Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=649550

( 649550 )
C'est un garcon par Jean Ferrand (2012-11-03 20:04:15)
C'est un garcon, entre 5 et 8 ans, les yeux bandés, en tenue de diacre, qui le 4 novembre après une messe solennelle tirera au sort le nom du 118e successeur de saint Marc.
Blog Copte.

( 649552 )
Un garçon par Jean Ferrand (2012-11-03 20:15:57)
[en réponse à 649550]
Un garçon, bien sûr. Excuses.

( 649571 )
... qui tirera au sort le nom du futur Pape copte par Paterculus (2012-11-03 22:11:44)
[en réponse à 649552]
Pardonnez-moi, mon cher Jean Ferrand, mais votre titre fait penser à un faire-part de naissance, et j'ai failli passer à côté de votre information.
Votre dévoué Paterculus

( 649588 )
Faut-il que la succession de chénouda III soit difficile par le torrentiel (2012-11-04 04:51:01)
[en réponse à 649552]
et qu'il n'y ait pas seulement des soubresauts politiques en Egypte, mais aussi un dissensus interne, pour que la chaire de saint-Marc soit laissée au tirage au sort, au demeurant tout à fait apostolique, de la main innocente d'un petit "enfant mâle"?
Peut-on nier qu'il y ait dérive de "police parallèle", aussi bien des patriarcats libanais ou égyptiens, dans un contexte de persécution qui les explique en partie sans pour autant les justifier?
Il semble bien qu'au Liban d'une part, le rapport très concret de forces, dominé par la scission du pays en diverses zones d'influence plus ou moins paramilitaires, ne conduise le patriarcat maronite à une fonciarisation de ses revendications domaniales, en même temps qu'à une défense de la séparation confessionnelle des pouvoirs, tout à fait indéfendable pour la bonne marche d'un etat multiconfessionnel et néanmoins souverain. Bien sûr, l'exemple libanais montre moins qu'il ne constitue la limite de ce modèle pluriculturel ou pluriconfessionnel.
quant à l'egypte, il me semble qu'il y a eu sous chénouda III une vraie perte du prestige du pouvoir spirituel, perte inséparable de la surenchère qui accompagne toujours ces décadences du pouvoir, et qui a été perçu au premier chef par les compatriotes des coptes, ce qui n'arrange pas leurs affaires et leur situation.
Au risque de me lancer dans une analogie historique qui n'est peut-être pas de saison, mais qui peut tout de même se montrer éclairante en matière de prospective, et au risque de me faire plus de contempteurs que de supporters dans ce débat, je me demande si la stratégie de chénouda III n'a pas été, en moins juridique et en plus directement presque paramilitaire, la même que celle de saint Pie X en france au moment de la loi de séparation, refusant tout compromis, espérant par là sauvegarder la forme juridique ancienne de l'existence et du prestige de l'Eglise en france, sans voir le parti qu'il pourrait tirer de la forme des "associations cultuelles", qui auraient permis à l'eglise de france de tourner à son avantage le volet franchement anticlérical de la seconde partie de la loi de 1901 sur la liberté d'association, de façon que l'Eglise assume sa perte de pouvoir direct, mais avec le profit d'en devenir pour ainsi dire une "association publique de fidèles", dotée d'une vraie parole publique, tandis que l'Etat prétend inféoder aujourd'hui la Conférence des evêques de France à un statut de corps intermédiaire subordonné, à la parole purement consultative, donc dépourvue de poids réel.
En Egypte où l'on n'est pas encore blasé du merveilleux par lequel dieu peut confirmer quand il Lui plaît la foi des fidèles, il y aurait eu appparemment aussi rupture de la chaîne thaumaturgique, de sorte qu'un Nasser, reconnaissant au prédécesseur de chenouda III pour la guérison d'un de ses enfants, n'aurait plus pu se dresser pour la défense des coptes, de leur liberté de culte et de l'apport qu'ils constituaient pour l'egypte tout entière. Mais certain liseur qui vit en egypte pourra infirmer ou confirmer mes dires.
La leçon pour la chrétienté me semble être que ces patriarcats comme nos propres épiscopats, pressés par le péril, sont tentés de sauver les meubles et de se comporter en gestionnaires de patrimoine, y compris spirituel (cf le film "Marie, les coptes et moi" dont j'espère ne pas travestir le titre). Toujours est-il que ce "sauve qui peut" ne s'avère pas payant, ni n'éloigne le péril, s'il pare au plus pressé et le conjure dans le premier moment. L'admiration rétrospective d'un aristide Briand pour saint Pie X relevait peut-être du billard à trois bandes, dont la dernière est aujourd'hui l'exploitation étatique de la conférence episcopale aux propres fins gouvernementales et sous condition que soit implicitement reconnu que la loi civile précède la loi religieuse et que la foi relève de la sphère privée, même si une liberté de procession reste accordée pour la forme, au titre de la "liberté de manifestation" encadrée par une autorisation préfectorale, pourvu qu'on ne touche pas aux vaches sacrées du laïcisme!
Bien sûr, le péril en egypte est plus imminent, mais il n'est pas impossible que la stratégie d'un chénouda III, qui a recherché la protection d'un pouvoir qui n'était que modestement décidé à la lui accorder, ait rapproché ce péril plus qu'il n'a contribué à l'éloigner.
Conclusion: on ne gagne jamais rien à se compromettre avec l'injustice. et il vaut mieux reconnaître sa situation de faiblesse et de marginalité réel, pour s'assurer une reconquête offensive et paradoxalement d'autant plus pacifique, plutôt que de passer son temps à présenter le visage d'une chrétienté sur la défensive, moins une défensive évangélique qu'une défense de ses avoirs et valeurs, au propre et au figuré, et en dernière analyse.
Cela vaut y compris pour nos chrétientés en situation de persécution symbolique, et cela doit être dit avec prudence, avec la conscience que l'éloignement permet cette parole détachée, mais surtout dans une solidarité complète avec ces chrétientés lointaines et rien moins que métaphoriquement menacées et persécutées.

