Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=649800

( 649800 )
Le refus du péché originel dans l'Eglise en 2012 par Jean Kinzler (2012-11-06 09:23:46)
Le refus du péché originel dans l'Eglise en 2012
par S.Magister
Dans les milieux catholiques progressistes on tend à en nier la réalité ou à le traiter comme un "mythe". Le concile ne l'a pas cité mais Paul VI a expliqué pourquoi.
Le cinquantième anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II a relancé le débat sur la bonne interprétation de cette assemblée.
Est-ce celle "de la réforme, du renouveau dans la continuité de l'unique sujet Église", souhaitée par le magistère pontifical et expliquée de manière simple et nette par Benoît XVI dans son discours bien connu de Noël 2005 ?
Ou bien celle "de la discontinuité et de la rupture", soutenue à la fois par les lefebvristes et, pour des raisons opposées, par le progressisme catholique et en particulier par l’histoire du concile en cinq volumes publiée en plusieurs langues par ce que l’on appelle "l’école de Bologne" ?
La doctrine du péché originel constitue un exemple de la manière dont le catholicisme progressiste interprète Vatican II comme un temps de rupture y compris au point de vue dogmatique.
À ce propos, un fait symptomatique s’est produit à Rome le 15 septembre dernier, dans le cadre d’un colloque qui célébrait Vatican II en présence de quelque mille personnes représentant plus de cent organismes de la gauche catholique italienne.
La suite ici
à relier à cet article:
LA

( 649850 )
Il ne faut pas confondre péché originel et premier péché par Ion (2012-11-06 17:14:00)
[en réponse à 649800]
Le péché originel n’est pas un acte, mais une doctrine. Cette doctrine nous enseigne que nous héritons d’une nature humaine blessée par le péché qui est arrivé par Satan et sa tentation à laquelle l’homme a succombé et succombe. Comme le dit le CEC, le péché originel désigne la privation (§ 387) de la sainteté depuis l’origine.
Par ailleurs, il y a eu, dans le temps et dans l’histoire, un premier péché, un acte cette fois, une première fois où nos premiers parents ont péché. Par rapport à la doctrine du péché originel, le récit dans la Genèse de ce premier péché est plus symbolique qu’historique.
St Paul nous dit (dans Rm 5,12) que par Adam, "tous ont péché". A ce titre, Frère Enzo Bianchi n’a pas tort quand il dit "aujourd’hui, aucune Église chrétienne ne voit dans l’histoire d’Adam et Ève le moteur d’un mécanisme pervers en raison duquel on hérite du péché sans avoir commis quelque faute que ce soit"
L’Eglise n’a jamais beaucoup approfondi le péché originel. Ni Vatican I ni Vatican II ne l’ont abordé ! Pourquoi ?
De plus, la liturgie du baptême, qu'elle soit ante ou post conciliaire ne mentionne pas le péché originel, contrairement à ce qu'on aurait pu attendre. Pourtant, lex orandi, lex credendi !
Ne devrait-on pas du coup davantage parler de grâce originelle que de péché originel ? Citons à cet effet Benoît XVI lors de son audience du 3 décembre 2008, commentant les épitres de St Paul sur le sujet (1 Co 15 et Rm 5) par ces mots "Ce n'est pas tellement Adam, avec les conséquences du péché sur l'humanité, qui se trouve au centre de la scène, mais Jésus Christ et la grâce qui, à travers Lui, a été déversée en abondance sur l'humanité"
Ion

