Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=645802
images/icones/tele.gif  ( 645802 )Ce soir sur Arte : L'histoire cachée de Vatican II par Jean-Paul PARFU (2012-09-25 15:38:25) 

Pour en savoir plus, voir ici
images/icones/info2.gif  ( 645804 )La critique de Famille chrétienne par Le Webmestre (2012-09-25 16:02:32) 
[en réponse à 645802]

On me cathommunique :

Documentaire rediffusé ce soir sur Arte (donc déjà vu) – Critique Famille Chrétienne

Vatican II deux ronds (pas aimé du tout) Adultes

À travers des images d’archives et des citations tronquées, ce documentaire présente le concile Vatican II comme une lutte de pouvoirs, avec une vision de rupture, et de façon si convenue qu’elle en est ennuyeuse…
images/icones/2a.gif  ( 645820 )oui, c'est exact, Arte a fait un reportage bidon par jejomau (2012-09-25 20:14:14) 
[en réponse à 645804]

christianophobe qu'il aime à repasser apparemment. On aimerai qu'il en fasse autant sur le grand Mufti de l'Arabie saoudite qui est complètement déjanté.. Ou sur le Qatar... Mais on connaît Arte...
images/icones/1q.gif  ( 645832 )Non, le documentaire était nouveau ! par Jean-Paul PARFU (2012-09-25 21:48:30) 
[en réponse à 645820]

Beaucoup d'erreurs, mais intéressant avec de belles images et Mgr Fellay !
images/icones/1e.gif  ( 645839 )ok ! bon d'accord... par jejomau (2012-09-25 22:50:27) 
[en réponse à 645832]

Mgr Fellay n'est pas "bidon" !
images/icones/neutre.gif  ( 645847 )Le choc des faits... par Theonas (2012-09-26 09:16:50) 
[en réponse à 645804]

ce reportage, naturellement partisan de la liquidation, de l'Eglise s'appuie cependant sur des faits: oui il y a eu une révolution, menée par le cardinal Frings. Pendant le concile un groupe très organisé, l’alliance du Rhin, dirigée par le cardinal Frings, a réussi une sorte de coup d’Etat, l’équivalent du serment du jeu de paume.Et l'Eglise est sortie des flancs de ce concile totalement défigurée. Les auteurs de ce reportage s'en félicitent, regrettant même que les ruptures ne se soient pas encore davantage creusées, mais le fait est là: les réunions interreligieuses sont une application du concile, une rupture manifeste avec tout ce que l'on croyait avant. Depuis les catholiques sont perdus. Les révolutionnaires sont désormais aux commandes presque partout dans les églises diocésaines, ils ont égaré les catholiques, ont abâtardi leur foi, leur ont fait perdre le respect du passé de l’Eglise. Si bien que les catholiques qui avaient tout pour comprendre le projet criminel de ceux qui sont acharnés à détruire la famille, à livrer les hommes aux passions aliénantes du sexe et du matérialisme et à abandonner le réel pouvoir à la finance vagabonde, si bien que les catholiques n’ont rien vu venir et ont souvent donné leur vote aux politiciens les plus déterminés à faire advenir un nouveau totalitarisme, le mondialisme : c’est-à-dire la destruction des identités ancrées, de la morale traditionnelle au profit d’un état mondial et d’une morale ennemie de la liberté authentique . La révolution s’est abattue sur l’Eglise l’année même où devait être révélé le 3e secret de Fatima, or ce secret annonçait certainement cette dérive de l’Eglise, cette subversion au sein de l’Eglise. Sœur Lucie, chargée de faire connaître les mises en garde de Notre Dame, avait d’ailleurs parlé, avant d'être réduite au silence, de ces faux pasteurs déguisés en agneaux qui allaient déferlé. Les guerres mondialistes, qui n'ont eu de cesse depuis 30 ans, viennent à n’en pas douter également du refus des papes de consacrer la Russie au cœur immaculée de Marie. Pourtant la Vierge avait expliqué qu’aucune paix ne pouvait venir sans cette consécration. Mais les papes séduits par le programme anti-catholique des révolutionnaire ont prétendu construire la paix sur la base de Vatican II, sans tenir compte de la Vierge, en honorant toutes les religions, comme ce fut le cas à Assise en 1986 ou encore en début d’année.

ESCHATON
images/icones/neutre.gif  ( 645876 )une "révolution" avec de bien curieux "révolutionnaires" par Luc Perrin (2012-09-26 15:00:03) 
[en réponse à 645847]

Je crois qu'il faut en rabattre de beaucoup sur cette présentation.

Le Marat ou Robespierre que nous présente Theonas est un personnage qui colle mal avec l'idée de "révolution" : archevêque du plus riche diocèse allemand, créé cardinal par ... Pie XII, Mgr Frings ferait figure d'étroit conservateur à côté de certains évêques de 2012.

Oui il y a eu des petits groupes animés d'un esprit vigoureusement anti-romain et tel évêque, dont le cardinal Frings, a pu se laisser entraîner à cela. En fait, il s'agissait d'un rejet partiel de la "romanité" culturelle qui s'était imposée avec l'ultramontanisme au cours du XIXe siècle, romanité culturelle qui poussait à la révérence voire à l'obséquiosité envers la Curie et ses organes.

Cette romanité culturelle a été défendue à l'inverse de façon vigoureuse par la Minorité organisée.

Toutefois ce serait une caricature que de réduire Vatican II à cela et oublier que la masse des Pères de la Majorité ne vote jamais contre Rome, contre le pape - dont l'autorité reste hautement révérée au long du Concile, chacun se précipitant pour avoir une audience afin de faire prévaloir son point de vue ... - moins encore pour une néo-Église.
Deux papes qui, en outre, ont exercé leurs prérogatives, sans en abuser, mais dans le sens du consensus et non de la "révolution".

Enfin il est particulièrement faux de relier les rencontres interreligieuses à Vatican II. La première fut une initiative, pas très heureuse à mon sens, de Jean-Paul II en ... 1986 soit 21 ans après la clôture du Concile, 21 ans après la promulgation de Nostra aetate (1965).
Le post-Concile, même romain, est allé très au-delà des textes conciliaires, Theonas devrait le savoir rien qu'avec la liturgie.
A fortiori les initiatives débridées prises en dehors et parfois contre le Magistère.
images/icones/neutre.gif  ( 645919 )Pour le coup, c'est vous... par Theonas (2012-09-26 22:04:29) 
[en réponse à 645876]

