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images/icones/fleche3.gif  ( 701570 )Lefebvristes : texte intégral de la lettre de Rome à la Fraternité Saint Pie X par FilsDeMarie (2013-01-20 20:28:24) 

Source Le Figaro


Par Jean-Marie Guénois le 20 janvier 2013 17h31

La perspective d'un accord entre Rome et la Fraternité Saint Pie X semble s'éloigner. Ce dossier - l'un des plus symboliques du pontificat de Benoît XVI - fait pourtant l'objet d'un soin tout particulier de la part du Saint-Siège.

J'ai tenté de l'expliquer dans un article publié samedi 18 janvier à partir de la longue lettre envoyée par Mgr Di Noia à Mgr Fellay que je suis en mesure de vous communiquer ici.

Elle mérite d'être versée à ce dossier comme l'une de ses pièces les plus importantes puisque ce prélat américain, dominicain, a précisément été nommé dans la commission Ecclesia Dei, par Benoît XVI pour tenter de sauver cet accord.


DOCUMENT

(Les paragraphes et intertitres figurent dans le texte original qui est publié ici dans son intégralité)


S.E. Monseigneur Bernard FELLAY Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X

Avent 2012

Excellence, chers frères prêtres de la Fraternité sacerdotale saint Pie X,

C'est avec joie que j'ai appris la satisfaction que vous a donnée notre dernière déclaration en date du 28 octobre. Il était important d'affirmer de manière publique et autorisée que les relations du Saint-Siège avec la Fraternité sacerdotale saint Pie X restent ouvertes et pleines d'espérance. Jusqu'ici, à part ses décisions officielles, le Saint-Siège s'est, pour différentes raisons, abstenu de rectifier certaines affirmations inexactes au sujet de sa conduite et de sa compétence dans ces relations. Quoi qu'il en soit, vient le moment où, dans l'intérêt de la vérité, le Saint-Siège sera obligé de faire état de certaines de ces indélicatesses. Particulièrement douloureuses ont été les prises de position qui attaquent la mission et la personne du Saint-Père: cela, désormais, demande une réponse.

De récentes prises de position de membres de la Fraternité qui y occupent d'importants postes d'autorité ne peuvent que faire douter de la possibilité effective d'une réconciliation. On pense, en particulier, à des entretiens accordés par le Supérieur du district d'Allemagne, ancien Supérieur général de la Fraternité (18 septembre 2012) et par le premier Assistant général de la Fraternité (16 octobre 2012), ainsi qu'à un récent sermon du Supérieur général (1er novembre 2012). Le ton et le contenu de ces déclarations ont suscité une certaine perplexité sur le sérieux et même sur la possibilité effective d'une poursuite de nos relations. Tandis que le Saint-Siège attend patiemment une réponse officielle de la Fraternité, certains de ses supérieurs tiennent, dans des communications non officielles un langage qui, aux yeux du monde entier, apparaît comme un rejet des dispositions requises pour la réconciliation et la régularisation canonique de la Fraternité dans l'Église catholique.

De plus, en revoyant l'histoire de nos relations depuis les années 1970, on est amené à faire le constat objectif que les termes de notre désaccord au sujet du Concile Vatican II demeurent, en fait, inchangés. Avec son autorité magistérielle, le Saint-Siège a toujours affirmé qu'il fallait interpréter les textes du Concile à la lumière de la Tradition et du Magistère, et non l'inverse, tandis que la Fraternité a insisté pour dire que certains enseignements du Concile sont erronés et donc non susceptibles de recevoir une interprétation en harmonie avec la Tradition et le Magistère. Au fil des ans, cette impasse est restée plus ou moins telle quelle. Tout en permettant un fructueux échange de vues sur des thèmes précis, les trois années de colloques doctrinaux qui viennent à peine de s'achever n'ont pas fondamentalement changé la situation.

Dans ces circonstances, tandis que l'espérance demeure, il est clair qu'un élément nouveau doit être introduit dans nos échanges, si nous ne voulons pas apparaître à l'Église, au grand public et, au fond, à nous-mêmes, comme engagés dans un échange courtois, mais sans issue ni fruit. Il faut développer des considérations nouvelles, de nature plus spirituelle et théologique, qui transcendent les désaccords importants et apparemment insurmontables sur l'autorité et l'interprétation du Concile Vatican II, objet de notre division actuelle; ces considérations seront centrées sur notre devoir de préserver et de chérir l'unité et la paix de l'Église, qui sont voulues par Dieu.

Il me semble opportun d'introduire ces nouvelles considérations sous la forme d'une lettre personnelle pour l'Avent, adressée à vous-même ainsi qu'aux membres de la Fraternité sacerdotale. Son enjeu n'est autre que l'unité de l'Église.

Le maintien de l'unité de l'Église

Dans ce contexte, les mots de saint Paul reviennent à l'esprit: « Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à vivre de manière digne de l'appel que vous avez reçu, avec beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, en vous supportant les uns les autres avec amour, en ayant à cœur de garder l'unité de l'Esprit par le lien de la paix. De même que votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous » (Ep 4, 1-6).

Par ces mots, l'apôtre Paul nous invite à garder l'unité de l'Église, l'unité qui est donnée par l'Esprit et nous unit au Dieu unique « qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous» (Ep 4, 6). La véritable unité est un don de l'Esprit, et non le résultat de notre action.

Toutefois, nos décisions et nos actions nous rendent aptes à coopérer dans l'unité de l'Esprit ou à agir contre les motions de l'Esprit. Par conséquent, saint Paul nous exhorte « à vivre de manière digne de l'appel que nous avons reçu » (Ep 4, 1), à vivre en gardant le don précieux de l'unité.

Afin de persévérer dans l'unité de l'Église, saint Thomas d'Aquin remarque que, d'après saint Paul, « il faut cultiver quatre vertus et proscrire les quatre vices qui leur sont opposés » (Commentaire de la Lettre aux Éphésiens, § 191). Que faut-il éviter sur la voie de l'unité?
L'orgueil, la colère, l'impatience et le zèle désordonné. D'après l'Aquinate, « le premier vice rejeté par [saint Paul] est l'orgueil. Quand une personne arrogante décide de diriger les autres, alors que ces autres, dans leur fierté, refusent de se soumettre, des désaccords surgissent dans la société, et la paix disparaît... La colère est le deuxième vice. Car un colérique est porté à l'injustice, verbale ou physique, ce qui provoque la confusion. .... Le troisième est l'impatience. Parfois, un homme humble et doux, qui s'interdit de provoquer le trouble, ne supporte pas avec patience les attaques effectives ou projetées qu'on porte contre lui. ... Le quatrième vice est le zèle désordonné. Le zèle désordonné peut porter sur n'importe quoi; à cause de lui, les hommes vont juger de tout ce qu'ils voient, sans attendre le bon moment ou le bon endroit, et c'est une catastrophe pour la société» (ibid.).

Comment pouvons-nous agir contre ces vices? Saint Paul nous dit: « Ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour » (Ep 4, 2).