( 649852 )
La définition de Pie XII par Davidoff (2012-11-06 17:27:35)
[en réponse à 649850]
Personnellement, en ce qui concerne le péché originel, je crois que Pie XII a bien fixé les limites de ce qu'un catholique peu croire ou pas :
"Citation Pie XII Humani generis :
Il en est qui, dans le domaine de l'histoire, négligent audacieusement les limites et les précautions que l'Église établit. Et en particulier, il Nous faut déplorer une manière vraiment trop libre d'interpréter les livres historiques de l'Ancien Testament, dont les tenants invoquent à tort, pour se justifier, la lettre récente de la Commission Pontificale biblique à l'Archevêque de Paris. Cette lettre, en effet, avertit clairement que les onze premiers chapitres de la Genèse, quoiqu'ils ne répondent pas exactement aux règles de la composition historique telles que les ont suivies les grands historiens grecs et latins et que les suivent les savants d'aujourd'hui, appartient néanmoins au genre historique en un sens vrai, que des exégètes devront étudier encore et déterminer. Cette Lettre dit encore que les mêmes chapitres, dans le style simple et figuré, bien approprié à l'état des esprits d'un peuple peu cultivé, rapportent les vérités essentielles sur lesquelles repose la poursuite de notre salut éternel, ainsi qu'une description populaire de l'origine du genre humain et du peuple élu. Si par ailleurs, les anciens hagiographes (écrivains sacrés) ont puisé quelque chose dans les narrations populaires (ce qu'on peut assurément concéder), on ne doit jamais oublier qu'ils l'ont fait sous l'inspiration divine qui les a préservés de toute erreur dans le choix et l'appréciation de ces documents.
Mais tout ce qui a été emprunté aux narrations populaires et accueilli dans les Saintes Lettres ne peut absolument pas être comparé aux mythologies ou aux fables du même genre, qui procèdent bien plutôt de l'imagination dénuée de tout frein, que de ce remarquable souci de vérité et de simplicité qui éclate dans les Saintes Lettres, même de l'Ancien Testament, à ce point que nos hagiographes (écrivains sacrés) doivent être proclamés nettement supérieurs aux écrivains profanes de l'antiquité.
...
Quand il s'agit de cette vue conjecturale qu'on appelle le polygénisme, les fils de l'Eglise ne jouissent plus du tout de la même liberté. Les fidèles en effet ne peuvent pas adopter une théorie dont les tenants affirment ou bien qu'après Adam, il y a eu sur la terre de véritables hommes qui ne descendaient pas de lui comme du premier père commun par génération naturelle, ou bien qu'Adam désigne tout l'ensemble des innombrables premiers pères. En effet on ne voit absolument pas comment pareille affirmation peut s'accorder avec ce que les sources de la vérité révélée et les Actes du magistère de l'Eglise enseignent sur le péché originel, lequel procède d'un péché réellement commis par une seule personne : Adam, et qui est transmis à tous par génération, se trouvant en chacun comme sien."

( 649853 )
Pourtant par Rémi (2012-11-06 17:58:47)
[en réponse à 649850]
le même CEC, au chapitre précisément du péché originel, nous parle tout justement du premier péché de l'homme, et nous dit en quoi il a consisté.
De plus nous lisons plus haut que s'il utilise utilise un langage imagé, le récit de la chûte affirme néanmpoins un événement primordial, un fait qui a eu lieu au commencement de l’histoire de l’homme, et de se référer à Trente, Pie XII et Paul VI.
La doctrine du péché originel est donc bien une doctrine, qui traite d'un fait, le péché originel (M. de Chabannes ne me contredirait pas ... ) que le Catéchisme identifie au premier péché.

( 649855 )
La doctrine ... par Ion (2012-11-06 18:09:42)
[en réponse à 649853]
... du péché originel ne traite pas tant d'un fait, le premier péché, que des suites de ce fait. Et encore une fois, cette doctrine est l'une des moins "abouties" dans sa formulation, car sans doute l'une des plus mystérieuses qu'il serait dommage de réduire au seul récit de la Genèse.
Une formulation intéressante est donnée dans Gaudium et Spes : le
dès le début remplace avantageusement, à mon sens, le traditionnel
au début, englobant ainsi toute l'humanité dans la réalité du péché originel qui blesse notre nature.
13. Le péché
1. Établi par Dieu dans un état de justice, l’homme, séduit par le Malin, dès le début de l’histoire, a abusé de sa liberté, en se dressant contre Dieu et en désirant parvenir à sa fin hors de Dieu
Gaudium et Spes
Ion

( 649856 )
c'est reparti.... par jejomau (2012-11-06 18:18:33)
[en réponse à 649855]
Il n'y a AUCUN symbolisme particulier. Le péché originel est le premier péché commis par DEUX êtres et uniquement DEUX personnes : Adam et Eve qui furent les premiers hommes créés par Dieu .
Pie XII d'ailleurs est en effet formel là-dessus.
En conséquence de quoi d'ailleurs, l'évolutionnisme est une théorie qui ne peut être accepté...
Et voilà....

( 649858 )
Comment osez vous ??? par M (2012-11-06 18:29:18)
[en réponse à 649856]
Adam et Eve qui furent les premiers hommes créés par Dieu .
Eve était donc un homme ?
Bon, je sors .........
M...


