absolue : on peut parfois, disent-ils, en concevoir qui seraient plus prudentes, plus sages ou plus opportunes. Ils ne revendiquent pas non plus le privilège de l’immutabilité [...] Mais ce que les théologiens affirment, c’est qu’aucune de ces lois imposées par l’autorité suprême à l’Église universelle, ne peut rien contenir qui soit contraire à la foi ou aux moeurs.
L’impossibilité de cette opposition est une conséquence nécessaire des dogmes de l’infaillibilité et de la sainteté de l’Église, et se trouve clairement dans l’Écriture et dans l’enseignement des Conciles et des papes.
L’Église est infaillible dans son enseignement dogmatique et moral. En établissant des lois contraires à la foi et aux moeurs, l’Église inculquerait à tous ses fidèles une erreur pratique [...]
Et cette erreur pratique, efficacement suggérée par l’Église à tous ses fidèles, se doublerait d’une erreur théorique de l’autorité ecclésiastique elle-même : car elle ordonnerait au nom de Dieu, du Christ ou des Apôtres, des actes impliquant une doctrine ou une morale que Dieu, le Christ et les Apôtres n’ont ni enseignée, ni prescrite.
Jésus-Christ a voulu que son Église fût sainte : il a demandé à son Père pour ses fidèles « afin qu’eux aussi soient sanctifiés dans la vérité. » Jean xvii, 19 ; il a déclaré que « les Portes de l’Enfer ne prévaudront point » contre l’Église. Mais si celle-ci ordonnait à tous ses fidèles des actes contraires à la foi ou à la morale, sa sainteté serait-elle autre chose qu’une illusion ou un mensonge ? L’Église du Christ ne serait-elle pas passée pratiquement sous le joug du démon ? Et comment pourrait-on dire qu’elle serait demeurée fidèle à la mission que le Christ lui a confiée par ces paroles : « leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé » Matth. xxviii, 20, alors qu’elle enseignerait aux hommes à observer des lois contraires aux préceptes du Christ ? Aussi saint Augustin donnait-il la même autorité à l’Écriture Sainte et aux pratiques adoptées par l’Église universelle ; mettre celles-ci en question « est d’une folie sans égale » écrit-il.
[Et L’Ami du Clergé conclut : ]
Il est donc bien établi que le Code, en sa qualité de recueil officiellement promulgué des lois universelles de l’Église, est garanti contre toute erreur par l’autorité infaillible du Pape et de l’Église, en ce sens qu’il ne renferme aucune prescription qui puisse être contraire à la foi ou aux bonnes moeurs.
"quelques uns étendent à l'Eglise Romaine ce privilège (de ne pouvoir errer dans la foi), d'autres au Concile Général, d'autres le restreignent à la seule Eglise universelle, mais on ne peut en aucune sorte, comme je l'ai dit, l'étendre au Pape". (Cardinal Pierre d'Ailly, cité par Bossuet)
Notre Seigneur prie, non pour que Pierre ne tombe point, mais afin que sa foi ne défaille pas absolument. (Saint Bonaventure, toujours cité par Bossuet)
"Dans le cas où le pape deviendrait un hérétique, il se trouverait séparé de l’Église rien que par ce fait et sans autre jugement. Une tête séparée du corps ne peut, tant qu’elle demeure dans cet état, être la tête du même corps dont elle a été coupée. Un pape qui serait séparé de l’Église par l'hérésie cesserait donc, rien que par ce fait, d’être la tête de l'Église. Il ne pourrait pas être à la fois hérétique et pape, car puisqu'il serait hors de l’Église, il n'en possèderait pas les clefs. [St Antonin]
"En l’ancienne Loy le grand Prestre ne portoit pas le Rational sinon quand il estoit revestu des habitz pontificaux, et qu'il entroit devant le Seigneur (Exod 28, 29-30) : ainsy ne disons nous pas que le Pape en ses opinions particulieres ne puysse errer, comme fit Jean 22, ou estre du tout heretique, comme peut estre fut Honorius. Or, quand il est heretique expres, ipso facto, il tombe de son grade hors de l’Eglise, et l'Eglise le doit ou priver, comme disent quelques uns, ou le declairer privé, de son Siege Apostolique, et dire, comme fit saint Pierre (Act 1, 20), Episcopatum ejus accipiat alter." [Saint François de Sales, Docteur de l'Eglise, "lettres ouvertes aux protestants" Part II, ch VI Art XV]
"Un pape manifestement hérétique cesse de lui-même d'être le pape et la tête, de la même façon qu'il cesse automatiquement d'être un chrétien et un membre de l'Église. De ce fait, il peut être jugé et puni par l'Église. C'est l'enseignement de tous les anciens Pères, qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent immédiatement toute juridiction." [Saint Robert Bellarmin, Docteur de l’ Eglise, De Romano Pontifice, II–30)]