Le Forum Catholique

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images/icones/croix.gif  ( 646671 )Monseigneur Dominique Rey Evêque de Fréjus-Toulon, en France, a annoncé une importante conférence internationale sur la sainte Liturgie qui aura lieu à Rome du 25 au 28 Juin 2013. par XA (2012-10-06 11:39:37) 

SACRA LITURGIA 2013
CULMEN ET FONS VITÆ ET MISSIONIS ECCLESIÆ

ROME: JUNE 25-28, 2013
Toulon, France, le 2 Octobre 2012:
Monseigneur Dominique Rey Evêque de Fréjus-Toulon, en France, a annoncé une importante conférence internationale sur la sainte Liturgie qui aura lieu à Rome du 25au 28 Juin 2013.
La conférence rassemblera un grand nombre de conférenciers de renommée Internationale tels que les Cardinaux Ranjith et Burke, l’Archevêque Di Noia, Mgr Mark Aillet, Mgr Guido Marini et Mgr Andrew Burnham.
« La sainte Liturgie est au centre de la nouvelle évangélisation » déclara Mgr Rey, insistant sur le fait que « La liturgie était la source et le sommet de la vie et de la mission de l'Eglise. C'est pourquoi, pour l'Année de la Foi, nous désirons poursuivre l’intérêt que suscita notre conférence sur l'adoration eucharistique (Adoratio 2011) en en proposant une autre traitant spécifiquement de la liturgie et de la formation liturgique comme point de départ pour la nouvelle évangélisation. En cela, nous suivons l'exemple du Saint-Père, dont l'enseignement et l'exemple persistent à souligner le rôle fondamental et unique de la Sainte Liturgie dans tous les aspects de la vie de l'Église et de sa mission. »
Sacra Liturgia 2013 se tiendra au centre de Rome, à l'Université Pontificale de la Sainte Croix et comprendra plus de seize conférences ainsi que la célébration solennelle de la Messe dans les formes ordinaires et extraordinaires du rite romain. Ce colloque s'ouvrira et se terminera avec la célébration solennelle des Vêpres. Environ 300 participants y sont attendus. Les inscriptions pour l'ensemble de la conférence débuteront en Janvier et également à partir de Pâques. Une traduction simultanée des présentations sera disponible en anglais, français, allemand, italien et espagnol.
Mgr Rey remercie encore les sponsors, Ignatius Press, les Chevaliers de Colomb, le CIEL Royaume-Uni et Human Life International: « Leur encouragement appuyé d’un solide apport financier a permis de donner naissance à cette heureuse initiative ; Un soutien supplémentaire est nécessaire, en particulier en vue de subventionner la participation des élèves à cet événement important. »
Les participants à la conférence envisagent de rejoindre le Saint Père à l’occasion de la célébration de la Solennité des saints Pierre et Paul en la Basilique St Pierre, dans la matinée du samedi 29 Juin.
FIN.

ANNEXE: Liste des conférenciers et des sujets.



