Un seul Dieu tout-puissant...Il n’y a pas deux dieux... Jésus-Christ est Dieu, Fils de Dieu, Dieu de Dieu... Né avant tous les siècles... Il n’y a jamais eu de temps ni de siècle où il n’était pas... Son règne n’aura pas de fin... Fils unique de Dieu, engendré par le Père... Sa divinité n’a souffert dans l’incarnation, ni diminution, ni dommage, ni changement... Par qui tout a été fait... A été fait homme pour nous...
Jésus-Christ a été engendré du Père avant tous les siècles ; il est Fils unique de Dieu, Dieu de Dieu, semblable à son Père, et semblable en tout
Les termes d' "hypostase" et de "consubstantiel" sont comme un fort inexpugnable, qui défiera toujours les efforts des ariens. C'est en vain qu'à Rimini ils ont eu l'adresse de réunir les évêques pour les contraindre par ruses ou par menaces à condamner des mots insérés prudemment dans le symbole, cet artifice n'a servi de rien. Nous recevons à notre communion les évêques trompés à Rimini, pourvu qu'ils renoncent publiquement à leurs erreurs et condamnent Arius.
« La perfidie arienne à laquelle Libère a apposé sa signature, est celle qui avait été souscrite par 22 évêques, savoir : Narcisse, Théodote, Basile, etc ».
« Eudoxe et Aétius répandirent le bruit que Libère avait aussi rejeté le consubstantiel et adopté le mot dissemblable ».
mais ledit Athanase est exclu de la communion avec moi, c’est-à-dire de la communion avec l’Église romaine, et de l’échange des lettres ecclésiastiques
Pour moi, j'ai résolu de mourir pour Dieu plutôt que d'être le dernier délateur d'Athanase
Comment, je vous prie, en user ainsi envers Athanase ? Comment pouvons-nous condamner celui que deux conciles assemblés de toute la terre ont déclaré innocent ? Celui qu'un concile de Rome a renvoyé en paix ?
La première concession [faite par le pape], l’abandon d’Athanase, ne tirerait pas de soi à conséquence. Dans le procès fait à l’évêque d’Alexandrie, les griefs d’ordre personnel et administratif étaient, à première vue, la chose essentielle. Que Libère, sur ce point, se soit déjugé, cela pourrait n’avoir, en soi, rien de bien compromettant. Le seul reproche qu’on soit en droit de faire au pape, c’est d’avoir abandonné Athanase après s’être bien rendu compte, comme il l’avait reconnu lui-même, que les ennemis de l’évêque d’Alexandrie ne cherchaient à abattre en lui que le défenseur du consubstantiel nicéen. Ainsi, l’excommunication de l’Alexandrin avait comme contrepartie la reconnaissance de toute la faction qui, depuis vingt ans, poursuivait par tous les moyens la révision du symbole de Nicée. Et cela était infiniment plus grave.
Celui-ci [l'empereur] se laissa fléchi; il ordonna de rappeler l'illustre et digne exilé, ajoutant qu'il gouvernerait l'Eglise de Rome conjointement avec Félix. Le rescrit impérial ainsi formulé fut lu devant tout le peuple assemblé dans le cirque. Une clameur ironique s'éleva de tous les rangs. Bravo ! disait-on, il y aura un Pape pour chaque couleur. Chaque faction aura son cheval favori ! - Après cette première explosion de sarcasmes, la foule se mit à crier d'une seule voix : Un Dieu ! Un Christ ! Un Evêque ! - J'ai cru devoir reproduire fidèlement ces expressions, parce qu'elles attestent la piété, la justice, la foi des Romains. Après cette manifestation digne d'un peuple chrétien, l'admirable Libérius revint dans sa ville épiscopale et Félix alla habiter dans une autre cité.
Ces deux grands hommes apprendront à nos arrière-neveux comment il faut combattre jusqu'à la mort pour la défense de la vérité ».
« Quant à Libérius, il revint à Rome du vivant de Constance. Comment son rappel eut-il lieu ? Le Pape souscrivit-il quelque formule au gré de l'empereur, ou celui-ci ne fit-il que céder aux instances du peuple romain, qui l'avait supplié de rappeler ce Pontife ? C'est une question que je n'ai pu encore parfaitement élucider. »
Libère fut rappelé bientôt après et rétabli sur son siège par le peuple mutiné, à la fureur duquel Constance ne voulut pas s'opposer.