qui tombez dans la caricature: seuls les êtres assoiffé de sang seraient des révolutionnaires, à l'image d'un Robespierre, d'un Carrier, d'un Marat. Mirabeau n'était pourtant pas de ce tempérament là et en Suisse nous avons eu notre Révolution qui n'a pas dressé partout des guillotines. La révolution est un processus qui sait s'adapter aux circonstances et élire les personnages dont elle a besoin pour faire avancer sa cause. Qu'un pseudo conservateur soit au service de la révolution est une chose assez classique en somme. Car qu'est-ce que la révolution, je crois que c'est Barruel qui en a donné la meilleure définition: l'esprit révolutionnaire " prétend aimer tous les hommes également que pour se dispenser d’en aimer un seul véritablement. . Il déteste l’amour national et patriotique parce qu’il fait les lois des nations et celles de sa patrie. Il déteste jusqu’à l’amour de la famille et il y substitue l’amour universel. Il nous dit aimer tout d’un pôle à l’autre pour n’aimer rien autour de lui.» Son essence est le cosmopolitisme: une unification du monde factice au profit d'une poignée de maîtres.
Il y a eu révolution lors du concile parce que les Frings et consorts ont travesti la sainte doctrine, ils ont empêché qu'elle soit clairement formulée pour permettre une alliance avec les thèses issues de la révolution ( cela a été même revendiqué par le cardinal Ratzinger).Vous prétendez que Assise n'est pas l'enfant du Concile, il l'est pourtant au suprême degré. Car sans Dignitatis humanae, sans Nostra Aetate, sans unitatis redintegration jamais mortalium animos n'aurait pu être contournée. La nouvelle orientation que le concile a donné à l'Eglise, lui faisant abandonné la condamnation des erreurs permettait à elle seule ces petites sauteries.
images/icones/fleche2.gif  ( 646014 )V II-Assise:Si vous avez raison, Jean-Paul II a tort. par Scrutator Sapientiæ (2012-09-28 07:49:30) 
[en réponse à 645876]

Bonjour, Luc PERRIN;

Voici ce que vous écrivez :

"Il est particulièrement faux de relier les rencontres interreligieuses à Vatican II".

Vous connaissez comme moi le discours de Jean-Paul II, en date du 22 décembre 1986, discours dans lequel, précisément, il relie Assise à Vatican II.

Donc, sur ce point précis, il est tout à fait possible que vous ayez raison, et que Jean-Paul II ait tort, d'où le titre du message, mais alors, merci beaucoup pour tout argumentaire sur cette question.

Si vous avez raison, cela peut signifier qu'Assise 1986, mais j'ai déjà parlé ici d'Ankara 1979, prend sa source, non dans le Concile, mais dans la philosophie ou la théologie personnelle de Jean-Paul II : merci beaucoup de le confirmer ou de le démontrer.

Cela m'intéresse beaucoup, cela m'intéresse vraiment.

Et pas que moi, probablement.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 646046 )Je réinsère ici le fameux discours du 22 décembre 1986 par Scrutator Sapientiæ (2012-09-28 14:37:32) 
[en réponse à 646014]

Rebonjour,

Voici :

Croire.com

Dans l'esprit d'Assise (Discours de Jean-Paul II à la Curie romaine)

Discours du 22 décembre 1986 de Jean-Paul II à la Curie romaine et aux cardinaux sur la Journée de prière qui avait eu lieu à Assise le 27 octobre précédent qui avait suscité de vives réactions.

Le 22 décembre 1986, le Pape Jean-Paul II a reçu les cardinaux et les membres de la Curie romaine pour la présentation traditionnelle des vœux de Noël. Il a saisi cette occasion pour parler de la véritable signification qu'a pour l'Église la Journée de prière qui avait eu lieu à Assise le 27 octobre précédent et qui avait suscité de vives réactions dans l'Église et dans le monde. Nous présentons ici l'intégralité du discours du Pape.

" 1. C'est avec une joie particulière que je vous salue en cette rencontre traditionnelle qui nous voit réunis pour échanger mutuellement les voeux de Noël et du Nouvel An. Je remercie le nouveau cardinal doyen du Sacré-Collège pour les nobles paroles par lesquelles il a interprété les sentiments que suggère ce moment d'intimité familière.

En ces jours qui précèdent immédiatement la grande fête de Noël, au cours de laquelle nous célébrons et commémorons ensemble le Verbe de Dieu, vie et lumière des hommes (cf. Jn 1, 4), qui pour nous "s'est fait chair et est venu habiter parmi nous" (Jn 1, 14), mon esprit revit spontanément avec vous, vénérables et chers frères de la Curie romaine, ce qui semble avoir été l'événement religieux le plus suivi dans le monde en cette année qui est en train de s'achever ; la Journée mondiale de prière pour la paix à Assise, le 27 octobre dernier.

En cette Journée, en effet, et dans la prière qui en était le motif et l'unique contenu, semblait s'exprimer pour un instant, même de manière visible, l'unité cachée mais radicale que le Verbe divin, "dans lequel tout a été créé et dans lequel tout subsiste" (Col 1, 16 ; Jn 1, 3), a établie entre les hommes et les femmes de ce monde, ceux qui maintenant partagent ensemble les angoisses et les joies de cette fin du XXe siècle, mais aussi ceux qui ont précédés et ceux qui prendront notre place "jusqu'à ce que vienne le Seigneur" (cf. 1 Co 11, 26). Le fait d'être réunis à Assise pour prier, jeûner et cheminer en silence - et cela pour la paix toujours fragile et toujours menacée, peut-être aujourd'hui plus que jamais - a été comme un signe clair de l'unité profonde de ceux qui cherchent dans la religion des valeurs spirituelles et transcendantes en réponse aux grandes interrogations du coeur humain, malgré les divisions concrètes (cf. Nostra ætate, 1).

2. Cet événement me paraît d'une si grande portée qu'il nous invite par lui-même à une réflexion approfondie pour en éclairer toujours mieux la signification à la lumière de la commémoration désormais imminente de l'incarnation du Fils éternel de Dieu.

Il est en effet évident que nous ne pouvons nous contenter du fait lui-même et de la réussite de sa réalisation. Certes, la Journée d'Assise encourage tous ceux dont la vie personnelle et communautaire est guidée par une conviction de foi à en tirer les conséquences sur le plan d'une conception approfondie de la paix et, d'une nouvelle manière, à s'engager pour elle. Mais en outre et peut-être principalement, cette Journée nous invite à une "lecture" de ce qui est arrivé à Assise et de son intime signification, à la lumière de notre foi chrétienne et catholique. La clé appropriée de lecture pour un si grand événement jaillit en effet de l'enseignement du Concile Vatican II qui associe de manière admirable la fidélité rigoureuse à la révélation biblique et à la tradition de l'Église, avec la conscience des besoins et des inquiétudes de notre temps, exprimés dans tant de "signes éloquents" (cf. Gaudium et spes, 4s.).

La mission de l'Église et l'unité du genre humain

3. Plus d'une fois, le Concile a mis en relation l'identité même et la mission de l'Église avec l'unité du genre humain, spécialement lorsqu'il a voulu définir l'Église "comme sacrement, c'est-à-dire comme signe et instrument de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain" (Lumen gentium 1,9 ; cf. Gaudium et spes, 42).

Cette unité radicale qui appartient à l'identité même de l'être humain se fonde sur le mystère de la création divine. Le Dieu un dans lequel nous croyons, Père, Fils et Saint-Esprit, Trinité très sainte, a créé l'homme et la femme avec une attention particulière, selon le récit de la Genèse (cf. Gn 1, 26 ss. ; 2, 7, 18-24). Cette affirmation contient et communique une profonde vérité : l'unité de l'origine divine de toute la famille humaine, de tout homme et de toute femme, qui se reflète dans l'unité de l'image divine que chacun porte en lui (cf. Gn 1, 26), et oriente par elle-même à une fin commune (cf. Nostra aetate, 1). "Tu nous as faits pour toi, Seigneur, s'exclame saint Augustin, dans la plénitude de sa maturité de penseur, et notre coeur est inquiet tant qu'il ne repose pas en toi". (Conf., 1). La constitution dogmatique Dei Verbum déclare que "Dieu, qui crée et conserve toutes choses par son Verbe, offre aux hommes dans les choses créées un témoignage incessant sur lui-même… et il a pris un soin constant du genre humain pour donner la vie éternelle à tous ceux qui, par la fidélité dans le bien, recherchaient le salut" (Dei Verbum, 3).

