Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=652728
images/icones/coeurbrise.gif  ( 652728 )"la gauche du Christ" en France: un diagnostic attristé par Presbu (2012-12-04 10:11:09) 

par Gérard Leclerc dans "France Catholique" du 29/11/2012: une mise en perspective trop longue pour un copier-coller dans le présent post, où ne manquent que les références des citations désabusées des abuseurs leaders tels que le P CHENU et alii: à lire
http://www.france-catholique.fr/Nouvel-article,11073.html

http://http://www.france-catholique.fr/Nouvel-article,11073.html
images/icones/fleche3.gif  ( 652741 )cette gauche chrétienne qui n'a plus d'illusion par jejomau (2012-12-04 11:14:51) 
[en réponse à 652728]

Je cite d'abord Denis Pelletier et Jean-Louis Schlegel dans l'article que vous proposez :

Il n’empêche que le bilan est brutal et qu’il oblige à s’interroger sur la signification d’une entreprise qui s’est longtemps réclamée de la marche triomphale de l’histoire, même si elle passait par ce qu’Edgar Morin appelait son mauvais côté. Faudrait-il admettre que c’est dans la négativité pure que la gauche chrétienne aurait marqué sa trace, préparant l’effacement du christianisme de la face du monde


Mais je crois que là où tout est dit, c'est dans cette petite phrase lapidaire :

Les frères de Taizé qui ont vécu Vatican II comme la confirmation de leur vocation à l’unité ne s’y reconnaissent plus. L’un d’entre eux écrit à frère Roger  : «  La plupart des mesures de renouveau sont tellement influencées par la simple réaction contre le passé, que je crains le désastre.  »


Oui, c'est bien çà. Cette sorte d'acharnement contre la Tradition ou envers ceux qui s'en revendiquent a stoppé net toute vocation éventuelle d'une part et terriblement appauvrit la liturgie de l'église puisque c'est d'abord ici que se situait le champ de bataille... Un article de "La Croix" aborde également les désillusions de ces chrétiens progressistes..
images/icones/fleche2.gif  ( 652784 )J'essaie le lien par Jean Ferrand (2012-12-04 15:07:36) 
[en réponse à 652728]

ICI.
images/icones/fleche2.gif  ( 652858 )Ce que ne comprennent pas certains chrétiens de gauche. par Scrutator Sapientiæ (2012-12-05 08:02:39) 
[en réponse à 652784]

Bonjour Jean Ferrand,

Je rappelle tout d'abord quel est mon "camp de base", en philosophie politique : je prends le plus souvent appui sur quelques auteurs, dont Tocqueville, Hannah Arendt et Raymond Aron.

J'ai la conviction que ce que ne comprennent pas certains chrétiens de gauche, c'est ceci : une politique social-démocrate "de gauche" n'est pas antinomique avec une politique économique ultralibérale "de droite" ; elle en est même la contrepartie, intentionnelle et instrumentale.

En apparence, une politique de gauche est émancipatrice ; en réalité, elle est atomisatrice : elle a pour intention ou pour résultat, mais ce résultat atomisateur est rarement tenu pour contraire à cette intention émancipatrice, de faire en sorte que l'individu soit fallacieusement autonomisé et insularisé, affranchi de ses appartenances de proximité, à la fois particulières et traditionnelles,

- particulières, en ce qu'elles sont issues d'une famille, d'une commune, d'une région, d'une nation,

- traditionnelles, en ce qu'elles sont issues d'une conscience, d'une culture, d'une histoire et d'une mémoire.

Une fois affranchi, "libéré" de ces appartenances, qui lui permettent de recevoir et de transmettre, de se construire et d'aider les autres à se construire, l'individu arrive "à maturité" pour devenir un être déraciné, un individu "uni-dimensionnel", un "homo oeconomicus", un adepte du matérialisme et du productivisme, du produire pour consommer, à la fois une monade et un nomade.

Par ailleurs, l'extension indéfinie d'une politique de gauche permet à la fois

- de faire diversion, en accordant à diverses communautés ou minorités toujours plus de droits non indispensables, alors qu'il y a de plus en plus de personnes qui sont privées de biens indispensables,

- de faire en sorte que les exclus ou les pauvres, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, consentent à leur propre paupérisation ou quart-mondisation, et se résignent au lieu de se révolter.

Pour ma part, je croirai dans le caractère réaliste, cohérent et conséquent, du positionnement chrétien de gauche, le jour où je rencontrerai un chrétien de gauche opposé à l'extension indéfinie

- de l'Etat providence,

- de l'européisme, faux-nez de l'euratlantisme,

- de l'oecuménisme, non oecuménique, mais oecuméniste, y compris dans les relations avec les autres religions.