Liste des conférenciers et des sujets
Le Cardinal Malcolm Ranjith - "La Sainte Liturgie, culmen et fons vitæ et Missionis Ecclesiae"
Le Cardinal Ranjith est un ancien secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin, il est Archevêque de Colombo, au Sri Lanka.
Le Cardinal Raymond Leo Burke – “Le droit liturgique dans la Mission de l’Eglise »
Le Cardinal Burke est l’ancien Archevêque de St Louis dans le Missouri USA, et Préfet du tribunal suprême de la Signature Apostolique à Rome.
Mgr L’Archevêque Augustin Di Noia OP “L’usus antiquior” dans la mission de l’Eglise au XXIeme siècle Mgr L’Archevêque Di Noia est un ancien secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin et Vice-Président de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, à Rome.
Mgr Dominique Rey – “Introduction et mot d’accueil” Mgr Rey est en France, l’Evêque du diocèse Fréjus-Toulon
Mgr Marc Aillet, (Communauté Saint Martin) – “ La Sainte Liturgie et les Communautés Nouvelles “ Mgr Marc Aillet est en France, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Le Père Abbé Jean-Charles Nault OSB – « La Sainte liturgie, fondement de la vie religieuse » Le Père Abbé Nault est en France, le Père Abbé de l’Abbaye de Saint -Wandrille
Mgr Guido Marini – “Ars celebrandi dans la Sainte liturgie” Mgr Marini à Rome, est le Maître des cérémonies liturgiques Papales.
Mgr Ignacio Barreiro Carámbula – “La Sainte liturgie et la protection de la vie humaine » Mgr Barreiro, est Directeur exécutif du Bureau International Romain de « la Vie Humaine »
Mgr Andrew Burnham – “La sainte Liturgie et l’Unité Chrétienne”
Mgr Burnham est en Angleterre, l’ancien Evêque Anglican de Ebbsfleetand et adjoint de l’Ordinaire de l’Ordinariat de Notre Dame de Walsingham
Don Nicola Bux – “Catéchèses liturgiques” Don Nicola est prêtre de l’Archidiocèse de Bari, et professeur de liturgie Orientale et de théologie sacramentelle.
Dr Guido Rodheudt –« Pastorale liturgique et mission de l’Eglise dans les paroisses. »
Dr Rodheudt est un prêtre du diocèse d’Aix la Chapelle, il est curé de la paroisse Sainte Gertrude à Herzogenrath en Allemagne.
Fr Paul Gunter OSB – “Formation Académique dans la Sainte Liturgie”
Fr Gunter est professeur à l’Institut Pontifical Liturgique de Saint Anselmo à Rome et consulteur du Bureau des Célébrations liturgiques du Souverain Pontife, et secrétaire du Département pour la vie chrétienne et du culte de la Conférence Episcopale d’Angleterre et du Pays de Galles.
Père Uwe Michael Lang, Cong. Orat. – “L’Art Sacré et l’Architecture au service de la Mission de l’Eglise.”
Le Père Lang est un prêtre de l’Oratoire de Londres, consulteur du Bureau des Célébrations liturgiques du Souverain Pontife, et un ancien fonctionnaire de la Congrégation pour le Culte Divin.
Dom Alcuin Reid – “Sacrosanctum Concilium » et la formation liturgique” Dom Alcuin est un moine du monastère Saint Benoît en France, dans le Diocèse de Fréjus-Toulon.
Dr Gabriel Steinschulte – ”La musique liturgique et la Nouvelle Evangélisation. »
Dr Steinschulte est le Vice-President de “Consociatio Internationalis Musicae Sacrae “et directeur de « Schola Cantorum Coloniensis »Allemagne.
Professor Miguel Ayuso – “La Sainte Liturgie, au Coeur de la Vie et de la Mission de la Famille »
Professeur Ayuso est un professeur en Science Politique et de droit constitutionnel à l’Université Pontificale Comillas en Espagne, et Président de l'Union internationale des juristes catholiques.
Mr Jeffrey Tucker – “L'Apostolat liturgique et Internet “ M. Tucker est le fondateur du blog « Café Chant » et rédacteur en chef de la revue Musique Sacrée.

Plus d'informations sur http://sacraliturgia2013-france.com/
images/icones/hein.gif  ( 646685 )questions portant sur les réformes conciliaires par jejomau (2012-10-06 15:21:32) 
[en réponse à 646671]

Je me pose quelques questions depuis quelques temps et je vous les soumets:

- Doit-on penser que la perte du sens du sacré dans la Liturgie induit une perte de la Foi d'où l'effondrement de la pratique et de celui des vocations ?

- Ou faut-il penser que c'est la perte de la Foi qui implique une perte du sacré dans la célébration de la Sainte Messe ?

Dans le premier des cas, il s'agirait donc de porter tous ses efforts sur la Liturgie pour résoudre ce grave problème et l'on peut penser que c'est l'idée directrice de Rome. On rapellera par exemple que Dom Bernard Botte qui fut l'un des artisans de la réforme liturgique conciliaire disait que :

Il a été dès l’origine un mouvement d’idée inspiré par une certaine vision du mystère de l’Eglise, et il a exercé une grande influence sur la théologie


En disant ceci, il indique l'importance que revêt l'expression de la Liturgie sur l'augmentation de la Foi.

