Le Forum Catholique
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( 649606 )
Égypte : l'évêque Tawadros choisi comme nouveau patriarche copte par Sam Gamegie (2012-11-04 11:46:58)
Sur
lepoint.fr
L'évêque Tawadros, 60 ans, a été choisi dimanche comme nouveau patriarche de l'Église copte orthodoxe d'Égypte par un jeune garçon aux yeux bandés qui a tiré son nom au sort dans un calice de verre au cours d'une cérémonie religieuse. L'évêque Pachomius, qui assure l'intérim depuis la mort de Chenouda III en mars, a pris le papier choisi par l'enfant et l'a présenté à la foule de fidèles réunis dans la cathédrale Saint-Marc du Caire en proclamant : "Évêque Tawadros".
Les deux autres papiers, portant les noms des deux autres candidats encore en lice - l'évêque Raphaël, 54 ans, du Caire et le moine Raphaël Ava Mina, 70 ans -, ont ensuite été montrés à la foule et aux caméras de télévision.
6 à 10 % des Égyptiens
Né Wagih Sobhy Bakky Soleiman dans la région de Mansourah, dans le delta du Nil, le nouveau patriarche a fait des études de pharmacie à Alexandrie avant de rejoindre le séminaire. Il a été fait moine en 1988 au monastère de Saint-Bichoy, dans la région de Wadi Natroun, haut lieu de la spiritualité copte, au nord-est du Caire, puis est devenu évêque en 1997. Considéré comme un proche de l'évêque Pachomius, Tawadros sera intronisé 118e patriarche de l'Église copte orthodoxe lors d'une célébration prévue le 18 novembre.
Les Coptes représentent de 6 à 10 % des 83 millions d'Égyptiens et leur Église remonte aux premiers temps de la chrétienté. Mais la montée de l'islamisme a renforcé leur sentiment d'inquiétude et leurs craintes de marginalisation.

( 649618 )
La vidéo de l'élection par Jean Ferrand (2012-11-04 13:40:36)
[en réponse à 649606]

( 649693 )
De Gratias! par le torrentiel (2012-11-05 01:38:26)
[en réponse à 649606]
Que l'Esprit-saint vienne en aide au patriarche copte (que je n'appelle volontairement pas "pape des coptes" ici)! qu'il protège sa communauté et oeuvre à la cohésion nationale. qu'il conforte ses frères dans la foi reçue de saint-Marc, selon l'antique tradition!

( 649698 )
Un enseignement par Jean Ferrand (2012-11-05 07:43:31)
[en réponse à 649693]
Un enseignement sur la nature de l'épiscopat est à retenir de cette nomination hors Eglise catholique.
Contrairement à l'élection du pape de Rome, aucune cérémonie d'acceptation n'est prévue. Etant donné que les prétendants sont candidats volontaires, ils sont censés accepter instantanément leur élection et ils reçoivent illico la plénitude de la juridiction épiscopale sur toute l'étendue de l'Eglise, le patriarcat, dont ils deviennent responsables.
Il en serait de même si l'élu n'était pas évêque. Cela aurait pu se produire car l'un des trois candidats n'était que moine et non évêque : il aurait reçu cependant la plénitude de la juridiction épiscopale dès l'instant de son élection sans attendre son ordination et son intronisation. Mais il aurait acquis la plénitude du sacerdoce avec toutes les fonctions sacramentelles qui lui sont afférentes, par imposition des mains, le jour de l'ordination.

( 649763 )
Un autre enseignement par le torrentiel (2012-11-05 19:59:28)
[en réponse à 649698]
Dans l'Eglise catholique, on ne saura jamais si le pape élu est un prétendant dissimulé ou s'il se sent "écrasé par la charge", comme une certaine fausse humilité le fait dire à chacun.
Je ne sais pas ce qu'il faut penser d'un pape qui ne serait pas prêtre. En tout cas, rappelons que, dans l'Eglise, il y avait des cardinaux qui étaient choisi parmi les laïcs. Il est regrettable que cette coutume soit tombée en désuétude.

( 649803 )
Il est arrivé souvent par Jean Ferrand (2012-11-06 09:31:10)
[en réponse à 649763]
Il est arrivé souvent dans l'histoire de l'Eglise qu'un non évêque ou un non prêtre fût élu à la chaire de saint Pierre. Prenez par exemple saint Léon Ier le Grand qui n'était que diacre.