C'est l'extension indéfinie de l'Etat providence, même quand elle est mise en en oeuvre, non par l'Etat lui-même, mais par les collectivités territoriales, qui rend possible l'extension indéfinie de la mondialisation ultralibérale.

C'est l'extension indéfinie de l'Union européenne, même quand elle est mise en en oeuvre, non par l'Union elle-même, mais par les Etats qui en sont membres, qui rend possible l'extension indéfinie de la vassalisation transatlantique.

Et c'est l'extension indéfinie de l'oecuménisme oecuméniste, même quand elle est mise en en oeuvre, non par le Saint Père ou par le Saint Siège, mais par des évêques ou des théologiens, qui rend possible l'extension indéfinie de la démobilisation ou de la dévitalisation du christianisme, en tant que seule vraie religion.

Un chrétien de gauche, en tant que "chrétien" et en tant que "de gauche", devrait être opposé aux conséquences de l'extension de la mondialisation ultralibérale, de la vassalisation transatlantique, et de l'indifférenciation ou de l'interpénétration entre les religions.

Mais aurait-il le courage intellectuel d'en dénoncer les origines ?

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 652855 )Voici le site internet des chrétiens de gauche. par Scrutator Sapientiæ (2012-12-05 07:05:01) 
[en réponse à 652728]

Bonjour Presbu,

Voici :

Chrétiens de gauche.

Voici leurs convictions :

Leurs convictions

Voici qui ils sont :

Qui ils sont.

Voici leurs positions (exemple(s) :

Leurs positions

Plusieurs choses m'interrogent, ou, comme on dit aujourd'hui, m'interpellent :

1. Chrétiens de gauche : est-ce que cela signifie

" chrétiens, CAR de gauche ",

ou

" chrétiens, DONC de gauche " ?

2. Imagine-t-on un site internet qui serait intitulé : " chrétiens de droite ? " Apparemment, merci G...e, il n'en existe pas ; or, pourquoi serait-ce considéré comme moins compatible ou moins légitime d'être à la fois chrétien et de droite ?

Y aurait-il un surcroît de légitimité dans le fait de se penser, de se dire, de se vouloir, et de vivre, en (tant que) chrétien de gauche ?

Tous les chrétiens auraient-ils vocation à être de gauche, les chrétiens de gauche explicites et organisés étant leur avant-garde, qui s'affiche et qui s'assume, là où les autres n'ont pas encore pris conscience de cette vocation, par ignorance ou par inconscience, ou n'ont pas tiré les conséquences militantes de cette vocation, par égo-i-sme ou par frilosité ?

3. Il est question de chrétiens de gauche, mais

- de quels chrétiens s'agit-il : de catholiques, d'orthodoxes, de protestants ?

- de quelle gauche s'agit-il : d'une gauche pré-marxiste, plutôt philosophique, d'une gauche marxienne ou marxiste, plus économiste, ou d'une gauche post-marxiste, plus culturaliste ?

4. Il est question, je cite : "de rester en solidarité avec les catholiques à travers le monde et continuer ainsi nos actions afin de réformer l’enseignement de l’Eglise" ; mais qu'en est-il de la qualité de la solidarité confessionnelle que les chrétiens de gauche se doivent d'avoir avec les catholiques qui ne sont pas des chrétiens de gauche, et qui veulent continuer leurs propres actions, non afin de "réformer", mais afin de recevoir et de transmettre, toujours mieux et toujours plus, l'enseignement de l'Eglise ?

5. Par ailleurs, je croyais, pour ma part, que l'enseignement de l'Eglise avait déjà été réformé, au moment et au moyen du Concile Vatican II ; est-ce à dire que cette réforme là n'est pas allée assez loin, parce qu'elle n'était pas assez chrétienne, ou parce qu'elle n'était pas assez de gauche ?

6. Enfin, ce qui m'amuse et m'attendrit toujours un peu, avec ce type de positionnement, c'est le caractère extrêmement prévisible des formulations auxquelles il recourt : en voici un exemple :

" Nos convictions - Ce que nous sommes, ce que nous voulons être.

« Il faut à tout prix que nous fassions quelque chose de notre vie : non pas ce que les autres voient et admirent, mais ce tour de force qui consiste à y imprimer l’Infini. » Emmanuel Mounier

Citoyens croyants, soucieux de porter nos idées dans l’espace public, nous défendons les valeurs de justice sociale, d’équité et de fraternité portées par la Gauche, nous inscrivant dans un courant de pensée qui porte une espérance, sociale et spirituelle, mais qui se veut libre de toute attache partisane, condition préalable à toute discussion avec les hommes de bonne volonté, et garantie d’un soutien réel mais vigilant. Nous assumons sans honte la filiation avec l’histoire des chrétiens engagés à gauche, dans sa juste tradition de dialogue, d’écoute et d’ouverture, y compris à d’autres spiritualités.