Je constate que pour la FSSPX, celà est loin de suffire. Celà semble montrer pour elle que l'aspect doctrinal est beaucoup plus important. Par conséquent, pour elle, on est en droit de penser que c'est "la perte de la Foi qui implique la perte du sacré dans l'expression Liturgique".

On aurait là - dans l'approche de cette question - le point de désaccord fondamental entre Rome et la fraternité finalement, non ?



images/icones/fleche2.gif  ( 646697 )Eléments de réflexion par Philippilus (2012-10-06 17:57:27) 
[en réponse à 646685]

Vous nous présentez un dilemme cause/conséquence entre la Foi et la liturgie. Il me semble que les deux sont concomitants.


En ce qui concerne la FSSPX, vous résumez un peu rapidement ses positions à celles les plus fortement affirmées actuellement. ceci se comprend, mais il ne faut pas faire fi d'une quarantaine d'années d'arguments sur et contre la réforme liturgique, centrés sur l'adage: "Lex Orandi, Lex Credendi", et largement diffusés dans la FSSPX . Cet argument permit d'expliquer que la nouvelle messe allait amener nécessairement une nouvelle religion. Je suis souvent impressionné d'en voir la pertinence, et le caractère prophétique, au vu d'affirmations tranquilles, et de pratiques, répandues au milieu du "peuple de Dieu" post-conciliaire présentant comme des évidences des affirmations contraires à la Tradition de l’Église, jusque sur ce forum.

Réciproquement, cet adage implique que le retour à la liturgie Tridentine va certainement rapprocher ceux qui y participent de la foi et de la pratique traditionnelle:
Comment un prêtre qui dira quotidiennement dans le canon Tridentin "atque ab aeterna damnatione nos eripi" peut-il croire que l'enfer est vide ? Comment un prêtre qui se purifie les doigts dans la Lavabo et garde pouce et index joint à partir de la consécration peut-il envisager la communion dans la main comme une "option" ?

Je pense, (mais ne puis le démontrer) que l'exclusivisme de la FSSPX est liée à la crainte de voir les fidèles partir en tout sens, et perdre la Foi à défaut d'une boussole pour garder le cap dans la tempête. Bref, à un souci pastoral et pragmatique. On ne peut pas s'appuyer si fermement sur le concile de Trente et oublier l'"ex opere operato", au profit de l'"ex opere operantis", sauf à sombrer dans une complète incohérence. Nous n'en sommes pas là.

Philippilus


images/icones/fleche2.gif  ( 646734 )Une Citroen entre Côte d'Or et Côtes d'Armor. par Scrutator Sapientiæ (2012-10-07 10:20:18) 
[en réponse à 646697]

Bonjour et bon dimanche, Philippilus.

1. Vous prenez vous-même appui sur un argument de la FSSPX, "argument (qui) permit d'expliquer que la nouvelle messe allait amener nécessairement une nouvelle religion."

2. Et vous précisez : "je suis souvent impressionné d'en voir la pertinence, et le caractère prophétique, au vu d'affirmations tranquilles, et de pratiques, répandues au milieu du "peuple de Dieu" post-conciliaire présentant comme des évidences des affirmations contraires à la Tradition de l’Église, jusque sur ce forum."

3. Pour ma part, et sans qu'il s'agisse de contredire votre vision des choses, je suis bien plus sensible aux origines non liturgiques, mais philosophiques et théologiques, qui ont présidé à l'apparition de cette "nouvelle religion", si tant est que cette expression soit la plus appropriée pour désigner cette tentative d'actualisation du christianisme catholique qui a eu pour répercussion, au moins aux yeux des "pidistes", une dénaturation de bon nombre de ses arguments ou éléments.

4. Une nouvelle "anthropologie pneumatologique" a fait son apparition : on a pris un véhicule, une vieille Citroen, on a voulu le faire rouler, mais en partie de nuit, et surtout d'une seule traite, en fonction d'un itinéraire, entre la Côte d'Or et les Côtes d'Armor, mais on s'est illusionné sur l'allumage ou l'éclairage, sur la direction ou la suspension, sur les amortisseurs ou la trajectoire, sur le carburant ou la carte routière.

