Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=653977
images/icones/ancre2.gif  ( 653977 )Message de Benoît XVI pour la journée de la paix par Paterculus (2012-12-14 16:24:08) 

Le message

Extraits

La béatitude de Jésus dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine. En effet, la paix présuppose un humanisme ouvert à la transcendance. Il est fruit du don réciproque, d’un enrichissement mutuel, grâce au don qui jaillit de Dieu et permet de vivre avec les autres et pour les autres. L’éthique de la paix est une éthique de la communion et du partage. Il est alors indispensable que les différentes cultures contemporaines dépassent les anthropologies et les éthiques fondées sur des présupposés théorico-pratiques surtout subjectifs et pragmatiques, au nom desquels les relations de cohabitation sont inspirés par des critères de pouvoir ou de profit, où les moyens deviennent des fins et vice-versa, où la culture et l’éducation sont seulement centrées sur les instruments, sur la technique et sur l’efficience. Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l’adoption d’une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l’incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d’un vivre-ensemble en termes rationnels et moraux, s’appuyant sur un fondement dont la mesure n’est pas créée par l’homme mais par Dieu même. « Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix », rappelle le Psaume 29 (v.11).


Et ceci, qui nous conforte dans nos combats présents :

Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. Il n’est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l’être humain et sur l’utilisation habile d’expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie.

La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable.

Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix.


Mais allez voir tout le texte, je n'ai pas mis le plus important, seulement le plus actuel pour vous allécher.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/ancre2.gif  ( 653979 )La suite avec le Cardinal Peter Turkson par Paterculus (2012-12-14 16:30:23) 
[en réponse à 653977]


Rome: Le Vatican met en garde contre les lois contraires à la doctrine de l’Eglise
Les organisations internationales mettent la pression sur les Etats
Rome, 14 décembre 2012 (Apic) A l’occasion de la présentation à la presse du Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix, le cardinal Peter Turkson, a mis en garde, le 14 décembre, contre les pressions des organisations internationales pour que certains de leurs Etats-membres adoptent des législations contraires à l’enseignement de l’Eglise.


Apic

Votre dévoué Paterculus
images/icones/ancre2.gif  ( 654266 )Le Père Lombardi regrette la lecture biaisée du Message par Paterculus (2012-12-15 21:09:24) 
[en réponse à 653977]


Rome, 15 décembre 2012 (Apic) Le Père Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a regretté samedi 15 décembre 2012 la lecture "biaisée" du Message pour la Journée Mondiale de la Paix qu’en a faite la presse italienne. Il a relevé le 15 décembre sur les ondes de Radio Vatican que ce message, "un document important et très riche", a été présenté par de nombreux médias italiens "de manière tout à fait partielle et biaisée".


Article complet sur Apic

Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche2.gif  ( 654333 )En finir, ou pas, avec le "gaudium-et-spisme". par Scrutator Sapientiæ (2012-12-16 09:01:41) 
[en réponse à 653977]

Bonjour et bon dimanche, Paterculus.

A. Je prends ici appui sur la toute première phrase de Gaudium et Spes :

" Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. "

B. Je constate en effet que Benoît XVI utilise une partie de cette phrase, au début de cette phrase :

" À 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer (? !)la mission de l’Église dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens – peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes – s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses [1], annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous. "

" s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses " : comme il ne peut pas s'agir des joies et des espoirs de l'histoire, ni des joies et des espoirs du monde, je suppose qu'il s'agit des joies et des espoirs, des tristesses et des angoisses de l'homme, des hommes, du genre humain ou de l'humanité.

C. Je cite à nouveau les deux phrases évoquées, celle de Gaudium et Spes, et celle de Benoît XVI, cette fois-ci, dans leur contexte, pour que l'on ne puisse pas me dire que mon raisonnement repose sur une appréciation partiale ou partielle de leur signification :

1. : " Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire. "

2. : " Chaque année nouvelle porte en elle l’attente d’un monde meilleur. Dans cette perspective, fondée sur la foi, je prie Dieu, Père de l’humanité, de nous donner la concorde et la paix afin que puissent se réaliser pour tous les aspirations à une vie heureuse et prospère.

