Le Forum Catholique
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( 701306 )
Question liturgique par AVV-VVK (2013-01-18 21:25:10)
Durant l'offertoire dans une messe (traditionnelle) de funérailles les fidèles s'avancent vers le prêtre pour baiser un objet. Lequel?
D' avance, merci.
P.S. Ce bel usage s'est maintenu quelque temps également dans la forme ordinaire. Maintenant, il faut toucher un crucifix.

( 701313 )
coutume de funérailles par Lycobates (2013-01-18 22:15:16)
[en réponse à 701306]
C'est la patène.
Ce qui symbolise la participation du fidèle au sacrifice pour le repos de l'âme du défunt.
"Toucher" un crucifix dans ce contexte me paraît plus que malsain
(mais fuyant le NOM comme le diable l'eau bénite, je ne connais pas cette coutume bizarre).
Je dirais qu'on possède, prend possession, de ce qu'on touche de la main.
C'est une symbolique très forte, mais toute autre (comme dans l'ordination la tradition des instruments à l'ordinand qui devra les utiliser par après).
Ici, aux funérailles, on devrait baiser le crucifix, au moins s'incliner, surtout pas le toucher de la main.

( 701332 )
Baiser de paix par Pline (2013-01-19 08:15:55)
[en réponse à 701306]

( 701347 )
Vrai par Non volumus ignorare (2013-01-19 11:01:57)
[en réponse à 701332]
mais l'usage de la patène n'est pas faux me semble-t-il..davantage dans les paroisse pauvres..Mais je voulais surtout traiter de l'excuse (fausse) des modernes.l'abandon du Baiser de Paix a été accentué et est devenu definitif lors de la flambée du sida..On a dit
que l'on vouliat ne pas mettre les gens mal à l'aise en leur demandant de poser leurs lèvres l'un après l'autre sur le même objet seulement frotté par un purificatoire... donc on a fait toucher un crucifix.. et là où il y a encore un crucifix c'est déjà pa mal car maintenant on dit ou de se signer devant le cercueil , ou de toucher le cercueil..Mais là il y a quelque chose que je ne comprends pas.on voit bien des gens embrasser le cercueil..que des mains ont touché à plusieurs reprises.... l'excuse invoquée par les modernes vole donc en eclats..
J'ai connu autrefois des personnes prudentes pour elles ou pour les autres, elles ne touchaient pas le baiser de paix avec les lèvres mais avec la joue...ce qui ne me semble pas moins irréverencieux.

( 701352 )
Merci par Lycobates (2013-01-19 11:39:45)
[en réponse à 701332]
pour les très belles photos!
Cependant il s'agit de deux choses différentes, ce me semble.
Le baiser de paix est donné après l'Agnus Dei (seulement dans les Messes solennelles), avant la Communion; l'osculatoire est utilisé pour des prélats assistants ou des princes, qui assistent à l'office dans le choeur, le cas échéant
(c'est devenu plutôt rare, quoique dans mon pays les princes et ducs, déchus il est vrai, abondent, et certaines familles qui sont restées catholiques à la Réforme maintiennent leurs places réservées dans le choeur de l'église de leur résidence),
mais je n'ai jamais vu présenter un osculatoire aux "simples" fidèles.
Or, le baiser de paix n'est jamais donné dans les messes de Requiem (voir la rubrique: In Missis Defunctorum non datur pax).
La procession de l'Offertoire, typique des messes de funérailles (et aussi dans des Messes célébrées pour des corporations, p.ex. dans des lieux de pèlerinage), est toute autre chose; elle a lieu bien avant la Communion, à l'oblation, et ne comporte pas de baiser de paix.
Je n'ai jamais vu utiliser autre chose que la patène, mais je n'exclus pas qu'un célébrant décide à utiliser un osculatoire à la place de la patène. Il y a là peut-être des usages régionaux qui diffèrent.

( 701356 )
Votre pays ? par Aigle (2013-01-19 12:28:05)
[en réponse à 701352]
merci de ces précisions Lycobate mais quel est donc votre pays ?

