Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=645170
images/icones/neutre.gif  ( 645170 )I) Notre Dame de Fatima vs Vatican II par Theonas (2012-09-18 07:50:14) 


Tout l’enseignement du concile est en rupture parfaite avec le message de Notre Dame à Fatima. Alors que le premier secret insiste sur l’enfer, sa réalité et le grand nombre de personnes qui se damnent, le terme même d’enfer n’apparaît pas même une seule fois dans les actes du Concile. Notre Dame n’a pas hésité à le présenter dans toute son horreur à 3 petits enfants pour qu’ils appellent les catholiques à combattre pour le salut des pécheurs par l’esprit de sacrifice. Mais Vatican II, soucieux de plaire au monde, ne voulut surtout pas s’inscrire dans le prolongement de cet enseignement. Sœur Lucie est pourtant suffisamment revenue sur l’urgence qu’il y a à nous sacrifier pour les pécheurs « C’est une vérité qu’il est nécessaire de rappeler beaucoup dans les temps présents, parce qu’on l’oublie : c’est en tourbillon que les âmes tombent en enfer. »
Avec Vatican II cet esprit de sacrifice, qui relève de la plus profonde charité, a pratiquement disparu. La réalité de l’enfer a été relativisée quand elle ne fut pas purement et simplement niée. Comme ce fut le cas par un collectif d’évêques français en 1978 qui déclara « Voir dans l’enfer un châtiment que Dieu infligerait à quelqu’un qui, conscient de ses fautes, ne s’en repentirait pas, est inacceptable. Inacceptable aussi, la peur engendrée par l’enseignement selon lequel, si la mort nous surprend en état de péché mortel, c’est la damnation. »( Des évêques disent la foi de l’Eglise). Le catéchisme de l’Eglise est lui aussi devenu très sobre sur le sujet, puisqu’il ne dit rien sur les souffrances infligées, en particulier sur le feu éternel tel que Notre Dame l’a montré aux pastoureaux. Dans son catéchisme St Pie X était lui bien plus clair « L’enfer est un lieu de tourments auquel sont condamnés tous ceux qui par leurs crimes se sont révoltés contre l’ordre de la Providence…Les peines et les tourments qu’ils méritent en raison de leurs crimes dureront toujours et ne finiront jamais(…)Le feu doit s’entendre au sens d’un feu matériel ; car il désigne proprement la peine du sens. »
Vatican II a ainsi manqué cruellement à la charité, n’ayant pas rappelé que nous devions prier beaucoup et nous sacrifier pour les pécheurs, car « beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie pour elles »
La dévotion au cœur Immaculé de Marie a elle aussi eu énormément à souffrir des orientations prises par l’Eglise depuis Vatican II. Pourtant c’est de cette dévotion que Notre Dame faisait tout dépendre. Or aucun passage des actes du Concile n’en fait état. Pire, la demande la plus insistante de Notre Dame n’a été relayée par aucun évêque : la communion réparatrice des impiétés commises envers le cœur Immaculé de Marie des 5 premiers samedis du mois. C’était en effet totalement incompatible avec l’exaltation des autres religions voulue par le concile, puisque celles-ci nient son immaculée conception, sa virginité, sa maternité divine. Dans le nouveau missel de 1971, se confirma la relégation de cette dévotion, puisque la fête du Cœur Immaculé de Marie( 22 août) de fête double de deuxième classe fut réduite à une simple mémoire facultative. Sœur Lucie avait elle fait la demande que cette fête devienne l’une des principales fêtes de l’Eglise.


ESCHATON
images/icones/neutre.gif  ( 645194 )CEC et feu de l'enfer par Meneau (2012-09-18 12:25:19) 
[en réponse à 645170]


1035 L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, " le feu éternel " .

(...) écartés par l’ordre de Dieu vers le feu éternel, vers ces ténèbres du dehors où seront les pleurs et les grincements de dents (LG 48).



C'est certes moins explicite que le catéchisme de St Pie X, et le CEC ne met pas l'accent sur la matérialité du feu de l'enfer. Mais on ne peut pas dire que le CEC n'en parle pas.

