Le Forum Catholique

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images/icones/fleur.gif  ( 646480 )A don Henri, sur la déchristianisation russe par Aétilius (2012-10-03 21:05:07) 

Cher ami, une question, par rapport à l'une de vos interventions ci-dessous, où vous mettiez en avant que seulement 5% des Russes pratiqueraient aujourd'hui dans l'orthodoxie...

Est-ce la faute à la liturgie byzantine locale, ou parce que l'on ne sort pas indemne de 70 ans de captivité à Babylone que furent les persécutions communistes, avec en prime les infiltrations dans le clergé de membres des services secrets, qui ont déconsidéré le collège des évêques et des prêtres locaux ? Par ailleurs, la trop grande richesse de la haute hiérarchie doit en dégoûter plus d'un.

Je vous rappelle que nous-mêmes sommes en France à 3% environ de pratique dominicale, qui serait encore plus basse si on enlevait tous les Africains, les VIetnamiens et autres Sri-Lankais qui rajeunissent nos assemblées de vieux, n'ayons pas peur de le reconnaître.

Pourtant, pas de persécution ouverte ces 70 dernières années chez nous, la chute se faisant dans les années 70, après l'arrivée de la nouvelle liturgie, les 25% de messalisants se réduisant en quelques années à quelques misérables pour cent.

Si cela n'a pas de lien de cause à effet, la coïncidence est pour le moins troublante...

En tout cas, vouloir se la jouer cool et sans trop d'exigence, pour ne pas effaroucher l'ouaille, n'est jamais la bonne solution.

Qu'en pensez-vous ?
images/icones/fleche2.gif  ( 646488 )Brève analyse par Don Henri (2012-10-03 22:17:16) 
[en réponse à 646480]

Je peux donner quelques pistes, mais n'étant pas sur place, je parle de façon générale, les situations peuvent varier selon les régions.

Est-ce la faute à la liturgie byzantine locale, ou parce que l'on ne sort pas indemne de 70 ans de captivité à Babylone que furent les persécutions communistes, avec en prime les infiltrations dans le clergé de membres des services secrets, qui ont déconsidéré le collège des évêques et des prêtres locaux ? Par ailleurs, la trop grande richesse de la haute hiérarchie doit en dégoûter plus d'un.

- Vous avez exactement mis le doigt sur les trois problèmes: d'abord le communisme a réussi son oeuvre en tuant ou exilant environ 90% du clergé orthodoxe. Dans les années 80, la pratique religieuse hebdomadaire est tombée à 0,5%. Donc les 4% actuels sont plutôt un signe de renouveau spirituel!

- Ensuite, la liturgie de St Jean Chrysostome, si belle et vénérable soit-elle, agit désormais comme repoussoir. Le fait que 10% des russes aient adhérés dans les dernières années à une confession protestante (les plus présentes en Russie sont le Baptisme, le Méthodisme, le Luthéranisme et le Presbytérianisme) est significatif et fait de la Russie le pays où la croissance des "Eglises" Evangéliques est le plus for en Europe. D'ailleurs, l'Eglise prétendue Orthodoxe a pris la mesure de cette hémorragie, et a instauré un dialogue avec le Pasteur Vlasenko, président de la fédération protestante de Russie, afin de créer un respect mutuel et que cesse le prosélytisme évangélique.
Pour contrer cette fuite des fidèles qui veulent une liturgie plus didactique, je ne prône pas une réforme révolutionnaire, mais de faire ce qu'a fait avec succès l'Eglise gréco-Catholique d'Ukraine: introduction de la langue vernaculaire au moins pour les lectures et l'avant-Messe, et la construction de nouveaux iconostases, plus transparents, afin que les fidèles puissent voir l'action sacrée se déroulant à l'Autel.

Un iconostase transparent:


- L'Eglise prétendue orthodoxe vogue de scandales en scandales. dépositions d'Evêques ayant embrassé une hérésie quelconque, Prêtres en vue ayant des maitresses, étalage indécent de richesses...

