Le Forum Catholique
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( 644115 )
Dieu n'est-il pas un étrange jardinier ? par Effata (2012-09-05 20:34:35)
Un titre léger pour une vraie question :
En Gn 2,9, on lit :
Et Yahweh Dieu fit pousser du sol toute espèce d'arbres agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
On sait le drame qui s'ensuit. Adam et Eve, si l'on peut dire, échouent au test d'obéissance de ne pas goûter au fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Puis en Gn 3,22 on lit :
Et Yahweh Dieu dit : " Voici que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Maintenant, qu'il n'avance pas sa main, qu'il ne prenne pas aussi de l'arbre de vie, pour en manger et vivre éternellement. "
Comment s'expliquer que l'arbre de vie fût déjà à portée de main, alors que cette vie éternelle aurait (probablement) été la récompense du test réussi ? Pourquoi Dieu a-t-Il "pris ce risque", qu'Il semble ensuite corriger en faisant "
garder le chemin de l'arbre de vie" par des "
Chérubins et la flamme de l'épée tournoyante" (3,24) ?

( 644116 )
En tant que jardinier par M (2012-09-05 21:01:35)
[en réponse à 644115]
( amateur ) certes, je vais vous expliquer .....
Pourquoi voulez vous qu'à la création du Jardin, Dieu ne planta pas tout ??? ( sans jeu de mot )
Je ne sais si vous jardinez, mais je vous assure que c'est une sacrée galère .....
Surtout que le climat était idéal à l'époque !
Alors, hop ! tout est semé, planté, et ça pousse .
Quant au plus gros risque pris par Dieu ?
C'est d'avoir crée l'homme .....
Bien à vous.
M... ( pas sérieux comme d'habitude ......

)

( 644122 )
que nenni par jejomau (2012-09-05 22:48:51)
[en réponse à 644116]
le plus gros risque que Dieu prit fut d'enlever le tuteur de la "plante" bien trop tôt ! S'en rendant compte hélas un peu tardivement, Il essaye alors de réparer les dégâts en y installant ses chérubins... Malheureusement la "plante" Eve avec son esprit coquin se demandait déjà comment obtenir l'émancipation ...!

( 644287 )
"Eve [...] se demandait déjà comment obtenir l'émancipation ...!" par Emmanuel (2012-09-07 16:08:54)
[en réponse à 644122]
"Eve [...] se demandait déjà comment obtenir l'émancipation ...!"
Très sérieusement, j'ai assisté à de magnifiques conférences philosopico-théologiques et voici ce qui c'est dit sur le sujet.
L'homme a été créé par Dieu parfaitement heureux dans le paradis terrestre.
Par le péché de nos premiers parents, nous avons perdu sur cette terre ce bonheur parfait originel. Mais, si notre nature a été abimée par ce péché, elle n'a pas été fondamentalement changée. Aussi, de par notre nature créée originellement pour le bonheur, nous aspirons tous à un bonheur, une liberté, etc. parfaite ; car Dieu nous a conçu ainsi !
Malheureusement, cette aspiration au bonheur et à la liberté se "réalise" trop souvent de manière désordonnée depuis que cela a été gâché par la première faute.
Donc "l'émancipation féminine" moderne est bien directement une recherche de cette liberté originelle perdue par Ève (et aussi un peu par Adam)...

( 644130 )
Parce que Dieu veut que notre bonheur éternel... par Vianney (2012-09-06 07:42:46)
[en réponse à 644115]
...soit notre gloire en même temps que la sienne : il ne veut pas peupler le Ciel de robots.
V.

( 644143 )
Après la chute de nos premiers parents... par Vianney (2012-09-06 09:35:29)
[en réponse à 644130]
...les conditions d’existence ne sont plus les mêmes pour l’humanité (perte des dons préternaturels) : les tentations permises par Dieu pour éprouver notre fidélité (et notre humilité) sont adaptées en conséquence.
V.

( 644202 )
Certes, mais je parlais du moyen par Effata (2012-09-06 18:42:16)
[en réponse à 644130]
En reformulant et grossissant exagérément le trait afin d'être mieux compris peut-être : pour éprouver l'obéissance de quelqu'un censé vous la devoir, mettriez-vous à sa portée une liasse de billets en lui défendant d'y toucher, ainsi qu'un revolver à côté de cette liasse ?
Exagération mise à part, c'est grosso modo ce qui se passe dans le texte biblique, tel que je le comprends.
Concernant le libre arbitre de l'homme, c'est à croire que Dieu, quoiqu'omniscient, ne savait réellement pas quelle serait la réponse de l'homme au serpent, sans quoi Il n'aurait pas préparé, avant l'épreuve, la récompense de la vie éternelle, pour écarter ensuite cette récompense.

