
( 650323 )
très mauvaise interprétation de Lully et alii par Luc Perrin (2012-11-14 12:30:23)
[en réponse à 650233]
dans le blog cité en référence, plus intéressant est le récit du P. Wiltgen.
Lully répète cette version, absurde disons le tout de go, sans cesse reprise tant du côté de certains tradis (sédévacantistes souvent, plus ceux qui sont hostiles par principe à toute évolution liturgique quelle quelle soit, les liturgo-fixistes si je puis dire) que du côté des bugninistes les plus fanatiques qui, de façon également absurde, cherchent à faire de Jean XXIII un adepte de l'anarchisme liturgique qui leur est cher.
D'un côté comme de l'autre, cette lecture téléologique - faite en fonction des événements postérieurs - est aberrante.
Aberrante sur le fond : le liturgo-fixisme n'a aucun sens. Quelle serait donc la version irréformable de la liturgie romaine ? Faut-il revenir à la lettre du missel de 1570 et éliminer tout ce qui a été fait entre 1571 et 1962 ? Poser la question, c'est y répondre.
En outre, saint Pie V lui-même et sa commission liturgique s'étaient permis d'opérer des ajouts et retouches aux pratiques antérieurs : saint Pie V devait sans doute être l'ancêtre de Bugnini pour Lully et ses amis ... soyons sérieux.
Aberrante quant à Jean XXIII : tous les biographes de Roncalli soulignent son goût pour la liturgie la plus traditionnelle, bien plus que son prédécesseur Pie XII. Il avait remis en vigueur certains usages tombés en désuétude. Faire de Roncalli un comploteur bugniniste va contre toutes les informations solidement établies dont nous disposons. Ajoutons que le pape évoque à Mgr Elchinger à l'été 1962 une grande réforme possible de la liturgie : la suppression du dernier évangile ! Si le bugninisme de Jean XXIII se limite à cela, nous n'aurions eu aucune crise liturgique.
Enfin c'est le cardinal Larraona, nommé par Jean XXIII en 1962 comme nouveau préfet de la S. Congrégation des Rites, qui évince le P. Bugnini de la présidence de la commission conciliaire. Inutile de dire qu'une telle décision n'a pu se prendre contre la volonté du pape. C'est Paul VI en 1964 qui, hélas, remet en selle le redoutable lazariste.
Aberrante quant au sens de la mesure : le bugninisme consistait à détruire l'héritage latin-romain, innover structurellement et simplifier autant que possible. Ajouter saint Joseph au Canon romain s'inscrit dans la règle que fixe ensuite le Concile, règle que Bugnini et Paul VI ont piétiné hélas, du développement organique. Ajouter un saint à une liste ne change en rien les équilibres, cela ne dénature en rien, cela par définition ne retire rien.
C'est l'exact opposé du bugninisme qui opère par retranchement et dénaturation. Le très léger charcutage imposé pour la Prière eucharistique I (= le Canon romain) le montre : il n'y a pas d'ajout.
Ajoutons que si l'étoîle de saint Joseph a un peu pali depuis 50 ans, elle était à son zénith en 1962 : un siècle de renouveau de cette dévotion, très féconde en terme de vocations religieuses, d'institutions sociales. Saint Joseph Artisan était aussi un antidote spirituel proposé par l'Église de Pie XII au communisme et aux mouvements subversifs qui étaient puissants à l'époque. La fête du Travail coïncidait avec celle de saint Joseph Artisan : décision de Pie XII en 1955, effective en 1956. Mettre saint Joseph au Canon, c'est aussi un pied de nez au pseudo "accord" de Metz relatif à la non réitération de la condamnation du communisme.
Aberrante aussi quant à la réception : qui a été choqué à l'époque en 1962 ? Les "progressistes" justement qui voyaient dans la décision solitaire du pape un mépris du Concile et quelque chose d'inutile, allant à contre-courant. Étonnant de voir comment certains, 50 ans après, font chorus avec ceux dont ils récusent l'orientation radicalement.
La critique de cette décision giovanéenne par des traditionalistes est donc particulièrement mal venue et mal fondée.

( 650333 )
Pétitions signées de 30 cardinaux, 436 évêques... par La Favillana (2012-11-14 13:02:20)
[en réponse à 650233]
Merci au chat
Lully grâce auquel on découvre qu'en 1815 comme en 1962, on pouvait envoyer des pétitions au Saint Père sans scandaliser, ni choquer...
ce décret n’était que l’aboutissement de campagnes, sporadiques mais intenses, menées depuis 1815 : des centaines de milliers de signatures d’évêques, de prêtres et de laïcs étaient parvenues au Vatican. Les campagnes avaient été particulièrement intenses lors de l’annonce de la convocation du premier Concile du Vatican par Pie IX, et de celle du deuxième Concile du Vatican par Jean XXIII. Sitôt après cette dernière, Mgr Joseph Phelan, de l’église de Saint-Joseph de Capitola en Californie, avait diffusé, avec l’aide de ses paroissiens, une pétition qui recueillit quelque 150.000 signatures.
A la mi-mars 1962, six volumes renfermant des pétitions signées de 30 cardinaux, 436 patriarches, archevêques et évêques et 60 supérieurs généraux avaient été remis à Jean XXIII