Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=645797
images/icones/hein.gif  ( 645797 )Sur la pénitence (post pour un prêtre, de préférence) : par megnace (2012-09-25 13:53:21) 

Je me suis récemment confessé à un prêtre (FSSP) juste avant une Messe, et il m'a surpris en me disant pour ma pénitence : "Allez communier tout à l'heure".
Je me suis permis de lui répondre que je ne concevais pas bien que recevoir l'Eucharistie fût une pénitence, mais il m'a répété d'aller communier, ce que je fis bien sûr.

D'où mes questions :
- le sacrement est-il complet sans pénitence
- Est-ce bien une "pénitence", d'aller communier ?
- Le fidèle peut-il se permettre de commenter, voire discuter la pénitence donnée par le prêtre ?
-Est-ce arrivé à d'autres liseurs ?
Merci à tous.
images/icones/neutre.gif  ( 645810 )Cela m'intéresse également par Feiz ha Breizh (2012-09-25 17:53:13) 
[en réponse à 645797]

En ce qui me concerne j'ai eu deux cas "originaux" différents, mais avec le même prêtre. La première fois, "trouvez vous un père spirituel", et la seconde "Je ne vous donne pas de pénitence". Le prêre en question paraissant plutôt orthodoxe à l'entendre précher régulièrement, je ne me suis pas posé plus de question que cela.

Aussi une réponse à ce post m'intéresse également.

FhB
images/icones/fleche2.gif  ( 645814 )Pénitence pour la confession par Sacerdos simplex (2012-09-25 18:58:00) 
[en réponse à 645810]

Voir ici : http://archives.leforumcatholique.org/consulte/message.php?arch=2&num=122398
(Michel a sûrement voulu dire : le confesseur n'est pas présent ici actuellement pour se justifier)

Voir surtout ici :
http://archives.leforumcatholique.org/consulte/message.php?arch=2&num=563776

Sans avoir vérifié, je pense qu'on peut donner comme pénitence une oeuvre bonne (il n'est pas requis qu'elle soit désagréable ou pénible), et donc communier peut constituer une pénitence, de même que généralement on donne une prière.

Le confesseur a le droit de dispenser le pénitent de faire une pénitence : essentiellement, dans le cas d'un scrupuleux extrême, ou d'un malade trop affaibli, ou s'il juge qu'il convient que lui confesseur fasse cette pénitence.
Dans les autres cas, il doit donner une pénitence.
C'est presque un "droit" du pénitent (à vérifier).

Sacerdos.




images/icones/1a.gif  ( 645819 )Au plus simple: par Rémi (2012-09-25 19:31:09) 
[en réponse à 645814]

Qu’est-ce que la satisfaction ou pénitence?

La satisfaction ou pénitence est une prière ou une autre bonne oeuvre que le confesseur impose au pénitent en expiation de ses péchés.


(Catéchisme de saint Pie X )
images/icones/neutre.gif  ( 645812 )[réponse] par Aurélien (2012-09-25 18:47:21) 
[en réponse à 645797]

Je ne suis évidemment pas prêtre mais:
- soit votre prêtre fait votre pénitence à votre place,
- soit il tourne moderniste (la pénitence n'ayant plus de sens pour lui),
- soit d'après mes souvenirs de caté, il y a une forme de péché qui consiste à se croire indigne de communier (le malin augmentant le scrupule légitime du fidèle et le tournant en une forme d'orgueil pour détourner ce fidèle de la communion), et POUR CE PRETRE vous seriez dans ce cas et donc il souhaitait vous montrer que vous pouviez faire confiance à la miséricorde de Dieu. Peut-être êtes-vous ou non donc dans ce cas de péché, pour ce prêtre, puisque vous nous dites de pas concevoir une confession sans pénitence? Je n'en sais rien. Vous seul le savez. Mais si c'était le cas, peut-être le prêtre aurait-il pris le temps de vous l'expliquer.

Cela dit moi aussi je préfèrait la pénitence.

Mais il faudrait mieux qu'un prêtre du forum vous réponde. Nous en bénéficierons tous.
images/icones/5a.gif  ( 645813 )Si je peux me permettre, par Yves Daoudal (2012-09-25 18:53:26) 
[en réponse à 645797]

en attendant le curé qui n'arrive pas...

le sacrement est-il complet sans pénitence


Non. Le sacrement exige que le prêtre donne une pénitence et que le pénitent la fasse. Parce que la confession est un jugement, et c'est le jugement de quelqu'un qui est coupable. Il doit donc être condamné, et accomplir sa condamnation.