Le dernier en date: la montre à 5000 € du patriarche Kirill gommée des photos officielles... alors que son reflet sur la table en acajou témoigne de sa présence:


Ajoutez à cela que l'Eglise Pravoslave suit aveuglément le pouvoir politique, sans aucune critique. Par exemple, elle est complètement apathique sur le problème de l'avortement, qui en Russie atteint des proportions dramatiques (60% des grossesses interrompues!!), sur l'attention due aux plus pauvres (jamais elle n'a pris la peine d'élaborer une doctrine sociale à l'image de ce que Léon XIII a fait pour nous)...

En tout cas, vouloir se la jouer cool et sans trop d'exigence, pour ne pas effaroucher l'ouaille, n'est jamais la bonne solution.

Je pense que l'Eglise Orthodoxe a le problème inverse. Elle est d'une telle dureté avec ses ouailles qu'ils ont du mal à s'y sentir bien. On les considère comme des êtres non-pensants, qui n'ont pas à comprendre (ou même entendre, puisqu'elle est proclamée en langue incompréhensible) la Parole Divine, mais à suivre aveuglément leur curé, quand bien même celui-ci rendrait-il contre-témoignage par sa vie de l'Espérance Chrétienne.
Un autre problème est que pour l'Eglise Orthodoxe, quelqu'un qui y a été baptisé lui "appartient" comme une chose: en effet, cette Eglise ne reconnait pas la liberté de religion, et considère la coercition comme un moyen valable pour faire revenir les "brebis égarée". J'avais parlé par exemple de ce projet de Loi prévoyant l'expulsion de tout prêtre ou pasteur étranger, poussé à la Douma par le lobby orthodoxe, et qui aurait revenu à condamner à la disparition les communautés Catholiques et Protestantes. Heureusement, il n'a pas été voté. Il y a aussi le problème des églises Catholiques volées que l'Eglise orthodoxe ne veut pas rendre...

L'Eglise Catholique a fait oeuvre d'autocritique, et de repentance lorsque nécessaire. Pour que la cause de l'unité avance, et pour son propre bien, l'Eglise orthodoxe devrait de la même manière remettre en cause non son identité ou sa théologie, mais son mode de fonctionnement "managérial" et ses positions politiques, qui ne sont plus acceptables pour des russes éduqués vivant dans un monde globalisé.

+ PAX et BONUM
images/icones/neutre.gif  ( 646497 )Intéressant. par Antoine (2012-10-04 01:24:32) 
[en réponse à 646488]

Je n'avais pourtant pas tout à fait les mêmes chiffres. ceux que j'avais en tête étaient plus proches de ce qu'on peut lire sur wikipedia. A noter quand même que 80% des russes se disent quand même orthodoxes, même s'ils ne pratiquent pas.

Pour les protestants j'avais en tête moins de 1% de la population, wiki est encore plus sévère : 0.5%. A noter que c'est moins que les catholiques romains (1%)

La deuxième communauté russe serait l'islam puis viendrait le boudhisme, à cause des frontières et de leur grande fécondité.
images/icones/neutre.gif  ( 646521 )Chiffres par Don Henri (2012-10-04 13:33:33) 
[en réponse à 646497]

Wikipédia en russe est plus optimiste, donnant entre 2 et 4% pour les protestants. Le chiffre de 10% est donné par un Prêtre Catholique dans une revue d'évangélisation, puisqu'on me dit que ce n'est pas les chiffres pour la Russie, je suppose donc qu'il s'agit des chiffres pour sa région. Il reste qu'il y a désormais des églises protestantes dans toutes les villes russes, et qu'ils sont très actifs dans l'espace post-soviétique:
Ici.

+ PAX et BONUM
images/icones/hein.gif  ( 646500 )preuves? par John L (2012-10-04 05:48:09) 
[en réponse à 646488]

'la liturgie de St Jean Chrysostome, si belle et vénérable soit-elle, agit désormais comme repoussoir.'