À 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer (? !) la mission de l’Église dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens – peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes – s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses, annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous.

Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l’homme. "

D. D'une part, j'affirme que la première phrase de Gaudium et Spes pose un véritable problème de fond : d'une part, il y a bien des joies et bien des espoirs, bien des tristesses et bien des angoisses des non chrétiens, en général, des non catholiques, en particulier, qui ne sont pas de même fondement ni de même contenu, de même nature ni de même portée, qu'une partie des joies et des espoirs, des tristesses et des angoisses des chrétiens, en général, et notamment des catholiques.

E. D'autre part, j'estime que la même première phrase de Gaudium et Spes pose d'autant plus un véritable problème de fond, ou plutôt, manifeste, en creux, le fait qu'elle pose un véritable problème de fond, sous l'angle de l'ambivalence de ce que serait "une clause de réciprocité", que la phrase en question, je le reconnais sans difficultés, ne comporte pas, mais je n'ai pas le temps de m'assurer que GS, dans son ensemble, exclut clairement et franchement une telle clause.

F. En effet, même s'il "n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur", POUR AUTANT, "les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ" NE SONT PAS AVANT TOUT NI SEULEMENT "les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent."

G. Nos contemporains non catholiques ne sont plus "sur la même longueur d'ondes" que leurs contemporains catholiques, en bon nombre de leurs joies et en bon nombre de leurs peines, et ce qu'il y a de plus surnaturellement chrétien, de plus théologalement chrétien, dans nos joies et dans nos peines, "ne parle plus", au moins depuis 1945, et surtout depuis le début des années 1960, à nos contemporains non catholiques.

H. Dans quel domaine ne sont-ils plus "sur la même d'ondes", et dans ordre cela "ne leur parle-t-il plus ? Il me semble que c'est notamment dans le domaine culturel, en relation avec le domaine cultuel, si l'on préfère, dans l'ordre religieux et spirituel.

I. Bien des joies et bien des peines de bon nombre de nos contemporains non catholiques sont à la fois vraiment humaines et, sinon aux antipodes, du moins à grande distance, culturelle et spirituelle, du christianisme, et, en particulier, du christianisme catholique.

J. Et bien des joies et des peines de bon nombre de nos contemporains catholiques, notamment des joies et des peines situées, pour ainsi dire, au carrefour du culturel et du spirituel, sont complètement "hors-champ", pour ne pas dire "hors-jeu", pour un pleu plus qu'une petite minorité de leurs contemporains non catholiques.

K. Je n'aime pas parler de moi, mais je vous assure que cela me met le coeur en joie, notamment, de prier, de lire la Parole de Dieu, de recevoir l'Evangile et l'Eucharistie, de me rendre disponible et responsable dans le Christ, par et pour le seul vrai Dieu, notamment à la messe.

L. Je dois être bête, mais il me semble que la "coopération intérieure" entre des efforts humains, imparfaits, imprécis, incomplets, ou, en tout cas, limités, et la grâce divine, surabondante et surnaturelle, constitue une source de joie, et il me semble aussi que la prise de conscience de tout ce qui est coupable et qui fait obstacle à cette "coopération intérieure" est une source de peine.

M. Je dois être bête, et Dieu sait que je ne suis pas polarisé sur ce que j'appelle la logique de chrétienté institutionnelle, mais c'est toujours une joie, pour moi, de voir des images de tel ou tel pèlerinage, que ce soit à Chartres ou à Lourdes, et c'est toujours une peine, pour moi, de voir les conséquences désastreuses d'une certaine forme de décatholicisation interne à l'Eglise elle-même, et d'une certaine forme de déchristianisation propre à l'Europe actuelle.

N. Je vous prie de bien vouloir m'excuser, si jamais ce qui précède relève "du grand n'importe quoi", ou est situé "à côté de la plaque" ; volontairement, je ne me situe pas ici sur le terrain de la proximité ou de la solidarité entre les chrétiens et les non chrétiens, dans l'ordre du bien-être corporel et dans l'ordre du bien-être matériel.

