Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=654961

( 654961 )
Mgr Lefebvre et la libération de la messe comme « une aurore dans l’Eglise » par Scribe (2012-12-20 18:15:43)
Une difficulté dans laquelle se trouvent parfois les héritiers spirituels de Mgr Lefebvre consiste à interpréter sa pensée, alors qu’il a disparu depuis plus de vingt ans. Il a parlé dans des contextes bien particuliers, celui des années 1970 et 1980. Que dirait-il aujourd’hui devant la situation de l’Église ? Quelle attitude aurait-il adopté devant le Motu Proprio libérant la messe ? Devant la levée des excommunications ? Face au renouvellement d’Assise, le 24 janvier 2002 puis le 27 octobre 2011 ? Mystère ! Quelques-uns de ceux qui furent ses plus proches collaborateurs estiment cependant qu’il aurait signé avec Rome devant les propositions que le cardinal Castrillón Hoyos faisait dès 2001. D’autres, au contraire, parient qu’il aurait définitivement rompu tout contact avec le Siège apostolique. Le plus grand nombre de ses prêtres suit cependant la directive qu’il a donnée d’observer la ligne que proposerait la Maison Générale de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX).
Une autre question qu’on peut se poser, c’est l’importance de la liturgie et de la doctrine dans la résistance menée par la FSSPX. L’essentiel se trouve-t-il dans les saints offices ? Il le laissait entendre dans le sermon des ordinations de 1976 qui lui valurent la suspens a divinis : « Il est clair, il est net que c’est sur le problème de la messe que se joue tout le drame entre Écône et Rome. » Deux ans auparavant, dans la célèbre déclaration du 21 novembre 1974, il semblait cependant insister sur l’importance des dramatiques nouveautés introduites dans la doctrine. La réalité c’est que Mgr Lefebvre considérait que les deux étaient liées et avaient des répercussions mutuelles. A cet égard, il ne manquait généralement pas de rappeler le célèbre adage Lex orandi, lex credendi qui prouve que la manière de prier reflète la foi de celui qui prie. Le 11 mai 1979, devant les séminaristes réunis à Écône, il parla en ces termes pour illustrer cette réalité :
« Si vraiment le Pape remet la Messe traditionnelle en honneur dans l’Eglise, eh bien vous savez, je crois que l’on pourra dire que l’essentiel de notre victoire est acquis. Le jour où vraiment la Messe redevient la Messe de l’Eglise, la Messe des paroisses, la Messe des églises – oh, il y aura encore des difficultés, il y aura encore des disputes, il y aura des oppositions, il y aura tout ce qu’on voudra – mais enfin, la Messe de toujours, la Messe qui est le cœur de l’Eglise, la Messe qui est l’essentiel de l’Eglise, cette Messe-là reprendra sa place, la place qu’elle n’aura peut-être pas encore assez, il faudrait évidemment la lui donner encore beaucoup plus grande, mais enfin quand même, le seul fait que tous les prêtres qui le désirent pourront dire cette Messe-là, moi je crois que cela aurait des conséquences énormes dans l’Eglise. Je crois que nous aurions servi à ce moment-là, si vraiment ça arrivait… eh bien, moi je crois que la Tradition est sauvée. Le jour où on sauve la Messe, la Tradition de l’Eglise est sauvée, parce qu’avec la Messe, ce sont les sacrements, avec la Messe, c’est le Credo, avec la Messe c’est le catéchisme, avec la Messe c’est la Bible et tout et tout… qu’est-ce que vous voulez, ce sont les séminaires et c’est la Tradition qui est sauvée. Je crois qu’on pourrait presque dire que l’on revoit une aurore dans l’Eglise, on aurait traversé une tempête formidable, on se serait trouvés dans l’obscurité complète, battus par tous les vents et par toutes les tornades et que tout de même enfin à l’horizon se révèle la Messe, la Messe qui est le soleil de l’Eglise, qui est le soleil de notre vie, le soleil de la vie du chrétien… »