( 649859 )
Ben oui, c'est bien connu par Meneau (2012-11-06 18:33:45)
[en réponse à 649858]
Et ils ont adopté Caïn et Abel, en tant que première "paire" homosexuelle du monde autorisée à adopter !
Pour Seth et les autres enfants d'Adam et Eve, c'est moins clair, car comme chacun sait, l'inceste était aussi à l'époque autorisé !
A l'époque, Dieu n'était pas aussi rigoriste que veut nous le faire croire l'Eglise catholique aujourd'hui, et reconnaissait déjà le "mariage partouze".
Cordialement
Meneau

( 649861 )
l'évolutionnisme ... par petitClerc (2012-11-06 19:09:37)
[en réponse à 649856]
... n'exclue pas le monogénisme et ne retire rien à la gloire de Dieu, entendu qu'Il est au commencement de tout et qu'il a voulu et permit que tout advienne de sorte de l'Homme apparaisse et que bien sûr Il l'a doté d'une âme !
La science est un don de Dieu, et les lien biologique et génétiques de l'homme au reste du règne animal (lui aussi création de Dieu) sont bien montrés (je suis biologiste, et j'ai eu le temps de me poser la question). Soutenir le créationnisme en dépit des évidences scientifiques, serais sous entendre que Dieu a malicieusement mis sur notre route des éléments tangibles s'opposant à l'écriture !!! Le créationnisme est d'ailleurs une lubie des évangélique et comme tout protestants, ils ne savent pas lire la Bible !!!
in corde Iesu,
petitClerc

( 649864 )
Mais qu'appelez-vous par Jean Ferrand (2012-11-06 20:06:16)
[en réponse à 649861]
Mais qu'appelez-vous créationnisme ? Pour moi, c'est le fait que Dieu a créé le monde, les végétaux, les animaux et l'homme. Cela ne s'oppose pas du tout au monogénisme ou même à l'évolutionnisme bien compris. Ni même au Big Bang !
Pour moi, j'ai toujours dit que j'étais à la fois créationniste et évolutionniste. Et je le maintiens. Dans la mesure compatible avec l'enseignement de l'Eglise. Cf le Catéchisme.

( 649881 )
Vous oubliez par Jean Ferrand (2012-11-06 21:21:33)
[en réponse à 649856]
Vous oubliez que Pie XII dans
Humani Generis n'a pas condamné l'évolutionnisme et il a admis qu'on en discute.
"En conséquence l'Eglise n'interdit pas que la doctrine de l'évolution, pour autant qu'elle recherche si le corps humain fut tiré d'une matière déjà existante et vivante - car la foi catholique nous oblige à maintenir l'immédiate création des âmes par Dieu - dans l'état actuel des sciences et de la théologie, soit l'objet de recherches et de discussions de la part des savants de l'un et de l'autre parti..."
D'autre part vous oubliez que Jean-Paul II a reconnu que l'évolution était plus qu'une hypothèse...

( 649913 )
Jean-Paul II avait raison ! par Davidoff (2012-11-07 00:10:14)
[en réponse à 649881]
S'il a dit que la théorie de l'évolution "était plus qu'une hypothèse", Jean-Paul II avait raison, la théorie de l'évolution est plus qu'une hypothèse, c'est devenu un dogme en soit !

( 649916 )
Ce n'est pas un dogme de foi par Jean Ferrand (2012-11-07 07:26:41)
[en réponse à 649913]
Ce n'est pas un dogme de foi. N'exagérons rien. Mais c'est une prise de position autorisée et, pour moi, libératrice. Prière de se référer au texte authentique de Jean-Paul II. C'est une déclarartion à l'Académie pontificale des sciences en 1996.
ICI.

( 649915 )
Aprés le Messie collectif par Chelot (2012-11-07 07:26:39)
[en réponse à 649856]
Le péché originel est le premier péché commis par DEUX êtres et uniquement DEUX personnes
Vous inventez le péché originel collectif...?
Eve a eu une petite faim, elle a demandé à Adam de finir la Pomme?

( 649863 )
Le texte dit exactement par Yves Daoudal (2012-11-06 19:51:38)
[en réponse à 649855]
"ab exordio historiae".
"Exordium" veut dire à la fois début, commencement, principe, origine...
"ab" indique... l'origine, la provenance.
Merci d'avoir attiré mon attention sur cette expression.