Comment saviez-vous cela?
images/icones/neutre.gif  ( 646522 )C'est ce que disent par Don Henri (2012-10-04 13:37:47) 
[en réponse à 646500]

Les russes convertis de la prétendue orthodoxie au Catholicisme. Ils ont besoin d'une Eglise qui ne décourage pas la soif de compréhension du message divin chez ses fidèles. Puis, bien sûr, ils en sont venu dans cette recherche à accepter la primauté de Pierre. Si vous lisez le russe, voyez Ici.

+ PAX et BONUM
images/icones/1a.gif  ( 646490 )dire qu'il n'y a pas de persécutions en France est faux par jejomau (2012-10-03 23:08:21) 
[en réponse à 646480]

A partir de années 70, sitôt après le Concile, un vent "politiquement et religieusement correct" s'est mis à souffler. A titre personnel j'ai vu un prêtre issu de la Fraternité Saint Pie X qui se cachait en fuyant quand arrivait un contrôle du Ministère de la jeunesse et des sports dans un camp scout.

Il n'y a effectivement pas eu de persécutions "physique" mais il existe en France une vraie persécution psychologique d'autant plus redoutable qu'elle est sournoise et qu'elle agit avec le soutien de la population manipulée par les médias. Ou plutôt : terrorisée par les médias.

On pourrait donner pleins d'exemple encore aujourd'hui. Autant dans le domaine médiatique que politique ou religieux. En France, pour résumer : si vous ne pensez pas que l'immigration est une chance pour la France, si vous êtes pratiquant, que vous osez avoir une opinion différente sur nombre de sujets traités et distillés par la "pensée unique" vous met SYSTEMATIQUEMENT à l'index et fait de vous quelqu'un d'anormal... C'est d'ailleurs la raison majeure pour laquelle la liturgie de forme extraordinaire a tant de mal à se dévellopper : c'est dû à cette persécution constante. Ceci dans le domaine religieux.

C'est un FAIT. Ce n'est pas "ma pensée" que ceci. Ce n'est pas "ma théorie". C'est simplement un FAIT vérifiable et vérifié par tous les français...

Celà s'appelle de la persécution.

N.B : cette persécution "religieuse" est liée à la persécution "culturelle et politique" dont je parle car celle-ci s'étant imposée comme une norme, Il faut arriver auparavant à dévellopper une pensée critique qui rejette forcément l'idéologie dominante en cours en France : celle de la gauche aux valeurs soixante-huitardes.
images/icones/fleche2.gif  ( 646503 )Le "lyssenkisme" progressiste ostracise et persécute. par Scrutator Sapientiæ (2012-10-04 07:37:18) 
[en réponse à 646490]

Bonjour et merci, jejomau.

Voici ce à quoi j'ai pensé, il y a quelques jours, en m'efforçant de tirer parti de ce dont mes parents, entre autres, bien sûr, ont souffert, et de ce dont j'ai été témoin, sur le tard, en ce qui me concerne, à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

Le "lyssenkisme" progressiste comporte, à mes yeux, trois dimensions :

I - d'abord, une dimension « intellectuelle », pseudo-intellectuelle ou psycho-intellectuelle :

a) l’ignorance volontaire des arguments qui prennent appui sur des documents du Magistère, qu’il s’agisse du Magistère ante-conciliaire, conciliaire, ou post-conciliaire ;

b) la volonté farouche de faire passer pour « conciliaires » des éléments de langage, des émetteurs de messages, absents des documents du Magistère, ou présents dans des documents qui s’en démarquent ou les dénoncent ; si nécessaire, on fera dire à certains documents du Saint Père ou Saint Siège à peu près le contraire de ce qu’ils veulent vraiment dire ;

c) le dédain des connaissances différentes, dissensuelles, divergentes, issues des informations historiques du passé ou de l'observation empirique du présent ;

d) le mépris des enseignements tirés de telle ou telle expérience concrète, de tel ou tel témoignage vécu, y compris en présence de la personne qui a fait cette expérience ou qui fait ce témoignage : le caractère contrariant ou dérangeant de l’expérience ou du témoignage est neutralisé grâce à une pétition de principe délégitimante ou minimisatrice ;