Que peut-on tirer de cet enseignement ?
1. C’est d’abord une invitation à demeurer confiant dans la victoire prochaine. Dans tous les entretiens qu'il a accordés, Mgr Lefebvre a manifesté cet invincible optimisme qui finit par avoir raison de tout. L’archevêque parle ici de la libération de la messe pour tous les prêtres : l’acte qui ferait qu’on place « la messe traditionnelle en honneur dans l’Église ». Plus loin, il parle du « fait que tous les prêtres qui le désirent pourront dire cette Messe ». Eh bien Mgr Lefebvre qualifie cet acte d’aurore dans l’Église. C’est une vraie marque d’espérance pour nous qui vivons dans ce marasme conciliaire où les voyants paraissent tous virer au rouge. Le fondateur de la FSSPX nous prévient. Il faut regarder « l’horizon » !
2. En même temps, il ne cache pas les problèmes qui demeureront. Il prévoit que ce tournant sera une situation nuancée, une étape. Il laisse bien entendre que la liturgie traditionnelle n’aura pas encore toute sa place, « la place qu’elle n’aura peut-être pas encore assez, il faudrait évidemment la lui donner encore beaucoup plus grande ». De notre côté, nous pensons non seulement à la persistance de la nouvelle messe mais aussi à la doctrine et à ce fameux Concile qui semble demeurer l’alpha et l’omega chez grand nombre d’évêques et de prêtres occupant les charges de notre pays. Or, dans ces lignes, Mgr Lefebvre prévient que la lutte ne sera pas terminée : « il y aura encore des difficultés, il y aura encore des disputes, il y aura des oppositions ». Mais il nous invite à un jugement équitable. Il ne faut ni sombrer dans un angélisme aveuglé qui nous ferait sombrer dans la démission, encore moins dans un durcissement pessimiste qui enterrerait à jamais toute possibilité de restaurer la Tradition.
3. Le plus marquant dans ce passage demeure la foi que le fondateur de la FSSPX place dans l’efficacité surnaturelle de la sainte messe. Souvent, nous pouvons être tentés de considérer la situation de manière purement naturaliste en ne voyant dans les saints mystères que des artifices d’une bataille toute humaine, qui serait apparemment perdue. Mgr Lefebvre regarde les choses autrement. Il compte énormément sur la force surnaturelle de la messe dont l’incandescence devrait faire fondre toutes les couvertures givrantes de l’ère conciliaire. Lui ne semble pas douter un instant de la grâce de la liturgie tridentine qui amènera « le soleil de l’Eglise, qui est le soleil de notre vie, le soleil de la vie du chrétien ». Et les échos récents prouvent que bon nombre de prêtres reprenant le chemin de la messe de toujours empruntent progressivement celui de la doctrine transmise par des siècles de Chrétienté.
Par la suite, Mgr Lefebvre n’a, à aucun moment, minimisé la portée d’une possible libération universelle de la messe traditionnelle. Il a regretté en 1984 comme en 1988 que la liturgie demeurât emprisonnée dans quelque indult parcimonieux. Aussi, a-t-il procédé à l’opération survie pour qu’un jour on reconnaisse la valeur éternelle de la liturgie et de la foi transmise par nos pères.
Côme de Prévigny
La source