( 649909 )
C'est à cause de Trente par Paterculus (2012-11-06 23:36:56)
[en réponse à 649850]
Mon cher Ion,
Vous posez la question :
L’Eglise n’a jamais beaucoup approfondi le péché originel. Ni Vatican I ni Vatican II ne l’ont abordé ! Pourquoi ?
La réponse est peut-être tout simplement que tout ce qu'il y avait à dire à ce sujet avait déjà été dit au concile de Trente.
Voyez le Denzinger, n° 1510-1516.
Et, plus récemment, vous avez la profession de foi catholique de Paul VI, dont je n'ai malheureusement pas retrouvé le texte français sur le site du Vatican (!) et que par conséquent je vous livre en
latin :
Credimus in Adam omnes peccavisse; ex quo fieri, ut propter originalem culpam ab illo commissam natura humana, universis hominibus communis, ad eam adducatur condicionem, in qua damna inde secuta patiatur; hanc vero non eam esse, in qua primi parentes nostri sint versati, utpote in sanctitate et iustitia constituti et in qua homo expers fueri mali et mortis. Itaque humana natura lapsa, gratiae munere quo antea erat ornata, est destituta, atque in suae ipsius naturae viribus sauciata, mortis imperio est subiecta, quae in omnes homines pertransit; qua quidem ratione omnis homo nascitur in peccato.
Tenemus igitur, Concilium Tridentinum secuti, peccatum originale, una cum natura humana, transfundi propagatione, non imitatione, idque esse unicuique proprium (Dz-Sch. 1513).
Credimus Dominum Nostrum Iesum Christum Crucis Sacrificio nos redemisse a peccato originali et ab omnibus peccatis personalibus, ab unoquoque nostrum admissis, ita ut vera extet Apostoli sententia: Ubi autem abundavit delictum, superabundavit gratia (Rom. 5, 20).
Confitemur credentes unum baptisma a Domino Nostro Iesu Christo in remissionem peccatorum institutum. Baptismum etiam infantibus esse conferendum, qui peccato personali contaminari non dum potuerint, ita ut, gratia supernaturali carentes in ortu renascantur ex aqua et Spiritu Sancto ad vitam divinam in Christo Iesu (Cfr. Dz-Sch. 1514).
Le fait que les conciles du Vatican n'en aient pas parlé ne signifie donc pas que la doctrine de Trente sur ce sujet soit abolie.
Votre dévoué Paterculus

( 649914 )
Ce n'est pas ce que pensent ... par Ion (2012-11-07 00:36:25)
[en réponse à 649909]
... Paul VI ou Benoît XVI.
Dès 1966, Paul VI souhaitait qu'on arrive à "définition et une présentation du péché originel qui soient plus modernes, c’est-à-dire qui satisfassent davantage aux exigences de la foi et de la raison, telles qu’elles sont ressenties et exprimées par les hommes de notre temps" (Symposium sur le péché originel - 1966).
Et Benoît XVI, dans Entretiens sur la foi (1985) renchérissait à ces propos de Paul VI en reconnaissant que "l’incapacité de comprendre et de présenter le péché originel est vraiment un des problèmes les plus graves de la théologie et de la pastorale actuelle"
Bref, les définitions de Trente méritent un approfondissement en plus d'un réel toilettage.
Ion

( 649986 )
Vous retardez... par Paterculus (2012-11-07 19:35:18)
[en réponse à 649914]
Vous me citez un texte de Paul VI en 1966 demandant une définition du péché originel, pour répondre à un texte du même Paul VI, de 1968, dans lequel il définit le péché originel :
Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort. C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché. Nous tenons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, "non par imitation, mais par propagation", et qu’il est ainsi "propre à chacun". Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, "là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé". Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent "de l’eau et de l’Esprit Saint" à la vie divine dans le Christ Jésus.
(Merci à Jejomau !)
Quand à Benoît XVI, il ne s'agit pas de lui faire dire n'importe quoi : il parle d'une incapacité actuelle à comprendre, non d'une mauvaise formulation antérieure. Autrement dit, face à l'indigence de la pensée contemporaine, il faut de nouvelles façons d'expliquer ce qui a déjà été défini et ne peut être remis en cause.
VdP