Est-ce bien une "pénitence", d'aller communier ?


Le pénitent n'a pas à se demander si ce qu'on lui demande ressemble à une pénitence ou non. Les prêtres sont aussi les interprètes de l'humour de Dieu. Si dans un procès on vous condamne à un bon repas aux frais de la Justice, vous ne contesterez pas le jugement... Il m'est souvent arrivé que le prêtre me donne comme pénitence de dire une partie de l'office que je dis de toute façon, ou une dizaine de mon chapelet quotidien.


Le fidèle peut-il se permettre de commenter, voire discuter la pénitence donnée par le prêtre ?


Il n'a aucune raison de le faire, parce que la parole du prêtre est celle de Dieu. Mais il peut et doit demander une pénitence si le prêtre oublie de la donner.
images/icones/fleur.gif  ( 645818 )En attendant "le curé qui n'arrive pas" par megnace (2012-09-25 19:29:54) 
[en réponse à 645813]

merci à tous, je me sens conforté.
Pour reprendre une partie des réponses :
M'étant parfois confessé à des prêtres "nomistes", je ne vois aucune raison de croire que ce prêtre, jeune au demeurant, tourne moderniste.
Me jugeant moi même quelquefois scrupuleux, je préfère en effet prendre telle quelle la pénitence donnée en confession ; si là j'ai été jusqu'à manifeste ma surprise, j'ai bien entendu obtempéré illico.

Cela étant, je vais essayer de me confesser de nouveau au même prêtre, mais avec un peu plus de temps devant nous.

images/icones/ancre2.gif  ( 645823 )Je ne suis pas curé... par Paterculus (2012-09-25 20:44:57) 
[en réponse à 645797]

Mais mon expérience de prêtre et de pénitent me pousse à répondre, même si on dit sur ce fil qu'on "attend le curé qui n'arrive pas".

Comme l'a dit Yves Daoudal, la pénitence fait partie du sacrement.
Certains prêtres l'ignorent et peuvent aller jusqu'à refuser d'en donner.
D'autres, peut-être par fatigue ou après une longue explication si le pénitent pose un "cas" difficile, peuvent oublier d'en donner.
Je pense que le pénitent peut se fixer lui-même un acte à accomplir si, une fois sorti du confessionnal il se rend compte qu'il n'a pas reçu de pénitence.

Si les pénitences ne devaient être que des actes rebutants, les prières ne pourraient pas être considérées comme des pénitences !
La pénitence consiste surtout à faire quelque chose qui nous enracine dans le bien, en nous détachant du mal qu'on a commis.
La communion entre donc dans ce cadre.

Il est toujours permis de demander des explications au sujet de la pénitence ; il ne serait pas sain de la contester, sauf, bien sûr, s'il s'agissait d'agir contre la morale...

Votre dévoué Paterculus
images/icones/1a.gif  ( 645828 )Merci Mr l'Abbé par megnace (2012-09-25 21:23:42) 
[en réponse à 645823]

et, à tous les liseurs même si ça va sans dire, : après la confession, n'oublions jamais de mettre notre confesseur dans nos prières.
images/icones/1a.gif  ( 645830 )Merci M. l'abbé par Feiz ha Breizh (2012-09-25 21:35:41) 
[en réponse à 645823]

Tout est dans le titre!
images/icones/croix.gif  ( 645835 )Pénitence sacramentelle par Quodvultdeus (2012-09-25 22:23:44) 
[en réponse à 645797]

Je ne suis pas curé non plus, mais confesseur à raison de 15 heures par semaine dans un célèbre lieu de pélerinage, et je me fais un plaisir de vous faire connaître ces quelques courts extraits du cardinal de La Luzerne (v. la notice sur Wikipedia).
Les oeuvres du cardinal de La Luzerne ne sont plus rééditées depuis longtemps mais sont consultables sur Internet en version numérisée.
Je ne peux qu'inciter mes confrères prêtres à s'y reporter.


« La satisfaction sacramentelle est une partie du sacrement de pénitence. A cet égard, il faut en distinguer deux sortes : l'une, appelée satisfaction in re, est l'accomplissement effectif des œuvres de pénitence imposées par le confesseur ; l'autre, appelée satisfaction in voto, est le ferme propos de satisfaire à Dieu et d’accomplir les actes imposés par le prêtre.