( 654971 )
Quel dommage par FerdinandP (2012-12-20 19:47:44)
[en réponse à 654961]
d'en être réduit à faire parler les morts alors que nous avons un magistère vivant, grâce à l'Eglise catholique et au Pape, qu'il suffit d'écouter et de suivre fidèlement...
Je vous accorde qu'il serait bien que certains évêques et de nombreux prêtres écoutent et suivent aussi ce magistère, on s'en porterait tous mieux...

( 654972 )
oui mais par jejomau (2012-12-20 19:49:06)
[en réponse à 654971]
on vous dira : le Magistère peut-il être vivant ?

( 654973 )
oui, mais par Feiz ha Breizh (2012-12-20 20:01:32)
[en réponse à 654972]
Peut-il ne pas l'être?

( 654975 )
Il ne faut pas jouer sur les mots ! par Jean-Paul PARFU (2012-12-20 20:18:48)
[en réponse à 654973]
Le magistère est vivant au sens où il est toujours actuel (hier, aujourd'hui et demain), mais pour être le magistère, il doit être conforme à la Tradition, c'est-à-dire au dépôt de la Foi qui ne change pas et peut seulement faire l'objet d'un approfondissement.
En ce sens, il est utile sinon nécessaire de se référer à de grands témoins de la Foi, fussent-ils morts !

( 655008 )
Magistère vivant et le lien avec le dépôt de la Foi par jejomau (2012-12-20 22:28:50)
[en réponse à 654975]
Dans une étude intitulée "
l'autorité Magistérielle de Vatican II", l’abbé Bernard Lucien (
Fraternité Saint Vincent Ferrier) souligne que le Magistère vivant est représentatif de "nouveautés" pour la FSSPX qui devant d'apparentes contradictions refuse l'acceptation du Concile Vatican II. L'abbé Bernard Lucien rappelle d'abord que "
en vertu de la clôture du Dépôt de la Foi à la mort du dernier Apôtre, le Magistère ne peut introduire avec autorité des vérités nouvelles". Il n'y aurait donc pas de nouveautés mais plutôt le fait que "
le fidèle n’arrive pas à percevoir (le) lien" entre les "
innovations" (perçues comme un Magistère en mouvement et péjorativement nommé "vivant") et les vérités non encore explicités (et qui se rattachent bien en réalité au dépôt de la Foi clôt à la mort du dernier apôtre):
la FSSPX continue à proclamer l’existence de telles contradictions entre l’enseignement directe de Vatican II et la doctrine antérieure, au moins sur quatre points : la liberté religieuse dans Dignitatis Humanæ 2, la doctrine sur l’Église dans Lumen Gentium 8, la doctrine sur l’oecuménisme dans Lumen Gentium 8 et Unitatis Redintagratio 3, la doctrine sur la collégialité dans Lumen Gentium 22 42. Il semble que la FSSPX en arrive là parce qu’elle constate la présence de « nouveautés », à quoi elle ajoute qu’il n’y a pas d’argument convaincant manifestant la continuité positive de ces « nouveautés » avec l’enseignement antérieur. Alors elle en conclue à la légitimité de la « non acceptation », comme si elle avait à faire à une contradiction. Un tel glissement semble malheureusement indiquer, vis-à-vis du Magistère actuel, l’absence de l’attitude commandée par la Foi catholique.
L’« innovation », telle que définie ci-dessus, exclut la contradiction. En vertu de la clôture du Dépôt de la Foi à la mort du dernier Apôtre, le Magistère ne peut introduire avec autorité des vérités nouvelles. Toutes les « innovations » sont des vérités non encore explicitées, et doivent se rattacher au Dépôt. Mais c’est l’attestation du Magistère qui garantit au simple fidèle que ce lien existe, et non formellement la saisie qu’il ferait de ce lien. Le fait que le fidèle n’arrive pas à percevoir ce lien n’annule pas la valeur de l’intervention magistérielle, avec l’obligation d’adhésion qu’elle comporte. La situation est donc bien différente de celle où le fidèle voit l’existence d’une contradiction entre deux enseignements.
Pour l'abbé Lucien, cette erreur serait dûe à une défaillance dans la Foi. Je souligne en gras ci-dessus ses propos exacts....

( 654974 )
Vous voulez qu'il soit mort ???? par BdM (2012-12-20 20:14:16)
[en réponse à 654972]
Tout est dans le titre.

