L’objectif premier de la légalisation du « mariage » homosexuel est bien la normalisation de l’homosexualité. Cela fait déjà longtemps que les homosexuels ne réclament plus le « droit à la différence » mais le « droit à l’indifférence » : être mis sur un pied d’absolue égalité avec les « hétérosexuels » (qui n’ont aucune raison de se définir ainsi – autant dire qu’on est un homme homme ou une femme femme) et de ce fait, ne plus voir considérée l’activité homosexualité de manière négative.
Cela ressort très nettement – par exemple – de ce qu’écrit Cécile Duflot dans sa tribune publiée jeudi par Libération : « A mes yeux, accorder le droit au mariage et à l’adoption pour tous n’est pas une injonction à rentrer dans la norme. C’est en revanche une manière d’affirmer que les personnes homosexuelles n’ont pas à baisser la tête, que leurs unions ne sont pas des unions de seconde zone, que ni leur sexualité ni leurs amours ne sont honteuses, que l’époque où elles devaient vivre cachées est révolue, que le procès en dangerosité pour les enfants qu’elles pourraient élever est terminé. »
Cela est dit de manière précise : une fois le « mariage » homosexuel adopté, la critique devient impossible, forcément discriminatoire, nécessairement homophobe
Olaf : Ce qui se passe en Europe et dans le monde avec les musulmans est donc à l’image de ce qui se passe en Egypte ? Une même conjonction de facteurs historiques et identitaires ?
Père Boulad : Exactement. Il faut reconnaître que l’Egypte - qu’on le veuille ou non – représente le pôle et le phare de l’islam. Et ce n’est pas parce que je suis égyptien que je le dis ! L’Egypte est le grand laboratoire de l’islam, tout comme la France, dans le passé, a pu être qualifiée de « fille aînée de l’Eglise ». Je pense que notre révolution du 25 janvier 2011 représente un véritable tournant historique. Si l’Egypte bascule dans la modernité, c’est tout le monde musulman qui suivra. L’enjeu de l’Egypte est capital et l’on ne saurait trop le surestimer. Je me sens au cœur du vortex et le combat que nous menons chez nous aura des répercussions sur tout l’ensemble du monde musulman