Quelques jours après, l'empereur quitta la capitale de l'Italie pour se rendre à Sirmium. Dans cette dernière ville, une députation des évêques d'Occident vint le trouver et l'entretenir de la situation faite à l'Eglise. Il profita de leur présence pour rappeler Libérius de Bérée, ville de Thrace, où le Pontife avait été exilé. A son arrivée, Libérius fut pressé par l'empereur de déclarer que le Fils n'est pas consubstantiel au Père. Constance était dirigé, dans cette voie d'oppression, par les prélats Basile d'Ancyre, Eustachius de Sébaste et Eleusius de Cyzique, lesquels étaient alors les plus en crédit à la cour. Ils réunirent dans une seule formule les diverses définitions de foi rédigées à Antioche et à Sirmium contre les erreurs de Paul de Samosate et de Pothin, prétendant que le terme de consubstantiel servait de prétexte à de nouvelles erreurs. En conséquence, ils le supprimaient, et voulaient que Libérius, Athanase, Alexandre, Sévérien et Crescent fissent de même. (...) Mais Libérius leur remit une autre confession de foi par laquelle il anathémisait quiconque soutiendrait que le Fils n'est pas de même substance que le Père. (...) Mais les Romains professaient pour l'illustre et grand Libérius une vénération profonde. Ils l'aimaient d'autant plus qu'il avait résisté plus énergiquement, en matière de foi, aux volontés de l'empereur.
Sous le consulat de Philippe et de Solia, Libère fut ordonné trente-quatrième évêque de Rome. Condamné à l'exil pour la foi, la neuvième année de son pontificat, tous les ecclésiastiques de Rome jurèrent de ne jamais rennaître d'autre évêque que lui. Mais, lorsque Félix eût été mis à sa place par les ariens, plusieurs se parjurèrent, et, un an après, au retour de Libère, ils furent chassés de Rome avec Félix
Le bienheureux Libérius, intrépide défenseur de la vérité, était évêque de Rome sous le règne de l'empereur Constance. Embrasé d'amour et de zèle pour la foi catholique, il accueillit comme un héros de Jésus-Christ Athanase le Grand, persécuté par les hérétiques et chassé de son siège patriarcal. (...) Libérius s'opposa avec énergie à l'envahissement de l'erreur et fut, pour ce motif, déporté dans la petite ville de Bérée, en Thrace. Mais les Romains, dans leur invincible attachement pour le Saint Pontife, allèrent le redemander à l'empereur. Leur requête fut accueillie; Libérius revint à son troupeau, le gouverna saintement, et mourut.
Le pape fut donc ramené du lieu de son exil et parut devant l'empereur. Dans une conférence publique, Constance lui demanda de déclarer que le Fils n'est pas consubstantiel au Père. Basile d'Ancyre, Ursace, Valens, Germinius de Sirmium joignirent leurs sollicitations à celles de l'empereur. Tous leurs efforts furent inutiles. Au lieu de souscrire la formule qu'ils présentaient, Libérius rédigea une profession de foi solennelle, dans laquelle il déclarait séparer de la communion catholique toutes les Eglises qui ne confesseraient pas que le Fils est de la même substance que son Père. Il se détermina à cet acte pour couper court aux calomnies que les ariens cherchaient déjà à répandre, disant partout que Libérius consentait enfin à répudier le consubstantiel. La même manoeuvre avait déjà été employée pour flétrir le grand Osius de Cordoue. Malgré cette énergique résistance, les évêques d'Occident obtinrent de ramener vers eux le saint Pontife de Rome
Libère, Paulin, Denys, Lucifer, Eusèbe, ces évêques irréprochables, ces hérauts de la vérité, ont été condamnés à l'exil : quel est leur crime ? D’avoir combattu l'hérésie arienne, d'avoir refusé de souscrire à notre condamnation
Libère, vaincu par les souffrances d'un exil de deux ans et par la menace du supplice, a souscrit enfin la condamnation qu'on lui demandait ; mais c'est la violence qui a tout fait, et l'aversion de Libère pour l'hérésie n'est pas plus douteuse que son sentiment favorable à Athanase : c'est le sentiment qu'il aurait manifesté s'il eût été libre. (...) La violence prouve bien la volonté de celui qui fait trembler, mais nullement celle de celui qui tremble
De la prétendue chute de Libère, il dit assez peu de chose, bien qu'il partage à ce sujet les préjugés un peu surannés des gallicans- Cette question a fait un grand pas dans la seconde moitié du siècle dernier, grâce aux travaux de la critique. On en peut juger par l'excellent article du P. Stilting sur saint Libère, dans les Acta Sandorum, au 23 Septembre, sans parler des monographies qui ont été publiées depuis.