( 654978 )
magistère vaseux et magistère contradictoire par Marek (2012-12-20 20:32:06)
[en réponse à 654971]
sont à éviter, et on leur préférera pas de magistère du tout. Léon XIII, Pie X, etc..., sont morts, mais leur magistère leur survit. Il est vivant dans nos têtes et dans nos coeurs.

( 654985 )
Euh... Léon XIII par FerdinandP (2012-12-20 20:51:12)
[en réponse à 654978]
dit exactement le contraire dans Satis Cognitum... (
ici, la source devrait vous plaire)
Heureusement, car vos propos n'ont aucun sens au regard de la foi catholique...

( 654987 )
Euh ... ! par Jean-Paul PARFU (2012-12-20 20:59:23)
[en réponse à 654985]
Il dit le contraire de quoi le pape Léon XIII ???????

( 655020 )
Certes, mais par Scribe (2012-12-20 23:37:26)
[en réponse à 654971]
Pouvez-vous considérer que la rupture Vatican II est la continuité du Magistère vivant ?
Seuls les beni-ouioui de l’herméneutique de la tradition en sont persuadés. Je ne doute pas que vous en faisiez partie de même que je ne doute de celui qui est derrière votre pseudo. Votre style est bien reconnaissable.
Halte au sketch et arrêtez avec votre papisme non étayé.

( 655048 )
Touché ? par FerdinandP (2012-12-21 12:09:36)
[en réponse à 655020]
Scribe, c'est à moi que vous répondez ainsi ?! je suis stupéfait que, plutôt que de rester sur le fond, vous en veniez immédiatement à la dénonciation (qui est derrière le pseudo, etc.) car même si ça permet de détourner du fond, je ne crois pas que ce soit la bonne voie puisque je ne vois pas où vous pourriez en venir. Croyez bien, tout d'abord, que je considère que le travail fait dans le sens du blog Credidimus et tout ce qui a pu être fait par vous et Ennemond (et d'autres) depuis un certain temps, démontre un réel sensum ecclesiae proche de celui de Mgr Fellay, d'ailleurs, et qui est le sentiment qui m'anime personnellement. J'ose donc espérer que nous partageons plus que nous ne l'imaginons... Ensuite, mon "papisme" est tout à fait étayé, sur les paroles du Christ et sur la Tradition de l'Eglise catholique. Je n'ai pas de démonstration à faire théologiquement et en plus avec Benoît XVI, les faits me donnent totalement raison. Vous partez du principe que VII est une rupture et que la position de l'herméneutique est du béné-oui-ouisme... Nous sommes donc dans le postulat pure et simple. J'accepte de discuter sur la vision rupturiste, ne disqualifiez pas d'emblée l'herméneutique de continuité : elle est tout aussi respectable voire plus fondée ontologiquement... Acceptez de la considérer comme une hypothèse possible sans traiter ses partisans de malades mentaux... D'autre part, votre réponse rapide nécessiterait des éclaircissements : c'est la Magistère vivant qui est la continuité de la Révélation et de la Tradition. Le Magistère vivant, selon Léon XIII par exemple, c'est le Pape régnant, les évêques enseignant en communion avec lui. C'est à ce magistère que s'applique la phrase de NSJC : qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise Me méprise... C'est ce magistère qui, conformément aux promesses du Christ, ne peut être qu'en continuité avec la Tradition, car c'est, par principe, lui qui est la pierre de touche la règle de foi et non l'inverse. (cf Vatican I) Enfin, comment pouvez-vous me reprocher mon "papisme non étayé" quand vous pratiquez vous-même un "lefebvrisme" qui va jusqu'à scruter ce qu'a dit S.E. l'Archevêque Lefebvre avant sa mort pour tenter de l'appliquer aux évènements actuels 20 ans après ? Certes, je comprends l'intérêt de cette position rassembleuse pour la FSSPX : en revenir au fondateur pour maintenir l'unité et c'est une démarche louable et adroite, vraiment. Mais ô combien fragile au regard de la Foi catholique car si vous refusez au magistère vivant une capacité à expliciter actuellement la règle de foi, comment pouvez-vous l'accorder à un mort (aussi respectable soit-il et je le respecte) qui n'a, lui, reçu aucune promesse évangélique d'inerrance ? Bref, votre position vaut-elle la mienne au regard de l'Evangile et de la Doctrine de l'Eglise ? J'aurais sans doute dû l'exprimer de cette façon argumentée dès le début, pardon d'avoir réagi à votre post initial de façon bêtement pavlovienne.

