À la veille de ma visite on a parlé plusieurs fois d’un don œcuménique de l’hôte, que l’on attendait d’une telle visite. Il n’est pas nécessaire que je spécifie les dons mentionnés dans ce contexte. À ce sujet je voudrais dire que ceci, me semble-t-il, constitue une mauvaise compréhension politique de la foi et de l’œcuménisme. Quand un Chef d’État visite un pays ami, généralement, des contacts entre les instances précèdent, pour préparer la passation d’un ou même de plusieurs accords entre les deux États : dans l’évaluation des avantages et des désavantages on arrive au compromis qui, à la fin, apparaît avantageux pour les deux parties, si bien qu’ensuite le traité peut être signé. Mais la foi des chrétiens ne se base pas sur une évaluation de nos avantages et désavantages.
Notre foi commune, proclame que la justification est l'oeuvre du Dieu trinitaire. Le Père a envoyé son Fils dans le monde en vue du salut du pécheur. L'incarnation, la mort et la résurrection du Christ sont le fondement et le préalable de la justification... Nous confessons ensemble : c'est seulement par la grâce par le moyen de la foi en l'action salvifique du Christ, et non sur la base de notre mérite, que nous sommes acceptés par Dieu et que nous recevons l'Esprit Saint qui renouvelle nos coeurs, nous habilite et nous appelle à accomplir des oeuvres bonnes...
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pour la première fois, des Eglises en rupture de communion depuis des siècles pour de graves divergences doctrinales retrouvaient la capacité de dire la foi chrétienne d'une seule voix.
Les yeux se sont ouverts sur ce qui n'avait pas été bien vu lors de la Réforme, à savoir qu'entre catholiques et luthériens il y a une part considérable de convictions communes
De graves différences empêchent encore de rétablir la communion, mais on est devenu capable de s'expliquer.
On en arrive ainsi à la persuasion de l'existence d'un consensus dans les vérités fondamentales concernant la doctrine de la justification. Ce consensus est " différencié ", il admet les différences. La justification ne relève pas de la même approche chez les catholiques et chez les luthériens en raison des traditions et des points de vue confessionnels respectifs
Un grand pas a été fait, mais pas au point d'adopter une confession de foi commune
Les catholiques ne rejettent plus l'affirmation luthérienne condamnée à Trente que le justifié a la " certitude de son salut ".
Les catholiques ne rejettent plus l'affirmation luthérienne condamnée à Trente que le justifié a la " certitude de son salut "