D'après l'Aquinate, en nous faisant voir la bonté présente chez les autres et reconnaitre nos propres forces et nos propres faiblesses, l'humilité nous aide à éviter l'esprit de rivalité dans nos rapports avec autrui. La douceur « aplanit les difficultés et préserve la paix » (Commentaire de la Lettre aux Éphésiens, § 191). Elle nous aide à éviter les manifestations désordonnées de colère en nous donnant la sérénité de faire notre devoir avec égalité d'humeur et dans un esprit de paix. La patience nous rend capables de supporter la souffrance pour obtenir le bien recherché, surtout s'il est difficile à atteindre ou si des circonstances extérieures militent contre la réalisation de l'objectif. La charité fait éviter le zèle désordonné en nous donnant de nous soutenir les uns les autres, « en portant les défauts des autres avec charité» (ibid.). Saint Thomas donne ce conseil: « Quand quelqu'un tombe, il ne faudrait pas immédiatement le corriger, à moins qu'il y ait un temps et un lieu pour cela. Il faudrait attendre avec compassion, puisque la charité supporte tout (1 Co 13, 7). Il ne s'agit pas de tolérer par négligence ou complicité, par familiarité ou amitié charnelle, mais par charité. ... Nous qui sommes forts, nous devons porter les infirmités des faibles (Rm 15, 1)) (ibid.).

Le prudent conseil de saint Thomas peut nous être utile, si nous acceptons d'être formés par sa sagesse. Au cours des quarante dernières années, nos relations n'ont-elles pas parfois manqué d'humilité. de douceur, de patience et de charité?


photo Mgr J. Augustine Di Noia


Souvenons-nous de ce qu'a écrit le pape Benoît XVI à ses frères dans l'épiscopat pour expliquer la promulgation du motu proprio Summorum Poniificum : « En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l'impression qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Église n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité; on a l'impression que les omissions dans l'Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd'hui une obligation: faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau» (Lettre du 7 juillet 2007).

Comment les vertus d'humilité, de douceur, de patience et de charité peuvent modeler nos pensées et nos actions. D'abord, si nous cherchons humblement à reconnaitre la bonté qui existe chez ceux avec qui nous pouvons être en désaccord sur des points même apparemment fondamentaux, nous sommes capables d'examiner des questions disputées dans un esprit d'ouverture et en toute bonne foi. Deuxièmement, si nous avons une véritable douceur, nous pouvons garder un esprit de sérénité, en évitant de parler sur un ton qui divise ou de développer des considérations imprudentes qui offenseront au lieu de favoriser la paix et la compréhension mutuelle. Troisièmement, si nous gardons une vraie patience, nous reconnaitrons que, dans la recherche du bien précieux que nous poursuivons, nous devons vouloir, si nécessaire, accepter la souffrance de l'attente. Enfin, si nous sentons encore le besoin de corriger nos frères, ce doit être avec charité, au bon moment et au bon endroit.

Dans la vie de l'Église, toutes ces vertus visent à préserver « l'unité de l'Esprit par le lien de la paix » (Ep 4, 3). Si nos rapports sont marqués par l'orgueil, la colère, l'impatience et le zèle désordonné, notre recherche inquiète du bien de l'Église ne nous conduira qu'à l'amertume. Si, d'autre part, la grâce de Dieu nous fait grandir en vérité dans l'humilité, la douceur, la patience et la charité, notre unité dans l'Esprit sera maintenue et nous grandirons plus profondément dans l'amour de Dieu et du prochain, en accomplissant toute la loi que Dieu nous a donnée.

Si nous insistons tant sur l'unité de l'Église, c'est qu'elle reflète la communion de la sainte Trinité et s'opère par elle. Comme nous le lisons dans un sermon de saint Augustin: cc Le Père et le Fils nous ont souhaité d'être en communion avec eux et entre nous; par ce don, qu'ils possèdent tous deux comme s'ils ne faisaient qu'un, ils ont souhaité nous unir à eux et nous unir entre nous par l'Esprit saint qui est Dieu et le don de Dieu » (Sermon 71, 18).

L'unité de l'Église n'est pas une chose que nous obtiendrions pour nous- mêmes par notre propre pouvoir, mais c'est un don de la grâce divine. C'est en reconnaissant ce don qu'Augustin peut dire: « Un ennemi de l'unité n'a pas de part à l'amour de Dieu. Par conséquent, ceux qui sont en dehors de l'Église n'ont pas l'Esprit saint » (Lettre 185, § 50). Voilà des mots qui glacent: un ennemi de l'unité devient ennemi de Dieu, car il rejette le don que Dieu nous a fait. « Comment prouver que nous aimons notre prochain? » demande saint Augustin. « En ne brisant pas son unité, car nous observons la charité» (Homélies sur la première lettre de saint Jean 2, 3). Écoutons ce que dit saint Augustin à ceux qui divisent l'Église: « Vous n'avez pas la charité, parce que, au nom de votre honneur, vous provoquez des divisions dans l'unité. Comprenez donc par là que l'Esprit vient de Dieu .... Vous vous écartez vous-mêmes de l'unité du monde, vous divisez l'Église par des schismes, vous lacérez le corps du Christ. Il est venu dans la chair pour le rassembler ; vous, vous criez pour le déchirer » (ibid.. 6, 13).

Comment pouvons-nous éviter de devenir des ennemis de Dieu? « Que chacun interroge son cœur. Si quelqu'un aime son frère, l'Esprit de Dieu habite en lui. Qu'il regarde, qu'il s'éprouve lui-même sous le regard de Dieu! Qu'il voie s'il existe en lui un amour de la paix et de l'unité, un amour de l'Église répandue sur toute la terre! » (ibid. 6, 10). Comment donc nous comporter avec ceux dont il nous est difficile d'être les amis? Écoutons saint Augustin: « Aimez vos ennemis de manière à souhaiter les avoir pour amis ; aimez vos ennemis de manière à en faire des compagnons» (ibid. 1, 9). Pour Augustin, la forme authentique de l'amour ne peut être qu'un don de Dieu: « Demandez à Dieu de pouvoir vous aimer les uns les autres. Vous devriez aimer tous les hommes, même vos ennemis, non parce qu'ils sont vos frères, mais parce qu'ils peuvent le devenir, de manière à pouvoir être toujours embrasés de l'amour fraternel, soit pour celui qui est devenu votre frère, soit pour votre ennemi, si bien qu'en l'aimant, il puisse devenir votre frère» (ibid. 10,7).

L'exemple de l'amour qui transforme nos ennemis en amis nous vient, en dernière analyse, du Christ lui-même: « Aimons-nous, car il nous a aimés le premier (4, 19). Comment aimerions-nous, s'il ne nous avait aimés le premier? Par son amour, nous sommes devenus ses amis, mais il nous a aimés comme ennemis, de manière à faire de nous ses amis. Il nous a aimés le premier et nous a accordé les moyens de l'aimer » (ibid. 9, 9).

Pour saint Augustin, l'unité de l'Église vient donc de la communion de la Bienheureuse Trinité et doit être maintenue, si nous voulons rester en communion avec Dieu même. Par la grâce de Dieu, nous devons préserver cette unité avec une grande détermination, même si cela implique des souffrances et une patiente endurance: « Supportons le monde, supportons les tribulations, supportons le scandale des procès. Ne rebroussons pas chemin. Tenons bon dans l'unité de l'Église, tenons bon dans le Christ, tenons bon dans l'amour. N'abandonnons pas les membres de son épouse, n'abandonnons pas la foi, de manière à pouvoir être glorifiés en sa présence, et nous serons en sûreté en lui, dès maintenant par la foi, et plus tard par la vision, dont l'Esprit saint nous a donné le gage » (ibid. 9, 11).