5.

- Une vieille Citroen ? Une GS.

- Le numéro du département de la Côte d'Or ? 21.

- Le numéro du département des Côtes d'Armor ? 22.

6. Relisez, dans Gaudium et Spes, les paragraphes 21 et 22, et regardez quel usage en a été fait, depuis 1965 ; entendons-nous bien, je ne critique ici ni avant tout cette partie de Gaudium et Spes, ni avant tout l'usage qui en a été fait, par Jean-Paul II,

- mais une grande partie de ce que l'on a fait dire, implicitement ou indirectement, à ces deux paragraphes, au moyen de contournements ou de détournements de sens ;

- et le fait qu'on en a tiré parti pour faire taire des compléments ou précisions doctrinaux et pastoraux qui étaient alors, et qui sont toujours, absolument indispensables.

La vieille Citroen est bien partie un matin de Dijon, en Bourgogne, et est bien arrivée un soir à Saint-Brieuc, en Bretagne.

Arrivée, oui, mais...dans quel état ?

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/hein.gif  ( 646735 )autre question alors par jejomau (2012-10-07 11:47:18) 
[en réponse à 646697]

Je vous rejoins dans votre analyse. Voilà ce que dit le P. Garrigou-Lagrange, o.p. :

Pour compléter la doctrine que nous avons exposée sur l'union à Dieu et les purifications qui y disposent, nous voudrions parler de ce qui est comme l'âme même du sacrifice de la messe et de la manière dont il convient de s'y unir, à l'exemple de Marie, par une oblation person­nelle. Les controverses récentes sur l'essence du sacrifice de nos autels ont mis de plus en plus en relief certains points fondamentaux d'où dérive une grande lumière.

Le sacrifice en général est l'oblation d'une chose sensi­ble qu'un prêtre fait à Dieu, par une certaine destruc­tion ou immolation, qui consacre à Dieu cette chose, la consume en son honneur, pour reconnaître son souve­rain domaine et notre parfaite soumission. Ainsi, dans les différents peuples, de tout temps, on a offert à Dieu de l'encens, les fruits de la terre, le pain et le vin, et les animaux les plus purs. Le sacrifice le plus parfait dans lequel toute la victime est consumée en l'honneur de Dieu porte le nom d'holocauste; c'est l'expression sensible la plus parfaite de l'adoration, de l'action de grâces pour les bienfaits reçus, de la supplication pour les grâces à obtenir et de la réparation du coeur contrit, conscient de la gravité des fautes commises, secrètes ou publiques, et implorant le pardon.

On voit par là que l'âme du saint sacrifice, c'est l'obla­tion intérieure du prêtre, à laquelle le peuple tout entier doit s'unir. Sans elle il n'y a que le côté extérieur de cet acte, une immolation extérieure qui perd toute significa­tion et qui n'est que le cadavre du sacrifice, comme le fut le sacrifice de Caïn. L'immolation extérieure d'un ani­mal, requise comme réalité, ut res, pour se nourrir de celui-ci, n'est requise dans le sacrifice, même sanglant, que ut signum externum, comme signe d'une oblation, d'une adoration, d'une contrition intérieures, sans lesquel­les elle n'a plus aucun sens, ni aucune valeur. - Ceci est à la fois élémentaire et capital. On n'y pense généralement pas assez, lorsqu'on cherche en quoi consiste l'essence du sacrifice de la Messe. Il n'est pas inutile de rappeler qu'il est absolument à l'antipode du sacrifice de Caïn; d'inso­lubles difficultés viennent parfois de l'oubli des vérités les plus élémentaires.

Par ailleurs la simple oblation intérieure, ne suffit pas à constituer le sacrifice proprement dit; car celui-ci est un acte de religion non seulement intérieur, mais exté­rieur et même public. Il faut donc nécessairement un signe extérieur qui est comme le corps, le côté matériel du sacri­fice, ce que le langage est à la pensée et au vouloir.

