Vous êtes parmi les rares personnalités homosexuelles médiatiques qui assument d'être croyants, ne pensez-vous pas qu'Henri de Portzamparc avec son roman « Témoignage d'un homo, catho, aristo » a ouvert la voie ?
Pour moi, on n’est réellement croyant que quand on est pratiquant et qu’on aime non seulement Dieu mais aussi l’Église-Institution, le Pape, et la foule (défaillante, fragile, parfois infidèle et hypocrite) des chrétiens en chemin avec Jésus. Sans l’amour de l’Église, notre foi est désincarnée et pas si humaniste que ce qu’on croit. Avec tout le respect que je dois à Henri de Portzamparc, que je connais personnellement, je ne pense pas que sa biographie ait ouvert la voie du dialogue entre communauté homosexuelle et Église : plutôt le contraire. Et aux vues des propos anti-Pape qu’il a encore tenus dernièrement à la toute récente émission Le Jour du Seigneur sur France 2 consacrée pour une part à l’association Devenir Un En christ (Henri baptise le Pape de « Benoît XIII et 3 », dit que « ses propos sont une abomination », affirme que « l’Église n’est pas moderne et qu’Elle ne sait pas s’adapter aux réalités de notre monde »), j’ai l’impression qu’il n’est toujours pas sorti de l’idéologie « beaucoup homo-un peu catho » défendant aveuglément la « vérité » de l’identité homo et la beauté de l’amour homosexuel. Je ne me reconnais donc absolument pas dans ce qu’il dit sur l’homosexualité et sur l’Église. Il ne suffit pas de se dire ouvertement « croyants » pour être des jumeaux en actes. Personnellement, j’aime le Pape, et l’Église incarnée. Je l’aime dans son entier, avec ses casseroles mais aussi ses richesses. Et cet amour éclaire d’une toute autre façon ma manière de voir le désir homosexuel, et de vivre avec. Il implique concrètement un engagement d’amour exigeant et libre pour l’Église.
Étonnez-moi, Benoît, euh pardon Philippe Ariño : peut-on être homo et de gauche ?
Bien sûr ! La preuve : j’ai toujours été de tendance gauche, politiquement. Et c’est d’ailleurs pour ça que je vais voter Sarkozy demain (dimanche 6 mai 2012) ! (rire) Pour moi, la gauche, c’est celle qui fait ce qu’elle dit. Elle est dans le partage concret, la richesse partagée, le réalisme, la défense des valeurs, la foi, l’amour de la Nation ; pas dans la démagogie, la pauvreté, les bonnes intentions non-suivies des actes, et la haine du pouvoir et de la Nation. Actuellement, en France, contrairement à ce qu’on nous dit, Sarkozy est plus de la gauche que j’aime qu’Hollande, qui à mon avis fait partie de la droite bourgeoise que j’exècre, et qui se fait honteusement appelée « la gauche » pour s’acheter une bonne conscience.
Vos projets ?
Ils sont nombreux. On fait de plus en plus appel à moi pour des conférences, des émissions de radio, des interventions en milieu scolaire, des témoignages… C’est ma grande joie. Et plus, ça marche du tonnerre ! (car les gens ignorent tout de l’homosexualité, à commencer par les personnes homos elles-mêmes !) C’est un carton à chaque fois ! À tel point que l’année prochaine, je mets mon boulot de prof d’espagnol entre parenthèses, et je prends une année de disponibilité pour évangéliser avec mon amie Frigide Barjot. On va sillonner la France pour expliquer aux gens que vraiment Jésus les aime tels qu’ils sont, car on les a privés de cette incroyable Bonne Nouvelle. Sinon, pour les autres projets de « ouf », j’en ai 3 gros : un livre-entretien que j’écris à 4 mains avec Frigide Barjot (sur Église et homosexualité) ; un autre livre, cette fois plus philosophique, avec le dramaturge et psychanalyste Joseph Agostini et le journaliste Jérôme Cohen (ce sera un regard croisé sur l’homosexualité, entre le psychanalyste et le penseur) ; et aussi un projet de documentaire sur l’homophobie avec le journaliste de France 3 Jean-Marc Peulot.
Votre plat préféré ?
Le Corps du Christ.
Prenant la parole, Jean lui dit: "Maître, nous avons vu quelqu'un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l'empêcher, parce qu'il ne te suit pas avec nous." Mais Jésus dit: "Ne l'empêchez pas, car celui qui n'est pas contre vous est pour vous."
(Lc 9.49-50)
Jean lui dit: "Maître, nous avons vu quelqu'un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l'en empêcher parce qu'il ne nous suivait pas ." Mais Jésus dit: "Ne l'empêchez pas, car il n'y a personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussitôt après, mal parler de moi. Celui qui n'est pas contre nous est pour nous. Quiconque vous donnera à boire un verre d'eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense.
(Mc 9.38-41)