( 655053 )
La notion de "magistère vivant" par Jean-Paul PARFU (2012-12-21 12:43:16)
[en réponse à 655048]
est une notion nouvelle et équivoque !
Elle signifie simplement, depuis le texte "Dei Verbum", que désormais l'autorité dans l'Eglise se permet d'adapter son message aux circonstances !
Pourquoi ? Parce que le message de l'Eglise est totalement décalé par rapport à l'idéologie dominante, surtout dans le monde occidental, bien sûr, que les rapports de force ne sont plus du tout en sa faveur et qu'il faut donc "la jouer profil bas !"
C'est tout ! Tout le reste est littérature et attrape-nigauds !
Le Pape seul ou le Pape et les évêques, c'est formellement le magistère, mais ce n'est pas forcément matériellement le magistère !
Le magistère, pour être matériellement le magistère, doit être conforme à la Tradition, au dépôt de la foi, c'est-à-dire à ce qui a toujours été cru, partout et par tous !
Le magistère, pour être le magistère, doit donc émaner formellement du Pape seul ou du Pape et des évêques et être conforme à la Tradition, comme définie ci-dessus !

( 655056 )
Je crois que vous faites erreur par Justin Petipeu (2012-12-21 13:19:52)
[en réponse à 655053]
c'est la "Tradition vivante" qui est nouvelle...Magistère vivant était employé avant le concile.

( 655060 )
Les deux expressions étaient déjà utilisées par Vianney (2012-12-21 13:40:52)
[en réponse à 655056]
...c’est leur
signification qui a changé. Il suffit par exemple de lire la préface du traité
La Règle de la Foi d’un auteur aussi peu suspect de modernisme que le P. Goupil :
“Le Magistère vivant et infaillible enseigne la parole de Dieu ; cette parole il nous la livre de deux manières : oralement et par écrit. Oralement, par transmission, par Tradition vivante ; il redit sans interruption ce qu’il a entendu du Seigneur : « J’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmis. » (I Cor. XI, 23). Le fidèle qui écoute cet enseignement oral du Magistère vivant, est assuré d’entendre le Seigneur lui-même : « Qui vous écoute, m’écoute » (Luc X, 16). Par écrit, sous l’inspiration du Saint-Esprit, l’Église nous livre aussi la parole de Dieu : c’est l’Écriture. « Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez » (Jo. XX, 31). Tradition et Écriture sont les deux sources de la foi, où le Magistère vivant puise l’enseignement qu’il nous donne.”
V.

( 655065 )
Ok à Justin et à Vianney ! par Jean-Paul PARFU (2012-12-21 14:22:50)
[en réponse à 655060]
pour leurs remarques.
Pour le reste, je ne change pas !

