Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 647407 )anniversaire du Concile : la trahison.... par jejomau (2012-10-12 18:52:50) 

L'Accord de Metz est intervenu le 13 août 1962. Jean Madiran rapelle que l’accord de Metz a été découvert tardivement, du fait d’une volonté minutieuse de le dissimuler, de la part des media :

On était à deux mois de l’inauguration du Concile Vatican II, lorsqu’a été stipulé dans cette ville française un accord entre le cardinal Tisserant et l’archevêque orthodoxe, Monseigneur Nicodème. On a découvert par la suite que ce dernier était un espion à la solde des Soviétiques. L’accord, en effet, prévoyait que le Kremlin permette d’envoyer au Concile quelques représentants de l’Église orthodoxe en échange de la promesse d’un silence total sur le communisme.


L’accord de Metz, d’après Malgieri, a permis à la culture communiste de «pénétrer dans les murs du Vatican, conditionnant toute l’Église» et causant «de graves conséquences, y compris dans la société civile», de par le sécularisme de masse dont nous supportons aujourd’hui les conséquences au plus haut degré.



Il suffit de se reporter aux récentes déclarations du pape Benoît XVI condamnant le sécularisme actuel pour constater cette vérité longtemps niée.... "Les Pères conciliaires entendaient présenter la foi de façon efficace. Et s’ils se sont ouverts dans la confiance au dialogue avec le monde moderne c’est justement parce qu’ils étaient sûrs de leur foi, de la solidité du roc sur lequel ils s’appuyaient. En revanche, dans les années qui ont suivi, beaucoup ont accueilli sans discernement la mentalité dominante, mettant en discussion les fondements même du depositum fidei qu’ils ne ressentaient malheureusement plus comme leurs dans toute leur vérité"( lien )

L.M écrit encore :

Cet accord «mettait en circulation une fausse monnaie : l’idée que le communisme pouvait être domestiqué». Les hiérarchies ecclésiastiques des années conciliaires ont ensuite commis l’erreur de se compromettre avec l’ennemi........ Les Pères du Concile se sont illusionnés de pouvoir, par l’accord de Metz, «adoucir les persécution anti-chrétiennes qui se déroulaient derrière le Rideau de Fer, alors que le résultat fut qu’elles n’ont fait que s’accroître», comme l’a noté Malgieri.


Les propos qui suivent sont prohétiques :

L’Ostpolitik du Vatican des ces années-là «encourageait la docilité à l’égard de toutes les manifestations du monde moderne, dont le communisme représentait– comme l’a souligné de Mattei – la plus nette expression». Au cours de ces années, certains souhaitaient directement mettre un «terme à l’ère de Constantin» au cours de laquelle l’Église, «au lieu de progresser dans Son Évangélisation, comme cela s’était passé à partir de la conversion de Constantin, cédait à l’esprit du monde, et s’y subordonnait». Or, en fin de compte, le Concile a péché par manque de vision à long terme, dans la mesure où, dans son ambition d’accueillir – comme cela est manifesté de façon particulièrement claire dans Gaudium et Spes – l’«esprit de notre temps», «il n’a pas su voir venir la crise de la modernité qui devait, quelques années plus tard, engendrer Mai 68»



C'était exactement ce que dénonçait Mgr Lefebvre lors de son intervention devant les Pères du Concile à propos du texte concernant la Liberté religieuse :

"Une autre conséquence grave sera l’amenuisement du rôle capital des missions et du zèle à évangéliser les païens et les non-catholiques"(lien)


Et c'est exactement ce que souligne aussi avec force le cardinal Peter Erdö, archevêque de Budapest en Hongrie et président du Conseil des conférences épiscopales d'Europe... 50 ans plus tard :

«Dans la plus large partie du continent, c'est l'ignorance à propos de la foi chrétienne qui se répand», avec «une perte de la mémoire et de l'héritage chrétiens»



images/icones/livre.gif  ( 647409 )L'école de Bologne s'est-elle jamais rendue à l'évidence? par Eucher (2012-10-12 19:28:07) 
[en réponse à 647407]

En tout cas la "summa" de cette école historiographique, dans sa version anglaise dirigée par le R.P. Komonchak, et écrite par lui dans le passage cité ici-bas, nie catégoriquement qu'un tel accord ait jamais été conclu, et en attribue la fabrication de toutes pièces à l'imaginaire complotiste des intransigeants:


It [i.e. la décision de Moscou d'envoyer des représentants au concile] also gave rise to the unsubstantiated claim, still repeated today, particularly by the intransigent press, that the sending of observers by Moscow was made dependent upon a formal promise given by Tisserant and/or Willebrands that the Council would refrain from condemning Communism . . .



Il cite Romano Amerio, Iota unum comme presse "intransigeante", et puis V. Carbone, "Schemi e dicussioni sull' ateismo e sul marxismo" et Riccardi, Il Vaticano e Mosca, 277-85.
C'est dans Giuseppe Alberigo et J. Komonchak, History of Vatican II, vol. 1 Announcing and Preparing Vatican Council II: Toward a New Era in Catholicism (Leuven: Peeters, 1995), 326, note 550.
images/icones/neutre.gif  ( 647412 )OBSERVATION HISTORIOGRAPHIQUE par Aigle (2012-10-12 20:14:05) 
[en réponse à 647409]

l'école de bologne ne nie rien du tout : elle relèev simplement que seuls les mileux tradis évoqunt un tel un acord - san sdire exressis verbis qu'il n'a jamais existé. Entre nous je comprends bien que des concessions aient du être faite à Moscou pour que les évêques des pays soumis au communisme puissent sortir mais n'ayant pas lu le livre de Madiran, j'aimerais connaître les preuves précises dont il dispose à propos de cet accord.