Il résulte de-ces savantes recherches qu'il n'y a pas eu de chute de Libère. Avant que la question eût été éclaircie complètement, le plus grand nombre des critiques s'accordait à reconnaître que Libère ne jouissait pas de sa liberté lorsqu'il eut souscrit la formule de Sirmium, et que cette formule d'ailleurs, bien que le terme de Consubstantiel en fût absent, n'avait rien que de conforme à la foi de l'Église.
(…)
Au. rapport de Sozomène, Libère adresse une lettre solennelle aux évêques de l'Orient, pour les amener à confesser avec les Occidentaux la Trinité consubstantielle. L'historien ajoute : « Après cette lettre, la controverse étant terminée par « le jugement de l'Église romaine, tous se tinrent en
« repos, et l'affaire semblait avoir pris fin (1). »
« Et ces Pontifes, qui osera dire qu’ils aient failli, même sur un point, à la mission, qu’ils tenaient du Christ, de confirmer leurs frères ? Loin de là ; pour rester fidèles à ce devoir, les uns prennent sans faiblir le chemin de l’exil, tels les Libère, les Silvère, les Martin ; d’autres prennent courageusement en main la cause de la foi orthodoxe et de ses défenseurs qui en avaient appelé au Pape, et vengent la mémoire de ceux-ci même après leur mort. »
L’EMPEREUR Comme vous êtes chrétien et évêque de notre ville, nous avons jugé à propos de vous faire venir pour vous exhorter à renoncer à cette maudite extravagance, à la communion de l’impie Athanase. Toute la terre l’a jugé ainsi, et il a été retranché de la communion de l’Église par le jugement du concile de Milan. — LIBERE. Seigneur, les jugements ecclésiastiques se doivent faire avec une grande justice. Ordonnez donc que l’on établisse un tribunal, et si Athanase est trouvé coupable, sa sentence sera prononcée selon la procédure ecclésiastique ; car nous ne pouvons condamner un homme que nous n’avons pas jugé.—L’EMPEREUR Toute
la terre a condamné son impiété ; il ne cherche qu’a gagner du temps, comme il l’a toujours fait. — LIBERE. Tous ceux qui ont souscrit à sa condamnation n’ont point vu de leurs yeux tout ce qui s’est passé ; ils ont été touchés du désir de la gloire que vous leur promettiez, ou de la
crainte de l’infamie dont vous les menaciez.—L’EMPEREUR Que voulez-vous dire par la gloire, la crainte et l’infamie ? — LIBERE. Tous ceux qui n’aiment pas la gloire de Dieu, préférant vos bienfaits, ont condamné sans le juger celui qu’ils n’ont point vu ; cela ne convient pas à des chrétiens. —L’EMPEREUR Il a été jugé au concile de Tyr, où il était présent, et dans ce concile tous les évêques l’ont condamné. — LIBERE. Jamais il n’a été jugé en sa présence ; à Tyr, on l’a condamné sans raison, après qu’il se fut retiré. — L’EMPEREUR Pour combien donc vous comptez-vous dans le monde, de vous élever seul avec un impie pour troubler l’univers ? —
LIBERE. Quand je serais seul, la cause de la foi ne succomberait pas pour cela. — L’EMPEREUR Ce qui a été une fois réglé ne peut être renversé ; le jugement de la plupart des évêques doit l’emporter, vous êtes le seul qui vous attachiez à l’amitié de cet impie. — LIBERE. Seigneur, nous n’avons jamais entendu dire qu’un accusé n’étant pas présent, un juge le traitât
d’impie comme étant son ennemi particulier.—L’EMPEREUR Il a offensé généralement tout le monde, et moi plus que personne. Je m’applaudis plus d’avoir éloigné ce scélérat des a5aires de l’Église que d’avoir vaincu Magnence .—LIBERE. Seigneur, ne vous servez pas des évêques pour vous venger de vos ennemis ; les mains des ecclésiastiques doivent être occupées à sanctifier. — L’EMPEREUR. Il n’est question que d’une chose : je veux vous envoyer à Rome quand vous aurez embrassé la communion des Églises. Cédez au bien de la paix, souscrivez, et retournez à Rome. —LIBERE .J’ai déjà pris congé des frères de Rome, car les liens de l’Église
sont préférables au séjour de Rome.— L’EMPEREUR. Vous avez trois jours pour délibérer si vous voulez souscrire ou retourner à Rome ; or, voyez en quel lieu vous voulez être mené. — LIBERE.L’espace de trois jours ou de trois mois ne change point ma résolution ; envoyez-moi donc où il vous plaira.