Idem pour le Concile : Lumen Gentium parle de l'enfer, même s'il ne le nomme pas sous le nom "enfer"


Ignorants du jour et de l’heure, il faut que, suivant l’avertissement du Seigneur, nous restions constamment vigilants pour pouvoir, quand s’achèvera le cours unique de notre vie terrestre (cf. He 9, 27), être admis avec lui aux noces et comptés parmi les bénis de Dieu (cf. Mt 25, 31-46), au lieu d’être, comme les mauvais et les paresseux serviteurs (cf. Mt 25, 26) écartés par l’ordre de Dieu vers le feu éternel (cf. Mt 25, 41), vers ces ténèbres du dehors où « seront les pleurs et les grincements de dents » (Mt 22, 13 ; 25, 30). En effet, avant de régner avec le Christ glorieux, tous nous devrons être mis un jour « devant le tribunal du Christ, pour que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal » (2 Co 5, 10) ; et à la fin du monde « les hommes sortiront du tombeau, ceux qui auront fait le bien pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal pour une résurrection de condamnation « (Jn 5, 29 ; cf. Mt 25, 46).



Cordialement
Meneau


images/icones/1a.gif  ( 645202 )Franchement je vous admire par Yves Daoudal (2012-09-18 13:37:16) 
[en réponse à 645194]

de répondre de façon si calme et argumentée à une de ces permanentes provocations qui émaillent la vie du Forum.

Pour moi, il me suffit de lire une grossièreté mensongère comme

l’exaltation des autres religions voulue par le concile

pour tirer le rideau...
images/icones/neutre.gif  ( 645225 )Tirer le rideau... par Theonas (2012-09-18 19:01:07) 
[en réponse à 645202]

revient en quelque sorte à fermer les yeux, si je vous comprends bien. Car pour ne pas voir l'exaltation des autres religions faut vraiment détourner le regard. Le concile ne présente-t-il pas les autres religions comme des moyens de salut, alors même qu'elles sont objectivement hostiles à la vérité, construites autour de la négation de la vérité? C'est de là qu'ont été tirées toutes les déclarations associant, par exemple, le dieu des musulmans au vrai Dieu.
images/icones/hein.gif  ( 645206 )Matérialité par Quaerere Deum (2012-09-18 13:58:34) 
[en réponse à 645194]

Pouvez-vous expliquer ce qu'on entend par matérialité en ce qui concerne le feu de l'Enfer, SVP ?
Y a-t-il un fond doctrinal à ce sujet ?
images/icones/bible.gif  ( 645207 )Oui il y a un fond doctrinal ! par Jean-Paul PARFU (2012-09-18 14:15:37) 
[en réponse à 645206]

L'Enfer, c'est une sanction grave qui consiste à la fois en :

- la peine du Dam, c'est-à-dire la souffrance due à la privation éternelle du Souverain-Bien qu'est ou qui est Dieu Lui-même ;

- la peine des sens, qui est un feu matériel qui dévore éternellement les corps ! Il s'agit d'un feu surnaturel, mais bien réel, en ceci qu'il ravage effectivement les corps ou produit une souffrance analogue à celle que peuvent ressentir les hommes lorsque leurs corps brûlent, alors que leurs âmes sont encore séparées de leurs corps.


Voir ici
images/icones/vatican.gif  ( 645208 )Le catéchisme de St Pie X par Jean-Paul PARFU (2012-09-18 14:26:35) 
[en réponse à 645207]

explique que les peines matérielles de l'Enfer n'atteindront les âmes qu'après la résurrection de la chair.

Voir ici
images/icones/bravo.gif  ( 645211 )Ah ! par Quaerere Deum (2012-09-18 14:36:53) 
[en réponse à 645208]

Voici une réponse à la question que j'allais vous poser suite à votre précédent message. C'est l'élément qui me manquait dans le raisonnement.

Merci !
images/icones/fleche3.gif  ( 645215 )...à ceci près que c'est très exactement l'inverse... par Michel (2012-09-18 14:58:53) 
[en réponse à 645208]


Les biens du paradis et les maux de l’enfer ne sont en ce moment que pour les âmes, parce qu’en ce moment il n’y a que les âmes qui soient au paradis ou en enfer ; mais après la résurrection de la chair, les hommes, dans la plénitude de leur nature, c’est-à-dire en corps et en âme, seront ou heureux ou tourmentés pour toujours.



Nombreux sont les témoignages de saints et de mystiques qui ont vu l'enfer et les hurlements de désespoir.