e) le déni le plus complet de la réalité la plus factuelle, comme le fait que le Concile ait été hier l’une des principales causes constitutives et soit aujourd’hui l’un des principaux facteurs explicatifs de la réalité de la situation intérieure de l’Eglise de l’après-Concile, y compris dans certains aspects positifs, mais orthodoxes, dont ne veulent pas, précisément, les "lyssenkistes" ;

f) la manifestation récurrente, en surface, d’une certitude ou d’une évidence purement apparente, qui constitue une instance de dissimulation indéfinie d’une réalité objective tout à fait effective : on dira par exemple que l’islam est ou n’est qu’une religion d’amour, de tolérance et de paix, et que les islamistes ne sont pas du tout, ou pas vraiment, des musulmans fidèles à Mahomet.

II - ensuite, une dimension para-hiérarchique et para-institutionnelle verticale placée sous le signe de l’autorité concurrente ou officieuse, parallèle ou souterraine, alternative à l’autorité apparente et officielle : l’autorité d’acteurs, d’idées, de réseaux de significations, de système de représentations, qui gravitent au sein ou autour de l’Eglise – institution.

Mais se posent ici les questions suivantes :

Quelle autorité est-elle donc considérée comme légitime, sinon celle

- que l’on prête a priori aux clercs, au sens large, qui font une "profession de foi" progressiste

et

- que l’on dénie par principe aux clercs, lato sensu, qui ne font pas cette "profession de foi" ?

De quel « mal » les catholiques non progressistes doivent-ils se sentir coupables ou porteurs, par quelle tare congénitale ou quelle trace indélébile sont-ils fragilisés ou handicapés, quand ils essayent de se conformer ou s’efforcent de rappeler la position officielle de l’Eglise ?

De quel « bien » les catholiques progressistes peuvent-ils se sentir comptables ou vecteurs, quand ils s’expriment ou agissent d’une manière située à distance, voire à l’opposé, de celle préconisée ou recommandée par l’Eglise ?

III - enfin, une dimension sociologique ou territoriale horizontale placée sous les signes de la dynamique et de la discipline collectives, au service de l’effet d’éviction de certains problèmes et de l’effet d’exclusion de certaines personnes qui les abordent, les évoquent, les rappellent, les soulèvent.

Eviction des problèmes et exclusion des personnes jouent à plein régime dans des mouvements ou dans des paroisses, d’où le caractère sociologique ou la composante territoriale du phénomène.

Ce n’est pas avant tout par la contradiction que le catholique non progressiste se sent déconcentré ou déconcerté, puis découragé et démotivé, c’est par son isolement, par le pressentiment, la confirmation, l’aggravation puis l’achèvement de son isolement, parce que, au cours d’une réunion au sein du mouvement ou de la paroisse concernée, il aura eu le malheur d’exprimer une réserve ou de formuler une suggestion, d’une manière qui aura été aussitôt cataloguante et disqualifiante, et, en ce sens, ostracisante et persécutrice.

Le catholique non progressiste immergé au milieu d’une paroisse progressiste aura bientôt le sentiment désagréable d’être un étranger dans sa propre paroisse, un dissident paradoxal, parce qu'il pend en compte le Magistère, et non parce qu'il n'en tient aucun compte.

Presque aucune amitié profonde, presque aucune relation durable, ne sont vraiment envisageables avec des personnes qui sont, bien sûr, elles-aussi, des catholiques, qui plus est des personnes catholiques pratiquantes, mais au contact des remarques desquelles on sent, d’abord confusément puis distinctement, comment dire, que l’on n’est pas « sur la même longueur d’ondes », que l’on n’a pas « les mêmes références ».