Par ailelurs qu'un évêque orthodoxe soviétique autorisé à voyager à l'Ouest soit un agent du KGB semble presque une évidence - mais Don heri pourrait en dire plus certainement.
images/icones/jaune.gif  ( 647415 )Oui ? par XA (2012-10-12 20:17:42) 
[en réponse à 647412]

Merci de ne pas publier de titre en lettres majuscules, surtout quand cela ne se justifie pas.

XA
images/icones/neutre.gif  ( 647416 )mille excuses par Aigle (2012-10-12 20:19:11) 
[en réponse à 647415]

c'est une faute de frappe !

comment corriger ?
images/icones/neutre.gif  ( 647443 )je n'avais pas fait attention à cela par Luc Perrin (2012-10-12 22:53:10) 
[en réponse à 647409]

mais pourtant il est clair qu'il y a eu accord au moins tacite entre l'Eglise orthodoxe de Moscou et Rome sur ce point sous Jean XXIII.
C'était la condition de la participation soviétique et les faits montrent que ce fut ainsi.

Aucune condamnation : principe de Jean XXIII. La pétition contre le communisme fut lancée par la Minorité après la mort du pape : Mgr Sigaud le dit explicitement ; du vivant du pape, c'était exclu.

Tout indique aussi que Nicodème avait des comptes à rendre au KGB : le Parti surveillait étroitement la hiérarchie orthodoxe dans les pays du bloc socialiste, c'est un fait connu.

Y-a-t-il un accord formel et une rencontre secrète pour le matérialiser ? Là je n'en sais rien et je n'ai pas lu l'opus de J. Madiran à ce propos.

Mais la simple chronologie et l'énoncé des faits en 1962-1963 confortent l'idée d'un accord au moins tacite.
Rappelons que Constantinople au départ refuse l'invitation : pour avoir des Orthodoxes, il fallait en passer par les conditions des Russes. Ajoutons que la visite d'Adjoubei le gendre de M. K. et sa femme avait été âprement négociée et nombreux étaient les cardinaux de Curie très hostiles à cela.

Enfin les contorsions entre grands principes et la diplomatie pontificale la plus sinueuse ne sont pas l'apanage de Roncalli.
Je viens de revoir Léon XIII faisant ami ami avec le tsar qui persécutait les Polonais catholiques au même moment. Quant à Jean-Paul II, il a soupé avec de nombreux diables : Baby Doc, Marcos et sa femme, Pinochet, Castro.
images/icones/fleche3.gif  ( 647477 )cet accord par jejomau (2012-10-13 10:39:21) 
[en réponse à 647443]

selon mon avis tout personnel (et parfaitement criticable) ne remet pas forcément en cause les grands textes de Vatican II. On en voudra pour preuve que Jean-Paul II d'abord avec le premier "motu proprio" puis Benoit XVI avec "summorum pontificum" , la levée des excommunications, sa vision de l'herméneutique de la continuité, les accords presque aboutis avec la FSSPX, et le lancement de l'Année de la Foi indiquent que Vatican II contient les éléments suffisants pour indiquer le Nord.

En fait cet Accord, à mon avis toujours, montre que la plupart au sein de l'Eglise avait entériné la naissance du bloc soviétique comme une certitude à l'époque.. reléguant la prophétie de Notre-dame à Fatima au rang de fable imaginaire.
C'est pourquoi l'effondrement de l'URSS doit être rappelé comme un fait inouï... pour les membres dirigeants de l'Eglise qui vont prendre conscience que Dieu vient à nouveau de s'inviter dans l'histoire des hommes.

Il est à penser que plus vite, nos évêques (particulièrement en France puisqu'ils ont "gauchisé" leur pensée et leur discours depuis des dizaines d'années, ce qui est la marque même du sécularisme) dans leur ensemble en seront vraiment conscients, plus rapidement la restauration de l'Eglise se fera. C'est bien le Nord que la "boussole Eglise" finira par indiquer avec le temps..
images/icones/carnet.gif  ( 647479 )bien sûr que cela n'a eu aucune conséquence réelle par Luc Perrin (2012-10-13 11:06:12) 
[en réponse à 647477]

puisque Gaudium et spes contient un long développement qui repousse "l'athéisme systématique" avec une description précise qui vise nettement tous les régimes communistes du temps et jusqu'à aujourd'hui.

"Parmi les formes de l’athéisme contemporain, on ne doit pas passer sous silence celle qui attend la libération de l’homme surtout de sa libération économique et sociale. À cette libération s’opposerait, par sa nature même, la religion, dans la mesure, où, érigeant l’espérance de l’homme sur le mirage d’une vie future, elle le détournerait d’édifier la cité terrestre. C’est pourquoi les tenants d’une telle doctrine, là où ils deviennent les maîtres du pouvoir, attaquent la religion avec violence, utilisant pour la diffusion de l’athéisme, surtout en ce qui regarde l’éducation de la jeunesse, tous les moyens de pression dont le pouvoir public dispose." (Gaudium et spes n°20-2)


Pas beaucoup aussi d'influence, qu'à la marge, sur l'Église orthodoxe russe ni pendant le soviétisme (c'est logique) mais surtout depuis 1991 comme Jean-Paul II en a fait l'expérience plutôt amère.

Le voyage d'un pape à Moscou n'a toujours pas eu lieu ... 50 ans après l'arrivée des Observateurs orthodoxes russes à Vatican II.

ps. quelques signaux positifs ont été donnés par le nouveau patriarche Kyrill mais ...