La place de la Fraternité sacerdotale dans l'Église

Que vous est-il donc demandé dans la situation présente? Non pas de perdre le zèle de votre fondateur, Monseigneur Lefebvre. Loin de là! Au contraire, il vous est demandé de raviver la flamme de son zèle ardent pour la formation des hommes au sacerdoce de Jésus-Christ. Le moment est sûrement venu d'abandonner la rhétorique âpre et contre-productive qui a surgi au cours des années passées.

Retourner au charisme jadis confié à Monseigneur Lefebvre, le charisme de la formation des prêtres dans la plénitude de la Tradition catholique pour entreprendre auprès des fidèles un apostolat qui jaillisse de cette formation sacerdotale. Voilà le charisme que l'Église discerna lorsque la Fraternité sacerdotale saint Pie X fut approuvée en 1970. Nous n'avons pas oublié le jugement élogieux porté par le Cardinal Gagnon sur le séminaire d'Écône en 1987.

Le charisme authentique de la Fraternité consiste à former des prêtres pour le service du peuple de Dieu, non à se donner la mission de juger et de corriger la théologie ou la discipline d'autrui dans l'Église. Vous aurez à vous centrer sur la transmission d'une formation philosophique, théologique, pastorale, spirituelle et humaine à vos candidats, pour qu'ils puissent prêcher la parole du Christ et agir comme des instruments de la grâce de Dieu dans le monde, en particulier par la célébration solennelle du saint Sacrifice de la Messe. Il faudra certainement prêter attention aux passages du Magistère qui vous semblent difficiles à concilier avec l'enseignement magistériel, mais ces questions théologiques ne devraient pas constituer le centre de votre prédication ou de votre formation.

Sur la question de savoir qui est compétent pour corriger un abus, nous pouvons considérer le cas de saint Pie X et de ses interventions dans le domaine de la musique sacrée. En 1903, saint Pie X promulgua le célèbre motu proprio Tra le sollecitudini, qui promouvait dans toute l'Église une réforme de la musique sacrée. Ce document marquait l'aboutissement de deux initiatives antérieures de Giuseppe Sarto: un votum sur la musique sacrée écrit à la demande de la Sacrée Congrégation des Rites en 1893, et une lettre pastorale sur la réforme de la musique sacrée dans l'Église de Venise publiée en 1895.

Ces trois documents avaient substantiellement le même contenu. Pourtant, le premier était une liste de suggestions pour la Curie romaine, le deuxième une instruction pour les croyants placés sous la juridiction du Patriarche de Venise, et le troisième une série de dispositions valables pour l'Église universelle. En tant que Pape, saint Pie X avait l'autorité nécessaire pour signaler les abus en matière de musique sacrée dans le monde entier, tandis que, comme évêque, il ne pouvait intervenir que dans son diocèse. Par ses prescriptions disciplinaires et doctrinales, saint Pie X pouvait traiter les problèmes dans l'Église sur un plan universel, précisément à cause de son autorité universelle.



Même si nous sommes convaincus que notre point de vue sur une question particulière disputée est le bon, nous ne pouvons pas usurper la mission du Souverain Pontife en nous arrogeant le droit de corriger publiquement les autres dans l'Église. Nous pouvons proposer et chercher à influer, mais non pas manquer de respect à l'égard des autorités locales légitimes ou agir contre elles. Nous devons respecter le genre propre de différentes sortes d'instances: c'est la foi qu'il faudrait prêcher dans nos chaires, et non la dernière interprétation de ce que nous croyons problématique dans un document magistériel. Ce fut une erreur de faire de tout point difficile de l'interprétation théologique de Vatican II la matière d'une controverse publique, en cherchant à pousser ceux qui ne sont pas compétents en théologie à adopter notre point de vue au sujet de points théologiques délicats.

L'Instruction Donum Veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 1990) affirme qu'un théologien peut « se poser des questions portant, selon les cas, sur 1'opportunité, sur la forme ou même le contenu d'une intervention du Magistère », bien que « la volonté d'acquiescement loyal à cet enseignement du Magistère en matière de soi non irréformable doive être la règle » (§ 24). Toutefois, un théologien « ne présentera pas ses opinions ou ses hypothèses divergentes comme s'il s'agissait de conclusions indiscutables. Cette discrétion est commandée par le respect de la vérité ainsi que par le respect du Peuple de Dieu (cf. Rm 14, 1-15; 1 Co 8 ; 10, 23-33). Pour les mêmes raisons, le théologien renoncera à leur expression publique intempestive » (§ 27).

Si, après une intense, patiente et loyale réflexion de sa part, des difficultés demeurent, « c'est un devoir /pour le théologien de faire connaître aux autorités magistérielles les problèmes que soulève un enseignement en lui-même, dans les justifications qui eI1 sont proposées ou encore dans la manière selon laquelle il est présenté, Il le fera dans un esprit évangélique, avec le désir profond de résoudre les difficultés. Ses objections pourront alors contribuer à un réel progrès, en stimulant le Magistère à proposer 1'enseignement de l'Église d'une manière plus approfondie et mieux argumentée. -Dans ces cas, le théologien évitera de recourir aux mass-media plutôt que de s'adresser à l'autorité responsable, car ce n'est pas en exerçant ainsi une pression sur 1'opinion publique que 1'on peut contribuer à la clarification des problèmes doctrinaux et servir la vérité » (§ 30).

Cette partie de la tâche du théologien menée dans un esprit loyal et animée par l'amour de l'Église, peut parfois être difficile. cc Ce peut être un appel à souffrir dans le silence et la prière, avec la certitude que si la vérité est vraiment en cause, elle finira nécessairement par s'imposer » (§ 31).

Toutefois, un examen critique des actes du Magistère ne doit jamais devenir une sorte de « magistère parallèle » des théologiens (cf. § 34), car il doit être soumis au jugement du Souverain Pontife, qui a « la tâche de préserver l'unité de l'Église, avec la sollicitude d'offrir à tous l'assistance pour répondre avec les moyens opportuns à cette vocation et grâce divine » (Lettre apostolique Ecclesiae unitatem § 1). Nous voyons donc que, pour ceux qui, dans l'Église, ont le devoir ou la mission canonique d'enseigner, il y a place pour un engagement vraiment théologique et non polémique avec le Magistère. Intellectuellement parlant, de toute façon, nous ne pouvons pas nous centrer uniquement sur la controverse. Les problèmes théologiques difficiles ne peuvent être adéquatement traités que par l'analogie de la foi, c'est-à-dire la synthèse de tout ce que le Seigneur nous a révélé. Nous verrons chaque doctrine et article de foi comme soutenant les autres et apprendre à comprendre les liens internes qui existent entre chacun des éléments de notre foi.