C'est pourquoi, il n'y a qu'un seul dessein divin pour tout être humain qui vient en ce monde (cf. Jn 1, 9), un principe et une fin uniques, quels que soient la couleur de sa peau, l'horizon historique et géographique dans lequel il vit et agit, la culture dans laquelle il a grandi et dans laquelle il s'exprime. Les différences sont un élément moins important par rapport à l'unité qui, au contraire, est radicale, fondamentale et déterminante.

L'Église, ministre et instrument de l'unité du créé

4. Le dessein divin, unique et définitif, a son centre en Jésus Christ, Dieu et homme "dans lequel les hommes trouvent la plénitude de la vie religieuse et en qui Dieu s'est réconcilié toutes choses" (Nostra aetate, 2). Comme il n'y a pas d'homme ou de femme qui ne portent en eux le signe de leur origine divine, de même il n'y a personne qui ne puisse demeurer en dehors et en marge de l’œuvre de Jésus-Christ, "mort pour tous", et donc "sauveur du monde" (cf. Jn 4, 42). "Nous devons en effet retenir que l'Esprit-Saint donne à tous, d'une façon que Dieu connaît, la possibilité d'être associé au mystère pascal" (Gaudium et spes, 22).

Comme on le dit dans la première Épître à Timothée, Dieu "veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité. Car Dieu est unique, unique aussi est le médiateur entre Dieu et les hommes" (2, 4-6).

Ce mystère éclairant de l'unité du genre humain dans sa création et de l'unité de l’œuvre salvifique du Christ qui porte avec lui la naissance de l'Église, comme ministre et instrument, s'est manifesté clairement à Assise, malgré les différences des professions religieuses, en rien cachées ou atténuées.

Le grand dessein qui préside à la création

5. À la lumière de ce mystère, les différences de tout genre, et en premier lieu les différences religieuses, dans la mesure où elles sont réductrices du dessein de Dieu, se révèlent en effet comme appartenant à un autre ordre. Si l'ordre de l'unité est celui qui remonte à la création et à la rédemption et s'il est donc, en ce sens, "divin", ces différences et ces divergences, même religieuses, remontent plutôt à un "fait humain", et doivent être dépassées dans le progrès vers la réalisation du grandiose dessein d'unité qui préside à la création. Il y a certes des différences dans lesquelles se reflètent le génie et les "richesses" spirituelles donnés par Dieu aux nations (cf. Ad gentes, 11). Ce n'est pas à elles que je me réfère. J'entends ici faire allusion aux différences dans lesquelles se manifestent les limites, les évolutions et les chutes de l'esprit humain tenté par l'esprit du mal dans l'histoire (Lumen gentium, 16).

Les hommes peuvent souvent ne pas être conscients de leur unité radicale d'origine, de destin et d'insertion dans le plan même de Dieu et, lorsqu'ils professent des religions différentes et incompatibles entre elles, ils peuvent même ressentir leurs divisions comme insurmontables, mais, malgré cela, ils sont inclus dans le grand et unique dessein de Dieu, en Jésus-Christ, qui "s'est uni d'une certaine manière à tous les hommes" (Gaudium et spes, 22), même si ceux-ci n'en sont pas conscients.

Appelés à former le nouveau Peuple de Dieu

6. Dans ce grand dessein de Dieu sur l'humanité, l'Église trouve son identité et sa tâche de "sacrement universel de salut" en étant précisément "signe et instrument de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain" (Lumen gentium, 1). Cela signifie que l'Église est appelée à travailler de toutes ses forces (l'évangélisation, la prière, le dialogue) pour que disparaissent entre les hommes les fractures et les divisions qui les éloignent de leur principe et fin et qui les rendent hostiles les uns aux autres. Cela signifie que si le genre humain tout entier, dans l'infinie complexité de son histoire, avec ses cultures différentes, est "appelé à former le nouveau Peuple de Dieu" (Lumen gentium, 13) dans lequel se guérit, se consolide et s'élève l'union bénie de Dieu avec l'homme et l'unité de la famille humaine : "Tous les hommes sont donc appelés à cette unité catholique du Peuple de Dieu, qui préfigure et promeut la paix universelle et à laquelle appartiennent sous diverses formes ou sont ordonnés et les fidèles catholiques et ceux qui, par ailleurs, ont foi dans le Christ, et finalement tous les hommes sans exception que la grâce de Dieu appelle au salut" (ibid).

Découvrir et respecter les semences du Verbe

7. L'unité universelle fondée sur l'événement de la création et de la rédemption ne peut pas ne pas laisser une trace dans la vie réelle des hommes, même de ceux qui appartiennent à des religions différentes. C'est pourquoi, le Concile a invité l'Église à respecter les semences du Verbe présentes dans ces religions (Ad gentes, 11) et il affirme que tous ceux qui n'ont pas encore reçu l'Évangile sont "ordonnés" à l'unité suprême de l'unique Peuple de Dieu à laquelle appartiennent déjà par la grâce de Dieu et par le don de la foi et du baptême tous les chrétiens avec qui les catholiques "qui conservent l'unité de la communion sous le Successeur de Pierre", savent qu'ils "sont unis pour de multiples raisons" (cf. Lumen gentium, 15).

C'est précisément la valeur réelle et objective de cette "ordinatio" à l'unité de l'unique Peuple de Dieu, souvent cachée à nos yeux, qui a pu être reconnue dans la Journée d'Assise, et dans la prière avec les représentants chrétiens, c'est la profonde communion qui existe déjà entre nous dans le Christ et dans l'Esprit, vivante et agissante, même si elle est encore incomplète, qui a eu l'une de ses manifestations particulières. L'événement d'Assise peut ainsi être considéré comme une illustration visible, une leçon de choses, une catéchèse intelligible à tous de ce que présuppose et signifie l'engagement œcuménique et l'engagement pour le dialogue interreligieux recommandé et promu par le Concile Vatican II.

Relations avec le peuple juif, avec les musulmans et ceux qui "cherchent un Dieu inconnu"

8. Comme source inspiratrice et comme orientation fondamentale pour un tel engagement, il y a toujours le mystère de l'unité, aussi bien celle qui est déjà atteinte dans le Christ par la foi et le baptême que celle qui s'exprime dans "l'ordination" au peuple de Dieu et donc encore à atteindre pleinement.

Tandis que la première trouve son expression adéquate et toujours valable dans le Décret Unitatis redintegratio sur l'oecuménisme, la seconde se trouve formulée, sur le plan de la relation et du dialogue interreligieux, dans la Déclaration Nostra aetate, et tous les deux sont à lire dans le contexte de la Constitution Lumen gentium.

C'est dans cette seconde dimension, encore assez nouvelle par rapport à la première, que la Journée d'Assise nous fournit de précieux éléments de réflexion qui se trouvent éclairés par une lecture attentive de la Déclaration en question sur les religions non chrétiennes.