( 655059 )
Vous dites n'importe quoi par FerdinandP (2012-12-21 13:38:48)
[en réponse à 655053]
comme d'habitude, et sans aucune référence ! En plus, je ne m'adressais pas à vous...
Si vous connaissiez votre doctrine, vous sauriez que la notion de magistère vivant apparait bien avant Vatican II :
« Jésus-Christ a institué dans l’Église un magistère vivant, authentique et, de plus, perpétuel, qu’il a investi de sa propre autorité, revêtu de l’esprit de vérité, confirmé par des miracles ; et il a voulu et très sévèrement ordonné que les enseignements doctrinaux de ce magistère fussent reçus comme les siens propres. » Léon XIII, Satis Cognitum 1896
Donc cette notion est explicitée par Léon XIII en 1896 ! Bonjour la nouveauté équivoque et Léon XIII sera ravi d'apprendre que grâce à lui
"l'autorité dans l'Eglise se permet d'adapter son message aux circonstances" !
De plus Dei Verbum ne dit pas autre chose que Pie XI dans Mortalium Animos : « En effet, le magistère de l’Église – lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent perpétuellement intactes et qu’elles soient transmises facilement et sûrement à la connaissance des hommes – s’exerce chaque jour par le Pontife Romain et par les évêques en communion avec lui ; mais en outre, toutes les fois qu’il s’impose de résister plus
efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou d’imprimer dans l’esprit des fidèles des vérités expliquées avec plus de clarté et de précision, ce magistère comporte le devoir de procéder opportunément à des définitions en formes et termes solennels.»
Si c'est vous qui vérifiez la conformité du magistère vivant à la Tradition de l'Eglise : à moi la peur ! Personnellement, je refuse totalement cette vision démocratique de l'Eglise où n'importe quel âne pourrait juger de la conformité du Magistère à la Tradition ! On n'inverse pas impunément la divine constitution de l'Eglise dont les sacrés pouvoirs ne reposent pas sur les fidèles, sauf dans une vision erronée et moderniste du peuple sacerdotal que je suis étonné de vous voir rejoindre ! Si la magistère s'exprime, tous les auteurs de théologie considèrent qu'a priori, même dans le cadre du magistère ordinaire universel, ce magistère est ontologiquement conforme !
je le démontre sur la Doctrine : « Même s’il s’agissait de cette soumission [au magistère] qui doit se manifester par l’acte de foi divine, elle ne saurait être limitée à ce qui a été défini par les décrets exprès des Conciles œcuméniques ou des Pontifes romains qui occupent ce Siège, mais elle doit aussi s’étendre à ce que le magistère ordinaire de toute l’Église répandue dans l’univers transmet comme divinement révélé et, par conséquent, qui est retenu d’un consentement unanime et universel par les théologiens catholiques, comme appartenant à la foi. » Pie IX, Tuas Libenter
Et je préfère donc croire le magistère que vous dont les propos, si j'en crois
l'ouvrage du Père Goupil en 1941 sur la règle de Foi, ont une très forte saveur protestante...

( 655068 )
Oui, mais le problème FerdinandP par Jean-Paul PARFU (2012-12-21 14:35:13)
[en réponse à 655059]
C'est qu'entre-temps, il y a eu la crise de l'Eglise !
Les Papes n'avaient pas prévu qu'à partir de Vatican II leurs successeurs vacilleraient comme la foi de Pierre a vacillé pendant la Passion.
Votre position n'est que du fidéisme cul-cul-la prâline qui se revêt de pseudo-connaissances mal assimilées et débitées avec une extrême suffisance dont vous n'avez même pas conscience !
Voir
ici
Et
là

( 655094 )
Oui et le Saint Esprit par FerdinandP (2012-12-21 15:48:09)
[en réponse à 655068]
c'est comme la marmotte ?
En tous cas, je pense que le Christ avait tout prévu depuis le début, et même avant... Contrairement à ce que vous dites. C'est sans doute plutôt à vous de changer de grille de lecture, non ?
Pour le reste, je vous accorde que je suis suffisant... mais nous sommes deux, non ?!