Dans l'Ancien Testament les sacrifices offerts n'étaient qu'une figure du grand sacrifice à venir, qui devait être offert par Notre-Seigneur. Cette figure avait d'autant plus de valeur que l'oblation intérieure était inspirée par une plus grande foi et un plus grand amour de Dieu; certains jours ce fut une foi et un amour absolument héroïques, comme lorsque Abraham se prépara à immoler son fils Isaac, qui était pourtant le fils des promesses, et lorsque l'enfant, figure du Christ, se laissa lier avec la même foi, la même obéissance, la même piété que celles qui inspi­raient le père aimant qui allait le frapper. L'agneau pas­cal fut une autre figure de celui qui devait être appelé l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde.



Se pose quand même une question de fond. Vous faites allusion à la fameuse loi suivante : "lex orandi, lex credendi". Mais comment a-t-il pu être possible que la nouvelle messe puisse se répandre aussi vite quand l'ensemble des clercs et séminaristes avaient été formés dans le rit Tridentin et ne disaient que cette messe ? Comment cette nouvelle messe a-t-elle pu être "imaginée" puisque tous les clercs priaient selon l'ancien rit ? J'ai peine à croire que l'on puisse appliquer à tous cette parole du Père Garrigou-Lagrange : ils pratiquaient "une immolation extérieure qui perd toute significa­tion et qui n'est que le cadavre du sacrifice, comme le fut le sacrifice de Caïn".... ?
images/icones/fleche2.gif  ( 646774 )Deux points pour alimenter la réflexion par Philippilus (2012-10-07 20:00:24) 
[en réponse à 646735]

Au "comment cette nouvelle Messe a pu être imaginée" ? je crois que l'on peut trouver des réponses dans ce que Dom Guéranger appelle "l'hérésie anti-liturgique". De ce point de vue, on peut dire que c'est d'abord la défaillance dans la "lex credendi" qui amène la modification de la "lex Orandi". Ce point est flagrant dans le cadre de la réforme protestante, et de ses actions consécutives contre la messe.

Pour la vitesse à laquelle s'est répandue la réforme, la cause en est dans la rigueur et la célérité avec laquelle l'autorité a forcé l'application de cette réforme. Certains par un zèle amer et destructeur, d'autres par une obéissance crucifiante (le Sirisme). Étonnant de voir combien la destruction du rite universel (ou presque) et antique de l'Eglise s'est faite en si peu de temps, alors que l'on vient maintenant nous expliquer que le moindre changement au nouveau Missel demande des années de réflexions, ce commissions, de compromissions, que le Pape ne peut pas, que les fidèles seront choqués, etc, etc ...

Philippilus
images/icones/fleche2.gif  ( 646726 )Le désaccord essentiel : le rapport au monde moderne. par Scrutator Sapientiæ (2012-10-07 06:28:17) 
[en réponse à 646685]

Bonjour et bon dimanche, jejomau.

Pour reprendre votre expression, il me semble que "le point de désaccord fondamental entre Rome et la Fraternité" n'est pas avant tout d'ordre dogmatique, et n'est peut-être plus avant tout d'ordre liturgique, mais est avant tout d'ordre intellectuel et relationnel, en ce qui concerne la vision du monde moderne et le rapport au monde moderne.

1. En gros, à tort ou à raison, et sans qu'il s'agisse pour moi de me faire son porte-parole non autorisé, je pense que la FSSPX considère

- que l'Eglise catholique, de par sa nature, ses principes, ses structures et sa substance, DOIT ETRE avant tout

a) une instance pleinement actrice d'une critique frontale du monde moderne,

a) une instance de diabolisation ou d'incrimination du monde moderne,

c) la promotrice d'une alternative, (re)christianisatrice, au monde moderne ;

- que l'Eglise catholique, à cause et du fait du Concile, au moment puis en aval du Concile, EST DEVENUE avant tout

a) une instance coupable et victime d'une mystique na-i-ve du monde moderne,

b) une instance d'humanisation, sinon de légitimation, du monde moderne,

c) la promotrice d'un accompagnement seulement humanisateur du monde moderne.