Ici aussi, on parle de "l'unique communauté" que forment les hommes en ce monde (n. 1), et cette communauté s'explique comme le fruit de "l'unique origine" commune, "puisque Dieu a fait habiter le genre humain tout entier sur toute la face de la terre" (ibid) pour qu'il s'achemine vers "une seule fin dernière, Dieu, dont la Providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s'étendent à tous, jusqu'à ce que les élus soient réunis dans la Cité sainte que la gloire de Dieu illuminera et où tous les peuples marcheront dans sa lumière" (ibid).

Dans les paragraphes suivants, la Déclaration nous enseigne à apprécier les différentes religions non chrétiennes à l'intérieur de ce cadre général où s'enracine notre unité, mais aussi en soulignant les valeurs authentiques qui les caractérisent dans leur effort pour répondre "aux énigmes obscures de la condition humaine" (ibid) et en voulant voir dans cet effort "un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes" (n. 2). Ainsi "l'Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions et elle exhorte même ses fils pour que, avec prudence et charité…, tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socioculturelles qui se trouvent en elles" (ibid).

Ce faisant, l'Église se propose avant tout de reconnaître et de respecter cette "ordination" au Peuple de Dieu dont parle Lumen gentium (n. 16) et à laquelle je viens de me référer. Quand elle agit de cette manière, elle est donc consciente de suivre une indication divine parce que c'est le Créateur et Rédempteur qui, dans son dessein d'amour, a disposé cette mystérieuse relation entre les hommes et les femmes religieux et l'unité du Peuple de Dieu.

Il y a avant tout une relation avec le peuple juif, "ce peuple qui reçut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair" (Lumen gentium, 16), qui nous est uni par un "lien" spirituel (cf. Nostra aetate, 2). Mais il y a également une relation avec "ceux qui reconnaissent le Créateur et, parmi ceux-ci en premier lieu les musulmans qui professent avoir la foi d'Abraham et qui adorent avec nous un Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour" (Lumen gentium, 16). Et il y a encore une relation avec ceux qui "cherchent un Dieu inconnu dans les ombres et sous des images" et dont "Dieu lui-même n'est pas loin" (cf. Lumen gentium, 19).

Identité et conscience de l'Église catholique

9. En présentant l'Église catholique qui tient par la main ses frères chrétiens et ceux-ci tous ensemble qui donnent la main aux frères des autres religions, la Journée d'Assise a été comme une expression visible de ces affirmations du Concile Vatican II. Avec elle et par elle, nous avons réussi, grâce à Dieu, à mettre en pratique, sans aucune ombre de confusion ni de syncrétisme, cette conviction qui est la nôtre, inculquée par le Concile, sur l'unité de principe et de fin de la famille humaine et sur le sens et la valeur des religions non chrétiennes.

La Journée ne nous a-t-elle pas enseigné à relire, à notre tour, avec des yeux plus ouverts et plus pénétrants, le riche enseignement conciliaire sur le dessein salvifique de Dieu, le caractère central de ce dessein en Jésus-Christ et la profonde unité dont il part et vers laquelle il tend à travers la diaconie de l'Église ? L'Église catholique s'est manifestée à ses fils et au monde dans l'exercice de sa fonction de "promouvoir l'unité et la charité entre les hommes, et même entre les peuples" (Nostra aetate, 1).

En ce sens, on doit encore dire que l'identité même de l'Église catholique et la conscience qu'elle a d'elle-même ont été renforcées à Assise. L'Église, en effet, c'est-à-dire nous-mêmes, nous avons mieux compris, à la lumière de l'événement, quel est le vrai sens du mystère d'unité et de réconciliation que le Seigneur nous a confié et qu'il a exercé en premier lorsqu'il a offert sa vie "non seulement pour le peuple mais aussi pour réunir les fils de Dieu qui étaient dispersés" (Jn 11, 52).

Un ministère essentiel exercé de différentes manières

10. L'Église exerce ce ministère essentiel qui est le sien de différentes manières : par l'évangélisation, l'administration des sacrements et la conduite pastorale par le Successeur de Pierre et les évêques, par le service quotidien des prêtres, des diacres, des religieux et des religieuses, par l'effort et le témoignage des missionnaires et des catéchistes, par la prière silencieuse des contemplatifs et la souffrance des malades, des pauvres et des opprimés, et par tant de formes de dialogue et de collaboration des chrétiens pour réaliser l'idéal des Béatitudes et promouvoir les valeurs du Royaume de Dieu.

L'Église a également exercé ce ministère à Assise, d'une manière inédite si l'on veut, mais qui n'est pas moins efficace et moins engageante pour cela, comme cela été reconnu par nos hôtes qui ont exprimé leur joie et exhorté à continuer sur la route commencée. Par ailleurs, comme nous le voyons, la situation du monde en cette veille de Noël est en elle-même un appel pressant à retrouver et à maintenir toujours vivant l'esprit d'Assise comme motif d'espérance pour l'avenir.

La valeur unique de la prière de tous pour la paix dans le monde

11. Là, on a découvert, de manière extraordinaire, la valeur unique qu'a la prière pour la paix et même que l'on ne peut obtenir la paix sans la prière, et la prière de tous, chacun dans sa propre identité et dans la recherche de la vérité. C'est en cela qu'il faut voir, à la suite de ce que nous venons de dire, une autre manifestation admirable de cette unité qui nous lie au-delà des différences et des divisions de toutes sortes. Toute prière authentique se trouve sous l'influence de l'Esprit "qui intercède avec insistance pour nous car nous ne savons que demander pour prier comme il faut", mais Lui prie en nous "avec des gémissements inexprimables et Celui qui scrute les coeurs sait quels sont les désirs de l'Esprit" (Rm 8, 26-27). Nous pouvons en effet retenir que toute prière authentique est suscitée par l'Esprit-Saint qui est mystérieusement présent dans le coeur de tout homme.

C'est ce que l'on a également vu à Assise : l'unité qui provient du fait que toute personne est capable de prier, c'est-à-dire de se soumettre totalement à Dieu et de se reconnaître pauvre devant lui. La prière est un des moyens pour réaliser le dessein de Dieu parmi les hommes (cf. Ad gentes, 3).

Il a été rendu manifeste de cette manière que le monde ne peut pas donner la paix (cf. Jn 14, 27), mais qu'elle est un don de Dieu et qu'il faut l'obtenir de lui par la prière de tous.

Un témoignage devant le monde de l'engagement commun pour la paix

12. En vous proposant à vous, messieurs les cardinaux, archevêques, évêques et membres de la Curie romaine, ces réflexions sur l'extraordinaire événement qui s'est déroulé à Assise le 27 octobre dernier, je voudrais avant tout que cela soit une aide pour mieux nous préparer à recevoir encore une fois ce Verbe en qui "toutes choses ont été créées" (cf. Jn 1, 3) et par qui tous les hommes sont appelés à "avoir la vie et à l'avoir en abondance" (Jn 10, 10), ce Verbe divin qui "a voulu habiter parmi nous" (cf. Jn 1, 14) et qui, par sa venue, sa mort et sa résurrection a voulu "récapituler en lui toutes choses, celles du ciel et celles de la terre" (cf. He 1, 10).

À lui qui, "par l'incarnation s'est uni d'une certaine manière à tout homme" (Gaudium et spes, 22), je voudrais encore confier la suite à donner à la Journée d'Assise et aux engagements que, dans ce but, tous, dans l'Église, nous devrons assumer ou que nous sommes déjà en train d'assumer pour répondre à la vocation fondamentale de l'Église parmi les hommes qui est d'être "sacrement de rédemption universelle" et "germe incorruptible d'unité et d'espérance pour toute l'humanité" (Lumen gentium, 9).