Mais il me semble que la différence entre le christianisme catholique contemporain, qui n'est jamais, je le crois et je l'espère, que la forme contemporaine du christianisme catholique "tout court", les différences entre les chrétiens catholiques contemporains et, si j'ose dire, les humains non catholiques contemporains, ne sont pas à négliger, à passer sous silence, mais, au contraire, à mettre en avant et en valeur, dans l'ordre culturel et spirituel, et sur le terrain des joies et des peines.

Encore une fois, je suis vraiment désolé, si ce qui précède est disproporitionné ou inapproprié, mais je porte en moi ce qui précède depuis trop longtemps pour ne pas l'écrire ; je vous remercie par avance pour votre bienveillance et votre indulgence, et je vous souhaite un bon dimanche.

Je ne sais si ce qui suit est ou non pleinement en phase avec ce que je viens d'écrire, mais je l'insère néanmoins, d'autant plus que sa traduction en français est introuvable, sur le site du Saint Siège.

Gaudete in Domino.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 654338 )Le christianisme, source et sommet de l'artisanat de la paix. par Scrutator Sapientiæ (2012-12-16 10:03:36) 
[en réponse à 653977]

Rebonjour,

Il me semble que Benoît XVI ne nous dit pas autre chose que ceci : le christianisme est à la fois LA source et LE sommet de l'artisanat humain à la fois favorable et nécessaire à la véritable paix, LA source et LE sommet de l'artisanat humain constructeur de la véritable paix et propice à la véritable paix.

Et il me semble que Benoît XVI nous dit aussi en quoi le refus de cette source, le rejet de ce sommet, aboutissent à un artisanat humain destructeur de la véritable paix, obstacle à la véritable paix.

" 4. Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie.

Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. Il n’est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l’être humain et sur l’utilisation habile d’expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie. "

La suite du texte m'amène à penser qu'il y a bien, dans l'esprit de Benoît XVI, un lien entre la dénonciation de ce que j'appelle le mariage pour presque tous et celle de ce que j'appelle le chômage pour presque tous.

Ce sera donc la paix dans le Christ, Fils unique du seul vrai Dieu, ou ce que j'appelle la guerre civile économique universelle :

- quand je dis guerre civile, je pense à une guerre qui n'est pas avant tout une guerre d'une ou de plusieurs armées contre une ou plusieurs autres, ni à une guerre qui serait menée par une armée contre des civils, ni même à une guerre civile, dans l'acception classique du terme ;

- quand je dis économique, je pense à l'économie domestique, à l'économie politique, mais aussi à l'économie conjugale, familiale, parentale, à l'économie intellectuelle et à l'économie libidinale, à l'économie axiologique et à l'économie psychologique, en d'autres termes, à l'économie au sens de : organisation du fonctionnement.

- quand je dis universelle, je pense à une guerre civile économique qui, sous couvert de libération et de fraternité, de démocratisation et de mondialisation, s'en prend à tout et à tous, dans tous les domaines, y compris, au bout du bout de cette logique luciférienne et prométhéenne, à la création, à la nature, au fondamental et à l'universel.

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/ancre2.gif  ( 654375 )Empathie asymétrique par Paterculus (2012-12-16 17:10:42) 
[en réponse à 654338]

Cher Scrutator,

Vous avez raison de souligner que l'empathie entre les chrétiens, spécialement catholiques, et les autres n'est pas symétrique.
C'est un bon élément d'approche pour un commentaire de Gaudium et Spes.

VdP
images/icones/fleche2.gif  ( 654398 )Vers un dépassement du "consensus anthropocentrique" ? par Scrutator Sapientiæ (2012-12-16 18:28:31) 
[en réponse à 654375]

Bonsoir et merci, Paterculus.

Je vous remercie beaucoup pour votre message qui me touche beaucoup.

1. Qui dit développement, voire parachèvement du recentrage, dit, à mon sens, dépassement du "consensus anthropocentrique", qui a été attribué à Gaudium et Spes, ou qui est incarné par Gaudium et Spes, dont on peut dire qu'elle est en partie une constitution consensuelle, pour l'homme et pour le monde de ce temps, qui se fait passer pour une constitution pastorale, sur l'Eglise dans le monde de ce temps.