Pour entreprendre des études de théologie, nous devons avoir une expérience culturelle, biblique et philosophique adéquate. Je pense, par exemple, à un passage du Code de Droit canonique de 1917 reproduit dans l'introduction de Benziger à l'édition anglaise de la Somme Théologique: « Les religieux qui ont déjà fait leurs humanités devront étudier la philosophie pendant au moins deux ans, et la théologie pendant quatre ans, en suivant l'enseignement de saint Thomas et en accord avec les instructions du Siège apostolique» (CIC 1917, can. 589). Considérons la sagesse de cette directive: la théologie doit être entreprise par ceux qui ont été formés aussi bien dans les humanités qu'en philosophie. La Congrégation pour l'Éducation catholique a récemment demandé que l'étude de la philosophie dure trois ans pendant la formation au sacerdoce. Sans cette ouverture, notre recherche théologique n'aura pas le riche terreau de culture sur lequel la foi s'enracine et qui est indispensable pour une pleine compréhension des concepts et des termes philosophiques qui sous-tendent les formulations doctrinales de l'Église.

Si nous nous centrons seulement sur les questions les plus difficiles et les plus controversées, - qui doivent, certes, faire l'objet d'une grande attention - nous pouvons finir par perdre le sens de l'analogie de la foi et nous mettre à voir la théologie surtout comme une sorte de dialectique intellectuelle sur des sujets conflictuels plus que comme un engagement de la sagesse avec le Dieu vivant qui s'est révélé à nous en Jésus Christ et qui, par l'Esprit saint, inspire notre travail, notre prédication et notre action pastorale.

Conclusion

Avec sa façon magnanime d'exercer le munus Petrinum, le pape Benoît XVI est extrêmement désireux de surmonter les tensions qui ont existé entre l'Église et votre Fraternité. Une réconciliation ecclésiale immédiate et totale mettra-t-elle fin aux soupçons et à la méfiance qui ont surgi de part et d'autre? Sans doute pas si facilement.

Mais ce que nous cherchons n'est pas une œuvre humaine: nous cherchons la réconciliation et la guérison par la grâce de Dieu, sous la conduite aimante du Saint-Esprit. Rappelons-nous les effets de la grâce articulés par saint Thomas: guérir l'âme, désirer le bien, réaliser le bien qu'on s'est proposé, persévérer dans le bien et, pour finir, obtenir la gloire (cf. Somme Théologique la Irae, 111, 3).

Nos âmes ont d'abord besoin d'être guéries, purifiées de l'amertume et du ressentiment nés de trente ans de soupçons et de tourments de part et d'autre. Nous devons prier le Seigneur de nous guérir de toutes les imperfections qui sont venues précisément à cause des difficultés, surtout du désir d'autonomie qui est, en fait, étranger aux formes traditionnelles de gouvernement dans l'Église. Le Seigneur nous donne la grâce de désirer certains biens: en ce cas, le bien d'une unité et d'une communion ecclésiales totales. C'est un désir que bon nombre d'entre nous partagent, humainement parlant, mais ce que nous avons besoin de recevoir du Seigneur, c'est la communication de ce désir à nos âmes, de manière à nous faire désirer le ut unum sint avec le désir même du Christ. C'est seulement alors que la grâce de Dieu nous permettra de réaliser le bien que nous nous proposons. C'est Lui qui nous pousse à chercher une réconciliation et la porte à son achèvement.

Voici venu le moment d'une grâce extraordinaire: saisissons-le de tout notre cœur et de tout notre esprit. En nous préparant â la venue du Sauveur du monde au cours de cet Avent de l'Année de la Foi, prions et espérons avec confiance: ne pouvons-nous pas aussi espérer la réconciliation, attendue depuis longtemps, de la Fraternité sacerdotale saint Pie X avec le Siège de Pierre? Le seul avenir imaginable pour la Fraternité sacerdotale saint Pie X se trouve sur le chemin d'une pleine communion avec le Saint-Siège, dans l'acceptation d'une profession de foi inconditionnelle en sa plénitude, et donc avec une vie sacramentelle, ecclésiale et pastorale convenablement ordonnée.

Ayant reçu de Pierre la charge d'être un instrument de réconciliation de la Fraternité sacerdotale, j'ose faire miennes les paroles de Paul en nous exhortant à « vivre fidèlement 1'appel reçu, avec beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, en nous supportant les uns les autres avec amour, en ayant à cœur de garder l'unité de l'Esprit par le lien de la paix ».

Sincèrement vôtre dans le Christ,

+ J. Augustine Di Noia, O.P.

images/icones/neutre.gif  ( 701573 )[réponse] par Mauges (2013-01-20 20:37:16) 
[en réponse à 701570]

Au delà de la mousse et de la pampre de Mgr Di Noïa, cela montre que les questions posées par le site Disputationes Theologicae à la FSSPX sont bien réelles.
images/icones/fleche2.gif  ( 701574 )Nous entrons donc dans une nouvelle phase par Philippilus (2013-01-20 20:43:06) 
[en réponse à 701570]

Nous avons eu le cardinal Hoyos: Pragmatisme, et oublions la doctrine.
Bilan: refus de la FSSPX. Échec complet.


Puis le cardinal Levada: La doctrine, les discussions.
Bilan: Volte-face Romaine au dernier moment. Échec complet.

Voici maintenant Mgr Di Noia: Primauté du spirituel. Affaire à suivre.

Philippilus
images/icones/bravo.gif  ( 701575 )Mgr Di Noia : "Voici venu le moment d'une grâce extraordinaire" par Gaspard (2013-01-20 20:44:23) 
[en réponse à 701570]

Etant en train d'écrire mon billet, je n'ai pas vu le vôtre ! Mais l'horaire fait foi: vous avez cliqué avant moi pour poster cette excellente nouvelle ! Bonne soirée
UDP
images/icones/1w.gif  ( 701579 )Le bon et le méchant flic ! par Jean-Paul PARFU (2013-01-20 20:54:45) 
[en réponse à 701575]

Lors d'un interrogatoire, il ya, vous le savez, celui qui joue le méchant et celui qui joue le bon flic.

Mgr Di Noïa joue le bon flic !

Cepndant, les problèmes demeurent et les demandes sont toujours les mêmes. On demande même à la FSSPX de ne plus exprimer de critiques publiques.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 701601 )Bienheureux les coeurs durs... par Semetipsum (2013-01-20 21:58:16) 
[en réponse à 701579]

Ah! Zut c'est un lapsus...
images/icones/vatican.gif  ( 701582 )Donnant donnant par Japhet (2013-01-20 21:04:01) 
[en réponse à 701570]

Je pense que l'on peut voir cette lettre de la manière suivante:
Rome est prête à vous laissez faire l'expérience de la Tradition si vous acceptez de faire en même temps l'expérience de l'Unité.
Pourquoi pas, c'est un concept assez nouveau et finalement avec des risques limités pour chacune des parties.
images/icones/5b.gif  ( 701583 )aie aie les fautes par Japhet (2013-01-20 21:08:58) 
[en réponse à 701582]

à vous laisser...
images/icones/bravo.gif  ( 701593 )Le "charisme" de la Fraternité : le sacerdoce catholique par Gaudium (2013-01-20 21:35:22) 
[en réponse à 701570]

Mgr Di Noia a tellement raison de rappeler quel est le charisme que l'Eglise discerna lorsque la Fraternité fut approuvée en 1970, charisme qui doit être sa feuille de route, et de souligner que les controverses théologiques ne devraient pas constituer le coeur de la prédication ou de la formation au sein de la FSSPX parce qu'il est vrai que la FSSPX donne l'impression d'être obsédée par ces difficultés, au point d'occulter ce qui est vital pour les âmes.