Les démons eux-mêmes souffrent de ce feu.

L'Eglise précisé très officiellement (mais je n'ai pas la référence sous la main) que ce feu est réel et non métaphorique (comme ce serait le cas dans l'expression "le feu du remords" par exemple).

Paul VI avait parlé de cette "double peine" du dam (privation de Dieu) et du feu, au détour d'une encyclique (?) sur la Sainte Vierge.
images/icones/marie.gif  ( 645216 )Exhortation apostolique "Marialis cultus" par Jean-Paul PARFU (2012-09-18 15:07:53) 
[en réponse à 645215]

Pour Michel, l'exhortation apostolique de Paul VI "Marialis cultus".

Ici
images/icones/1d.gif  ( 645219 )Encore raté !... C'est Signum Magnum !... par Michel (2012-09-18 17:35:58) 
[en réponse à 645216]

("Car*** ! Encore raté" comme répète le perroquet dans Tintin...)

"Poussés par l'amour, résolus à réparer nos offenses faites à la sainteté et à la justice de Dieu, et confiants dans sa miséricorde infinie, nous devons donc supporter la souffrance de l'esprit et du corps afin d'expier nos péchés et ceux du prochain et d'éviter ainsi la double peine du dam et des sens, c'est-à-dire la perte de Dieu, souverain bien, et le feu éternel."
Paul VI réaffirme ainsi cet enseignement séculaire sur la double peine de l'enfer, celle de la privation de Dieu, et la peine des sens, qui est principalement le feu, dont parle Jésus dans l'Evangile (notamment Matt. 25).
(Exhortation Apostolique Signum Magnum, 2° partie § 4, ).
Texte important, car il date de 1967 et montre que cette doctrine n'a jamais été abolie.

http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/apost_exhortations/documents/hf_p-vi_exh_19670513_signum-magnum_lt.html

(...se fait également en anglais, italien, portugais...)

images/icones/1w.gif  ( 645220 )Pourquoi "encore" ? par Jean-Paul PARFU (2012-09-18 18:06:36) 
[en réponse à 645219]

Qu'est-ce que ça signifie ?
images/icones/hein.gif  ( 645224 )éclairez ... par petitClerc (2012-09-18 18:28:00) 
[en réponse à 645220]

...s'il vous plait,ma lanterne : où se situe votre désaccord ?
Fraternellement,
petitClerc
images/icones/1b.gif  ( 645251 )Signum magnum un texte méconnu par Luc Perrin (2012-09-18 22:54:48) 
[en réponse à 645219]

donné par Paul VI en rapport avec son voyage éclair à ... Fatima où il rencontra très vite soeur Lucia.

Il avait octroyé une rose d'or au sanctuaire de Fatima en 1965.

Avec Marialis cultus, on a bien la preuve que le Magistère immédiatement post-conciliaire demeure fortement marial, sans avoir à attendre Jean-Paul II qui n'innove pas autant qu'on le croit en la matière.
Ceci invite à revoir certaines lectures hâtives et déformantes sur Marie à Vatican II, spécialement venant de l'école congarienne marquée par la mariophobie maladive du futur cardinal.

Incidemment pour Theonas, votre raisonnement est vicié à la base : jamais l'Église ne canonise les "messages" des apparitions. C'est le fait de l'apparition non le message délivré qui peut même être rejeté comme le dernier secret tardif de La Salette.
Il est donc sans objet d'accorder une valeur dogmatique/magistérielle à ces messages si pieux et recommandables qu'ils soient.
images/icones/neutre.gif  ( 645234 )Non non par Meneau (2012-09-18 20:58:47) 
[en réponse à 645215]

Non ce n'est pas l'inverse. Le catéchisme de St Pie X, tout comme la plupart des catéchismes et précis de doctrine chrétienne affirment tous la même chose. Exemples et et et et .

Voir plus bas également l'extrait de Garrigou-Lagrange que j'ai publié et les références qu'il donne dans St Thomas.

Le fait que des apparitions se fassent sous des apparences "visibles" par nos sens n'est pas contradictoire. Après tout, des anges et des archanges sont bien apparus à certains mystiques en prenant un corps alors qu'ils sont de purs esprits. De même des Saints apparaissent à des vivants en prenant l'apparence qu'ils avaient lorsqu'ils étaient sur terre.