Deux jours après, Constance envoya chercher Libère, et, comme il n’avait pas changé de sentiment, il le fit reléguer à Bérée, en Thrace.
Tout le monde connaît le fameux mensonge historique qui se trouve même dans le Liber Pontificalis, et qui consiste à placer à l’époque du retour de Libère, de Bérée à Rome (359), un double acte de faiblesse de ce pape : la souscription à la condamnation de saint Athanase, et la souscription à une formule de foi arienne. Que faut-il penser de cette chute, qui a été admise par des auteurs graves, et qu’on appuie du témoignage de saint Jérôme, de saint Hilaire, de saint Athanase, et de Libère lui-même ? C’est ce que nous allons examiner.
Les témoignages que l’on cite de saint Athanase, de saint Jérôme, de saint Hilaire, de Libère lui-même, et qui seraient accablants, s’ils étaient authentiques, perdent toute leur force devant une saine critique historique. [Suit toute l’explication].[…]
Après tous ces témoignages, on peut hardiment conclure que la chute de Libère est un mensonge historique. Si ce courageux pontife a signé une formule de foi autre que celle de Nicée, il n’a certainement signé qu’une formule de foi orthodoxe, exprimant la consubstantialité du Verbe, et tous les actes authentiques du saint Pape le montrent le défenseur intrépide et constant de la religion catholique.
Nous avons tiré la vie de ce saint pape, que nous tenions à réhabiliter dans l’opinion des fidèles, de l’Histoire générale de l’Église, par M. l’abbé Darras ; et de l’Histoire populaire des Papes, par Chantrel, deux auteurs de l’école de la saine critique. — Cf. Revue des questions historiques ; et l’Histoire et Infaillibilité des Papes, par M. l’abbé Constant. La question de la chute de Libère y est étudiée sous toutes ses faces, et le résultat de cette étude est la justification complète du saint Pontife.
les Ariens ont inventé une défection du pape saint Libérius ; il y a déjà longtemps que cette fable méprisable a été réfutée à plusieurs reprises ; et l’on n’en a pas tenu compte. C’est presque une hardiesse aujourd’hui de réviser sa cause. Il y a encore une critique hautaine, qui conteste, qui se retranche dans l’opinion faite par l’hérésie, comme dans un jugement sans appel. Ce n’est pas seulement une erreur, c’est une indignité, qu’on pouvait s’épargner, même sans toutle labeur de la démonstration, qu’on va lire.
(…)
Voici donc ce qui se serait passé à Sirmium vers la fin de l’année 357, lorsque Constance y fut revenu. Les meneurs du parti arien auraient contraint le vénérable Osius, vieillard centenaire, de signer une formule hérétique, sans obtenir qu’il condamnât saint Athanase. Ensuite sous la même pression et la menace de mort, le pape captif, amené de Bérée, aurait au contraire abandonné Athanase, en ne consentant qu’à signer une formule orthodoxe. C’est là ce qu’on appelle la chute du pape Libérius.
(…)
Non-seulement Libérius a sa place au 23 septembre dans les Acta sanctorum, mais toutes les prétendues preuves de sa chute y sont réfutées. (…) Ainsi aucune formule n’a été signée par Libérius (…) Il est donc clair que le pape Libérius n’a point failli
Si Libère n'a pu supporter jusqu'à la fin les ennuis de l'exil, il a au moins montré pendant deux ans qu'il connaissait la conspiration tramée contre moi
Or Libère, ayant été exilé, fut vaincu par les ennuis de l'exil et les menaces de mort qu'on lui fit ; il souscrivit
Ce qu'il avait fait et permis, Libère annule tout en écrivant aux impies ariens, qui avaient condamné saint Athanase, évêque orthodoxe. »
— « Libère, je te dis anathème à toi et à tes pareils; anathème une seconde fois, Libère, anathème trois fois, prévaricateur. »
« J'ai dit anathème aux prévaricateurs et aux arien »
« Les livres si instructifs composés par Saint Hilaire, pour contribuer à la conversion des signataires de Rimini, ont été, dans la suite, tellement falsifiés par les hérétiques, qu’Hilaire lui-même ne les reconnaîtrait pas ».
Fortunatien s'est rendu détestable en venant à bout, à force de sollicitations, de faire approuver l'hérésie à Libère, évêque de Rome.
Libère, cédant aux ennuis de l'exil, souscrivit une formule hérétique, et rentra comme un triomphateur dans Rome