( 649595 )
Il ne semble pas par Jean Ferrand (2012-11-04 08:42:09)
[en réponse à 649588]
Il ne semble pas que la succession de Chenouda III soit particulièrement difficile. Elle se déroule de façon très traditionnelle et dans un climat très serein, et apaisé, au sein de la communauté copte "orthodoxe". Ce qui n'empêche pas les troubles de la part des extrémistes musulmans. Un village copte a encore été attaqué récemment. Une jeune fille copte a été enlevée pour être convertie de force et mariée à un musulman.

( 649691 )
Dans un climat apaisé? par le torrentiel (2012-11-05 01:09:50)
[en réponse à 649595]
Sauf erreur, c'est au moins la deuxième fois que l'élection est reportée avec de vastes écarts calendaires, et cela ne me paraît pas courant dans la tradition de l'élection du pape des coptes.

( 649642 )
Inféodation de la CEF au gouvernement ? par Paterculus (2012-11-04 18:38:16)
[en réponse à 649588]
J'ai peut-être mal compris votre intervention, mais je ne crois pas que le gouvernement ait un réel pouvoir sur la conférence des évêques de France.
S'il paraît y avoir une inféodation, elle vient de la fascination éprouvée par la majorité des évêques envers une modernité mal comprise, qui inclurait le laïcisme. Cette fascination s'explique sans doute en partie par la proportion d'évêques acquis aux idéaux de la Franc-Maçonnerie.
Mais je ne vois pas qu'il y ait inféodation structurelle de la CEF au gouvernement. Les évènements récents le montrent.
Il y a certes des intimidations, en particulier par le biais des médias payés par l'Etat, mais je crois qu'institutionnellement les évêques sont libres. Leur responsabilité est totale dans le silence des dernières décennies.
VdP

( 649692 )
Inféodation suggestive... par le torrentiel (2012-11-05 01:27:23)
[en réponse à 649642]
L'eglise, Dont le Maître a situé la source du pouvoir comme venant d'En Haut, répugne à être un contre-pouvoir ou, pire encore, pas de pouvoir du tout dans la société.
L'"inféodation suggestive" obéit à cette fascination du pouvoir et à une volonté de toujours avoir l'oreille des puissants, quand ce serait pour ne pas en être entendue.
Le ralliement au régime en place, la troisième République, obéit à cette logique d'"inféodation suggestive", avec le désaveu que l'on sait.
Mais même le cal vingt-trois se référant à Jules ferry dans sa toute récente intervention lourdaise continue de se situer dans cette "inféodation suggestive", , quelques critiques du gouvernement que le prélat se soit permises, se sentant en effet dans une impunité institutionnelle, puisque les coups de pied de l'âne de la CEF ne la feront jamais exclure des consultations gouvernementales.
Et si le cal vingt-trois a mis tant de formes à ne pas appeler à une manifestation des catholiques contre le mariage gay qu'il dénonçait par ailleurs comme reposant sur une "supercherie", c'est encore dans l'espoir que le "débat national" auquel il appelait ne serait pas pollué par l'intervention intempestive des fidèles, et se déroulerait entre gens de bonne compagnie, au plus haut niveau, dans un cénacle auquel il participerait, en sa qualité de Président de la conférence des evêques de france, lui et quelques confrères, éminents spécialistes... du mariage et de l'adoption, enfin bref, de la famille.

( 649721 )
finalement comme il disait à d'autres occasions par blamont (2012-11-05 12:48:25)
[en réponse à 649692]
cela doit se régler entre mandatés.
les idiots seraient capables de provoquer des effets par sympathie incongrue.