( 655064 )
oui et c'est là où peut être par Paxtecum (2012-12-21 14:19:52)
[en réponse à 655053]
le problème.
Le magistère, pour être matériellement le magistère, doit être conforme à la Tradition, au dépôt de la foi, c'est-à-dire à ce qui a toujours été cru, partout et par tous !
Comment interprétons nous ou comprenons nous ce qui a toujours été cru,partout et par tous?
Que nous le voulions ou non nos mots changent, leur sens aussi, les citations des textes ne reflètent pas forcément la pensée exacte de celui qui l'a émise, car souvent faites en dehors du contexte de la population et du problème qu'ils traitaient.
C'est sans doute pour cela que des discussions sans fin peuvent avoir lieu sur certains textes du dernier concile.
A un moment il faut bien sortir pour l'essentiel de cette logique de discussion et ce de manière rationnelle.
Et la référence au siège de Pierre devient incontournable.
Le Magistère n'est pas mort ou arrêté à Pie XII, l’Église est toujours et le Magistère actuel pas moins ou plus digne de Foi ou d'intérêt que ceux exercés à chaque temps passé.
Opposer l'un à l'autre n'a pas de sens ecclésial, en restant dans cette voie nous sortons de la voie de l’Église, il nous faut donc approfondir la compréhension et la justification des textes dans le sens de l'herméneutique de la continuité comme l'indique si bien le Saint Père en commençant par se débarrasser pour le Concile de toutes les scories qu'on y a greffées!

( 655071 )
Il faut arrêter de dire n'importe quoi ! par Jean-Paul PARFU (2012-12-21 14:50:53)
[en réponse à 655064]
Tout ça pour toujours être du côté de l'autorité en place. C'est précisément le néo-fidéisme que le lien dans mon post ci-dessus dénonce !
Sur la liberté religieuse, même le père Congar a admis que le texte de "Dignitatis Humanae" affirmait exactement le contraire de "Quanta Cura" et du "Syllabus" !
Vous ne rendez pas service au Pape et à l'Eglise, contrairement à ce que vous croyez, en disant cela !
Sur la Messe, les plus hautes autorités de l'Eglise nous ont expliqué qu'on n'avait plus le droit de la dire.
Aujourd'hui, un autre pape nous dit qu'on ne pouvait pas l'interdire ! Alors ?!
Le Pape seul ou avec les évêques n'a pas tout pouvoir dans l'Eglise.
Le Christ a créé une Eglise hiérarchisée ; il n'a pas institué une organisation bizarre avec à sa tête un dictateur pseudo-inspiré comme "le vieux de la montagne", chef de la secte des Assassins !

( 655083 )
Interprétation et acrobatie intellectuelle par Ennemond (2012-12-21 15:17:27)
[en réponse à 655048]
Vous avez raison d'indiquer que recourir à un archevêque plutôt qu'à un pape pour interpréter le Magistère est une voie peu ordinaire dans l'Eglise et qu'une telle attitude n'est pas confortable. Mais le confort n'est pas un objectif en soi et une telle situation résulte essentiellement de la grave confusion engendrée par la crise magisterielle.
Le 22 décembre 2005, le pape a tenu un discours nouveau, pariant sur l'herméneutique de continuité. Proposer une telle voie quarante ans après la clôture du Concile laisse déjà peser un véritable doute sur l'évidence de cette continuité. Si elle allait de soi, il est bien évident qu'un pontife romain n'aurait nullement eu besoin de le rappeler de manière si solennelle pour ouvrir son mandat.
Sans doute n'assisterons-nous pas à des abolitions de textes qui mettraient durablement à mal l'autorité déjà sérieusement entamée à travers le monde. Durant les prochaines années, nous risquons de voir la mise entre parenthèses de certains textes qui apparaîtront fâcheux aux yeux des autorités de l'Eglise. Mais quels seront-ils ? Seront-ce les encycliques Mortalium animos ou Quanta Cura, qui paraissent abandonnées alors qu'aucun pape n'a indiqué sérieusement quelle était leur date de péremption ou bien seront-ce les déclarations conciliaires Dignitatis Humanae ou Nostra Aetate qui, à moins de s'adonner à l'acrobatie intellectuelle, tournent le dos à 2000 ans de Tradition ? Tel est le véritable enjeu de ces prochaines années.
Réclamer ou rejeter la continuité sans faire cette distinction semble nous réduire à des postures. Prions justement pour qu'il soit possible de dépasser les postures et de toucher au plus près aux réalités.