D'un côté, il y a une relation à la vérité objective qui est placée sous le signe de l'acceptation de la réalité et de l'approbation d'idéaux responsabilisants, de l'autre, il y a une relation à la vérité objective placée sous le signe de la contestation de la réalité et de la transformation, par contournement ou détournement, d'idéaux, responsabilisants pour soi-même, en idéaux inversés, culpabilisants pour les autres.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 646513 )c'est pourquoi l'Eglise n'est plus compris par jejomau (2012-10-04 10:51:48) 
[en réponse à 646503]

Votre analyse est juste. Dans le dernier débat en date qui porte sur le mariage homosexualiste, on en arrive à cette chose proprement stupéfiante qu'il paraît extraordinaire aux médias et à l'ensemble d'une société paganisée (ou athée) que l'Eglise ne puisse pas accepter ce pesudo-mariage.

A proprement parler, toute la classe médiatique est littéralement .... stupéfaite des propos du cardinal Barbarin ! Non parcequ'il dit "serait" choquant, etc.. etc... MAIS surtout et d'abord parcequ'il parait INCOMPREHENSIBLE à ces gens que l'Eglise, encore une fois, ne "s'adapte pas" à cette "nouvelle évolution de la société"... évolution qui est forcément un "progès"... Evolution à laquelle l'Eglise AURAIT DU se plier.

A force de toujours pardonner tout , et par conséquent de toujours tout accepter, la classe médiatique et les lobbies en question étaient persuadés que l'Eglise accepterait.. Comme d'habitude...

Ainsi, l'état actuel de la société en état de décomposition avancée est dûe en grande partie à l'Eglise catholique et des évêques qui ne savent pas (ou qui ne veulent pas) poser des limites.
images/icones/1f.gif  ( 646523 )la Gepeou conciliaire s'abattit par blamont (2012-10-04 14:08:20) 
[en réponse à 646513]

sur la France et put écraser quasi toute résistance tant des peuples que des clercs.
Pourquoi et comment un tel succès?
- l'obéissance aveuglée?
- la crainte du vent soixante-huitard?
-l'absence de savoir?
- fatigue après des décennies de batailles perdues et de guerres trahies?
- la complicité de traitres répandus dans les sphères cléricales?

Cela est un grand étonnement.
Le terme de Gépeou ou de Tcheka peut s'appliquer dans les premières années durant lesquelles il s’agissait de liquider toute opposition et culture.

Quand on voit le spectacle de ces évêques refusant l'application du motu prorio et surtout ne pas faire repentance publique de leurs mensonges et de ceux de leurs prédécesseurs envers le peuple des fidèles, tout cela est étrange quoique logique.

Tiens à propos du mariage des invertis, un truc tout simple:
proclamer que toute personne revêtue de l'autorité qui voterait ou célèbrerait un mariage serait excommuniée "publiquement".
on verra ainsi:
- la réalité de la puissance catholique sur les moeurs et l'état
le courage des chefs de l'Eglise en France.

Pour rappel: quand Philippe II, roi de France enferma son épouse Ingeburge pour épouser Agnès de Méranie, le pape lança l'interdit sur le royaume.
Résultat: le roi plia et rompit.
Et pourtant ce roi n'était pas un Flamby à la margarine suintante.
images/icones/fleche3.gif  ( 646526 )L'Eglise pourrait aussi refuser le mariage civil par jejomau (2012-10-04 15:20:23) 
[en réponse à 646523]

C'est en effet un exemple que vous nous donnez et qui serait un signal puissant d'AUTORITE de la Parole de Dieu à travers l'Eglise. Mais L'Eglise peut parfaitement décider que désormais, le "deal" passé avec la République depuis la Révolution concernant le mariage religieux qui doit être célébré actuellement APRES le mariage civil.. soit caduc.

Dès lors, pourquoi l'Eglise ne marierait-elle pas religieusement AVANT le mariage civil ? Pourquoi ne pas laisser les catholiques se marier religieusement seulement... et non plus civilement s'ils n'ont pas envie d'assimiler ce qui est réellement un mariage - un réalité sacramentelle - à ce qui est un PSEUDO mariage pour l'Etat ??