( 701479 )
mon pays? par Lycobates (2013-01-20 01:25:55)
[en réponse à 701356]
Le Saint Empire Romain, virtuel, il est vrai, depuis 1806, mais très réel dans l'esprit, la mentalité et les prières de certains, et dont la dissolution forcée, inspirée par un forcené corse, n'a jamais été (jusqu'à ce jour, et à très juste titre) formellement entérinée par le Saint Siège, qui en effet a maintenu dans l'édition typique du Missel romain (la dernière en date de 1920, l'édition que nous utilisons dans nos communautés, ignorants consciemment et obstinément les "acquis" de la "Commission Bugnini" depuis 1948), pour le Vendredi Saint et le Samedi Saint (dans l'Exsultet), la prière pour l'Empereur chrétien, devenu anonyme.
Prière maintenue, même après 207 ans, même entre parenthèses et sans nom, car il est toujours bon et juste et salutaire de se souvenir, dans notre Église latine, au moins une fois par an, de cette république chrétienne d'antan, Civitas Dei souvent en puissance, parfois en acte (certes non parfaite, loin de là, puisque nous sommes tous encore des viatores), allant de Constantin I à François II, qui fut non pas fondée sur des idéologies vaines ou des idées issues de l'esprit humain souvent faussé, mais sur une certitude de vocation divine (In hoc signo vinces), entraînant par conséquent une loyauté inébranlable de beaucoup de personnes à une personne, élue et sacrée, suivant l'injonction du Prince des apôtres (1Petr 2,16: omnes honorate fraternitatem diligite Deum timete regem honorificate) --
Cité de Dieu qui dépassait et qui englobait dans la vraie Foi, au moins jusqu'au XVIe s., volontiers de part et d'autre, en les respectant, nations, cultures et langues, avant qu'elles ne fussent érigées l'une contre l'autre ou rendues homogènes et stériles par la force d'une Révolution malsaine qui a cru bon remplacer le sujet (de Dieu et du Roi) par un "citoyen", et qui a introduit des "droits" en bafouant le Droit.
Τὸν βασιλέα τιμᾶτε.

( 701357 )
Osculatoire ou patène par Nemo (2013-01-19 12:33:24)
[en réponse à 701352]
Tiré de Lesage :
Autrefois le célébrant présentait aux laïques sa main à baiser, ou l'extrémité de son étole, ou la patène ou un crucifix, lorsque ceux-ci apportaient leur offrande à l'autel. De nos jours, là où existe la coutume, il peut encore leur faire baiser l'étole, le manipule ou un crucifix (S.R.C. n. 3535 ad 1; 3579 ad 1), mais non une relique de la vraie croix (Ibid.), ni la patène (S.R.C. n. 416). L'usage de l'osculatoire s'est répandu un peu partout.
Mes commentaires :
Osculatoire ou baiser de paix désignent le même objet.
Les patènes ont encore été utilisées assez tard (et je vois dans certaines régions encore bien que la S.R.C. l'ait interdit depuis) et on voit des patènes très riches avec une cène sur la face convexe destinée à être baisée. Les laïcs baisaient la face convexe et les clercs la face concave.
On a réprimé cet usage pour se conformer à la règle qui veut que les vases sacrés ne soient touchés que par les clercs.

( 701456 )
Merci de vos explications, par AVV-VVK (2013-01-19 20:32:01)
[en réponse à 701357]
chers intervenants.
AVV-VVK, frustré par la disparition ou plutôt de l'interdiction de pouvoir s'exprimer son respect par des gestes corporels de la part des fidèles pendant une célébration où il faut s'asseoir et encore s'asseoir (sauf "par hasard" pour la consécration)

( 701467 )
Vous avez raison, par Zombie (2013-01-19 22:53:02)
[en réponse à 701456]
Dans ma paroisse (NOM) cette coutume du "baiser de paix" était toujours en vigueur jusqu'à l'an 2000 !! date du décès du curé (il était là depuis 1945). Les fidèles venaient baiser le "baiser de paix" avant l'offertoire le dimanche à la messe et au cours des messes de funérailles. A côté du prêtre un enfant de choeur tenait un plateau et, chaque fidéle déposait au passage une une pièce.
Depuis il n'y a plus de "baiser de paix"....et il n'y a plus de messes non plus !

( 701486 )
Passer à l'offrande par Non volumus ignorare (2013-01-20 09:21:00)
[en réponse à 701467]
Dans les petits villages du Nord et chez les voisins belges, cette manière de faire s'appelaient "Passer à l'offrande". Pour les dimanches, cela ne se faisait que lorsqu'il s'agissait d'une "messe apres service" c'est à dire la messe celebrée généralement dans le mois après les funérailles. C'était une manière aussi de renouveler ses condoleances à la famille surtout pour les personnes empechées le jour des funérailles.
Ce rite, si on peut l'appeler ainsi, de "passer à l'offrande" lors des funérailles était aussi le moment où l'eglise se vidait de tout ou partie de l'assistance.Beaucoup venaient aux funérailles, pas forcement pour assister à la messe de Requiem mais pour être vus de la famille..Donc on arrivait avec le defunt, on prenait place à l'eglise. Arrivait le temps de l'offrande généralement à la fin du prône, les assistants défilaient donc devant le prêtre et aussiitôt partaient soit au bistro en attendant le glas de sortie ou s'en retournaient à leur occupation...Parfois les gens n'arrivaient que pour cette offrande..