( 650020 )
Bien d'accord avec vous par Jean Ferrand (2012-11-08 08:35:45)
[en réponse à 649986]
Bien d'accord avec vous, Paterculus. Mais reconnaissez quand même que la doctrine traditionnelle du péché originel - qui doit être intégralement maintenue, et Dieu sait si j'y tiens ! - doit être confrontée et conciliée avec les découvertes et les progrès de la science comtemporaine.
Croyez-vous que ce travail ou cette réflexion aient été entièrement menés et d'une manière satisfaisante ? Je ne le pense pas. La doctrine du péché originel interfère inévitablement avec la théorie de l'évolution qui, sans être un dogme de foi, sans être une certitude absolue même du simple point de vue scientifique, s'impose de plus en plus irréversiblement. L'Eglise elle-même l'a reconnu.
J'avais toujours été surpris de constater que Jean-Paul II pût faire pendant des mois ou des années des catéchèses - remarquables d'ailleurs - sur les premiers chapitres de la Genèse, sans faire la moindre allusion aux découvertes scientifiques actuelles. C'est bien beau de parler d'Adam et Eve, mais en quel millénaire ont-ils vécu ? Comment furent créés leurs corps ? Procèdent-ils ou non de l'animalité ? Comment se sont-ils distingués des autres espèces animales ? Et je ne parle pas seulement des grands singes mais aussi des préhominiens, l'homo habilis, l'homo neanderthalensis etc...
Adam et Eve furent-ils les premiers homines sapientes ?
Autant de questions irrésolues et pourtant brûlantes, et en rapport direct avec la Genèse.
Pour moi je ne puis faire de dichotomie entre la foi et la science. Ca m'est impossible.

( 650058 )
Adam et Eve furent bel et bien les premiers hommes par Michel (2012-11-08 16:32:50)
[en réponse à 650020]
Voir :
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=617830
et
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=641578 pour le passage concerné.
L'Evangile indique la généalogie de Jésus jusqu'à "Adam, fils de Dieu".
La Genèse dit qu'Adam fut créé à l'image de Dieu (et non d'un singe).
Les Néanderthaliens sont probablement des homo sapiens un peu dégénérés (oui, bon, un peu plus que les autres...).
On notera qu'Adam donne un nom à tous les animaux : ce qui fait comprendre que ses éventuels géniteurs pré-hominiens n'avaient pas la parole.
Par ailleurs, Adam ne se reconnaît semblable à aucun animal.
La définition de homme est : "animal raisonnable", doué de raison ; les pré-hominiens n'avaient pas cette raison, ce n'étaient donc pas des hommes au sens philosophique.
Enfin, la Bible ne donne pas de réponse à toutes les questions scientifiques, ce n'est pas son boulot !
"plus qu'une hypothèse" : là on n'est pas dans le domaine du magistère ! Jean-Paul II veut dire ce qu'il a dit !... C'est plus qu'une hypothèse, en ce sens que c'est une théorie admise par un grand nombre de gens (et même de scientifiques), rien de plus.

( 650062 )
Je n'arrive pas par 8Charly (2012-11-08 17:48:22)
[en réponse à 650058]
Si je vous suis bien on peut donc dater à un moment précis de l'histoire l'arrivée d'Adam et Eve sur terre et suivre leur filiation au cours des siècle jusqu'à Jesus.
Mais qu'est ce qui nous empècherait, catholique, de voir dans le récit de la Genèse quelque chose de l'ordre du symbolique dans nos rapports avec Dieu ? (symbolique très riche et qui affirme entre autres notre nature pécheresse)

( 650064 )
On pourrait le dater... (mais...) par Michel (2012-11-08 18:29:35)
[en réponse à 650062]
On
pourrait dater la création d'Adam (...surtout si on avait plus d'éléments).
C'est à dire qu'Adam est un vrai homme en chair et en os, qui a vécu à une date précise (mais que nous n'arrivons pas encore à déterminer).
Cependant, il
n'est pas interdit de penser que des générations auraient été "oubliées" dans la Bible. On constate ce phénomène dans certaines généalogies qui sautent des générations par rapport à d'autres citées par la Bible.
L'application stricte des dates de la Bible semble donner une chronologie un peu trop "courte" de l'histoire de l'humanité : quelques milliers d'années seulement.
Une estimation de l'ordre de 20.000 ans est envisagée par divers auteurs qui soutiennent cette présentation des choses.
Ce récit de la Genèse est historique, quoique d'un genre littéraire un peu différent de ce que nos contemporains entendent par le terme "historique".
Mais il n'est pas possible pour un catholique de prétendre que c'est un symbole. Voir toutes les définitions dogmatiques à ce sujet (essentiellement Concile de Trente, et même credo de Paul VI).
Il s'agit d'une vraie réalité, transmise "par propagation et non par imitation" (c'est à dire par l'engendrement).
Sinon, il ne serait pas possible de croire dans ce dogme de foi.
Voir aussi "livré sans piles" :
http://archives.leforumcatholique.org/consulte/message.php?arch=2&num=561238

