Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=653640
images/icones/hein.gif  ( 653640 )Vulgate et ponctuation par Quaerere Deum (2012-12-11 23:18:54) 

Bonjour,

Si mes souvenirs sont bons, l'arrivée de la ponctuation dans la Vulgate est tardive.
Or, on n'a pas attendu la ponctuation pour lire la Vulgate, si je puis dire.

Comment pouvait-on s'en passer ? Par des passages à la ligne ?
Je pense particulièrement à la Vulgate de Stuttgart, édition critique de la Vulgate qui ne fournit pas de ponctuation.
images/icones/bible.gif  ( 653653 )"per cola et commata" par Quodvultdeus (2012-12-12 00:11:02) 
[en réponse à 653640]

Certaines éditions de la Vulgate adoptent la disposition per cola et commata souhaitée par saint Jérôme.
Le mots colum et comma désignent respectivement un membre de phrase et une partie de vers.
Cette forme de "vers libres" permet de se dispenser de la ponctuation.

En revanche, la dernière version de la Vulgate (1979) a adopté une ponctuation à l'allemande où chaque proposition est séparée par une virgule (en allemand : Komma).

Si l'absence de ponctuation peut poser des problèmes de compréhension et d'interprétation, la ponctuation ne résout pas pour autant tous les problèmes. Par exemple, dans le Sub tuum, on trouve deux versions :

- libera nos, semper Virgo gloriosa et benedicta
- libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta


ou dans la préface :

- Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus
- Domine, sancte Pater, omnipotens aeterne Deus


Quodvultdeus

images/icones/neutre.gif  ( 653666 )Merci par Quaerere Deum (2012-12-12 09:51:41) 
[en réponse à 653653]

Je suis d'accord avec vous : la ponctuation résout bien des ambiguïtés. Elle fait même partie de l'interprétation du texte.

Comment se traduit cette dispostion per cola et commata ? Pourriez-vous illustrer, SVP ?
images/icones/hein.gif  ( 653658 )La ponctuation peut conduire loin ! par Ewondo (2012-12-12 05:32:01) 
[en réponse à 653640]

C'est un grand ami, hélas décédé, un sinologue de renom de Shanghai qui avait fait des études dans une université anglaise et me parlait de l'absence de toute ponctuation dans le chinois classique ... ce qui conduit à bien d'ambigüités dans les grands textes classiques de la langue chinoise ...

Il me donnait alors cet exemple tout simple en anglais :

To be or not to be, that's the question !

Versus :

To be or not, to be that's the question !


Voilà qui change tout ...


Pierre
images/icones/1v.gif  ( 653660 )Mbembe Abyali ! par XA (2012-12-12 08:19:05) 
[en réponse à 653658]

Une pensée très amicale pour vous, cher Ewondo !
images/icones/fleur.gif  ( 653668 )Heureusement que j'étais assis ! par Ewondo (2012-12-12 09:59:03) 
[en réponse à 653660]

J'aurais été effondré de rire par terre ! Où avez-vous trouvé cela en langue ewondo ? Un immense merci à vous !

Ce soir vient une amie du Cameroun (ébène) et son fils, des ami Franco-Suédois (je suis le parrain de leur aînée) et des amis Chinois ...

Et là, ça se corse, car je vais "négocier" le baptême de leurs deux petits enfants à Chartres ...

Pour l'instant, le père est d'accord, la maman un peu réticente car ses propres parents sont du Parti Communiste Chinois (ils sont de République Populaire de Chine) ...

Avec l'aide de vos prières, j'y parviendrai sans aucun doute, d'autant que ma vieille amie camerounaise, qui est malheureusement Luthérienne, est une négociatrice hors pair et se trouve déjà dans mon camp !

Soirée noir/blanc/jaune ...

Très amicalement de Pierre.
images/icones/1b.gif  ( 653678 )Ah aaah... par XA (2012-12-12 10:19:55) 
[en réponse à 653668]

Je garde mes petits secrets pour moi !

images/icones/fleur.gif  ( 653701 )Viens vous voir au printemps ! par Ewondo (2012-12-12 12:21:37) 
[en réponse à 653678]

Avec six huitièmes de sang lyonnais je dois être génétiquement correct et ce sera une grande joie de vous rencontrer !


Très amicalement de Pierre.
images/icones/carnet.gif  ( 653661 )Elle peut même conduire encore plus loin ! par Quodvultdeus (2012-12-12 09:06:55) 
[en réponse à 653658]

Merci, cher Ewondo, pour cet exemple de ponctuation dans la langue de Shakespeare.
En français, il existe aussi des exemples assez comiques :

- Le maître dit : "L'élève est un imbécile".
- Le maître, dit l'élève, est un imbécile.


Ou encore :

- Saint Antoine le Grand, père des moines.
- Saint Antoine, le grand-père des moines.


Une mauvaise orthographe peut aussi conduire à de fâcheux contresens.
Il suffit de comparer les deux phrases suivantes :

- Dès qu'on sonne la fin de la récré, la classe a cours.
- Des cons sonnent la fin de la récré : la classe accourt.