( 655095 )
Abolitions ou perfections... par FerdinandP (2012-12-21 16:10:48)
[en réponse à 655083]
Il me semble quand même que la vie de l'Eglise est un progrès perpétuel, dans la compréhension des mystères, dans l'approfondissement des dogmes, dans le rapprochement de l'Eglise militante avec la Jérusalem céleste, dans la multiplication des rachetés, etc.
Ainsi, pourquoi ne pas accepter que ce qui nous paraît obscure maintenant puisse être clarifié demain et accepter avec foi que l'Eglise immuable a les paroles de la vie éternelle et les exprime de façon qui parfois, à vue (et compréhension) humaine, nous échappe... Tout en sachant que ce qui nous échappe aujourd'hui prendra ultérieurement son sens complet et plus précis ?
Dans l'histoire de l'Eglise, on n'a jamais assisté à l'abolition/opposition de textes du passé : parfois un empilement, un sur-ajout, où la subtilité de l'élément supplémentaire donne une plus grande clarté à l'ensemble. Parfois aussi, lorsque la construction est trop humaine et trop complexe, une mise à niveau est appliquée (le code de 1917 est un bel exemple de simplification/perfection/abolition...)
Ceci dit, des éléments de contexte éclairent aussi les textes que vous citez, (Quanta cura par exemple) et les mutations folles du monde dans lequel nous vivons ne nous permettent pas toujours de comprendre l'étendue du plan de Dieu et la façon dont l'Eglise l'exprime...
En synthèse ou illustration de mon propos, on peut prendre Quanta Cura justement : QC n'est vraiment pas abolie et même citée dans le CEC ce qui démontre que Vatican II précise et complète QC, ajoute une couche au mille-feuille pour en enrichir le sens...
Cependant, je vous accorde volontiers que la question de cette liberté religieuse en particulier me semble effectivement relever parfois de l'acrobatie intellectuelle, mais je trouve cela tellement stimulant que j'en arrive à aimer cela rien que pour le sport

( 655096 )
Limites par Ennemond (2012-12-21 16:27:08)
[en réponse à 655095]
Incompréhension du magistère, abandon de l'habit religieux, voire du sacerdoce, discours épiscopaux disonnants, désertion des églises. J'entends bien que nous ne maîtrisions pas tout, mais peut-on se contenter de se mettre à genoux et dire : adorons le mystère ?
Quant à la date de péremption de Mortalium Animos et de Quanta Cura, quelle est-t-elle ? A consommer de préfénce avant le 11/10/1962 ? Il me semble qu'il soit au moins possible de convenir qu'on n'est pas dans un contexte bien facile. Sans doute est-ce un défi exaltant que de vouloir s'en sortir !

( 654993 )
Cela rejoint le titre d'un livre par Justin Petipeu (2012-12-20 21:33:24)
[en réponse à 654961]
acheté aux Editions Clovis dans les années 90 et qui était un ouvrage phare de la FSSPX : "LA raison de notre combat : la messe".
Hélas, en 2007, lorsque le régime infamant de l'indult a été supprimé par le pape Benoît, on a vu la plupart des clercs et fidèles de la FSSPX se précipiter pour expliquer que la messe, ça allait bien 5 minutes, mais que ce n'était pas la question...et de s'embarquer dans la calamiteuse croisade doctrinale avec le succès que l'on sait...
Kyrie eleison!

( 655000 )
Mgr lefebvre a toujours dit par Jean-Paul PARFU (2012-12-20 21:48:38)
[en réponse à 654993]
qu'il n'y avait pas que la messe, mais aussi tout le discours qui va avec !

( 655001 )
tiens c'est bizarre çà par jejomau (2012-12-20 21:51:42)
[en réponse à 654993]
vous signez "kyrie Eleison" vous aussi.. ?