J'approuve également son rappel concernant l'attitude catholique à adopter par rapport aux enseignements magistériels non irréformables qui apparaîtraient inconciliables avec la Tradition : outre que les difficultés ne doivent pas devenir obsessionnelles, il convient de proposer une critique, avec une "volonté d'acquiescement loyal" (soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté dirait le code de droit canon), qui soit positive (chercher autant que possible une interprétation traditionnelle au lieu de se raidir), discrète (éviter de semer publiquement la confusion dans les esprits, nuisant ainsi à l'unité de l'Eglise) et prudente (non péremptoire, le Successeur de Pierre ayant un charisme d'état que je n'ai pas).

Gaudium
images/icones/neutre.gif  ( 701595 )Mêmes conditions que pour l'IBP ? par FilsDeMarie (2013-01-20 21:45:21) 
[en réponse à 701593]

ou la FSSP ? Je pose juste la question... ? Il me semble bien que l'IBP a un "droit" à la critique des documents de VII.
images/icones/fleche3.gif  ( 701596 )Et Mgr Gherardini ? par Ennemond (2013-01-20 21:47:13) 
[en réponse à 701595]

Il n'a rien signé et pourtant il exprime une certaine critique du Concile... Faut-il signer pour critiquer ?
images/icones/1f.gif  ( 701603 )Signer pour être dans l'Eglise par FerdinandP (2013-01-20 22:06:44) 
[en réponse à 701596]

vous semblez oublier que le débat de fond c'est l'appartenance à l'Eglise et la validité des sacrements.
Ce n'est pas moi qui ait inventé que la Fraternité avait un problème de juridiction, Mgr Lefebvre l'a toujours rappelé.

Actuellement, il n'y a plus aucune justification pour exciper d'une juridiction de suppléance, encore moins après ce courrier, je pense.

Et vous, qu'en pensez-vous ?
images/icones/neutre.gif  ( 701717 )La juridiction de suppléance... par Meneau (2013-01-21 22:01:15) 
[en réponse à 701603]

... n'est pas une notion générale qui s'appliquerait partout en fonction de critères que définirait la FSSPX. La juridiction de suppléance est invoquée par chaque fidèle qui a besoin de sacrements. Je trouve effectivement que la FSSPX a parfois un peu trop "institutionnalisé" la juridiction de suppléance.

Mais ce courrier en soi ne change rien, puisque ce courrier est adressé à Mgr Fellay qui en fait copie aux prêtres de la FSSPX, et que la juridiction de suppléance ne "s'excipe" pas de la hiérarchie (de la FSSPX), mais de la situation de chaque fidèle.

En revanche, lorsque vous écrivez

il n'y a plus aucune justification pour exciper d'une juridiction de suppléance

, j'ai du mal à souscrire.

Lorsque le prêtre de ma paroisse "naturelle" autorise l'usage du préservatif et donne des messes spectacles, quand celui de la paroisse voisine fait danser les enfants devant l'autel au son de la guitare, et quand celui de la paroisse d'encore après omet des parties significatives de la messe NOM lorsqu'il célèbre, et rajoute sa petite prière à lui lors de la consécration, et quand un 4ème prie pour que Benoît XVI accepte la communion des divorcés remariés, j'estime que mon âme est toujours en grand danger de perdre la Foi à cette fréquentation.

Vous raisonnez peut-être trop parisien, ou au moins trop français ? Par chez moi, même si j'avais voulu aller voir ailleurs qu'à la FSSPX, il n'y a de toute façon guère d'autre choix, la FSSP et l'IBP étant absents.

Signer pour être dans l'Eglise ? La FSSPX est déjà dans l'Eglise. Vous vouliez peut-être dire "signer pour avoir une mission canonique officielle" ? Oui, peut-être que cela aiderait, je ne sais pas. Encore faut-il voir ce qu'il faudrait signer.

Cordialement
Meneau



images/icones/fleche2.gif  ( 701728 )Les dérives que vous décrivez sont vraiment effarantes. par Scrutator Sapientiæ (2013-01-21 23:11:11) 
[en réponse à 701717]

Bonsoir et merci, Meneau.

1. Je ne peux pas m'empêcher de me poser, de vous poser, la question suivante : quel est, selon vous, le but de toutes ces dérives, lesquelles, aussi diverses soient-elles, vont toutes dans la même direction ?

2. Je me demande parfois si le but de la manoeuvre n'est pas de faire en sorte que le dynamisme immanent, propre à la vie du monde, se substitue, au sein même des églises et de l'Eglise, au dynamisme transcendant, propre à l'Esprit de Dieu, quitte à ce que cet effet de substitution se traduise par un effet de disparition de tout ce qui est radicalement et substantiellement chrétien, dans les homélies et dans la liturgie.

3. Je ne pense pas qu'il soit possible, ou en tout cas qu'il soit crédible, croyable, que le but de la manoeuvre soit d'attirer davantage de personnes, et notamment de croyants non pratiquants, en direction de l'Evangile et de l'Eucharistie.

4. Ces pratiques, dont certaines sont littéralement adoratrices de la vie du monde, en ce qu'elle est inspirée par l'esprit du monde, sont rarement "fidélisatrices", dans la durée et en profondeur, car elles sont plus séduisantes que convaincantes.

5. C'est l'une des grandes leçons du dernier demi-siècle : plus on s'adapte au monde, plus on s'aligne sur le monde plus on s'efforce d'imiter le monde, ou la vision que l'on en a, et plus on s'expose au risque de se prendre les pieds dans le tapis, rouge, hier, rose, aujourd'hui, du reniement, grimaçant ou souriant, de l'Imitation de Jésus-Christ.

6. Les évêques qui laissent se commettre ces dérives devraient pouvoir, avec effet utile, être mis en présence de leurs propres responsabilités épiscopales, face à toutes ces entreprises de "mise en danger de la Foi d'autrui" et de "non assistance à fidèles en danger", si je puis m'exprimer, et rêver, ainsi...

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/hum2.gif  ( 701759 )Je ne vois clairement pas le rapport par Polydamas (2013-01-22 12:03:02) 
[en réponse à 701717]


Lorsque le prêtre de ma paroisse "naturelle" autorise l'usage du préservatif et donne des messes spectacles, quand celui de la paroisse voisine fait danser les enfants devant l'autel au son de la guitare, et quand celui de la paroisse d'encore après omet des parties significatives de la messe NOM lorsqu'il célèbre, et rajoute sa petite prière à lui lors de la consécration, et quand un 4ème prie pour que Benoît XVI accepte la communion des divorcés remariés, j'estime que mon âme est toujours en grand danger de perdre la Foi à cette fréquentation.



Mais où est le rapport entre ces dérives et la fraternité St Pie X ? Qu'il y ait bon nombre de critiques à faire à l'Eglise de France, sur la discipline, sur plein de sujets, c'est bien évident, mais ça ne justifie AUCUNEMENT que la fraternité St Pie X demeure sur ses positions, ainsi que le rappelait lui-même Mgr Fellay dans sa lettre à ses frères évêques en rappelant que l'ivraie ferait toujours partie du monde. On ne prend pas de décisions par rapport au traitement que réserve l'institution à ses adversaires, on prend une décision par rapport à ce qui est juste et droit. Et lorsqu'on voit les efforts répétés, réitérés du pape à convaincre la fraternité de revenir, il serait peut-être temps de lui faire confiance.