Je suis certain que vous tous, collaborateurs de la Curie romaine, vous êtes profondément conscients de cette mission. Je vous remercie de tout cela et aussi pour l'aide irremplaçable que vous m'offrez, jour après jour, dans le service de l'Église universelle, avec les représentants pontificaux dans les différents pays du monde.

13. Et tandis que je présente à tous mes voeux les plus fervents de Noël, je voudrais renouveler l'expression de ma reconnaissance à tous ceux qui, acceptant mon invitation, non sans difficultés et incommodités, nous ont, par leur exemple, poussés non seulement à rendre témoignage devant le monde de l'engagement commun pour la paix, mais aussi à réfléchir sur le mystère de l'oeuvre de Dieu dans le monde, à laquelle nous voulons tous collaborer et dont nous nous apprêtons à célébrer dans la nuit de Noël, sous le regard maternel de Marie, le sommet dans la plénitude des temps. "

Traduction par la DC du texte italien publié dans l'Osservatore Romano des 22-23 décembre 1986 (voir DC 1987, n° 1933, p. 133-136).

(Résumé

La Rencontre d'Assise est le signe de l'unité établie par le Verbe de Dieu entre tous les hommes. La signification profonde de cet événement se comprend mieux quand on y réfléchit à la lumière de l'enseignement de Vatican II. En effet, les documents du Concile soulignent les liens étroits qui existent entre cette unité à laquelle les hommes aspirent et les grands mystères de la foi chrétienne - la création divine, l'Incarnation, le Mystère pascal, l'Église du Christ… - qui la manifestent et la rendent accessible. L'unité du genre humain, qui fait partie du dessein de Dieu, se perçoit dans la vie des hommes et se reflète de manière particulière dans leurs religions. L'Église respecte ces traces (semences du Verbe) sans pour autant perdre de vue sa propre identité et la reponsabilité qu'elle a d'annoncer l'Évangile. Elle affirme aussi la valeur unique de la prière de chacun puisque la prière authentique est toujours suscitée par le l'Esprit Saint qui est présent dans le coeur de tout homme.

Mise en perspective

Dans ce discours, le Pape Jean-Paul II a répondu à la fois aux critiques de l'initiative qu'il avait prise en invitant les responsables des traditions non chrétiennes à Assise, et à ceux qui ont donné une interprétation trop laxiste à cette invitation. Ce document, en tant que lecture théologique faite par le Pape de l'événement d'Assise, est devenu un des textes fondamentaux pour toutes les discussions concernant le sens de l'engagement de l'Église dans le dialogue interreligieux.)

Merci beaucoup pour toute réponse à ma question sur le lien de causalité doctrinalo-pastorale

- plutôt entre Vatican II et Assise,

ou

- plutôt entre la réflexion personnelle de Jean-Paul II et Assise.

Bon après-midi et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 646019 )sur ce point par Aigle (2012-09-28 08:36:47) 
[en réponse à 645876]

la lecture des carnets du cardnal de Lubac confirme plutôt la vision de luc Perrin : une minorité d'activistes, sûrs de leur bon droit car convaincus (probablement à juste titre) d'avoir l'appui des deux papes successifs, une minorité conservatrice, sûre d'avoir raison en se fondant sur le magistère récent, une masse ouverte aux réformes modérées et dans un esprit de relative continuité.

A noter que tous les activistes réformateurs n'ont ps les mêmes buts - certains sont passionnés par l'oecuménisme, d'autres par la liberté religieuse, d'autrees encore par des questions théologiquebtiles (l'Ecriture, la Tradition).

Mai reconnaissons que le lecture "rupturiste" faite par la presse dès 1962 a été légitimée par l'épiscopat français et tout de même un peu aussi par Paul VI - notamment en approuvant un missel dont la nouveauté allait bien au-delà de sacrosanctum Concilium.
images/icones/marie.gif  ( 645884 )À propos du secret de Fatima par Vianney (2012-09-26 16:52:46) 
[en réponse à 645847]

...on vient de me signaler un article paru il y a quelques années dans le Sel de la terre : La neutralisation du troisième secret de Fatima.

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 645934 )Que savons-nous vraiment d'une partie de tout cela ? par Scrutator Sapientiæ (2012-09-27 07:41:29) 
[en réponse à 645847]

Bonjour Theonas,

A. En général, et le plus souvent, je suis plutôt d'accord avec ce que vous dites, mais que savons-nous, que savez-vous exactement d'une partie de ce que vous dites ?

1. "La révolution s’est abattue sur l’Eglise l’année même où devait être révélé le 3e secret de Fatima."

2. "Or ce secret annonçait certainement cette dérive de l’Eglise, cette subversion au sein de l’Eglise."

3. "Sœur Lucie, chargée de faire connaître les mises en garde de Notre Dame, avait d’ailleurs parlé, avant d'être réduite au silence, de ces faux pasteurs déguisés en agneaux qui allaient déferlé."

4. "Les guerres mondialistes, qui n'ont eu de cesse depuis 30 ans, viennent à n’en pas douter également du refus des papes de consacrer la Russie au cœur immaculée de Marie."

5. "Pourtant la Vierge avait expliqué qu’aucune paix ne pouvait venir sans cette consécration."

6. "Mais les papes séduits par le programme anti-catholique des révolutionnaire ont prétendu construire la paix sur la base de Vatican II, sans tenir compte de la Vierge, en honorant toutes les religions, comme ce fut le cas à Assise en 1986 ou encore en début d’année."

B. Formulé de cette manière, c'est peut-être vrai, c'est peut-être faux, mais que savons-nous exactement, que savez-vous exactement, d'une manière plus ou moins argumentée et documentée, voire incontestable, indubitable, irrécusable, irréfutable, sur la "matérialité" qui sous-tend chacune de vos affirmations, considérées littéralement ?

C. Vos affirmations 2 et 4, en particulier, doivent être étayées ou étoffées :

2. "Or ce secret annonçait CERTAINEMENT (?) cette dérive de l’Eglise, cette subversion au sein de l’Eglise."

Qu'en savons-nous, qu'en savez-vous, puisque c'était alors, ou parce que c'est toujours, un SECRET ?

4. "Les guerres mondialistes, qui n'ont eu de cesse depuis 30 ans, viennent A N'EN PAS DOUTER (?) également du refus des papes de consacrer la Russie au cœur immaculée de Marie."

Qu'aurions-nous dit, qu'auriez-vous dit, si cette consécration de la Russie au cœur immaculée de Marie avait bel et bien été acceptée et effectuée par un Pape, et si ces guerres mondialistes s'étaient néanmoins produites ENSUITE ?

D. En outre, sur votre site internet ESCHATON, voici ce que vous écrivez, et qui est, à un endroit précis, tout à fait saisissant :

" De fait depuis Vatican II, la pensée moderniste a tenu à l’écart la Vierge de toutes les entreprises en faveur de la paix.

A Fatima, notre Dame a clairement expliqué qu’elle ne s’obtiendrait que par elle, mais pour les modernistes, croire que la paix procédera de la dévotion au cœur immaculée de Marie et de la récitation du rosaire relève du conte pour enfants.