( 644218 )
Qui êtes-vous Effata ? par Jean Ferrand (2012-09-06 20:13:22)
[en réponse à 644202]
Qui êtes-vous Effata pour demander des comptes à Dieu ? Ne savez-vous pas que Dieu a placé tout homme devant deux choix, celui du bien et celui du mal ? Relisez par exemple de ce point de vue le psaume premier, qui ouvre et résume tout le psautier.
Quant à votre objection sur l'omniscience de Dieu (prise en défaut selon vous), ne savez-vous pas, également, que d'après saint Thomas d'Aquin, Dieu n'a aucune connaissance du mal par lui-même, puisqu'il n'est jamais l'origine d'aucun mal. Il le découvre en quelque sorte avec stupeur et avec douleur. Relisez encore de ce point de vue la parabole des vignerons homicides (épisode 190 de ma Biographie de Jésus-Christ), vous y verrez que Dieu y pousse la naïveté très loin. Il n'a même l'idée du mal. "Il respecteront mon Fils." (Mc 12, 6).

( 644226 )
Quelqu'un qui aime comprendre par Effata (2012-09-06 21:24:19)
[en réponse à 644218]
tout simplement, conformément j'espère à l'homme du psaume premier auquel vous me renvoyez, cet homme qui médite la Loi jour et nuit. Ma méditation personnelle en est encore au questionnement !
Vous vous méprenez sur mon "objection" quant à l'omniscience de Dieu. Je trouve au contraire dans Sa "surprise" (mauvaise, hélas !) un profond et enthousiasmant motif de foi, auquel je n'avais jamais vraiment songé. Tout comme je n'avais jamais songé à une facette "naïve" de Dieu ! Merci pour votre très intéressante réponse.

( 644232 )
"...et mirabilius reformasti..." par Michel (2012-09-06 22:02:32)
[en réponse à 644218]
"Seigneur, qui avez créé l'homme de manière admirable et qui l'avez sauvé d'une manière plus admirable encore..."
Malgré toute la profonde estime que j'ai pour vous, Cher Jean, je pense que cette histoire de Dieu qui aurait été surpris de découvrir le mal ne tient pas debout. C'est une histoire de théologiens récents;
Mais Dieu ne peut rien apprendre, car sa sagesse et sa science font partie de son essence, qui est immuable.
En créant Adam, Dieu savait qu'il était libre ...et il savait aussi qu'il allait chuter, mais que la Rédemption produirait des fruits encore plus grands.
Je repense à cette phrase fondamentale dans les révélations de Julienne de Norwich : "A la fin, tu verras que tout était bien".
A méditer.
Et puis ce verset d'un livre sapiential, qui dit quelque chose comme : "N'admets jamais quelqu'un dans ton amitié sans l'avoir mis à l'épreuve" ou une autre formule parfaitement équivalente. C'est un conseil de prudence pour les hommes, mais il s'applique curieusement aussi à Dieu.
Très probablement (comme je ne sais plus quels mystiques en parlent), Satan, "l'accusateur de nos frères" (Apoc. 12, 10), a plaidé pour demander (au nom de la justice !) que l'homme soit soumis à une épreuve, il a lancé à Dieu un défi, de même qu'il lance à Dieu deux défis dans le Livre de Job (et Job représente aussi toute l'humanité).

( 644258 )
Dieu n'a jamais voulu par Jean Ferrand (2012-09-07 10:00:16)
[en réponse à 644232]
Dieu n'a jamais voulu le mal, même pas le mal du péché originel. Il l'a subi. Certes, il a pu en créer un plus grand bien, en improvisant la Rédemption, car il peut tout.

( 644285 )
Mais je n'ai jamais dit le contraire ! par Michel (2012-09-07 15:29:12)
[en réponse à 644258]
Il n'a jamais voulu le mal.
Mais il a créé l'homme libre (et par voie de conséquence, libre de commetre le mal).
Et il "savait", ou mieux il "sait" de toute éternité (car Dieu n'est pas soumis au temps, il n'y a pas de passé ou de futur en Lui), il savait qu'Adam allait pécher.

( 644299 )
Le mal est su par Jean Ferrand (2012-09-07 17:55:59)
[en réponse à 644285]
Le mal est su de toute éternité, mais il n'est pas prédestiné.

