
( 646296 )
Comment une communauté monastique se finance t-elle ? par remi dec (2012-10-01 15:49:23)
En générale comment fait-elle pour payer ses frais de subsistance et ceux inhérent à la bâtisse ?
Merci !

( 646328 )
Les moines et les moniales travaillent mais ont besoin de notre aide par Paterculus (2012-10-01 21:45:56)
[en réponse à 646296]
Autrefois chaque abbaye avait sa ferme, mais depuis une vingtaine d'années c'est devenu insuffisamment rentable pour faire vivre une communauté, surtout avec les charges sociales que les religieux sont tenus d'acquitter.
Certaines abbayes continuent à avoir des fermes, généralement fournissant des produits d'excellente qualité, mais c'est en partie pour garder un style de vie en rapport avec la nature dont le cycle commande celui de la liturgie.
Pratiquement toutes les communautés aujourd'hui ont des activités artisanales, où le fait-main permet une qualité supérieure à ce qu'on trouve dans la grande distribution. Cela va de la fabrication d'hosties (ça, vous ne le trouverez pas au supermarché local !) à la couture, la reliure, la fabrication d'ornements liturgiques, et puis les confitures, etc.
Certaines communautés ont aussi un travail dans l'édition, la correction de manuscrits, des travaux d'informatique, etc.
Ceci dit, puisque nous avons besoin des prières des religieux, et que leur genre de vie constitue un espace de liberté dont profitent tous les chrétiens, il est du devoir de chacun d'aider ces communautés dans toute la mesure de ses moyens.
Une remarque : les communautés féminines (ou celles de religieux non prêtres) n'ayant pas d'honoraires de messes et ayant moins de visites car elles n'attirent pas les pénitents cherchant la confession, ont en général moins de rentrées financières que les communautés masculines. Alors à votre bon coeur...
Votre dévoué Paterculus

( 646393 )
Monsieur l'abbé, vous qui connaisez bien l'Afrique par Ewondo (2012-10-02 17:47:43)
[en réponse à 646328]
Dans les années 60 s'était installé près de Yaoundé (Cameroun) un monastère trappiste ... et ils avaient une vraie perle : un moine qui savait "chaponifier".
C'est une opération extrêmement délicate de châtrer des très jeunes poulets pour qu'ils ne deviennent pas des coqs, mais des chapons ! Avec une variété de volaille de France, ils produisaient des merveilles et l'on venait de loin pour les acheter, de Douala, de Libreville, de Fort-Lamy voire de Brazzaville !
L'avantage est que l'on en trouvait toute l'année, alors qu'en France, on ne peut en acheter qu'au moment de Noël, mais mieux valait les réserver d'avance ! Idem pour les gros oeufs de leurs poules dont l'arrivage était guetté par toutes les dames de la ville ... Ils avaient aussi des poules à faire au pot, confectionnaient de très bons pâtés de volaille, etc.
Grâce à ce moine très habile, le monastère vivait bien !
Pierre.