Elle ne peut venir que du droit de l’homme à une complète « liberté sociale et civile en matière religieuse »(Dignitatis humanae).

RAISON POUR LAQUELLE LES GRANDES REUNIONS INTERELIGIEUSES POUR LA PAIX NE SE SONT PAS DAVANTAGE APPUYEES SUR LA SAINTE VIERGE.

Qui peut contester que nous goutons actuellement les fruits amers de toutes cette débauche d’œcuménisme bienpensant ayant donné son congé à la Sainte Vierge ?

La non - proclamation de la Médiation universelle de Marie tient d’ailleurs certainement aux mêmes raisons.

Les pères du Concile se soumettant à l’injonction de nombreux théologiens protestants qui menacèrent de rompre si le schéma sur Marie était étudié. "

E. J'espère que vous avez bien conscience du fait que si les grandes réunions interreligieuses pour la paix s'étaient appuyées davantage hier, ou s'appuyaient davantage demain, sur la Sainte Vierge,

- ou bien elles n'auraient pas été ou ne seraient pas aussi interreligieuses, ou interreligieuses de cette manière,

- ou bien elles auraient été ou seraient la cause, la source, d'une confusion doctrinale et spirituelle supplémentaire !

F. Je ne suis pas absolument persuadé que Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI soient hostiles à la dévotion vis-à-vis de la Vierge Marie, à la piété mariale, au recours fréquent au Rosaire, en tant que facteur de paix.

G. A ce sujet, relisons donc ceci, au tout début de Rosarium Virginis Mariae.

" 5. Cependant, la raison la plus importante de redécouvrir avec force la pratique du Rosaire est le fait que ce dernier constitue un moyen très valable pour favoriser chez les fidèles l'engagement de contemplation du mystère chrétien que j'ai proposé dans la lettre apostolique Novo millennio ineunte comme une authentique “pédagogie de la sainteté”: « Il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l'art de la prière ».9 Alors que dans la culture contemporaine, même au milieu de nombreuses contradictions, affleure une nouvelle exigence de spiritualité, suscitée aussi par les influences d'autres religions, il est plus que jamais urgent que nos communautés chrétiennes deviennent « d'authentiques écoles de prière ».10

Le Rosaire se situe dans la meilleure et dans la plus pure tradition de la contemplation chrétienne. Développé en Occident, il est une prière typiquement méditative et il correspond, en un sens, à la « prière du cœur » ou à la « prière de Jésus », qui a germé sur l'humus de l'Orient chrétien.

Prière pour la paix et pour la famille

6. Certaines circonstances historiques ont contribué à une meilleure actualisation du renouveau du Rosaire. La première d'entre elles est l'urgence d'implorer de Dieu le don de la paix. Le Rosaire a été à plusieurs reprises proposé par mes Prédécesseurs et par moi-même comme prière pour la paix. Au début d'un millénaire, qui a commencé avec les scènes horribles de l'attentat du 11 septembre 2001 et qui enregistre chaque jour dans de nombreuses parties du monde de nouvelles situations de sang et de violence, redécouvrir le Rosaire signifie s'immerger dans la contemplation du mystère de Celui « qui est notre paix », ayant fait « de deux peuples un seul, détruisant la barrière qui les séparait, c'est-à- dire la haine » (Ep 2, 14). On ne peut donc réciter le Rosaire sans se sentir entraîné dans un engagement précis de service de la paix, avec une attention particulière envers la terre de Jésus, encore si éprouvée, et particulièrement chère au cœur des chrétiens.

De manière analogue, il est urgent de s'engager et de prier pour une autre situation critique de notre époque, celle de la famille, cellule de la société, toujours plus attaquée par des forces destructrices, au niveau idéologique et pratique, qui font craindre pour l'avenir de cette institution fondamentale et irremplaçable, et, avec elle, pour le devenir de la société entière. Dans le cadre plus large de la pastorale familiale, le renouveau du Rosaire dans les familles chrétiennes se propose comme une aide efficace pour endiguer les effets dévastateurs de la crise actuelle. "

H. Le vrai scandale, à mes yeux, c'en est un, c'est la coexistence de deux niveaux de discours à mon avis potentiellement contradictoires,

- la paix par Marie à l'attention des uns, les catholiques,

- la paix sans Marie à l'attention des autres, les non catholiques,

alors qu'on les fait passer pour certainement complémentaires, ou pour harmonieusement ou judicieusement articulés ou hiérarchisés, ce qui ne va pas de soi du tout, ou ne manque pas d'avoir les conséquences ambivalentes et opacifiantes que nous connaissons et subissons.

I. La maximisation de ce qui serait "l'esprit de Fatima" pourrait être aussi disproportionnée que celle de "l'esprit d'Assise", et si Assise doit beaucoup à Vatican II, si ce Concile fait silence sur Fatima, il ne fait pas obstacle ou obstruction à la Vierge Marie, même si, comme souvent, avec ce Concile, il y a eu adoucissement des lignes et arrondissement des angles, au point ou au risque de (se) tromper sur le caractère non consensuel, non libéral, du christianisme.

J. Je comprendrais, pour ma part, que l'on confronte, avant tout sous l'angle de l'analyse, et non avant tout sous celui de la polémique, tel élément du Magistère à tel autre autre élément du Magistère, ou tel élément d'une pastorale à tel élément du Magistère, notamment si celui-ci est censé inspirer celle-là, alors que, dans les faits, celle-là contredit celui-ci.

K. Mais j'aurais du mal à comprendre que l'on oppose, en quelque sorte trait pour trait, l'esprit de Fatima, d'un côté, à l'esprit d'Assise, de l'autre.

L. En revanche, s'il apparaissait, pour ainsi dire, qu'en prenant appui sur tel ou tel lieu d'apparitions, la Sainte Vierge se mettait à dire à peu près le contraire de ce qu'elle a dit auparavant, à tel ou tel autre endroit, sur un même sujet ou un même thème précis, je comprendrais alors que l'on confronte les propos attribués à la Sainte Vierge, ou les propos, rapportés, de la Sainte Vierge, en provenance du premier lieu d'apparitions, avec ceux, attribués ou rapportés, en provenance de l'autre lieu d'apparitions.

Mais c'est une autre affaire, une autre histoire, me semble-t-il.

M. A mon sens, c'est à nous à faire connaître et à faire comprendre autour de nous, par exemple, la lettre encyclique Laetitiae Sanctae, de Léon XIII, pour bien montrer ce qui a été plus ou moins sciemment passé sous silence au Concile et après lui, et cela me paraît une approche plus "homogène" et plus positive que l'argument en forme de "tout ou rien" qui consiste à dire, en substance : "à Vatican II, on a fait l'impasse sur les messages ou les secrets de Fatima, DONC, à cette occasion, l'Eglise catholique y a donné congé, d'une manière officielle et définitive, à la Vierge Marie, et de là découlent tous les malheurs de notre temps".

N. Une vision "déterministe", ou "programmatrice", de l'influence quasiment certaine du recours spirituel, ou des références doctrinales, à la Vierge Marie, au coeur de l'agir concret des êtres concrets, au sein et autour de l'Eglise, aurait été prise à son propre piège, si le Concile avait fait référence à Fatima, et si les désordres post-conciliaires s'étaient produits, malgré cela, néanmoins, par la suite.