( 650073 )
Pourtant par 8Charly (2012-11-08 19:55:40)
[en réponse à 650064]
Pourtant en me référant à Théo, l'encyclopédie catholique pour tous, il est écrit en introduction que les 11 premiers chapitres de la Genèse sont légendaires, et qu'il n'y faut y chercher aucune visée historique ou scientifique mais seulement la réponse donnée par les sages d'Israel à la question de toujours pourquoi l'homme ?
Alors historique ou uniquement spirituel ? et pourquoi ne pas se contenter uniquement de l'aspect spirituel qui evite de s'embarasser de l'éternel débat scientifique et historique pour ne se concentrer que sur l'aspect le plus important : le spirituel.

( 650100 )
Historicité de la Genèse par Ænigma (2012-11-12 08:09:22)
[en réponse à 650073]
Réponses de la Commission Biblique du 30 juin 1909 sur le caractère historique des premiers chapitres de la Genèse
324. Dubium 1 : Les divers systèmes exégétiques qui ont été conçus pour exclure le sens littéral historique des trois premiers chapitres du livre de la Genèse, et qui ont été défendus sous l’apparence de la science, s’appuient-ils sur un fondement solide ?
Réponse : Non.
325. Dubium 2 : Est-il possible, malgré le caractère et la forme historique du livre de la Genèse, le lien particulier qui existe entre les trois premiers chapitres et entre ceux-ci et les chapitres suivants, les multiples témoignages des Écritures aussi bien de l’Ancien que du Nouveau Testament, l’opinion presque unanime des saints Pères et l’opinion traditionnelle, transmise également par le peuple israélite, que l’Église a toujours tenue, d’enseigner que les trois chapitres précités de la Genèse ne contiennent pas des narrations de choses véritablement arrivées, c’est-à-dire qui correspondent à la réalité objective et à la vérité historique, mais sont soit des fables empruntées aux mythes et aux cosmogonies des peuples anciens et adaptées par l’auteur sacré à la doctrine monothéiste après expurgation de toute erreur polythéiste, soit des allégories ou des symboles dépourvus du fondement de la réalité objective et qui ont été proposés sous l’apparence de l’histoire pour inculquer des vérités religieuses et philosophiques, soit enfin des légendes pour une part historiques et pour une part inventées qui ont été composées librement en vue de l’instruction et de l’édification des âmes ?
Réponse : Non pour les deux parties.
326. Dubium 3 : Est-il possible en particulier de mettre en doute le sens littéral historique lorsqu’il s’agit de faits racontés dans ces mêmes chapitres qui touchent au fondement de la religion chrétienne, comme sont, entre autres, la création de toutes choses faite par Dieu au commencement du temps ; la création particulière de l’homme ; la formation de la première femme à partir du premier homme ; l’unité du genre humain ; le bonheur originel des premiers parents dans l’état de justice d’intégrité et d’immortalité ; le commandement donné par Dieu à l’homme pour éprouver son obéissance ; la transgression du précepte divin, à l’instigation du diable sous la forme du serpent ; la déchéance des premiers parents de cet état primitif d’innocence ; ainsi que la promesse du Rédempteur à venir ?
Réponse : Non.
Ou bien :
"Je crois et je professe que (...) tous les hommes qui sont nés et qui sont morts depuis Adam jusqu'à la consommation des siècles, ne sont pas nés d'autres parents qu'Adam lui-même et sa femme qui ont été créés par Dieu."
Pape Pélage I, 16 avril 556, Denzinger 441-443
Ou bien encore :
"Les fidèles en effet ne peuvent pas adopter une théorie dont les tenants affirment ou bien qu'après Adam il y a eu sur la terre de véritables hommes qui ne descendaient pas de lui comme du premier père commun par génération naturelle, ou bien qu'Adam désigne tout l'ensemble des innombrables premiers pères. En effet on ne voit absolument pas comment pareille affirmation peut s'accorder avec ce que les sources de la vérité révélée et les Actes du magistère de l'Église enseignent sur le péché originel, lequel procède d'un péché réellement commis."
Pie XII, Encyclique Humani Generis (1950)