Pour autant, des convictions fortes nous animent, qui structurent les difficiles combats à mener aujourd’hui ; convictions enracinées dans un « optimisme tragique », qui nous garde de toute illusion, mais nous rapproche des Possibles.

De fait, à la cruelle constatation que « ce n’est pas la pensée qui est unique, c’est la réalité qui l’est devenue », qui laisse peu de place à l’espoir légitime qui guide une vie, nous refusons de nous soumettre, pariant beaucoup plus dans la capacité de l’Homme à se redresser et à inventer un vivre ensemble, des liens sociaux, une « convivance », autre, plus soucieuse des personnes et de leur épanouissement, plus équilibrée dans son rapport au spirituel, rapport que nous souhaitons ouvert et apaisé, moins identitaire et dogmatique, dans le cadre d’une laïcité nécessaire mais perfectible.

Ce déchaînement d’avec les exigences totalitaires de la société financière globale prépare in fine l’émancipation, la libération, nécessaire à la reprise en main, pleinement consentie par les personnes, de leur destin commun, de leur éminente dignité.

Nous nous reconnaissons donc dans le processus d’indignation mondiale en cours, interrogeant une démocratie à refonder, et nous inscrivons dans une réflexion et des propositions de nature à mettre en œuvre des utopies concrètes, capables, à leur niveau, et avec de modestes moyens, de démontrer qu’une autre mondialisation, qu’un autre devenir est possible. N’ayons pas peur de penser, d’oser inventer ces alternatives, et de les incarner, au risque de voir s’effondrer en nous le « principe humanité » qui guide toute forme de charité. C’est alors une toute autre attention à l’Autre, au Frère, qui nous appelle, et que nous appelons de nos vœux : pour immense que soit cette mission, elle est aujourd’hui une exigence de principe, qui conditionne notre projet, et l’élaboration collective qui le porte.

Lieu de débats, espace de médiation, notre table n’est interdite à personne : nous sommes dans la posture de l’hôte, de celui qui reçoit ; et, souvent, c’est celui qui reçoit qui est reçu, se laissant bousculer par l’altérité de celui qui vient, qui interroge nos convictions, nos traditions, nos valeurs. N’assénant aucune Vérité, puisque le monde est pluriel et complexe, nous nous voyons plutôt comme un pont : entre les cultures d’abord, en ce qu’elles fondent intimement notre être au monde ; entre les religions ensuite, en ce qu’elles transcendent notre existence, entre les générations enfin, tant le sens de la filiation, de la communauté et le respect de la mémoire, contrecarrent le sentiment d’abandon qui guettent les êtres déracinés et désincarnés. "

Les personnes qui sont à l'origine ou qui sont les responsables de cette initiative feraient bien de (re)lire les ouvrages de Jean-Claude MICHEA :

" L'enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes "

" Impasse Adam Smith : Brèves remarques sur l'impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche "

" La double pensée : Retour sur la question libérale "

" L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale "

" Le complexe d'Orphée : La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès ".

Que quelqu'un qui n'est certes pas "de droite" leur explique pourquoi et comment, quand on est progressiste, on sert, notamment dans l'état actuel des choses, la mondialisation ultra-libérale et ultra-libertaire, devrait pouvoir les interpeller, quelque part, au niveau de leur conscience politico-religieuse chrétienne de gauche.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/1v.gif  ( 652866 )chrétiens de gauche = église de France ? par jejomau (2012-12-05 09:29:11) 
[en réponse à 652855]

Je ne peux pas manquer une telle occasion. Il suffit pour s'en convaincre de lister les organisations ou mouvements qui ont accompagné dans leur parcours les hommes qui nous sont présentés dans le blog "chrétiens de gauche". D'ailleurs, c'est ce que fais en listant ces mouvements ci-dessous :

Jeunesse ouvrière chrétienne
aumônerie étudiante
groupe Bayard Presse
hebdomadaire Pèlerin
Scouts de France
familier de l’abbaye de Sylvanès (où se retrouve le groupe "David et Jonathan"; le comité de la jupe, etc...)
Témoignage chrétien (qui soutient la F.M)
"Élevé avec des prêtres qui ne se faisaient pas appeler M. l’abbé" (voir peut-être des "jésuites" ?)
La Vie
travailler avec les rédactions du "Monde des Religions" et de "Prier"
"Convaincu que l’engagement est une force, je me suis assez tôt engagé d’abord dans la vie associative puis politique, conquis par la figure du centriste Bernard Stasi" (lequel est ouvertement Franc-Maçon et partisan de l'immigration forcenée en France)
"Mon parcours m’a donné de croiser la Compagnie de Jésus" (tiens, encore...)
Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC)
"J’ai été militant chez les Verts" (sans commentaires..)

... Je peux comprendre que tous les autres soient "borderline"....