( 649813 )
Il y a eu aussi un pape élu, décédé avant d'avoir été sacré évêque par Père M. Mallet (2012-11-06 10:48:09)
[en réponse à 649803]
Je ne sais plus qui.
Il est mort quelques jours ou semaines après son élection.
Entre-temps, il avait signé plusieurs documents juridiques, dont la valeur n'a jamais été contestée (ce qui est logique, car la valeur d'un document ne dépend pas du fait que plus tard l'intéressé sera ou ne sera pas sacré évêque : sinon, le document aurait été invalide - et le pape élu, ne pouvant pas l'ignorer, ne l'aurait pas signé).

( 649828 )
C'est le pape Etienne par Jean Ferrand (2012-11-06 13:53:27)
[en réponse à 649813]
A la mort du pape Zacharie, le 15 mars 752, on élut un saint prêtre pour le remplacer, Etienne, et on l'installa au Latran. Normalement le pape était consacré évêque le dimanche qui suivait son élection. Mais Etienne mourut au bout de trois jours sans avoir été consacré.
On choisit alors un diacre nommé aussi Etienne qui fut consacré évêque le 26 mars 752 et qui fut Etienne II.
Le premier de ces Etienne n'est pas compté habituellement dans la liste des papes, quoique certains historiens l'incluent, ce qui décale d'autant la numérotation des Etienne. En tous cas, il était parfaitement légitime.
Mais il faut savoir aussi que saint Grégoire le Grand a gouverné l'Eglise romaine pendant sept mois et demi sans être prêtre, sans être évêque et sans avoir accepté le pontificat !
En effet, à la mort du pape Pélage II, le 15 janvier 590, le diacre Grégoire fut élu pape par le peuple unanime et il prit aussitôt en main l'administration de l'Eglise romaine qui se trouvait alors dans la plus grande détresse.
Mais à l'époque l'ordination du pontife romain était soumise à la ratification de l'empereur byzantin. Or Grégoire, par humilité, envoyait des suppliques à l'empereur Maurice pour lui demander de ne pas souscrire à son élection.
La jussio impériale arriva enfin et Grégoire fut sacré évêque le 3 septembre 590. Il a donc bien gouverné l'Eglise sans être prêtre, sans être évêque et sans avoir accepté le pontificat.
C'est l'élection (légitime) qui fait le pontife (légitime).

( 649829 )
Question par Etienne (2012-11-06 14:40:30)
[en réponse à 649828]
C'est l'élection (légitime) qui fait le pontife (légitime).
Ou plutôt précision : êtes-vous sûr que ce n'est pas l'acceptation de l'intéressé, post élection, qui fait le pontife?

( 649832 )
Dans la Constitution par Jean Ferrand (2012-11-06 15:24:36)
[en réponse à 649829]
Dans la Constitution
Universi Dominici Gregis, de Jean-Paul II, toujours en vigueur, je lis ceci au numéro 70 :
"Si quelqu'un a recueilli les deux tiers des voix, il y a élection canoniquement valide du Pontife Romain."
C'est l'élection qui fait la validité (canonique) et la légitimité. Mais bien sûr, si l'élu refusait officiellement son élection, le conclave se poursuivrait. Le conclave ne s'achève qu'avec une élection acceptée.

( 649838 )
Donc... par Etienne (2012-11-06 15:42:29)
[en réponse à 649832]
...dans l'hypothèse d'un refus pendant le conclave, entre l'élection (légitime) et le refus de l'élu, l'Eglise a un pape? Et il ne s'agit dans cas pas d'un refus, mais d'une abdication, si on suit la logique jusqu'au bout?

( 649840 )
Canon 332 : confusion entre élection et obtention du pouvoir par Michel (2012-11-06 15:48:35)
[en réponse à 649832]
On en avait déjà discuté sur le FC.
Ces notions sont très délicates. Le Pape devient pape par l'ensemble :
"élection + acceptation"
ou "élection acceptée".
Can. 332 – § 1. Le Pontife Romain obtient le pouvoir plénier et suprême dans l’Église par l’élection légitime acceptée par lui, conjointement à la consécration épiscopale. C’est pourquoi, l’élu au pontificat suprême revêtu du caractère épiscopal obtient ce pouvoir dès le moment de son acceptation. Et si l’élu n’a pas le caractère épiscopal, il sera ordonné aussitôt Évêque.
Si l'intéressé n'accepte pas, il ne reçoit pas le pouvoir.
De même s'il demande un délai de réflexion...
...qui lui sera très probablement refusé (il avait le temps de réfléchir avant !).
Voir le "code annoté".