Cordialement
Meneau
images/icones/1v.gif  ( 645238 )Reprenons... JPP explique que : par Michel (2012-09-18 21:13:07) 
[en réponse à 645234]


explique que les peines matérielles de l'Enfer n'atteindront les âmes qu'après la résurrection de la chair.



Or c'est évidemment l'inverse, comme le dit le catéchisme, cité dans mon post :


Les biens du paradis et les maux de l’enfer ne sont en ce moment que pour les âmes, parce qu’en ce moment il n’y a que les âmes qui soient au paradis ou en enfer ; mais après la résurrection de la chair, les hommes, dans la plénitude de leur nature, c’est-à-dire en corps et en âme, seront ou heureux ou tourmentés pour toujours.



Il s'agit d'un lapsus, mais c'est bien l'inverse !
images/icones/neutre.gif  ( 645243 )Ah oui ok par Meneau (2012-09-18 21:42:10) 
[en réponse à 645238]

Le labsus m'avait échappé. Vous avez raison, désolé.

Cordialement
Meneau
images/icones/5b.gif  ( 645255 )Oui exact ! par Jean-Paul PARFU (2012-09-18 23:24:35) 
[en réponse à 645243]

Je voulais dire n'atteindront les corps que lorsqu'ils seront ressuscités, cela va de soi.

Je n'avais pas compris la remarrque car je ne m'étais pas aperçu que j'avais écrit le contraire de ce que je voulais dire ....

Mea culpa !
images/icones/neutre.gif  ( 645233 )Garrigou-Lagrange par Meneau (2012-09-18 20:48:36) 
[en réponse à 645206]


CHAPITRE V - DE LA PEINE DU SENS

A la peine du dam s'ajoute en enfer une peine du sens, par laquelle l'âme et même le corps après la résurrection générale, sont positivement affligés. Nous parlerons de l'existence de cette peine, de ce qu'elle est selon l'Écriture, de la nature du feu de l'enfer et de son mode d'action ( Cf. SAINT THOMAS, IV, Sent., d. 44, q. 3, a. 3. C. Gentes, 1. IV, c. 90, De Anima, q. 2, a. 21, De Veritate, q. 26. a. 1, IIIa. Suppl., q. 70, a. 3, q. 97, a. 5 ; Tabula aurea : Anima, n° 140. - Joannes a Saint Thomas, de Angelis, disp. XXIV, a. 3. : Quomodo spiritus torqueantur ab igne ?, Gonet, Billuart, ibid. Dict. de théol. cath. art. Feu de l'enfer (A. MICHEL).).


EXISTENCE DE CETTE PEINE ET CE QU'ELLE EST SELON L'ÉCRITURE

Elle est clairement affirmée dans l'Évangile, MATTH., X, 28: « Craignez plutôt celui qui peut perdre l'âme et le corps dans la géhenne », item LUC, XII, 5 ; MATTH., V, 29, XVIII, 19 ; MARC, IX, 42, 46.

L'existence de cette peine qui s'ajoute à l'autre s'explique comme le dit saint Thomas ( Ia, IIae, q. 87, a. 4.) parce que par le péché mortel l'homme non seulement se détourne de Dieu, mais se tourne vers un bien créé préféré à Dieu ; le péché mortel mérite ainsi une double peine la privation de Dieu et l'affliction qui vient de la créature.

Enfin on conçoit que le corps qui a concouru au péché et qui y a trouvé une jouissance défendue, participe à la peine qui afflige l'âme. Il en sera ainsi selon la Révélation, après la résurrection générale.

En quoi consiste la peine du sens ? L'Écriture nous le dit lorsqu'elle décrit l'enfer comme une prison ténébreuse ( II. Ep. Petri, II, 4,6; III, 7) où les damnés sont retenus, comme liés, le lieu des pleurs et des grincements de dents ; d'autre part elle parle d'un étang de feu et de soufre ( Apoc., XX, 14.). Dans ces descriptions deux idées connexes reviennent toujours : celle d'une prison à jamais fermée et celle de la peine du feu ; les théologiens insistent tantôt sur l'une, tantôt sur l'autre, car elles s'éclairent mutuellement. On lit en SAINT MATTH., XXII, 13 : « Le roi dit à ses serviteurs : « Liez-lui les mains et les pieds et jetez-le dans les ténèbres extérieures : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents ». Il est parlé souvent dans le même Évangile de « la géhenne du feu ». MATTH., V, 22, XVIII, 9, 40, 50 ; et du « feu éternel, inextinguible » qui tourmente les damnés, MATTH., XVIII, 8 ; MARC, IX, 42.