L'eglise de France peut parfaitement prendre cette décision
images/icones/1h.gif  ( 646529 )Le mariage civil ne représente rien de fait, mais ..... par Armavir (2012-10-04 15:47:15) 
[en réponse à 646526]

Le mariage civil n'a pas plus d'importance aux yeux d'un chrétien que le renouvellement d'une carte d'identité ou d'un passeport.

Souvent, on le bâcle quelques semaines avant le mariage religieux - le vrai -, histoire de faire établir ses papiers avant de partir en voyage de noces !

Mais, il entraine de nombreux avantages fiscaux (déclaration d'impôts commune, pension de reversion au dernier vivant, héritage .........)

Le problème est donc plus complexe qu'il le parait puisque en refusant le mariage civil le catholique perdrait ces avantages qui seraient alors exclusivement réservés aux invertis de tous poils.

Il serait plus profitable financièrement de braver la loi de Dieu.

Ce serait inadmissible...... mais c'est peut-être ce qui nous attend ?
images/icones/fleche3.gif  ( 646534 )il ne s'agit pas de rejeter le mariage civil par jejomau (2012-10-04 16:11:53) 
[en réponse à 646529]

Je sais que ce débat passionne et qu'on lit souvent trop vite. Relisez mon post. L'Eglise - dis je - pourrait décider de ne plus obéir à l'obligation que la Loi lui fait de : marier religieusement SEULEMENT après le mariage civil.

Autrement dit, le but serait de signifier la réalité du mariage deavant Dieu qui est :

- l'union d'un homme AVEC une femme
- dans le but de procréer et donner la vie

en niant ce que la République veut nous imposer :

- l'union de deux personnes qui s'aiment

Bien sûr , ceux qui veulent se "marier" ensuite civilement devant le maire pour jouir des bénéfices divers, pourquoi pas...

Celà existe dans de nombreux pays. Prenons un exemple au Sénégal :

Plus qu'un contrat, le mariage est une institution. Au Sénégal, la loi reconnaît le mariage traditionnel ou coutumier mais, par contre, elle ne reconnaît pas le divorce coutumier. Je m'explique : Au Sénégal les gens se marient soit à l'église soit à la mosq­uée et ensuite devant l'officier d'Etat civil. Dans la pratique et en règle générale, le mariage à l'église se fait après le passage devant l'officier d'état civil. Seulement, chez les musulmans la question présente une certaine particularité, dans la mesure où, il est permis chez les musulmans de se marier soit à la mosquée, à la maison, au salon etc. L'essentiel c'est de respecter les rites et ensuite se rendre devant l'officier d'état civil. Si je prends mon cas, je n'ai pas été marié dans une mosquée, mais plutôt dans une maison. Ce type de mariage cout­umier, lorsqu'il est scellé par un imam où par quelqu'un qui maîtrise le mode de céléb­ration, en présence de témoins, est valab­le aux yeux de la loi

Maître Mbaye Jacques Ndiaye, avocat



Si la République change la donne avec un "pseudo-mariage homosexuel" intitulé "mariage homosexuel", pourquoi l'Eglise ne pourrait-elle pas faire désormais ce qu'elle veut concernant le sacrement du mariage qui la concerne ?
images/icones/neutre.gif  ( 646537 )Bien sûr que si ! par Pétrarque (2012-10-04 16:55:57) 
[en réponse à 646529]

Le mariage civil n'est pas un sacrement, nous sommes d'accord.

Mais il est faux de dire qu'il n'est pour un chrétien qu'une opération administrative anodine. C'est un engagement social qui, à ce titre, doit être défendu.

Le Code Civil dit clairement que les époux pourvoient ensemble

Si votre raisonnement était juste, les chrétiens devraient se moquer d'une possibilité de mariage homosexuel, ce qui n'est pas le cas.

Un mariage, même civil, est l'officialisation du choix d'un homme et d'une femme de vivre ensemble.
images/icones/1n.gif  ( 646538 )Oups... pardon ! par Pétrarque (2012-10-04 16:59:55) 
[en réponse à 646537]

Le Code Civil dit clairement que les époux assument ensemble, disais-je, la direction matérielle et morale de la famille, et pourvoient ensemble à l'éducation des enfants.