( 649843 )
Vos commentaires par Jean Ferrand (2012-11-06 16:17:43)
[en réponse à 649840]
Vos commentaires :
"Si l'intéressé n'accepte pas, il ne reçoit pas le pouvoir.
De même s'il demande un délai de réflexion...
...qui lui sera très probablement refusé (il avait le temps de réfléchir avant !)."
ne sont pas certains, et ne font pas partie du code.

( 649848 )
Election pontificale : il faut distinguer.... par Michel (2012-11-06 16:43:17)
[en réponse à 649843]
Si l'intéressé n'accepte pas, il ne reçoit pas le pouvoir.
...ça c'est une conséquence absolument nécessaire de ce que dit le code:
" C’est pourquoi, l’élu (...) obtient ce pouvoir dès le moment de son acceptation."
S'il n'accepte pas, il ne l'obtient pas, c'est logique, non ?
De même s'il demande un délai de réflexion...
Même chose : conséquence nécessaire du canon ; il demande un délai, et donc tant qu'il n'a pas accepté, il n'a pas le pouvoir.
...qui lui sera très probablement refusé (il avait le temps de réfléchir avant !)."
Cela, oui, n'est pas dans le Code.
Mais cela résulte clairement de la pratique de l'Eglise : on se souvient d'un camerlingue qui avait demandé à un élu (Pie XII ? Pie X ?...) s'il acceptait. Il répondit quelque chose comme "j'accepte cela comme une croix". Il insista, voulant un "oui" (ou : "j'accepte") tout court pour éviter tout risque de contestation.
Il est clair que si un élu demande un délai de réflexion, il aura aussitôt 1 camerlingue et 119 cardinaux qui vont le presser de donner une réponse immédiate.
Mais effectivement, ce point n'est pas dans le code...
Amitiés.
Michel.

( 649842 )
Adrien V, diacre, décédé 5 semaines après son élection en 1276 par Michel (2012-11-06 16:15:22)
[en réponse à 649813]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Adrien_V
Il n'a même pas été ordonné prêtre.
Le "Code annoté" (c. 332) rappelle qu'il a été habituel pendant des siècles d'élire un prêtre ou un diacre, et il précise :
"Les papes ont posé des actes juridictionnels concernant l'Eglise universelle dès le moment de leur élection [acceptée !], même lorsqu'ils n'avaient pas encore reçu l'ordre épiscopal."
Le canon 332 ne prétend pas trancher la question du point de vue théorique, mais donner la consigne d'ordonner sur le champ (...et là encore, c'est un peu théorique d'avoir 120 cardinaux tous évêques élisant un prêtre !).

( 649844 )
Exact par Jean Ferrand (2012-11-06 16:25:42)
[en réponse à 649842]
Exact et je vous rappelle (voir mon post ci-dessus) que saint Grégoire le Grand a gouverné l'Eglise romaine pendant sept mois et demi sans avoir accepté son élection, puisqu'il la déclinait officiellement dans ses missives à l'empereur byzantin qui avait un droit de jussio.

( 649808 )
Bien d'accord avec vous ! par Adso (2012-11-06 10:24:17)
[en réponse à 649763]
"Il est regrettable que cette coutume soit tombée en désuétude."
en ce sens que cela permettrait de distinguer de grands chrétiens d'une manière particulière, plutôt que par une médaille, que l'on sort que le temps d'une cérémonie
Cela dit, nous avons les gentilshommes de sa Sainteté ! Il faudrait peut être leur donner beaucoup plus de visibilité !

( 649703 )
Le nouveau pape a pris le nom de Théodore II par Jean Ferrand (2012-11-05 09:49:25)
[en réponse à 649606]
Tawadros veut dire Théodore. En conséquence le nouveau pape a pris le nom de Théodore II. Wikipédia toujours bien et immédiatement renseigné me l'apprend.