O. Mais au moins, si cela avait été le cas, je vous l'accorde volontiers, il se serait sans doute trouvé moins de clercs et de laics qui auraient pu prendre appui, à juste titre ou non, sur le Concile lui-même, pour justifier ces désordres, sous couvert, plus ou moins fallacieux ou mensonger, de mise en oeuvre du Concile.

P. Encore une fois, en général et le plus souvent, je suis plutôt d'accord avec vous, mais là, je me suis permis de vous faire remarquer que vos affirmations, considérées en tant que telles, d'une manière littérale, gagneraient, pour certaines d'entre elles, à être formulées autrement, ou avec davantage d'explications.

Merci beaucoup pour toute remarque ou suggestion, bonne journée et excellente continuation.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 645998 )Bonjour Scrutatoir... par Theonas (2012-09-27 23:31:12) 
[en réponse à 645934]

et merci pour votre longue réponse. Je ne pourrai pas répondre pas le détail à toutes vos remarques. Je n'en ai pas le temps maintenant.
Qu'est-ce qui me permet de dire que le 3e secret annonçait certainement la subversion de la foi au sein de l'Eglise? Le fait avéré pour moi que la révélation du 3e secret en 2000 est un faux. Rien ne colle. L'opération consistait à reléguer le message de Fatima pour le XXe siècle. Qu'est-ce qui me fait dire cela?
Le 3e secret ne pouvait pas être seulement une vision, la phrase « Ceci, ne le dites à personne. A François, oui, vous pouvez le dire » est impossible après une vision. Le cardinal Bertone a dit que sœur Lucie a inventé la date de 1960.Or la date a selon sœur Lucie été précisée par Notre Dame, elle l’annonça dès 44, « parce que la sainte Vierge le veut ainsi », elle dit à Mgr Da Silva de l’annoncer « au plus tard en 1960 » ou à sa mort, selon ce qui se produirait le premier. la date de 1960 est attestée 15 fois dans ses écrits. Pourquoi n’y aurait-il pas eu de datation si Jean XXIII a dit que cela ne regardait pas son pontificat. C’est que le secret contient un élément précis qui permet de marquer un pontificat. Le secret révélé ne comporte rien de tel. Ottavioni dit que sœur Lucie a justifié cette date en disant « en 160, le secret apparaîtra plus clair », il ne mentionna aucune distorsion entre le contenu du secret qu’il lut et la date indiquée par sœur Lucie. Pourquoi Bertone veut-il caché cette date si elle ne le gêne pas ?
La vision catastrophique du secret officiel placée juste après « il sera accordé au monde un certain temps de paix » n’a aucun sens. Or la cohérence du message est grande. Elle ne peut illustrer un monde de paix, le 3e sceret officiel ne peut être complet, il doit y avoir des paroles qui expliquent. Jusqu’au jour où elle mit par écrit le 3 secret, jamais sœur Lucie ne parla de vision, elle parla tj des paroles de la sainte Vierge « Ensuite elle ( Notre Dame) nous confia quelques petites paroles en ajoutant : « Ne dites cela à personne ; François vous pouvez le dire ». Le secret était composé d’une vision ( enfer) et de quelques paroles, sœur Lucie n’a jamais dit la sainte Vierge nous a montré deux visions et dit quelques paroles.
Pour Lucie le secret ne commence même qu’avec les paroles, le 13 avril 1936, quelques mois avant la rédaction du deuxième mémoire, sœur Lucie mit par écrit quelques souvenirs. Le document a été perdu, mais le père Gonçalvès en a gardé des copies d’extraits importants lors de la vitise à Tuy le 24 avril 1941. « A ces mots, elle nous communiqua le relfet pour la troisième fois. Ce fut pendant cette apparition qu’eut lieu le secret précédé de la vision de l’enfer », le secret ne commence donc qu’avec les paroles de Notre Dame.
Tout ceux qui ont étudié la question ont tj compris que le 3e secret commençait par « Au Portugal, se conservera tj le dogme de la foi. »,mais on ne retrouve pas cette phrase dans le secret officiel.

Quant à la nature du secret nous avons plus que des indices :En 1963, la publication allemande Neues Europa publia un rapport dans lequel il était révélé que le 3e secret affirmait « le cardinal s’opposera au cardinal, l’évêque à l’évêque » . Selon un témoignage de Mgr Balducci au père Gruner, lorsqu’on demanda à Ottavioani s’il était opportun de publier ce rapport, le cardinal répondit « publiez 10000 copies ! publiez 20000 copies ! publiez 30000 copies », ce qui indiquait que le 3e secret concernait l’Eglise.

Jean paul II aussi a donné plusieurs éléments qui ne vont pas dans le sens du secret officiel. Le compte rendu des propos du pape avec des catholiques allemands en 1980 dans Stimme des Glaubens font dire ceci au pape « Etant donné la gravité de son contenu, mes prédecceurs dans la chaire de st Pierre ont choisie, par diplomatie, d’en reporter la publication afin de ne pas encourager la puissance mondiale communisre à prendre certaines mesures. D’autre part, il devrait suffire à tout chrétien de savoir ceci : lorsqu’il est écrit dans un message que les océans envahiront de vastes régions du globe et que, d’un instant à l’autre, des millions de personnes périront, la publication d’un tel message ne devient plus tellement souhaitable »
Il annonce que de grandes épreuves arriveront, exigeant même le sacricife de nos vies, qu’il est impossible d’éviter ces tribulations, que l’Eglise va être renouvelée dans le sang.
Il parle donc de choses effrayantes, comparables à des catastrophes dévastratrices, de la disparition de millions de personnes, qui peut se prêter à une récupération par les communistes. Comment déduire cela du secret officiel ?
En 1982, lors de sa rencontre avec sœur Lucie il dit à celle-ci qu" il n’était ni nécessaire ni prudent maintenant de la révéler, car le monde ne pourrait pas le comprendre ». Incompréhensible alors que l'attentat venait d'avoir lieu, attentat qui serait précisément le coeur du 3e secret.
Mgr do Amaral déclara que le secret concernait la perte de la foi : « identifier le secret avec des annonces catastrophiques ou avec un holocauste nucléaire, c’est déformer le sens du message. La perte de foi d’un continent est pure que l’anéantissement d’une nation ; il est vrai que la foi diminue continuellement en Europe ». Il était le successeur de Mgr Venancio comme évêque de Leira-Fatima, et il avait une connaissance parfaite du dossier. « Avant d’affirmer à Vienne que le 3e secret concernait seulement notre foi et la perte de la foi, j’avais consulté sœur Lucie et obtenu d’abord son approbation » déclara-t-il 10 ans plus tard.

Bref rien ne tient dans la révélation officielle du secret. Alors pourquoi tant de dissimulation. Pourquoi d'ailleurs avoir attendu 40 ans pour en faire la révélation si le 3e secret n'était que ce qu'en ont dit les autorités romaines. Rien ne le justifie. c'est donc qu'il est tj très embarrassant pour Rome. Qu'il explicite l'effondrement de la foi, sa subversion.

quant aux guerres mondialistes, elles sont dans le prolongement de la perte de la foi, car des catholiques maintenus dans la conformité de la doctrine aurait représenté un poids électoral qui aurait pesé différemment dans toutes les élections en Europe depuis 30 ans. il subsisterait encore des médias importants alternatifs à la pensée totalitaire. Un Jacques delors n'aurait pas pu être présenté comme dernièrement comme l'homme politique le plus représentatif du concile.
images/icones/fleche2.gif  ( 646013 )Brièvement : merci beaucoup. par Scrutator Sapientiæ (2012-09-28 07:41:06) 
[en réponse à 645998]

Bonjour et merci Theonas,

Tout est dans le titre, car je suis pris par le temps.