La satisfaction in voto est partie essentielle du sacrement ; car il est impossible de se repentir de ses péchés sans former la résolution de les expier et de satisfaire à Dieu. Celui qui n’aurait point cette disposition, n’aurait pas non plus la contrition.

La satisfaction in re n’est pas une partie essentielle du sacrement, mais seulement une partie intégrante. Elle n’est pas essentielle, puisqu’avant l’accomplissement de la pénitence imposée par le prêtre, la coulpe du péché est pardonnée et la peine éternelle remise par l’absolution, en sorte qu’un pénitent qui serait empêché de l’exécuter, ou qui serait surpris par la mort avant de l’achever, n’en aurait pas moins reçu le sacrement et serait réconcilié avec Dieu. Il arrive même quelquefois que l’on administre réellement et validement le sacrement de Pénitence à un mourant sans lui imposer de pénitence. Mais la satisfaction in re est une partie intégrante du sacrement parce qu’elle le complète et lui donne son intégrité et qu’il n’a véritablement sa perfection et tous ses effets que lorsque la peine temporelle est rachetée par les œuvres satisfactoires ».

(…)

Le confesseur doit toujours imposer une pénitence, à moins que le pénitent ne soit absolument hors d’état d’en accomplir aucune, comme pourrait être un moribond. Le confesseur qui manquerait à ce devoir se rendrait coupable d’un grand péché ; il désobéirait au précepte de l’Église, il priverait le sacrement d’une de ses parties intégrantes ; et par sa coupable indulgence, il participerait aux péchés qu’il aurait dû corriger.

(…)

Si le pénitent s’aperçoit de l’omission, il est de son devoir de retourner aux pieds du prêtre pour lui demander une pénitence ; et il ne suffirait pas qu’il s’en imposât à lui-même une, fût-elle plus sévère que celle du confesseur, car ce ne serait pas une satisfaction sacramentelle. »

Cardinal César-Guillaume de La Luzerne (1738-1821), évêque de Langres in « Instructions sur le Rituel ».
images/icones/neutre.gif  ( 645841 )Merci par Aurélien (2012-09-26 00:13:21) 
[en réponse à 645835]

à monsieur l'abbé Paterculus et à vous monsieur l'abbé Quodvultdeus.
images/icones/abbe1.gif  ( 645856 )Précisions complémentaires par Abbé Jacques Olivier (2012-09-26 10:25:26) 
[en réponse à 645835]

Je souscris totalement aux précisions contenues dans le post de Quotvultdeus, mais il me semble utile d'ajouter quelques précisions, car vous n'êtes pas le seul à vous poser des questions légitimes en ce domaine, et il arrive que certains prêtres soient un peu "approximatifs". La pénitence (au sens usuel du terme = satisfaction in re) doit être :

- précise (sans ambiguïté)
- possible (dans les forces du pénitent) : il peut demander une autre s'il ne s'en juge pas capable
- réalisable avec certitude : ce ne doit pas être la résolution (vous ferez un effort sur...). Dans ce cadre, elle doit être limitée dans le temps (une dizaine de chapelet tous les jours n'est pas une pénitence convenable, si on ne précise pas pendant une semaine, un mois, etc. ; faire oraison n'est pas convenable sans préciser 3', 10' ou 45' ou... combien de fois !

Par ailleurs, en cas de doute, vous pouvez :

- demander une autre pénitence au prêtre qui vous confesse ("je ne connais pas la prière que vous me demandez") ou une précision ("pendant combien de temps", etc.)
- aller demander (en principe dans le cadre de la confession) une commutation de pénitence (le prêtre peut vous la remplacer si elle n'est pas possible, ou vous en donner une pour la confession précédente, si cela n'a pas été fait.

Ainsi, le fait d'aller communier est tout à fait une pénitence raisonnable, même si vous ne l'aviez encore jamais eue...

Et en toutes choses, dans la mesure où vous avez fait ce que Dieu vous demandait en allant vous confesser dans de bonnes dispositions, il faut se souvenir que les défauts restent humains, mais que Dieu vous a bien pardonné ! On fait au mieux dans cet exercice difficile.


NB. Ceci est une opinion personnelle, qui n'engage que son auteur