Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 646532 )Guépéou conciliaire. Exemple vécu par Sénéchal (2012-10-04 15:54:53) 

Blamont nous parlait il y a peu de la Guépéou (ou de la Tchéka) conciliaire.

ICI

Cela a dû faire frémir d'horreur des wagons entiers de bisounours qui ont peut de leur ombre. (Oui, oui je sais, "ne pas confondre le Concile et les abus post conciliaires" - air connu)

Eh bien je peux témoigner des méthodes de cette Tchéka.

Nous sommes à la rentrée des catéchismes en septembre 1968.
Ma sainte Maman (Dieu ait son âme) est catéchiste depuis plusieurs années dans notre paroisse Saint-Gabriel (Paris XXème).
Elle n'a pas la langue dans sa poche et a déjà vertement répliqué coram populo à ceux (parmi les laïcs et le clergé, dont le curé de l'époque nommé deux ans auparavant pour remplacer un prédécesseur trop ensoutané) qui se permettaient de critiquer violemment le Pape Paul VI pour son encyclique Humanae Vitae parue pendant l'été.
Maman est convoquée par un tribunal populaire qui la somme de se rétracter et d'avouer son crime. Elle tient bon, et termine fièrement en déclarant, "de toute façon, moi, je suis papiste!".
Le Tribunal populaire en tremble de fureur et la condamne à la peine maximale: L'exclusion définitive de l'équipe catéchétique, avec dégradation publique dans les feuilles paroissiales.
Dès le lendemain un officier de la Guépéou concilaire se présente à notre domicile et se fait remettre les livres de catéchisme et prononce une fatwa par laquelle Maman a interdiction d'organiser des catéchismes, même (et surtout) sauvages, sous peine de mort spirituelle (on n'osait plus parler d'excommunication à l'époque).

Voilà comment cela fonctionnait à l'époque.




images/icones/fleche2.gif  ( 646584 )Malheureusement par Vassilissa (2012-10-05 00:34:38) 
[en réponse à 646532]

votre lien ne marche pas. Avez-vous une autre solution ?

ce que vous dites par ailleurs m'intéresse. J'ai fait ma communion solennelle à St-Gabriel, mais via l'aumônerie du lycée Hélène Boucher. cette année là, et plusieurs autres hélas, sévissait une "catéchiste" nommée Josiane. Votre Maman l'aurait-elle connue ?
images/icones/fleche2.gif  ( 646773 )Chère Vassilissa par Sénéchal (2012-10-07 19:42:20) 
[en réponse à 646584]

pardonnez-moi de vous répondre si tard.
Hélas je n'étais à l'époque qu'un pré-ado et cette Josiane ne me rappelle rien; et ma pauvre Maman n'est plus là pour m'éclairer sur ce sujet.
Désolé pour le lien, je suis un peu incompétent sur le plan technique.


images/icones/abbe1.gif  ( 646589 )bien sûr que la chasse aux cathos a existé par jejomau (2012-10-05 07:10:55) 
[en réponse à 646532]

c'est un fait. Je ne reviendrai pas sur l'exemple dont je parle également. D'un autre côté, c'est ce qui a permis aussi à tous ces "persécutés" de s'organiser et de transmettre le flambeau.

Ainsi, je me souviens parfaitement que des parents avaient loué une salle transformée alors en classe de catéchisme en plein centre-ville. Tous les mercredis, un prêtre ( à l'époque "suspens a divinis" comme on disait) venait. Nous étions sagement assis derrière nos pupîtres avec un cahier et lui venait faire son cours sur la Création du monde, l'Eglise, etc... Je dois avoir encore ce petit cahier quelque part !

Eh oui !
images/icones/1i.gif  ( 646602 )une victime ostracisée par cette tchéka par blamont (2012-10-05 11:41:39) 
[en réponse à 646589]

il y a trente ans le 1° octobre mourut un prêtre, viré de son poste paroissial par son évêque pour raisons de " non-enthousiasme printanier conciliaire" avec émission de doute sur le nouveau rite.
en d'autres temps il eût fini chez Carrier à Nantes.
on se contenta, bonhomme, de le caser à ND- Victoires où il put sous la protection charitable et éclairée du curé (homme remarquable) soutenir et conseiller de pauvres âmes en perdition.
il fut enterré le 7 suivant.
Alors là on vit un grand concours de prélats et autres clergés, déguisés en Ali-baba avec leurs djellabas.

Autant autour du cercueil d'un confrère?

Peut-être pour l'empêcher d'en sortir, on ne sait jamais...

L'office fut aussi lamentable que leur comportement de crocodiles pleureurs.
A ce prêtre en 1979 on posa la question: si vous pouviez célébrer un rite lequel prendriez-vous?
-Sans hésiter, le rite de Saint Pie V.
"Et pourquoi ne le faites-vous pas?"
-Cela m'est interdit par l'évêque.

voilà les dégâts, mensonges de l'époque.
Rien de neuf sous le soleil (de Satan?).
images/icones/neutre.gif  ( 646603 )Attention, c'est vrai ailleurs!! par Marc B. (2012-10-05 11:47:06) 
[en réponse à 646532]

Les pressions, les interdictions abusives,...... ne sont pas l'apanage des progros.

images/icones/1i.gif  ( 646614 )que voulez-vous dire ? par jejomau (2012-10-05 14:42:31) 
[en réponse à 646603]

Marc B votre intervention me demeure obscure, pourriez-vous dévellopper votre pensée ?
images/icones/abbe2.gif  ( 646626 )Eh bien... par Patrick D. (2012-10-05 18:07:50) 
[en réponse à 646614]

c'est assez simple: ces travers sont ceux du clericalisme. Le dit cléricalisme a été mis au service du "merveilleux printemps" dans les années post Vatican II mais il existe aussi dans le monde traditionnel et, avant Vatican II, il était déjà solidement implanté. C'est d'ailleurs de là qu'il vient: l'Eglise, qui avait bien besoin d'une (vraie) réforme a eu plutôt une révolution, et le mode de fonctionnement cléricaliste a continué tel quel dans les différents courants qui sont nés de Vatican II, aussi ben "progressistes" que "traditionnels".
images/icones/fleche2.gif  ( 646683 )Le cléricalisme peut exister dans chaque mouvance. par Scrutator Sapientiæ (2012-10-06 14:12:16) 
[en réponse à 646626]

Bonjour Patrick D.