C'est quand même autre chose que d'aller retirer une carte d'identité.
images/icones/fleche2.gif  ( 646661 )Quelques autres aspects du lyssenkisme progressiste. par Scrutator Sapientiæ (2012-10-06 09:03:26) 
[en réponse à 646523]

Bonjour blamont,

A ce que vous évoquez à juste titre, j'ajoute quelques autres aspects du lyssenkisme progressiste qui a sévi dans les années 1960-1970, et qui, je crois, n'attend qu'une chose, le début de l'après Benoît XVI, pour essayer de se remettre à sévir.

I. Je pense ci aux points suivants :

a - la présence, au sein du clergé français, peut-être pas dès 1945, mais plus sûrement après 1950, d'une génération anti-Pie XII, qui a préparé les esprits et le terrain, et a ainsi ouvert la voie à la génération Vatican II : il y a eu ainsi une mentalité contra-positionnelle, par rapport au Magistère et à la pastorale officielle de l'Eglise catholique, au sein même de celle-ci ;

b - une conception "constructiviste" du Concile et de sa mise en oeuvre ; or, par définition, la contre-partie du constructivisme, c'est la destruction : "il faut tout détruire, oui, tout détruire, puisque tout est à reconstruire", comme on l'a dit et fait, à partir de 1789 ;

c - le déploiement, effréné et éhonté, de la volonté, à partir de 1965, de jeter le bébé (la Tradition) avec l'eau du bain (les traditions) ;

d - un aspect psychologique peu avoué et pourtant bien connu : il y a

1) dans un premier temps, l'incompréhension sincère de celui à qui on a dit qu'il allait dans le sens de l'histoire, dans le sens de l'alliance ou du "mariage", d'inspiration teilhardienne, de l'Eglise et de la religion du salut avec le monde et la religion du progrès, et qui ne comprend pas que l'on puisse, et surtout que l'on sache, pourquoi et comment résister à "cela" ;

2) dans un deuxième temps, la méchanceté et la mesquinerie, le ressentiment envieux ou haineux du lyssenkiste progressiste qui constate que "cela" ne fonctionne pas, dans la pratique pastorale, et fonctionne d'autant moins, et fait d'autant plus d'ex-catholiques et d'autant moins de futurs chrétiens, qu'on le met en oeuvre d'une manière plus massive et violente.

3) dans un troisième temps, ce que je suis tenté d'appeler "le dommage du vice à la vertu" : le catholique pratiquant non progressiste est, de par son attachement à l'essentiel (et l'essentiel n'est jamais avant tout la destruction nihiliste ou terroriste du passé, la construction activiste ou fondatrice de l'avenir), de par sa piété, de par ses vertus, UN REPROCHE VIVANT pour celui qui s'est détaché de l'essentiel dans son âme et dans son coeur, avant d'essayer d'obliger les autres à en faire autant, au nom du passage d'un catholicisme purement sociologique à un christianisme "enfin" authentique.

II. Le cas typique dont j'ai été personnellement témoin était celui d'un curé de paroisse qui croyait en substance que le Concile se limitait à sa vision de Gaudium et Spes, que le Magistère de Paul VI se limitait à sa vision de Populorum Progressio,

a) qui, à raison d'au moins un dimanche par mois,

- faisait l'éloge, en pleine homélie, d'un seul mouvement, la JOC,

- donnait la parole, en fin de messe, aux militants d'un seul mouvement, la JOC,

et

b) qui a constaté, au bout de quelques années,

- que la majorité de ses fidèles qui allait encore à la messe avait des préoccupations morales et spirituelles situées aux antipodes de ce "jocisme" là, et allait encore à la messe, non grâce à ce "jocisme"là, à cet ouvriérisme, socialisant, sinon communisant, mais malgré lui ;

- que les fidèles, potentiels ou effectifs, à l'attention desquels il jocisait ses homélies, sinon sa liturgie, et sa pastorale, cessaient de pratiquer, les uns après les autres, et ne constituaient plus qu'une minorité, un facteur de blocages et un vecteur de clivages.