LE FEU DE L'ENFER EST-IL RÉEL OU MÉTAPHORIQUE ?

La doctrine commune des Pères et des théologiens est que ce feu est un feu réel. Elle se fonde sur ceci qu'on ne doit, dans l'interprétation de l'Écriture, recourir au sens figuratif, que si le contexte ou d'autres passages plus clairs excluent le sens littéral, ou si celui-ci se heurte à une impossibilité. Or il n'en est rien, comme le montre longuement A. Michel, Dict. théol. Cath. art. Feu de l'enfer, col. 2198 ss. En particulier le sens littéral paraît clair dans MATTH., XXV, 41 : « Retirez-vous loin de moi, au milieu du feu éternel qui a été préparé pour Satan et pour ses anges. » Tout le contexte demande une interprétation réaliste : allez au feu réel, comme les bons iront à la vie éternelle, à ce feu préparé pour le démon et pour ses anges. De plus Jésus (MATTH. X, 28) attribue au feu non seulement le supplice des esprits réprouvés, mais encore celui des corps. Cf. MARC, IX, 42, 48 ; MATTH., V, 22, XVIII, 9. De même les Apôtres parlent de cette peine éternelle du feu avec le même réalisme: II. THESS., 1, 8 ; JAC., III, 6 ; JUD., 7, 23. - Saint Pierre prend aussi comme type des châtiments à venir le feu du ciel tombé sur Sodome et Gomorrhe, II PETR., II, 6, JUD. 7. L'interprétation métaphorique supposant que le feu n'est, comme le chagrin ou le remords, qu'une affection pénible de l'âme, va contre le sens obvie des textes scripturaires et de la Tradition.

Les Pères, à l'exception d'Origéne et de ses disciples, parlent presque toujours d'un feu réel qu'ils comparent aux feux terrestres, et même parfois d'un feu corporel. C'est ce que disent notamment saint Basile, saint Chrysostome, saint Augustin, saint Grégoire le Grand ( Cf. ROUET DE JOURNEL, Enchiridion patristicum, index theologicus, n° 592 ss). A. Michel, art. cit. examine longuement leurs textes et conclut, col. 2207: « Lorsque les Pères affirment simplement la croyance traditionnelle, ils parlent sans hésitation du feu de l'enfer. Mais lorsque pour eux se présente la question difficile du mode d'action du feu sur les esprits, on saisit une hésitation dans leur pensée ».

Quant à la nature de ce feu réel, saint Thomas, Suppl. q. 97, a. 5 et 6, estime que c'est un feu corporel de même nature que le feu terrestre, mais qui en diffère accidentellement, car il n'a pas besoin d'être entretenu par des éléments étrangers, il est obscur, sans flamme et fumée, il durera toujours et brûlera les corps sans les détruire. On dirait aujourd'hui que la chaleur est, dans une substance corporelle, le résultat de vibrations moléculaires aptes à produire une sensation continuelle de brûlure ( On lit dans la vie de sainte Catherine de Ricci qu'elle eut à souffrir à la place d'un défunt, du feu du purgatoire pendant quarante jours. Personne ne le voyait, mais une novice lui toucha par mégarde la main, et lui dit : « Mais, ma Mère, vous brûlez ». - « Eh oui, ma fille », répondit-elle. .

LE MODE D'ACTION DU FEU DE L'ENFER

Comment ce feu corporel peut-il produire un effet sur une âme séparée de son corps et sur des esprits purs comme les démons ? Les théologiens répondent communément : il ne le peut qu'à titre d'instrument de la justice divine, comme les sacrements, par exemple l'eau du baptême, produisent dans l'âme cet effet spirituel qu'est la grâce. Ceux qui ont méprisé les sacrements, instruments de la miséricorde divine de Dieu, souffrent des instruments de sa justice.