Bonne journée, à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 646050 )Merci, Théonas, de dire si c'est "ce" 3° secret. par Scrutator Sapientiæ (2012-09-28 15:31:23) 
[en réponse à 646013]

Rebonjour,

A. Merci, Théonas, de bien vouloir me dire si le texte mentionné ci-dessous est "ce" troisième secret, les guillemets que j'utilise n'étant pas du tout une marque de mépris, mais bien plutôt un signe de prudence.

Ephphata.

B. Par ailleurs, ce n'est pas à vous que j'apprendrai que "les vers" du modernisme et du progressisme n'a pas atttendu Vatican II pour entrer dans "le fruit" qu'est l'Eglise ; il y a eu successivement, au XX° siècle :

1. dans l'ordre intellectuel et religieux

- le primo-modernisme des années 1893-1914

- l'accalmie en faux-semblant des années correspondant à l'entre-deux guerres ; je dis : en faux-semblant, puisque les années 1920 et les années 1930 ont été les années de formation des théologiens qui ont inspiré Vatican II, et qui n'ont pas écrit que des erreurs ou des horreurs, mais qui se sont grandement démarqués, entre autres, du controversisme exclusiviste et du normativisme objectiviste

- la naissance et l'affirmation du néo-modernisme des années 1937-1962

- l'affermissement et l'apogée du néo-modernisme des années 1963-1988

2. dans l'ordre politique et social :

- un progressisme socialisant, voire communisant, anti-totalitaire, restrictif et sélectif, car seulement contre le fascisme et le nazisme, mais pas contre le communisme, surtout entre 1930 et 1945 ;

- un progressisme tiers-mondisant, voire soviétisant, anti-colonialiste, lui aussi restrictif et sélectif, car seulement contre les colonies possédées par les puissances européennes occidentales, surtout entre 1945 et 1962 ;

- un progressisme libertaire, opposé par principe aux notions et aux réalités que sont les autorités, les communautés, les hiérarchies, les institutions, anti-américain, ou anti-occidental, et surtout anti-traditionnel, mais, là encore, d'une manière militante et partisane, dans les années 1960 et 1970 ;

- le progressisme sociétal d'aujourd'hui, cf mon récent message "Rendez-vous au paradis - attention c'est un piège" (je remercie Alain CHAMFORT pour le titre)

C. S'il me fallait désigner un point de jonction chronologiquement ante-conciliaire et axiologiquement pré-conciliaire, entre la dimension intellectuelle et religieuse et la dimension politique et sociale du phénomène, je citerais volontiers le teilhardisme, peut-être pas celui de Teilhard lui-même, mais certainement celui de bien des teilhardiens.

Or, c'est dès les années 1950 que ce courant de pensée évolutionniste a commencé à exercer un "Magistère" clandestin, officieux mais effectif.

D. Sous cet angle là, et notamment pour des raisons contextuelles extra-ecclésiales fréquemment évoquées, le Concile a été, j'allais dire tout au plus, mais ce n'est pas un tout au plus minimisateur, un accélérateur et un amplificateur du phénomène, mais certainement pas un officialisateur, un Magistère prescripteur du progressisme au sein même de l'Eglise.

Je dirais même que si Vatican II avait été authentiquement et intégralement révolutionnaire, tout aurait été emporté beaucoup massivement et rapidement, dès la fin des années 1960.

E. Il me semble en effet qu'à partir du début des années 1960,

- tout ce qui s'est cassé la figure ne s'est pas cassé la figure seulement à cause ou du fait du Concile en tant que tel,

et

- tout ce qui est resté ou est redevenu solide ne l'est pas resté ou redevenu malgré le Concile stricto sensu.

F. Il faut toujours se méfier des explications mono-causales, et corrélation n'est pas toujours causalité, surtout quand elles ont trait aux choses du ciel : ce n'est peut-être pas avant tout, et ce n'est sans doute pas seulement, à cause de la non prise en compte, dans l'Eglise ou par l'Eglise, au début des années 1960, du troisième secret de Fatima, que l'Eglise et le monde en sont là où ils en sont aujourd'hui : c'est ce que j'essaye de dire ici.

Vraiment merci pour toute réponse à ma question de haut de message, et excellente continuation.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 645885 )Vatican II à la sauce allemande actuelle par Luc Perrin (2012-09-26 16:54:57) 
[en réponse à 645802]

Le documentaire est intéressant par plusieurs scènes pas toujours vues. La brochette d'experts interrogés est aussi intéressante en ne se limitant pas au médiatique Hans Küng et à Luigi Accatoli : on y entend aussi Benny Lai, spécialiste du cardinal Siri, le Père Gumpel sj.

Le commentaire est bien sûr très orienté ouvertement favorable à la tendance küngienne et néo-moderniste. Mais il n'hésite pas non plus à montrer les manoeuvres de petits cercles et jette une grosse ombre sur la droiture de certains ténors de la Majorité.
Il souligne aussi, à l'opposé de Theonas, que le primat pontifical a résisté aux assauts de ces cercles très réduits en fait ; que c'est bien Jean-Paul II qui a ouvert des portes à des gestes interreligieux non prévus par Vatican II.
Hans Maier et d'autres montrent que 1968 marque un tournant et que "l'utopie en marche" (Accatoli) s'essouffle ensuite ... à la tristesse de la commentatrice et au grand soulagement pour nous autres chrétiens.

Tout y est lu avec des lunettes allemandes actuelles : le coréalisateur est le rédacteur en chef de l'agence K.N.A. très représentative du catholicisme semi-moderniste allemand. Il n'est question que "d'alliance du Rhin" alors que l'histoire parle en général de l'alliance centre-européenne ; on fait des évêques allemands la tête pensante de la Majorité conciliaire. Bien sûr ils y ont tenu leur rôle mais les historiens - Bologne inclus - parlent de la squadra belga, du rôle majeur des théologiens et évêques belges : Mgr Suenens et Mgr de Smedt ne sont pas nommés une fois, Mgr Philips l'architecte de Lumen gentium est ignoré etc. ; un Italien majeur comme le cardinal Lercaro est effacé.
On nous présente, à tort, l'abbé Ratzinger comme le théologien n°1 de Vatican II, alors que s'il est dans les premiers cercles des théologiens majoritaires, son apport est moindre qu'un Congar, Philips, Karl Rahner, Courtney Murray, Parente etc.

On y voit bien une projection d'un catholicisme allemand vieillissant, hypnotisé par le libéralisme contemporain, n'ayant pas tiré les leçons de son colossal échec post-conciliaire, échec qui est à peine abordé à la fin alors que la croissance du catholicisme hors d'Europe est pourtant évoquée, brièvement, en passant et presque à regret.
Je dirais que c'est Vatican II vu par Mme Merkel, tout en frilosité germano-centrée et en bonne conscience libérale. Assez loin du monde du XXIe siècle et des besoins du catholicisme de notre époque.