III. Dans ce contexte là, si un tel curé de paroisse avait encore un peu au fond de lui le sens de l'essentiel, le souci du soin des âmes, un reste d'humilité et de lucidité, du réalisme et du pragmatisme, ce dont il était témoin, à savoir le fait que la mayonnaise qu'il imposait et infligeait à ses fidèles ne prenait pas, remontait, tôt ou tard, avec effet utile, jusqu'à son système nerveux central.
Il infléchissait alors sa pastorale, quitte à le faire d'une manière maladroite ou malhabile, et à s'exposer aux foudres de celles de ses ouailles ou de ceux de ses confrères qui étaient, plus durablement et profondément que lui, lyssenkistes progressistes.

IV. Mais si ce n'était pas le cas, si ce curé de paroisse était caractérisé, bien au contraire, par de l'aveuglement et de l'obstination, de l'orgueil ou de la paresse, de l'oubli ou du mépris pour le "recevoir pour transmettre", il s'enfermait et s'entêtait, et était tenté de voir dans quelques-uns de ses fidèles, non des instruments de la Providence, qui le rappelaient à ce qui constituait la substance de sa vocation et de son ministère presbytéral et sacerdotal, mais des obstacles, insupportables, sinon insurmontables, qui s'opposaient, même de manière silencieuse, mais néanmoins perceptible, à la génialité de sa pastorale ouvriériste.

V. Un autre point gagnerait à être exploré en profondeur : celui de l'amnésie et du mutisme, du silence tenace des évêques, notamment face à ces deux décennies là, d'où leur refus de toute espèce de déclaration de repentance, au bénéfice de l'Eglise et à destination des fidèles qui ont résisté aux manifestations de constructivisme destructiviste de leurs prédécesseurs ; j'avais d'ailleurs rédigé une suggestion de déclaration de repentance, il y a déjà plusieurs semaines, sur le Forum catholique...

VI. Aucun institution humaine ne supporte qu'on lui dise une vérité dissidente ou dissonante sur elle-même : c'est vrai des institutions humaines qui oeuvrent dans la sphère du temporel, mais c'est également vrai des institutions humaines qui oeuvrent dans celle du spirituel.

VII. Certes, l'Eglise est une institution divine, mais les hommes d'Eglise, eux, sont des êtres humains, et je vois mal les membres de la CEF demander pardon à cause des errements et manquements de leurs prédécesseurs des années 1960-1970...d'autant plus que ces errements et manquements sont encore ceux de certains d'entre eux, ou de certains de leurs prêtres, aujourd'hui.

VIII. Souvent les hommes qui ont pris appui sur un mensonge préfèrent passer d'un premier mensonge à un deuxième mensonge, ou du mensonge au silence, plutôt que de passer du mensonge à la vérité : il y a ainsi bien des gens qui sont passés du "libertarisme", opposé au système, au "libéralisme", fondement du système, entre 1968 et 1988...

IX. Dans cet ordre d'idées, il semble que le compagnonnage de fait d'au moins une partie d'une génération de l'épiscopat français, avec le lyssenkisme progressiste à coloration ouvriériste d'avant-hier, ait été remplacé par le compagnonnage de fait d'au moins une partie d'une autre génération de l'épiscopat français, avec le lyssenkisme progressiste à tonalité européiste...

X. Je suis né en 1967, et, pure coincidence, dans la revue Itinéraires de février 1967, vous avez un texte extraordinaire de Marcel DE CORTE, un texte intitulé : "Progressisme et volonté de puissance" : TOUT y est dit, y compris le fait que la volonté de puissance est toujours sanctionnée par la suprême impuissance, d'où la haine des progressistes contre tous ceux qui, en s'opposant à leur volonté de puissance, leur annoncent, par anticipation, la catastrophe que constitue leur entreprise.

Bonne journée.

Scrutator.