Mais voilà qui nous éloigne de la Vulgate !

Quodvultdeus

images/icones/fleur.gif  ( 653672 )Monsieur l'abbé, quelle joie de vous relire ! par Ewondo (2012-12-12 10:04:32) 
[en réponse à 653661]

Et vous m'aurez fait bien rire !

J'irai à Lyon au printemps et espère bien monter vous rendre visite.


Depuis Marseille, cela fait un bail !


Pierre.
images/icones/2a.gif  ( 653757 )et même : par Agesilas (2012-12-12 21:03:53) 
[en réponse à 653661]

Messieurs les Anglais, tirez les premiers !

ET

Messieurs, les Anglais, tirez les premiers !

l'honneur en prend un coup...
images/icones/fleur.gif  ( 653662 )Ponctuation : Autre exemple connu... par Père M. Mallet (2012-12-12 09:13:57) 
[en réponse à 653658]

Il y a probablement un siècle. Le télégraphe existait, mais coûtait cher. D'où l'impasse sur la ponctuation.
Et ce télégramme sans ponctuation :
"chien mange pas symptômes rage"

Réponse brève mais catégorique :
"abattez-le".

Il fallait lire :
"chien mange ; pas symptômes rage".

Et il fut compris :
"chien mange pas ; symptômes rage".


Bon anniversaire....



images/icones/fleur.gif  ( 653679 )Merci, mon Père par Ewondo (2012-12-12 10:20:29) 
[en réponse à 653662]

... au Cameroun, les postes françaises avaient fait un florilège des télégrammes dans les années 50 ... là il ne s'agit pas de ponctuation, mais de l'emploi de mots. Le texte est tragique, certes, mais le vocabulaire prête à sourire :

"Père très malade stop Prière venir avant cassation de pipe stop Maman stop".

Pierre.
images/icones/1b.gif  ( 653714 )Orthographe par Meneau (2012-12-12 15:39:54) 
[en réponse à 653658]

Dans la ligne du fil, on pourrait aussi écrire :

Bon âne, hiver sert.

Cordialement
Meneau
images/icones/ancre2.gif  ( 653675 )Aujourd'hui encore... par Paterculus (2012-12-12 10:14:35) 
[en réponse à 653640]

... la ponctuation ne va pas sans difficultés, la virgule germanique a envahi les textes du latin d'Eglise.
C'est sur Pageliasse (ancien), bien sûr !
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 653689 )Hier, pour la fête de saint Damase, par Yves Daoudal (2012-12-12 10:38:43) 
[en réponse à 653640]

qui est précisément le pape qui demanda la Vulgate à saint Jérôme, j'ai reproduit sur mon blog un des poèmes de ce pape, sur sainte Agnès. On y vérifie que non seulement il n'y avait pas de ponctuation, mais qu'il n'y avait pas non plus d'espace entre les mots. Et il en est ainsi de tous les anciens manuscrits grecs et latins (ou hébreux, ou en outre il n'y a pas de voyelles).



Codex vaticanus, l'un ds principaux manuscrits de la Bible en grec:



A propos de la ponctuation, il y a par exemple la célèbre discussion sur le prologue de saint Jean:

et sine ipso factum est nihil, quod factum est. In ipso vita erat,


ou

et sine ipso factum est nihil ; quod factum est in ipso, vita erat,



ou dans la parabole du mauvais riche (Luc 16):

Le riche mourut, et il fut enterré dans l'enfer. Levant alors les yeux,


ou

Le riche mourut, et il fut enterré. En enfer, levant alors les yeux,


images/icones/neutre.gif  ( 653724 )Mais alors par Quaerere Deum (2012-12-12 17:09:45) 
[en réponse à 653689]

quelles sont les interprétations correctes ?

J'imagine que St Jérôme aurait placé les ponctuations d'une certaine manière car il a traduit comme qu'il l'a compris. Quodtvuldeus nous a parlé d'une disposition «per cola et commata» ...
images/icones/neutre.gif  ( 653728 )C'était encore une civilisation orale. par Yves Daoudal (2012-12-12 17:44:01) 
[en réponse à 653724]

On lisait à haute voix. Ainsi les mots se détachaient d'eux-mêmes, si je puis dire. Quant à la ponctuation, elle faisait également partie de cette lecture à haute voix qui dépendait d'une tradition : on lisait comme on avait entendu un maître lire.

Il y a une analogie avec l'arabe (ou l'hébreu) actuel. Si vous ne connaissez pas déjà la langue, vous ne pouvez pas lire un texte, même si vous connaissez toutes les lettres, parce qu'il n'y a pas de voyelles brèves et que celles qu'il faut mettre dépendent de la grammaire et du sens des mots. (Inutile de vous dire que les éditions du Coran ont toutes les voyelles, plutôt deux fois qu'une, d'ailleurs.)
images/icones/bravo.gif  ( 653729 )Judicieuse remarque par Quaerere Deum (2012-12-12 17:57:25) 
[en réponse à 653728]

Merci à vous.