Signer pour être dans l'Eglise ? La FSSPX est déjà dans l'Eglise. Vous vouliez peut-être dire "signer pour avoir une mission canonique officielle" ? Oui, peut-être que cela aiderait, je ne sais pas. Encore faut-il voir ce qu'il faudrait signer.


Ce n'est visiblement pas l'avis du pape.
images/icones/neutre.gif  ( 701667 )Réponse. par Antoine (2013-01-21 13:12:46) 
[en réponse à 701596]

Je ne sais pas trop comment me positionner par rapport à ce texte, qui fait fi de l'attitude romaine et de l'hostilité de la mageure partie des évêques du monde contre ceux qui osent s'opposer au plus que saint concile Vatican II.... Mais pour ce point précis que vous évoquez (la critique du concile), Mgr Di Noïa me semble dire une chose plutôt judicieuse : il faut être formé et être théologien pour aborder ces sujets dans le détail. (C'est d'ailleurs pour ça que j'ai beaucoup limité mes interventions sur le forum catholique).

On voit trop de personnes dans la FSSPX qui se positionnent sans être formées (dont beaucoup de prêtres), et qui font de ces questions de romanité et d'interprétation du concile l'essentiel de leur quotidien. L'important c'est de sauver son âme et le maximum d'âme que Dieu place sur notre chemin !!!

Laissons aux théologiens les questions de théologie (c'est leur devoir d'état). Ce n'est pas le rôle d'une grande partie des fidèles et des prêtres. Ce n'est pas leur devoir détat.

A mon avis, les difficultés que traverse la FSSPX viennent en grande partie de celà (ex Max Barret, Mgr Williamson, l'abbé Pfeiffer ...) Que de théologiens en herbe qui se prennent pour les interprètes authentiques de ceci ou de celà, et qui tombent ainsi dans les travers que dénonce de façon assez lucide Mgr Di Noïa à travers St Thomas...
images/icones/fleche2.gif  ( 701615 )Ecône et Rome : est-ce ou non le même type de théologie ? par Scrutator Sapientiæ (2013-01-20 22:29:13) 
[en réponse à 701570]

Bonsoir et merci, FilsDeMarie.

1. Je me permets rapidement la remarque suivante : quand Ecône emploie le concept de théologie, quand Rome recourt à la notion de théologie, s'agit-il bien, ne serait-ce que plus ou moins, du même type de théologie ? Je n'en suis pas toujours certain.

2. Par exemple, la FSSPX pourrait-elle souscrire, sans difficultés ni hésitations majeures, aux différents documents doctrinaux de la Commission théologique internationale, et notamment aux deux derniers, qui sont ici ? Je n'en suis pas vraiment certain.

C T I 2009.

C T I 2012.

3. Si l'on veut que les uns et les autres puissent réfléchir ensemble, afin et avant de travailler ensemble, à l'intérieur du même cadre institutionnel, dans la vérité, l'unité, la charité, pour la gloire de Dieu et le salut du monde, il convient qu'il y ait, même si c'est "en devenir tendanciel", une même base intellectuelle, philosophique et théologique, en amont de l'intégration de la FSSPX, à l'intérieur de ce même cadre institutionnel.

4. Or, il me semble que l'on est loin de la mise en avant et en forme de cette éventuelle communauté de préoccupations philosophiques et théologiques, entre la FSSPX et le Saint-Siège.

5. L'expression, par la FSSPX, de ses points de désaccord avec le Saint-Siège, en ce qui concerne, évidemment, au moins une partie du Concile, a fait obstacle, a empêché et occulté l'expression explicite et officielle, éventuelle et ultérieure, par la même FSSPX, de ses points d'accord, que l'on peut espérer plus nombreux et plus volumineux, avec le même Saint-Siège.

6. Ce que je suis en train d'écrire relève de la provocation, mais tient néanmoins en ceci : à quand une déclaration théologique commune, un relevé de conclusions théologiques commun, à commencer par un relevé portant sur des points non abordés au Concile, un relevé mis en avant et en forme, dans les mêmes termes, par Ecône et par Rome ?

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 701619 )Saint Augustin souscrirait-il au Concile de Trente? par Don Henri (2013-01-20 22:47:14) 
[en réponse à 701615]

Ou Saint Vicent de Lérins?

Ce que je veux dire, c'est que la théologie peut évoluer et présenter des Vérités de foi d'une manière différente selon les époques sans pour autant tomber dans l'erreur.
Il y a une innovation légitime en théologie, après tout St Thomas d'Aquin n'a-t-il pas été innovant avec ses concepts de la substance et de l'accident tirés de la philosophie aristotélicienne?

C'est le même problème aves la FSSPX et la théologie contemporaine (par exemple vos documents de la CIT). La fraternité considère que les Vérités ne changent pas, et en cela elle a raison, mais elle considère aussi selon ce que je vois que la forme dans laquelle elles sont présentées ne peut changer non plus, et je crois qu'en cela elle se trompe.
Ainsi Lubac est dans le rayon "théologie moderniste" au séminaire d'Ecône...

+ pax et bonum
images/icones/fleche2.gif  ( 701637 )D'accord. Encore faut-il qu'elle les présente vraiment. par Scrutator Sapientiæ (2013-01-20 23:53:46) 
[en réponse à 701619]

Bonsoir et merci, Don Henri.

1. Vous écrivez, à juste titre, ceci :

" la théologie peut évoluer et présenter des Vérités de foi d'une manière différente selon les époques sans pour autant tomber dans l'erreur ".

2. Je suis d'accord, mais encore faut-il que la théologie contemporaine,

laquelle, en effet, "peut évoluer et présenter des Vérités de foi d'une manière différente", "sans pour autant tomber dans l'erreur"

(mais, vous en conviendrez, sous certaines conditions, précautions, précisions ou restrictions),

présente vraiment ces vérités de la Foi, au bénéfice et à destination, notamment des fidèles.

3. A cet égard, le reproche majeur formulé, en substance, par la FSSPX, est à peu près celui-ci : d'après elle, la "manière différente" propre à la théologie contemporaine a eu pour objectif, ou, en tout cas, pour résultat, de faire passer à l'arrière-plan, ou, en tout cas, au second plan, des pans entiers de la Foi catholique.

4. Je suis convaincu moi aussi que la FSSPX ne porte pas en elle le sens de "l'innovation légitime en théologie", mais il me semble que ce péché, si c'en est un, constitue un péché véniel, là où le fait de porter en soi le non sens de l'innovation suicidaire, en théologie, constituerait plutôt un péché mortel, et je vous assure que je ne fais pas avant tout allusion aux deux textes de la CTI que j'ai insérés, en écrivant cela.

5. Ce que j'ai voulu pointer du doigt, dans mon message, c'est ceci : il y a, je le crois vraiment, un véritable déphasage cognifif et culturel, entre la théologie néo-thomiste de la FSSPX et la théologie néo-moderne du Saint-Siège ; je suis convaincu qu'il est à la fois grandement nécessaire et quasiment impossible de combler ce fossé là.

6. Je vous recommande enfin, mais peut-être les avez-vous déjà lus, les ouvrages suivants, une partie de leur contenu permettant, précisément, de prendre la mesure de ce déphasage, sinon d'y remédier :

Ceci.

Ceci..

Ceci...