Les théologiens se divisent alors, comme pour les sacrements, suivant qu'ils admettent une causalité instrumentale physique ou seulement une causalité morale. La cause morale, comme la prière que nous adressons à quelqu'un pour le faire agir, ne produit pas directement l'effet désiré, mais elle incline seulement l'agent capable de le produire à le réaliser. S'il en était ainsi le feu de l'enfer ne produirait pas directement l'effet qui lui est attribué ; cet effet serait uniquement produit par Dieu.

Les thomistes et beaucoup d'autres théologiens admettent ici, comme pour les sacrements, une causalité instrumentale physique du feu de l'enfer sur l'âme des damnés. Mais il est difficile d'expliquer davantage son mode d'action. Saint Thomas et ses meilleurs commentateurs, C. Gentes, IV, c. 90, IIIa, Suppl., q. 70, a. 3, admettent que le feu de l'enfer reçoit de Dieu la vertu d'affliger les esprits réprouvés, en les empêchant d'agir où ils veulent et comme ils veulent. Il y a une alligatio, une ligature des esprits par le feu. Il les empêche d'agir un peu comme il arrive à une personne paralysée ou à celui qui souffre de confusion mentale par suite d'intoxication ; de plus ils sont humiliés de dépendre ainsi d'un élément corporel, alors que leur immatérialité le domine tellement. Cette explication s'harmonise avec les textes de l'Écriture qui décrivent l'enfer comme une prison où les damnés sont retenus malgré eux. JUD., 6 ; II PETR., II, 4 ; APOC., XX, 2. Saint Thomas tient que le feu n'influe pas sur l'esprit pour l'altérer, mais pour l'empêcher d'agir comme il le voudrait. Beaucoup de théologiens se sont ralliés à cette manière de voir de saint Thomas ; il est bien difficile d'aller plus loin dans l'explication de ce mode mystérieux d'influence.

Comment le feu infernal pourra-t-il enfin, après la résurrection générale, brûler les corps des damnés sans les consumer ? - La Tradition et l'Écriture, DANIEL, XII, 2 ; MATTH., XVIII, 8, 9 ; MARC, IX, 29, 49, affirment l'incorruptibilité des corps des damnés. Saint Thomas ( C. Gestes, l. IV, c. 89 ; De Potentia, q. 5, a. 8.) tient que ces corps rendus incorruptibles souffriront d'une façon spéciale, sans être altérés, comme par exemple l'ouïe souffre d'entendre une voix stridente, comme le goût souffre d'une saveur très acre ( Ainsi la souffrance s'expliquera surtout du côté de l'objet des sens, sans altération du sujet.).

Il restera toujours difficile d'expliquer le mode d'action de ce feu, mais ce n'est pas une raison de nier la possibilité et la réalité de son action, qui est affirmée par la révélation chrétienne. Déjà dans l'ordre naturel il est difficile d'expliquer comment les objets extérieurs produisent en nos sens une impression, une représentation d'ordre psychologique qui dépasse la matière brute ; il n'est pas surprenant que les effets préternaturels qui se produisent selon la Révélation, dans l'autre vie, soient encore plus difficiles à expliquer.

La peine du sens, du reste, comme l'afferme toute la tradition, n'est pas la principale ; ce qu'il y a d'essentiel dans la damnation, c'est la privation même de Dieu et le vide immense qu'elle cause dans l'âme, vide qui manifeste par contraste la plénitude de la vie éternelle, à laquelle nous sommes tous appelés.

De là dérivent pour nous les grandes leçons de l'autre vie, dont celle-ci doit être le prélude. D'où le prix immense du temps du mérite par rapport à l'éternité bienheureuse à conquérir.

Récemment dans La Vie spirituelle, Déc. 1942, p. 435 : Les deux flammes, le P. Thomas DEHAU, écrivait au sujet de ces paroles du mauvais riche, crucior in hac flamma, (Luc, XVI, 24) : « Le mauvais riche au fond de l'enfer est pour ainsi dire crucifié au monde du ciel ; ce monde de la béatitude et de la paix lui est inaccessible, il est fermé pour lui... Cette idée de crucifixion atroce de l'enfer, vous la trouvez exprimée dans la Divine Comédie. Dante parcourant ces sombres demeures aperçoit Caïphe crucifié à terre par trois pieux et enveloppé de flammes : « un crocifisso in terra con tre pali ». Voyez-vous cette crucifixion dans les flammes, crucior in hac flamma, et ce feu est en même temps de la glace parce que les damnés n'aiment pas : Satan au plus bas de l'enfer est entièrement enfoncé dans la glace... car il est celui qui n'aime pas.

