
( 650984 )
A côté de la plaque: mariés ou parents? par PEB (2012-11-19 19:13:22)
Désolé, je vais encore faire le modernos de service mais je crois que bien des gens ici et là sont en train de se tromper de combat.
Sur l'air du "Gay, gay, marions-nous!", j'ai l'impression que tout le monde est hors-sujet.
Le Gouvernement propose une loi clivante et toute la troupe de reprendre la chanson ou son contrepoint, c'est selon.
Il y a un vrai problème de société et une fausse question mal posée.
La question de société est celle de la décomposition du mariage et de la recomposition de la famille. Le mariage civil est en désaffection croissante. Même les immigrés préfèrent se marier au bled conformément à leur statut personnel musulman. Le mariage n'est donc pas le noeud du problème. A la limite, la parentalité est, dans l'ordre civil, quasiment séparés des noces. C'est le fait d'avoir un enfant en commun qui crée le lien familial essentiel et non plus le voeux de vivre une vie commune. Et "avec deux enfants, on est sûr de former une vraie famille." L'aîné, c'est le hasard d'une rencontre, le cadet est le confirmation de l'existence d'une maisonnée.
La question bien posée est donc celle de la parentalité étendue au sein des familles recomposées. En dehors des père et mère, les tiers (parâtres ou marâtres) peuvent souhaiter participer à l'entretien et à l'éducation des enfants. Les parents gays et lesbiens réclament donc le droit à l'adoption simple au bénéfice des compagnons de vie. Car, outre les enfants délaissés, il existe bien d'autres circonstances où l'adoption (simple) peut être accordée beaucoup plus largement.
Si le Gouvernement avait ouvert des états généraux de la famille sur ces thématiques, le débat public en eût été plus riche, plus concret et moins idéologique. Un consensus peut être trouvé pour trouver des réponses variables et évolutives à la garde des enfants, à la référence scolaire et éducative et, in fine, à l'héritage et à la filiation.
C'eût été moins sexy mais plus utile et constructif. Les couples hétéronormés comme les parents gays et lesbiens auraient pu, chacun en ce qui les concernent, y retrouver leur compte.

( 650995 )
Attention par Don Henri (2012-11-19 20:06:34)
[en réponse à 650984]
C'est "triste" à dire, mais en droit pur et dur, un parent est un fardeaux pour un enfant.
Tout d'abord, c'est quelqu'un qui exerce l'autorité parentale sur lui, autorité dont le mouvement continu du droit a tendu à le libérer de plus en plus. Imposer plus que deux parents serait faire un pas en arrière par rapport à la soustraction des enfants à la toute-puissance parentale.
Ensuite, c'est une personne qui peut réclamer toute sa vie durant des subsides (qui peuvent être fort élevés) de ses enfants. Vous-vous imaginez payer la maison de retraite de 3 parents?
Depuis diverses décisions jurisprudentielles, les grands-parents ont quelques droits sur leurs petits enfants. Comment faire avec deux-grands-mères maternelles et un grand-père (maternel aussi) qui veulent tout deux un droit de visite, surtout si les deux parents dudit petit-enfant sont trois et ont eux mêmes des parentalités multiples...
Non, même l'adoption simple est un problème ici. Tant-pis pour les parâtres et les marâtres en mal d'amour reconnu légalement, l'autonomie de l'individu doit primer. Les délégations d'autorité parentale peuvent bien suffire.
+ PAX et BONUM

( 651002 )
Une personne à charge... par PEB (2012-11-19 21:22:04)
[en réponse à 650995]
... selon le code général des impôts.
Il n'empêche que cette charge alimentaire, morale et éducative n'est pas facile à organiser dans des familles divisées et fatiguées par le rythme de la vie moderne.
C'est pour ça que des Etats généraux de la famille aurait été une meilleure idéee que ce projet de loi étriqué dans des habits revendicatifs bien trop étroits.
La famille reste une valeur essentielle pour nos concitoyens mais qui ne savent pas toujours ce que c'est ou ce que ça doit être.