Mais la prise de conscience de la largeur du fossé n'est-elle pas nécessaire et préalable à son comblement ultérieur, ou à la pose d'une passerelle permettant, justement, de passer d'un côté à l'autre ?

Bonne nuit.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 701650 )Puis je me permettre d'insister sur le document de Mgr Di Noia par Chelot (2013-01-21 09:35:12) 
[en réponse à 701637]

Il précise ce qui devrait répondre à vos questions;

Aprés quelques considérations d'ordre général, et une citation précisant le cadre, sur lequel il n'y aura pas à s'étendre, toutes les réponses sont apportées à vos objections.

Même celles concernant les défauts de communications que vous pensez remarquer, avant de communiquer avec un autre il faut apprendre sa langue, ici il est question d'apprendre la théologie. Avec une immense charité, une grande patience, il fait remarquer un manque, et pour faire remarquer ce manque, il se sert de tout ce qui peut-être cher à la Fraternité, le canon auquel elle prétend se rattacher, et l'attitude du Pape qui est son saint Patron.

Je dois vous avouer que cette lettre est presque à apprendre par coeur tellement elle est exemplaire de souci fraternel, de charité, d'intelligence, de savoir et de méthode, je n'ose écrire de paternel, mais vraiment, j 'aime cette lettre.

Merci Monseigneur.

Je n'ai pas le talent, ni les qualités de Mgr Di Noia mais il me semble à vous lire que vous passez à coté;


Vous écrivez:


6. Ce que je suis en train d'écrire relève de la provocation, mais tient néanmoins en ceci : à quand une déclaration théologique commune, un relevé de conclusions théologiques commun, à commencer par un relevé portant sur des points non abordés au Concile, un relevé mis en avant et en forme, dans les mêmes termes, par Ecône et par Rome ?





2. Je suis d'accord, mais encore faut-il que la théologie contemporaine,
laquelle, en effet, "peut évoluer et présenter des Vérités de foi d'une manière différente", "sans pour autant tomber dans l'erreur"
(mais, vous en conviendrez, sous certaines conditions, précautions, précisions ou restrictions),
présente vraiment ces vérités de la Foi, au bénéfice et à destination, notamment des fidèles.




5. Ce que j'ai voulu pointer du doigt, dans mon message, c'est ceci : il y a, je le crois vraiment, un véritable déphasage cognifif et culturel, entre la théologie néo-thomiste de la FSSPX et la théologie néo-moderne du Saint-Siège ; je suis convaincu qu'il est à la fois grandement nécessaire et quasiment impossible de combler ce fossé là.



Laissons Mgr Di Noiah vous répondre, je comprends qu'une grande culture et beaucoup de réflexion, puisse ne pas être parfois suffisante, même quand une grande intelligence les accompagne, Saint Augustin lui même en sut quelque chose.

Aprés avoir précisé bien des choses en particulier son amour de l'Eglise et celui qui doit être le nôtre;


La place de la Fraternité sacerdotale dans l'Église





Retourner au charisme jadis confié à Monseigneur Lefebvre, le charisme de la formation des prêtres dans la plénitude de la Tradition catholique pour entreprendre auprès des fidèles un apostolat qui jaillisse de cette formation sacerdotale. Voilà le charisme que l'Église discerna lorsque la Fraternité sacerdotale saint Pie X fut approuvée en 1970. Nous n'avons pas oublié le jugement élogieux porté par le Cardinal Gagnon sur le séminaire d'Écône en 1987.




Sur la question de savoir qui est compétent pour corriger un abus, nous pouvons considérer le cas de saint Pie X et de ses interventions dans le domaine de la musique sacrée. En 1903, saint Pie X promulgua le célèbre motu proprio Tra le sollecitudini, qui promouvait dans toute l'Église une réforme de la musique sacrée. Ce document marquait l'aboutissement de deux initiatives antérieures de Giuseppe Sarto: un votum sur la musique sacrée écrit à la demande de la Sacrée Congrégation des Rites en 1893, et une lettre pastorale sur la réforme de la musique sacrée dans l'Église de Venise publiée en 1895.

Ces trois documents avaient substantiellement le même contenu. Pourtant, le premier était une liste de suggestions pour la Curie romaine, le deuxième une instruction pour les croyants placés sous la juridiction du Patriarche de Venise, et le troisième une série de dispositions valables pour l'Église universelle. En tant que Pape, saint Pie X avait l'autorité nécessaire pour signaler les abus en matière de musique sacrée dans le monde entier, tandis que, comme évêque, il ne pouvait intervenir que dans son diocèse. Par ses prescriptions disciplinaires et doctrinales, saint Pie X pouvait traiter les problèmes dans l'Église sur un plan universel, précisément à cause de son autorité universelle.






Toutefois, un examen critique des actes du Magistère ne doit jamais devenir une sorte de « magistère parallèle » des théologiens (cf. § 34), car il doit être soumis au jugement du Souverain Pontife, qui a « la tâche de préserver l'unité de l'Église, avec la sollicitude d'offrir à tous l'assistance pour répondre avec les moyens opportuns à cette vocation et grâce divine » (Lettre apostolique Ecclesiae unitatem § 1). Nous voyons donc que, pour ceux qui, dans l'Église, ont le devoir ou la mission canonique d'enseigner, il y a place pour un engagement vraiment théologique et non polémique avec le Magistère. Intellectuellement parlant, de toute façon, nous ne pouvons pas nous centrer uniquement sur la controverse. Les problèmes théologiques difficiles ne peuvent être adéquatement traités que par l'analogie de la foi, c'est-à-dire la synthèse de tout ce que le Seigneur nous a révélé. Nous verrons chaque doctrine et article de foi comme soutenant les autres et apprendre à comprendre les liens internes qui existent entre chacun des éléments de notre foi.




Pour entreprendre des études de théologie, nous devons avoir une expérience culturelle, biblique et philosophique adéquate. Je pense, par exemple, à un passage du Code de Droit canonique de 1917 reproduit dans l'introduction de Benziger à l'édition anglaise de la Somme Théologique: « Les religieux qui ont déjà fait leurs humanités devront étudier la philosophie pendant au moins deux ans, et la théologie pendant quatre ans, en suivant l'enseignement de saint Thomas et en accord avec les instructions du Siège apostolique» (CIC 1917, can. 589). Considérons la sagesse de cette directive: la théologie doit être entreprise par ceux qui ont été formés aussi bien dans les humanités qu'en philosophie. La Congrégation pour l'Éducation catholique a récemment demandé que l'étude de la philosophie dure trois ans pendant la formation au sacerdoce. Sans cette ouverture, notre recherche théologique n'aura pas le riche terreau de culture sur lequel la foi s'enracine et qui est indispensable pour une pleine compréhension des concepts et des termes philosophiques qui sous-tendent les formulations doctrinales de l'Église.

Si nous nous centrons seulement sur les questions les plus difficiles et les plus controversées, - qui doivent, certes, faire l'objet d'une grande attention - nous pouvons finir par perdre le sens de l'analogie de la foi et nous mettre à voir la théologie surtout comme une sorte de dialectique intellectuelle sur des sujets conflictuels plus que comme un engagement de la sagesse avec le Dieu vivant qui s'est révélé à nous en Jésus Christ et qui, par l'Esprit saint, inspire notre travail, notre prédication et notre action pastorale.