2. Je suis convaincu que, pour la FSSPX, le Concile Vatican II constitue à la fois

- un dispositif exonérateur, qui exonère le monde moderne d'une impérieuse obligation de conversion au christianisme catholique,

- un dispositif oblitérateur, qui oblitère la logique de chrétienté institutionnelle qui constitue l'essence du christianisme catholique.

Dans cet ordre d'idées, l'opposition à l'oecuménisme duovatican (dont on peut peut-être dire qu'il est un oecuménisme du détour, différent de l'oecuménisme tridentin, qui est un oeucuménisme de retour) pourrait peut-être venir du fait que la FSSPX considère que les protestants

- ne sont pas avant tout "ces chrétiens, nos frères",

- mais sont avant tout des modernes ET des rebelles,

si l'on considère que la modernité est née au XVI° siècle ET que le protestantisme est issu d'une désobéissance.

3. Si "j'ai raison", cela signifie que

- la tâche à accomplir, pour la FSSPX, est "peut-être" de (re)découvrir le fait que le Concile Vatican II ne se limite pas, pour aller vite et pour faire court, aux premières parties de Dignitatis Humanae et de Nostra Aetate, et à la deuxième partie de Gaudium et Spes ;

- le travail à effectuer, si j'ose dire, pour "l'Eglise qui est à Rome", est "peut-être" de (re)découvrir le fait que le Concile et l'après-Concile ne sont "peut-être" pas totalement innocents du fait suivant.

En effet, il semble bien ceci : la stratégie globale qui a été impulsée et incarnée, par et depuis Vatican II, a été globalement comprise, à tort ou à raison, comme le comprend la FSSPX,

- non seulement, évidemment, par la FSSPX elle-même, et par les catholiques traditionnels qui gravitent au sein ou autour de la FSSPX,

- mais aussi par de nombreux évêques, prêtres, fidèles, qui relèvent, eux, si je puis m'exprimer ainsi, du catholicisme diocésain,

- et par de nombreux non catholiques, chrétiens ou non, croyants ou non, qui n'ont pas été fréquemment été mis en présence de démentis.

3. C'est une question de pédagogie et de pyschologie : dans la vie concrète, dans la vie réelle, face à l'adversité, à la contradiction,

- pour mieux faire comprendre des choses profitables, des choses que l'on explique mais aussi qui impliquent, des choses libératrices mais aussi responsabilisantes,

- mais aussi compte de la gravité de la situation, de l'urgence de la remédiation, de l'importance des enjeux, de ce qui se joue et se noue,

il arrive que l'on doive ou qu'il faille les dire d'une manière désagréable, ou en tout cas d'une manière

- non intentionnellement désagréable, du point de vue du destinateur

- mais entitativement désagréable, du point de vue du destinataire

du discours qui sera tenu.

4. La question est de savoir si, de la part des Papes de l'après-Concile et du Saint Siège, ou du Saint Siège et des évêques, il y a ou non, depuis le Concile, une véritable aptitude et une véritable aspiration à renouer, DANS LA MESURE DU NECESSAIRE, avec cette pédagogie et cette psychologie, pour préciser ou rappeler, ad intra MAIS AUSSI ad extra, que l'Eglise catholique n'a renoncé en rien

- à sa mission évangélisatrice (re)christianisatrice, non avant tout en vue du bonheur des hommes et des femmes, mais avant tout en vue du salut des âmes, quitte à le faire d'une manière dissensuelle, et non sympathique, aux yeux du monde,

- à exhorter, non le monde moderne, en tant que tel, mais les hommes et les femmes d'aujourd'hui, à ce qui est impératif, et non facultatif : la conversion de leur coeur et de leurs moeurs, dans leur esprit et dans leur vie, sous la conduite et en direction de Jésus-Christ.

Or, il me semble que, pour la FSSPX, sous cet angle là, le Concile constitue en lui-même une configuration incapacitante, et génère en lui-même un effet de surplomb, plus paralysant ou neutralisant que dynamisant et convertissant.

Tel est, je le crois, "le point de désaccord fondamental entre Rome et la Fraternité", mais ce qui précède n'est qu'une ébauche amendable ou une esquisse perfectible.