( 650067 )
Vous dites par Jean Ferrand (2012-11-08 18:48:29)
[en réponse à 650058]
Vous dites qu'Adam et Eve furent les premiers hommes, donc ils furent les premiers homines sapientes puisque les préhominiens n'étaient pas de vrais hommes. En cela je suis entièrement d'accord avec vous.
Et les homines sapientes remontent, d'après les actuelles estimations, à environ 150 ou 200 mille ans, et ils sont nés en Afrique, d'où ils sont sortis il y a environ 100.000 ans pour essaimer dans le monde entier. L'Europe n'est peuplée d'homines sapientes, notre espèce, que depuis 30.000 ans environ.
Par contre vous faites erreur quand vous dites que l'homo neanderthalensis n'est qu'homo sapiens dégénéré. L'homo neanderthalensis est bien plus ancien que l'homo sapiens, et pourtant l'homo sapiens ne descend pas génétiquement de lui. Ce sont deux branches séparées de l'hominisation. Tous deux descendent séparément de l'homo habilis. Ils furent cousins éloignés. L'homo sapiens a progressivement éliminé l'homo neanderthalensis, mais quelques rares croisement auraient eu lieu entre les deux espèces.
D'après la foi catholique toutes les âmes, donc celles d'Adam et Eve, sont immédiatement créées par Dieu. Donc elles sont à l'image de Dieu et non du singe.
Je n'ai pas dit que l'homo sapiens descendait du singe mais d'un préhominien. Lui-même, le préhominien, descendait d'un animal inconnu qui fut le premier bipède, et donc pas un singe. Les singes sont quadrupèdes.
Il ne s'agit pas de faire dire à la Bible tout et n'importe quoi. Il s'agit seulement de la concilier avec la science moderne.
Jean-Paul II, je regrette, s'adressant ex officio à l'Académie pontificale, reste le magistère, même si ce n'est que le magistère ordinaire et non pas le magistère extraordinaire.
Mais je vous rappelle qu'on doit soumission déférente au magistère ordinaire, même s'il n'est pas en soi infaillible. J'ai bien dit que les déclarations de Jean-Paul II n'étaient pas des dogmes de foi.

( 649917 )
profession de Foi de Paul VI par jejomau (2012-11-07 07:37:40)
[en réponse à 649909]
Sur ce
LIEN.. Pour vous servir

( 649918 )
Paul VI par Jean Ferrand (2012-11-07 08:08:32)
[en réponse à 649917]
Paul VI a maintenu très fermement la foi catholique telle que professée par Trente, Vatican I et, sans rupture, Vatican II.
Mais curieusement, juste avant cette profession de foi, et dans le même discours du 30 juin 1968, Paul VI a prononcé des paroles à mon avis tout aussi importantes et qu'on omet. Elles ont trait à la philosophie première et à l'interprétation du thomisme. Elles ont manifestement été inspirées par Jacques Maritain qui était le conseiller de Paul VI.
"Il importe, à ce propos, de rappeler qu'au-delà de l'observable authentiquement vérifié, l'intelligence que Dieu nous a donnée atteint ce qui est, et non seulement l'expression subjective des structures et de l'évolution de la conscience."
L'intelligence de l'homme a conscience de l'être au-dela de l'apparence. Elle échappe donc à l'idéalisme. C'est une réaffirmation du réalisme thomiste.
A mon avis, mais là je puis me tromper, Paul VI prenait position pour l'interprétation 'maritainienne' du thomisme contre l'interprétation 'gilsonnienne', qui tendait vers l'idéalisme.
Que les spécialistes de la question n'hésitent pas à me reprendre et à me corriger.

( 650055 )
Texte français du Credo de Paul VI par Glycéra (2012-11-08 16:02:37)
[en réponse à 649909]

( 650103 )
Texte intégral par Jean Ferrand (2012-11-12 08:52:28)
[en réponse à 650055]
Texte intégral du discours de Paul VI, du 30 juin 1968, pour clôturer l'année de la foi.
ICI.