« A l'autre pôle du monde, il y a le Coeur Sacré de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Infiniment loin de ce que nous venons de dire, au sommet des régions de l'au-delà ce Coeur nous apparaît lui aussi enveloppé de flammes... et entouré d'une couronne d'épines. En bas, le sang, les larmes de sang qui coulent goutte à goutte, et en haut la flamme ; Oui ; encore la flamme, crucior in hac flamma... Dès le premier instant de son existence, ingrediens mundum, il y avait cette flamme au milieu de son Coeur, la flamme et la blessure de l'amour ». - Ainsi ce mot mystérieux « crucior in hac flamma », qui est clamé au fond de l'enfer par les réprouvés, est murmuré en un sens diamétralement opposé par le Coeur adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Évidemment il ne souffre plus au ciel, mais tout ce qu'il y avait de perfection en sa souffrance terrestre subsiste éminemment dans son amour immortel.




L'éternelle vie et la profondeur de l'âme.

Cordialement
Meneau
images/icones/hein.gif  ( 645281 )Merci. Cependant par Quaerere Deum (2012-09-19 08:44:33) 
[en réponse à 645233]

j'ai l'impression qu'il y aurait deux phases dans la damnation : la première celle de l'âme avant la résurrection des corps à laquelle viendrait s'ajouter celle du corps après résurrection des corps.

J'ai une question plus générale : j'ai du mal à concevoir une temporalité hors de la réalité matérielle terrestre. Je m'imaginais une damnation complète après la mort.
Or tous les défunts sont en attente de la résurrection des corps.
Qu'en est-il exactement, SVP ?
images/icones/neutre.gif  ( 645355 )Temporalité... par Meneau (2012-09-19 21:13:19) 
[en réponse à 645281]


j'ai du mal à concevoir une temporalité hors de la réalité matérielle terrestre.



Certes. Mais inversons donc le point de vue. Nous sommes à même, nous humains qui sommes encore sur terre, de concevoir notre écoulement du temps à nous. Cela suffit pour exprimer, avec nos mots à nous, que le jugement dernier sera postérieur à notre vie terrestre à tous, et donc qu'il y a deux phases dans la damnation.

Pour le reste, qu'en est-il exactement dans une "temporalité hors de la réalité matérielle terrestre" ? Je ne sais pas.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 645371 )Merci par Quaerere Deum (2012-09-20 08:36:10) 
[en réponse à 645355]

de ces précisions.
images/icones/fssp.gif  ( 645375 )Le dogme catholique par Jean Ferrand (2012-09-20 10:06:58) 
[en réponse à 645355]

Le dogme catholique affirme sans ambiguïté la temporalité des peines du purgatoire.

Constitution Benedictus Deus de Benoît XII :

"S'il y a eu ou qu'il y a quelque chose à purifier, lorsque, après leur mort, elles auront achevé de le faire."



Lettre de Clément VI au Catholicos d'Arménie :

"De même, si vous croyez qu'elles y [au purgatoire] sont tourmentées par le feu pour un temps et que, dès leur purification, avant même le jour du Jugement, elles parviennet à la véritable et éternelle béatitude."



De plus saint Paul dans ses épîtres condamne la doctrine de ceux qui prétendent que la Parousie serait déjà arrivée.

"Ne vous laissez pas trop vite mettre hors de sens ni alarmer par des manifestations de l'Esprit, des paroles ou des lettres données comme venant de nous, et qui vous feraient penser que le Jour du Seigneur est déjà là." (2 Th 2, 2).


Ce qui suppose que la temporalité est inhérente au plan du salut ; il se déroule par étapes successives.

Comment concilier cette éternité des âmes qui sont déjà en Dieu et cette temporalité qui subsiste même dans l'au-delà ? Je pense qu'on peut s'exprimer ainsi : les âmes sont dans l'éternité par rapport à Dieu, qui est éternel, mais elles restent dans la temporalité par rapport à notre monde terrestre où se poursuit le plan de Dieu jusqu'à la Parousie. Elles ne sont pas indifférentes à ce monde présent, loin de là, car elles prient pour nous et nous attendent.