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 646727 )Le démenti et la distance, la vocation et la tentation. par Scrutator Sapientiæ (2012-10-07 08:31:01) 
[en réponse à 646726]

Rebonjour,

Complémentairement, je signale et souligne ce qui suit.

1. L'Eglise catholique ne pourra pas DEMENTIR l'assimilation "pidiste" du Concile Vatican II à un infléchissement programmatique, synonyme de renoncement, sinon de reniement, sans prendre bien DES DISTANCES avec une grande partie de ce qui se dit et se fait, mais aussi de ce qui se tait et se défait, au nom même du Concile, et sous couvert de réception du Concile, au sein même de l'Eglise catholique, depuis bientôt cinquante ans.

2. Il y a ce que l'Eglise catholique A VOCATION à faire dire aux hommes d'Eglise, en prenant appui, notamment, sur le Concile, et il y a ce que les hommes d'Eglise, ou en tout cas des hommes d'Eglise, ont LA TENTATION de faire entendre, ou en tout cas de laisser entendre, en prenant appui sur leur conception, évolutionniste, fraternitariste, humanitariste, universaliste, du Concile.

3. Or, il arrive fréquemment, depuis bientôt cinquante ans, que ce que les hommes ou des hommes d'Eglise font ou laissent entendre, notamment AD EXTRA, soit en contradiction, et non en conformité, avec ce que l'Eglise catholique a vocation à faire dire aux hommes d'Eglise, et avec une assez grande partie du fondement ou du contenu effectif du Concile.

4. Cela se produit souvent

- sans que la hiérarchie de l'institution semble comprendre où est le problème, ni comprendre où est la solution, comme s'il y avait là de l'impuissance,

et

- sans qu'elle réagisse aussitôt, d'une manière directive et prescriptrice, explicite et spécifique, comme s'il y avait là de l'inertie.

5. Et cela ne manque pas

- de déconcerter et de désorienter bien des fidèles,

- de donner bien du grain à moudre, ou plutôt du buis à brûler, à la FSSPX.

6. Telle est, je le crois, une assez grande partie de ce qui constitue le caractère dramatique de la période actuelle.

7. Dans le meilleur des cas, sur le terrain, si recentrage il y a eu, au sortir des deux premières décennies, il s'est traduit davantage par la relative diminution des abus et excès en matière liturgique et par la réaffirmation de la morale chrétienne

- que par l'appropriation intellectuelle, par exemple, du CEC de 1992, dans les diocèses et dans les paroisses,

- ou par l'explicitation confessionnelle du fait que le fondement et le contenu du CEC de 1992 sont inspirés par LA vérité révélée, et que les religions non chrétiennes, même si elles comportent des éléments de vérité, constituent des ensembles erronés.

8. D'où ma question de l'autre jour : aurons-nous une véritable Année de la Foi, id est une Année de la Foi catholique, en 2012-2013, en France ? Pour ma part, et pour l'instant, et sans qu'il s'agisse pour moi de porter de jugements sur ce qui est envisagé ou sur ce qui sera réalisé, je n'en suis pas certain.

9. Que serait, en effet, un Année de la Foi catholique sans RAPPEL, aussi désagréable soit-il, aux yeux de tels ou tels catholiques,

- premièrement, du fait que la Foi catholique est inspirée par LE SEUL vrai Dieu, Père, Fils, Esprit, au sein de L'UNIQUE Eglise du Christ,

- deuxièmement, du fait que, PAR VOIE DE CONSEQUENCE, les convictions religieuses et croyances spirituelles des croyants non chrétiens, aussi respectables puissent-elles être, y compris pour des raisons morales ou spirituelles, et pas seulement sociales ou culturelles,

NE CONSTITUENT EN AUCUN CAS d'autres manières de croire, également légitimes, en ce qu'elles seraient elles-aussi pleinement inspirées par le seul vrai Dieu,

MAIS CONSTITUENT BIEN PLUTOT

- des efforts humains d'orientation vers "Dieu", certes permis par Dieu lui-même,

ET NON

- LA réponse humaine inspirée, instituée, et surtout voulue, par le seul vrai Dieu ?

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.