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images/icones/neutre.gif  ( 655477 )L'engendrement éternel du christ par le torrentiel (2012-12-26 00:45:51) 

Chers liseurs,

que pensez-vous de ceci:

Lors de la messe de ce matin que j'ai eu le privilège d'accompagner, le prêtre (un prêtre polonais) a dit dans son homélie à peu près ceci, que je vous restitue de mémoire et qui n'a malheureusement pas beaucoup intéressé les fidèles:


La tentation serait grande de considérer que l'engendrement du christ par le Père a eu lieu avant la création du monde. Non, c'est de toute éternité qu'il a lieu. C'était hier, c'est "maintenant" et c'est demain que "le christ jaillit". Et de même que le christ est engendré de toute éternité par le Père, de même, Il nous fait jaillir à chaque instant, si nous sommes à Lui.


Je trouve cette proposition séduisante, tout en me demandant si elle ne frôle pas l'hérésie.


Voici mes raisons de la trouver séduisante:


1. Il y a un Mystère divino-humain d'enfantement mutuel au sein de l'union mystique: nous avons à rendre notre coeur matriciel pour enfanter le christ, dans le prolongement du processus qui fait le Christ nous enfanter, nous engendrer à chaque instant. .

2. Le christ est à la fois l'Alpha, l'Oméga et le chemin. Mais, à entendre lcette proposition, il n'y a que la nature humaine du christ qui puisse être le Chemin, ttandis que la nature divine Le porte à être l'alpha et l'Oméga, le principe à l'origine de la création et sa finalité. Dans l'hypothèse d'un Engendrement éternel, la Principauté du verbe est sauve, mais, du fait d'un engendrement sans commencement ni fin, le Chemin est assumé par la nature divine.


Qu'en pensez-vous?
images/icones/fleche2.gif  ( 655492 )Voici un extrait de la Profession de Foi du 30 juin 1968. par Scrutator Sapientiæ (2012-12-26 09:55:44) 
[en réponse à 655477]

Bonjour et joyeux Noel, le torrentiel.

Voici un extrait de la Profession de Foi de Paul VI, prononcée le 30 juin 1968 :

" Le Dieu Un et trine.

Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, créateur des choses visibles comme ce monde où s'écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les- purs' esprits qu'on nomme aussi les anges (cf. DZ.-SCH., 3002), et créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour.

Il est Celui qui est, comme il l'a révélé à Moïse (cf. Ex. 3, 14), et il est Amour, comme l'apôtre Jean nous l'enseigne (cf. 1 Jn 4, 8) : en sorte que ces deux noms, Etre et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, « habitant une lumière inaccessible » (cf. 1 Tm 6, 16), est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses, et de toute intelligence créée.

Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, id-bas dans l'obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l'éternelle vie.

Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même être divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine (cf. Dz.-ScH., 804).

Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec nous devant les hommes l'unité de Dieu, bien qu'ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité.

Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour.

Ainsi en les trois personnes divines, coaeternae sibi et coaequales (cf. DZ.-SCH., 75), surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l'être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours « doit être vénérée l'unité dans la trinité et la trinité dans l'unité» (cf. Dz.-ScH., 75).

Jésus-Christ

Nous croyons en notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu. Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, homoousios ïo Patri (cf. DZ.-SCH., 150), et par lui tout a été fait.

Il s'est incarné par l'oeuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s'est fait homme : égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l'humanité (cf. Dz.-ScH., 76) et un lui-même non par quelque impossible confusion des
natures mais par l'unité de la personne (cf. Ibid.).

Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité, et II a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait en lui connaître le Père.

Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés.

Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l'Evangile : pauvreté en esprit, douceur, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la Justice.

Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur.

Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu'est la vie de la grâce.

Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les morts. : chacun selon ses mérites, ceux qui ont répondu à l'amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu'au bout, allant au feu qui ne s'éteint pas. Et son règne n'aura pas de fin.

L'Esprit Saint

Nous croyons en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils.

Il nous a parlé par les prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa résurrection et son ascension auprès du Père ; il illumine, vivifie, protège et conduit l'Eglise ; il en purifie les membres s'ils ne se dérobent pas à la grâce.

Son action, qui pénètre au plus intime de l'âme, rend l'homme capable de répondre à l'appel de Jésus ; « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait» (Mt 5, 48). "

Profession de Foi.

Voici deux autres textes, à toutes fins utiles :

Engendrement.

Engendrement..

Bonne réception, bonne lecture, bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 655493 )J'avoue par Yves Daoudal (2012-12-26 10:21:22) 
[en réponse à 655477]

que je ne comprends pas bien ce que vous dites. Je suppose que lorsque vous parlez de l'engendrement du Christ vous voulez dire l'engendrement du Fils. Et je ne comprends rien à votre point 2.

Cela dit, si ça peut vous être utile, voici ce que je crois, en relation (du moins je l'espère) avec vos propos.

1. Engendré "avant la création du monde" ou "de toute éternité", pour moi, c'est exactement la même chose. Avant la création du monde, ce n'est pas un temps, c'est l'éternité. Et l'éternité avant la création du monde, ou maintenant, ou plus tard, c'est toujours la même éternité. Tel est d'ailleurs le sens obvie du verset de psaume qui est le leitmotiv de la Nativité: "Hodie genui te". Aujourd'hui: l'aujourd'hui éternel.

2. Les pères de l'Eglise et les mystiques soulignent que la vie chrétienne consiste à engendrer le Christ en notre âme comme Marie l'a engendré dans son corps. le Fils a pris un corps précisément pour que nous puissions l'engendrer, non selon la nature divine, mais selon la nature humaine, qui sont en lui parfaitement unies. En fait c'est toujours la même idée que Dieu s'est fait homme pour que l'homme soit fait Dieu.
images/icones/4b.gif  ( 655497 )Fleuve de charité par PEB (2012-12-26 12:21:08) 
[en réponse à 655493]

Comme dirait l'Apôtre, je vais prendre une comparaison.

Dieu est le fleuve de la Charité pure.

Le Père en est la source, le Fils en est le lit et l'Esprit en est l'eau jaillissante.

Comme l'eau ne cesse de couler vers son but, le fleuve divin ne se tarit pas et renaît de lui-même à chaque instant mais sans changer sa nature depuis le jaillissement primordial avant même l'aube de temps.

Quant à l'Incarnation, c'est le grand Mystère devant lequel on s'incline en professant humblement notre foi. La vie prospère sur les rives du fleuve mais c'est sur une terre fertile et non souillée qu'a pu croître la vigne du Seigneur dont nous goûtons déjà ici bas les fruits de la vie éternelle.

Toutefois, lorsque nous faisons la volonté du Père (cf. Mt 12, 50), le Verbe ne se manifeste-t-il pas aux yeux des hommes? D'une certaine manière, le Fils ne vient-il pas au monde à travers nous? Ne participe-t-on pas à la maternité divine de la mère du Rédempteur en manifestant le règne de Dieu parmi les nations?
(Théologie du Un ou Une pour que tous...)

En fait, Dieu est tout transparent et se contemple dans la simplicité des images simples de la vie (cf. Lc 10, 21).