2. Il y a eu, en un sens, un premier désarrimage magistériel, vis-à-vis du "consensus anthropocentrique", avec la lettre encyclique Humanae Vitae, en 1968, puis, vingt-cinq ans après, avec le triptyque anthropologique constitué par Veritatis Splendor, par Evangelium Vitae, et par Fides et Ratio.

3. Il y a eu, il y a dix ans, le 8 décembre 2002, ceci :

Message de J P II, pour la JMP 2003.

4. Et il y a, à présent, ceci, qui constraste singulièrement avec le déficit d'expression chrétienne que l'on a parfois constaté, ou, en tout cas, ressenti, à la lecture de tel ou tel message pontifical antérieur, en amont et en vue d'une journée mondiale de la paix :

" En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l’intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s’aimer et à s’éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. L’encouragement fondamental est celui de « dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner » [7], de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Cela demande qu’une pédagogie du pardon se répande. Le mal, en effet, se vainc par le bien, et la justice est recherchée en imitant Dieu, le Père, qui aime tous ses enfants (cf. Mt 5, 21-48). C’est un travail de longue haleine, parce qu’il suppose une évolution spirituelle, une éducation aux valeurs les plus élevées, une vision neuve de l’histoire humaine. Il convient de renoncer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l’accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l’indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance.

Jésus incarne l’ensemble de ces attitudes dans son existence, jusqu’au don total de lui-même, jusqu’à « perdre sa vie » (cf. Mt 10,39 ; Lc 17,33 ; Jn 12,25). Il promet à ses disciples que, tôt ou tard, ils feront la découverte extraordinaire dont nous avons parlé au début, à savoir que dans le monde, il y a Dieu, le Dieu de Jésus, pleinement solidaire des hommes. Dans ce contexte, je voudrais rappeler la prière par laquelle nous demandons à Dieu de faire de nous des instruments de sa paix, pour porter son amour là où il y a la haine, son pardon là où il y a l’offense, la vraie foi là où il y a le doute. Pour notre part, avec le bienheureux Jean XXIII, demandons à Dieu qu’il éclaire les responsables des peuples, afin que, tout en se préoccupant du légitime bien-être de leurs compatriotes, ils garantissent et défendent le précieux don de la paix. Qu’il enflamme la volonté de tous pour renverser les barrières qui divisent, renforcer les liens de l’amour mutuel, user de compréhension à l’égard d’autrui et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort, de sorte que, grâce à son action, tous les peuples de la terre fraternisent et que parmi eux ne cesse de fleurir et de régner la paix tant désirée [8].

Par ce vœu, je souhaite que tous puissent être de véritables artisans et bâtisseurs de paix, de sorte que la cité de l’homme grandisse dans une concorde fraternelle, dans la prospérité et dans la paix. "

5. C'est un peu comme si Benoît XVI disait à tous, d'une manière particulièrement clarifiante et confessante, apologétique, et non anthropocentrique, : il n'y a qu'un archétype, il n'y a qu'un prototype, il n'y a qu'une figure marquante, qui préfigure, configure, et transfigure la paix humaine, sans la défigurer jamais : et cette figure marquante, c'est Jésus-Christ lui-même.

6. On comprend aisément que cet aspect là de ce message là ne soit pas jugé médiatiquement correct, autant dire maçonniquement correcte.

7. A ce sujet, je voudrais apporter la précision suivante : quand je parle de maçonnisme, je ne pense pas nécessairement au maçonnisme des francs maçons, notamment parce que je ne le connais pas assez, dans toute sa complexité et dans toute sa diversité.

8. Quand je parle de maçonnisme, je pense à tout constructivisme déterministe, à tout volontarisme juridico-politique, mécanisateur et planificateur, à tout ingénierie mentale, morale, sociale, qui se fait passer pour une authentique philosophie politique, et qui entend imposer à l'esprit humain et à la vie humaine, au coeur et aux moeurs de l'homme, une architecture, un paramétrage, des catégories et des comportements, en vue d'une "libération" qui est, en fait, un asservissement.

Je vous remercie encore une fois, et je vous souhaite une bonne fin de journée.

Scrutator.