Le cléricalisme peut exister, évidemment, dans chaque mouvance, que ce soit chez les humanitaristes ou progressistes ou chez les "intégristes" ou traditionalistes.

1. D'une manière générale, ce qui est difficile à faire supporter par les clercs, c'est

a) - d'une part l'idée selon laquelle il convient de distinguer entre la verticale du savoir et la verticale du pouvoir, alors que la confusion entre la verticale du savoir et la verticale du pouvoir peut aboutir aux attitudes suivantes :

"C'est moi (le clerc) qui sais, c'est vous (les laics) qui faites."

"Nous sommes l'Eglise enseignante, vous êtes l'Eglise enseignée."

b) - d'autre part l'idée selon laquelle l'indépendance intellectuelle des laics qui ont la possibilité de mettre en oeuvre une appropriation intellectuelle n'est pas nécessairement synonyme d'irrévérence hérétique ou insulaire : elle peut être,

- non un obstacle à la fidélité à l'Eglise catholique et à la Foi catholique, aux dogmes, à la liturgie, aux sacrements,

- mais la condition sine qua non d'accès à la fidélité à ce qu'il y a de plus essentiel dans l'Eglise et dans la Foi.

2. Il va falloir que les clercs s'y fassent : depuis déjà quelques décennies, les clercs (les prêtres, les évêques) ne sont plus, loin de là, les seuls à avoir fait des études, notamment en philosophie ou en théologie, ou les seuls à pouvoir lire, comprendre ou faire comprendre le Catéchisme de l'Eglise catholique, ou telle ou telle lettre encyclique ou exhortation apostolique.

3. Des clercs progressistes peuvent ne pas supporter le dialogue avec des non progressistes, des clercs "intégristes" peuvent ne pas supporter le dialogue avec des non "intégristes", mais les uns et les autres peuvent très bien avoir pour trait commun celui d'avoir énormément de mal à supporter les objections, opinions, réflexions ou suggestions qui proviennent de laics, que ceux-ci soient de telle ou telle mouvance.

4. Compte tenu de l'expansion indéfinie de l'univers du savoir, et compte tenu de la nécessité, pour les (futurs) clercs, de se spécialiser, au cours de leurs études, sans qu'ils aient toujours la possibilité d'actualiser ou de diversifier leurs connaissances, par la suite, le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont aujourd'hui vocation à faire le lien en eux-mêmes, en permanence, entre une exigence d'humilité et une obligation de lucidité, pour éviter d'entrer en contact avec la libido dominandi caractéristique du cléricalisme.

Bon après-midi.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 646632 )Cher Marc B. par Sénéchal (2012-10-05 19:23:30) 
[en réponse à 646603]

je crois que vous devriez mieux étudier les phénomènes révolutionnaires dans l'Histoire.
Pas de cléricalisme ici, mais des phénomènes subversifs bien connus.
D'ailleurs l'excellent curé de Saint-Gabriel qui fut remplacé par la nouvelle équipe fut justement accusé de cléricalisme et d'autoritarisme pour mieux s'en débarrasser. On l'a même accusé d'ivrognerie! Procès de Moscou.
Guépéou vous dis-je!
images/icones/carnet.gif  ( 646656 )Mais si, mais si, par Patrick D. (2012-10-06 00:22:01) 
[en réponse à 646632]

M. Sénéchal. C'est vous qui êtes hors sujet, j'en ai bien peur, et cette erreur ne serait pas advenue si vous aviez pris la peine de lire attentivement (signe d'inattention majeure, je note d'ailleurs que vous vous plantez complètement en "citant" mon nom). Bref, je parle du cléricalisme et je dis qu'il est un véhicule. A priori, un véhicule peut être mis au service de bien des idées de fond. Entre autres choses, le cléricalisme a servi - et sert toujours - de véhicule au néo-modernisme.
images/icones/neutre.gif  ( 646684 )cardinal de Lubac par Aigle (2012-10-06 14:22:59) 
[en réponse à 646656]

Le futur cardinal de Lubacdéplorait à la fin du concil l'épanouissement d'un esprit ou d'une mentalité "intégriste" non plus du côté de la curie ou de la "minorité" maisbien du côté de la majorité; il définissait cette mentalité ainsi : certitude d'avoir raison, refus de prendre en considération toute opinion différente, recours à des moyens pervers (la délation notamment) pour imposer l'élimination des clercs en désaccord ...

Je ne pense pas que les progressistes pratiquent beaucoup la délation qui me semble putôt une technique tradi - mais en revanche ils pratiquent bien plus fortement le clanisme (on surveille les nominations pour placer des hommes "sûrs") et l'entrisme (on repère les postes sensibles et on y place des gens "surs").

Je ne sais plus où mais on m'avait cité un diocèse (il y a plus de 20 ans) ou les évêques étaient des hommes bons et modérés - mais les progressistes s'en moquaient depuis 1965 (en gros) ils "tenaient" les postes de vicaire général et de supérieur du séminaire. dès lors ils nommaient et déplacaient les curés et formaient les jeunes... tandis que le bon peuple (et Rome ?) croyait qu'un bon év^que modéré était un egarantie de fidèlité...