Que je résumerai ainsi

Donc concentrez vous sur ce que vous savez faire avec excellence, ce pourquoi vous avez été fondé, et que nous vous garantissons maintenir au sein de l'Eglise, ensuite Etudiez Etudiez Etudiez, Etudiez la théologie, et débattons ensemble fraternellement. Mgr Di Noia prouve dans le document qu'il est capable de comprendre, qu'il est capable d'aller sur le terrain de la fraternité sur lequel il se place, mais il lui demande d'être capable dans faire autant, et pour cela il faut étudier, étudier étudier, étudier la théologie.
Mais tout cela dans l'unité au sein de l'Eglise, dans la soumission totale au souverain pontife, et laissons lui à lui l'autorité suprême, au vu de nos débats de nos études dire le Magistère, car c'est à lui qu'il appartient de le faire.

enfin:


Mais ce que nous cherchons n'est pas une œuvre humaine: nous cherchons la réconciliation et la guérison par la grâce de Dieu, sous la conduite aimante du Saint-Esprit. Rappelons-nous les effets de la grâce articulés par saint Thomas: guérir l'âme, désirer le bien, réaliser le bien qu'on s'est proposé, persévérer dans le bien et, pour finir, obtenir la gloire (cf. Somme Théologique la Irae, 111, 3).




Ayant reçu de Pierre la charge d'être un instrument de réconciliation de la Fraternité sacerdotale, j'ose faire miennes les paroles de Paul en nous exhortant à « vivre fidèlement 1'appel reçu, avec beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, en nous supportant les uns les autres avec amour, en ayant à cœur de garder l'unité de l'Esprit par le lien de la paix ».

Sincèrement vôtre dans le Christ,


images/icones/sacrecoeur.gif  ( 701701 )Vers un nouveau dialogue de sourd? par Romanus (2013-01-21 20:19:05) 
[en réponse à 701570]

Ce texte, très bien en soi, laisse pourtant une amère impression.
Ce dont a besoin la FSSPX, c'est de clarifications doctrinales, pas d'un sermon sur la vertu de Charité.
Le problème résulte presque exclusivement de difficultés et d'incompréhensions doctrinales. Mgr Di Noia nous invite à les mettre de côté. Ça me parait encore une fois mal parti.
images/icones/fleche2.gif  ( 701730 )Et si c'était aussi un problème de compréhension réciproque ? par Scrutator Sapientiæ (2013-01-21 23:57:40) 
[en réponse à 701701]

Bonsoir Romanus,

1. Je m'explique : il y a quelques jours, je suis tombé sur cette phrase de Mgr FELLAY : "on ne comprend pas pourquoi nous sommes CONTRE la liberté religieuse".

2. Certes, il y a le déphasage cognitif et culturel dont j'ai déjà parlé, entre la conception de la théologie chère à la FSSPX et la conception de la théologie chère au Saint-Siège.

3. Il est possible qu'il faille d'ailleurs plutôt parler, ou parler plus précisément, de deux anthropologies chrétiennes partiellement divergentes, que de deux théologies, par exemple deux théologies de la Sainte Trinité, qui seraient totalement divergentes.

4. Mais c'est peut-être un petit trop facile de faire reposer la mésentente sur des malentendus, et de croire que seules des interprétations adéquates et bienveillantes, qui se rapprocheraient les unes des autres, permettraient de réduire une telle fracture.

5. En gros, mais ce qui suit est certainement schématique :

- la caractéristique fondamentale des uns, c'est la tendance au légalisme, dans le cadre d'une logique déontique : le devoir de servir la vérité ;

- la caractéristique fondamentale des autres, c'est la tendance au personnalisme, dans le cadre d'une logique téléontique : le désir de servir l'unité.

6. Eh bien, je peux comprendre que les uns et les autres aient parfaitement compris, les uns à la lecture ou en présence des autres, que leurs caractéristiques fondamentales respectives soient presque antithétiques, sur certaines questions traitées au Concile.

7. Voici, en tout cas, ce que la phrase de Mgr FELLAY m'a récemment inspiré ; je vous le livre dans l'espoir de me faire comprendre le moins mal possible :

8. " Je crois au contraire que tout le monde comprend très bien pourquoi vous (la FSSPX) êtes contre la liberté religieuse, parce que tout le monde a très bien compris, en un sens, comme vous, mais pas avec les mêmes conclusions que vous, que la liberté religieuse,

- telle qu'elle est mise en forme dans DH, notamment dans la première partie du document,

et

- telle qu'elle est mise en avant et en oeuvre, depuis la clôture du Concile Vatican II,

ne contribue en rien, mais fait plutôt obstacle, à ce que l'Eglise catholique exhorte franchement et fermement, courageusement, énergiquement, les non chrétiens, à se rendre, avec l'aide de la Grâce de Dieu, vraiment libres, notamment en matière religieuse, c'est-à-dire vraiment disponibles et vraiment responsables, en Jésus-Christ, par Jésus-Christ, pour Jésus-Christ, dans Son Eglise. "

9. En d'autres termes, l'adhésion de l'Eglise à la liberté religieuse a plutôt tendance à faire obstacle à ce que l'Eglise exhorte, d'une manière claire et ferme (qui exclut la pénombre, mais qui n'exclut pas la charité), les non chrétiens, à l'abandon de leurs erreurs, et à l'adhésion à la Vérité, sous la conduite et en direction du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit.

10. Si vous préférez, et à tout le moins, l'adhésion de l'Eglise à la liberté religieuse a plutôt tendance à faire obstacle à ce qu'elle s'exprime de cette manière là, non agréable ni consensuelle, sur cette matière là, alors que l'adhésion de l'Eglise à la liberté religieuse, explicitéee davantage en tant que responsabilisante, et non "implicitéee" en tant que déresponsabilisante, pour les hommes, face à Dieu, Père, Fils, Esprit, aurait "dû pouvoir" ne pas faire obstacle au maintien en vigueur de ce type de discours, exigeant, mais pas infâmant, vis-à-vis de ses destinataires.

11. En effet, faut-il le rappeler, quand on parle de conversion, on parle NOTAMMENT d'une démarche qui consiste à cesser de marcher à la suite de telle ou telle erreur, de tel ou tel errement ou manquement, et de commencer à marcher à la suite de celui qui est la Voie, la Vérité, et la Vie, et c'est valable pour les chrétiens aussi.

12. En d'autres termes, et par delà les différences de langage théologique, qui ne contribuent certes pas à une compréhension réciproque, je crois que nous sommes AUSSI en présence de protagonistes qui se sont très bien compris, sur des positions plus magistérielles, et qui ont très bien compris qu'ils n'étaient pas du tout d'accord entre eux, sur les questions qui sont d'autant moins consensuelles qu'elles ont été traitées, au Concile, d'une manière souhaitée consensuelle, oh pardon : " pastorale "...

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 701757 )Rome ne désespère pas de la réconciliation par François Léchiroux (2013-01-22 11:36:47) 
[en réponse à 701570]

Je me permets de signaler à votre attention l'analyse de Gérard Leclerc sur ce texte.


Gérard Leclerc, qui, par ailleurs, a publié un livre dans lequel il tente de reprendre une par une les questions théologiques à la racine de la séparation dans un livre - passé trop inaperçu - au titre évocateur : Lefebvristes, le retour. Pourquoi le dialogue est difficile mais intéressant.