En septembre 2007, Mary Kraychy décomptait 235 messes dominicales régulièrement offertes selon le missel de 1962 aux États-Unis. Cinq ans plus tard, ce nombre est passé à 475 (soit 240 célébrations supplémentaires). « Nous avons vu une augmentation lente mais régulière du nombre de messes traditionnelles dominicales jusqu’en septembre 2007 mais, depuis, l’augmentation est devenue rapide et tout aussi régulière. Si vous prenez la précédente période de cinq ans (2002-2007), l'accroissement net de messes dominicales était de 55 célébrations nouvelles, tandis que l'accroissement net de ces cinq dernières années est de plus de 240 célébrations », explique-t-elle.
Si l'on y ajoutait les messes de semaine, les chiffres seraient encore plus impressionnants !
1 ) Des sondages effectués auprès des fidèles aux États-Unis donnent les mêmes résultats que chez nous : un tiers au moins des catholiques pratiquants y aspirent à un retour à la liturgie traditionnelle ! Voilà pourquoi aux États-Unis comme chez nous, la forme extraordinaire connaît un grand succès lorsque les fidèles y ont accès....... À ceci près : aux États-Unis les pasteurs sont plus pragmatiques et donc moins « totalitaires »
2 ) (celà)symbolise toute la différence entre une Église ouverte et soucieuse d’évangélisation et une Église frileuse et figée dans ses carcans idéologiques..... On pourra également relever le fait qu’aux États-Unis, plusieurs évêques ont fait une véritable place à la forme extraordinaire du rit romain au sein même de leurs séminaires diocésains (célébrations régulières de la forme extraordinaire, apprentissage pour les séminaristes diocésains de la forme extraordinaire...).
3 ) On sent .... un grand souci ... de charité et de profond désir de « réconciliation » : c’est sans doute un aspect de la promotion de la forme extraordinaire du rit romain trop souvent négligé de ce côté-ci de l’Atlantique.
4 ) À Rome, tous les indicateurs indiquent un rôle toujours plus sensible du catholicisme américain dans les organes de décision de l’Église. Sans aller jusqu’à former l’hypothèse que la Curie de demain sera " américano centrée ", il est évident que le poids des Églises d’Europe va diminuant. Du point de vue de la réconciliation paroissiale et de la paix liturgique, on ne peut que se réjouir de l’exemple américain. Tel est bien en tout cas ce qui ressort du bilan de l’application de Summorum Pontificum aux États-Unis, où pédagogie et enthousiasme priment sur les passions idéologiques et où il est désormais probable que la forme extraordinaire sera bientôt présente dans toutes les paroisses du pays, au grand profit spirituel des prêtres et des fidèles
On trouve encore, dans de très nombreuses paroisses, des clercs partisans d’une liturgie « a-transcendantale » et concepteurs d’une Eglise composée de communautés toutes plus ectoplasmiques les unes que les autres.
Ils n’y peuvent rien : leur façon de concevoir la foi catholique est le résultat du « formatage » qu'ils ont dû subir dans les séminaires diocésains durant les années 1970-90. Leurs façons de célébrer l’Eucharistie en adaptant les rites aux dernières lubies à la mode relèvent pas d’une théologie mais d’une idéologie. Ces clercs sont proprement devenus des idéologues et c’est pour cette raison qu’il est totalement inutile de vouloir discuter avec eux : avec eux on ne peut rien faire, car il n’y a rien à faire.
Le dialogue est totalement impossible car on se situe sur deux plans ontologiquement différents : quand on essaie de leur parler de l’Eglise ou de la liturgie, les mots qu’on emploie n’ont plus le même sens dans leur esprit. Ils ne les comprennent plus dans le sens « catholique » car à coups de recyclages et de sessions, ils ont été rendus incapables de se défaire de leur idéologie quand bien même on leur fait constater la stérilité de leur pastorale.
Que faut-il faire dans ces conditions ? Réponse : construire du neuf et du solide - du vraiment « catholique » - sans plus se soucier de ce que pensent les idéologues et leurs groupies qui ont la mainmise sur les paroisses, sur la liturgie, sur la catéchèse. Car comme l’a dit le Cardinal Ratzinger : « on ne peut pas attendre d’un idéologue qu’il se convertisse ; il faut attendre on attend qu’il disparaisse ».