( 644240 )
Est-ce Dieu qui a écarté ? par Glycéra (2012-09-06 22:51:18)
[en réponse à 644202]
Ou bien l'homme qui a voulu l'avoir à un mauvais moment, et se plaint ensuite ?
Au lieu d'aller tout de suite dire qu'il s'est rendu compte de sa bourde, l'homme se cache... Se cacher de Dieu ? Il faut être limité comme l'homme, pour pensé être caché de Dieu. Les autruches...
Pour éviter que l'homme ne continue ses sottises, il a bien fallu placer un ange à la porte !
Dieu savait, et a pris le risque d'aimer.
Comme une mère prend le risque de laisser son enfant marcher...
La mère oiseau fait comme Dieu d'ailleurs.
Elle se place en volant près du toit d'où le petit part voler, et se glisse dessous pour le rattraper s'il vacille en l'air. Elle le dépose alors en douceur, avant de recommencer..;
Mais si le poussin prétend voler seul, avant que sa mère ne soit là... ou avant que ses ailes n'aient grandi... On a l'homme qui veut comme un grand tout discerner, et ..." se plante"...
Encore un terme de jardinier.

( 644239 )
Dieu nous plante sur terre, et désire que nous portions fruit. par Glycéra (2012-09-06 22:32:23)
[en réponse à 644115]
Oui, Dieu est jardinier.
La colonne vertébrale est notre arbre de vie.
Ses racines sont dans la terre.
Ses pieds y sont ancrés : par la "plante" des pieds.
Son chef est au Soleil qui en couronne la tête.
Il est souvent question de jardin :
" L'homme moissonne ce qu'il a semé."
" L'un sème et l'autre moissonne."
ou encore St François de Sales :
"Portez donc fruit dans le verger où Dieu vous a planté"
Dieu est jardinier...
C'est un de ses métiers, qu'Il accomplit (comme tout) avec un bonheur infini. Dieu a "la main verte" comme on dit des jardiniers. Comme Hildegarde de Bingen le chante : "O Viriditas" qu'on traduit par verdeur ou vigueur, à moins qu'un n'invente le "viridité" pour mieux rendre compte de cette énergie qui vient de la création et remplit ce qui croît dessus.
Pas un hasard que marie-Madeleine le prenne pour le jardinier...
Ni que cet épisode du 'Ne me touche pas" rappelle celui de "Elle toucha le fruit, le prit" d'Eve séduite, acceptant le Serpent.
Qui est ce Serpent ?
C'est l'Adversaire.
Ce n'est pas l'Ennemi, le Diable, le Démon de nos images naïves, justes, mais insuffisantes. C'est celui qui vient nous montrer notre face cachée, le verso de nos êtres, cette part d'ombre dont l'être humain a peur en lui-même, et qu'il n'ose aborder. AU recto, tout ce qui est droit, clair, facile, moral. Au verso, l'inconnu, l'inconscient, le tordu, ,'inadéquat.
Au recto, l'accompli, ce qui est fait, parfois parfait.
Au verso, l'inaccompli, le non encore mis en lumière, le pas encore par-fait.
L'homme est créé, en train de se faire, de devenir ce qu'il est, d'aller vers ce pour quoi il est créé. Après lui avoir soufflé dans les narines, pour le mettre en vie reliée à la vie divine, Dieu le place alors ans le jardin, pour qu'il devienne ce qu'il est, qu'il se révèle tout entier.
L'homme est capable de Dieu. L'homme va gagner ses galons. Il va combattre pour ce faire. Contre qui ?
Comment ce qui est encore inaccompli dans l'homme va-t-il prendre forme et place en lui ?
En combattant l'Adversaire, qui est à la fois cosmologique et intérieur à l'homme. L'adversaire est un être qui fait passer une épreuve, et Dieu l'a prévu pour réussir, pour mériter son succès par un "challenge" à gagner... Parce que Dieu aime et estime l'homme, fait à son image.
Voilà tout ce que j'ai compris de méditations qu'on trouve chez les orthodoxes des premiers siècles, ce que la douceur d'un St François de Sales explique aussi quand Il parle de la si amoureuse et délicate attention de Dieu pour le coeur de l'homme.
Le combat intérieur n'est pas entre le bien et le mal : l'homme choisit toujours ce qu'il pense être un bien. Il se trompe souvent de bien, il vise à côté de la cible claire de l'amour de Dieu, il rate la cible (en hébreu, en grec, le mot péché = manquer la cible) et manque son choix. Mais l'homme ne choisit pas le mal. Il le produit, il pose des actes nocifs, mais il est assez de Dieu en l'homme pour que ce ne soit pas le choix définitif, carré de Satan qui lui refuse le bien, car il refuse tout ce qui est de Dieu.
Il est simpliste de réduire notre vie religieuse, reliée à Dieu en un choix moral, de limiter la vie spirituelle aux 10 commandements (qui ne sont que la loi naturelle rappelée aux Juifs qui l'oubliaient); de tout trancher dans la question qui fit le péché de l'origine : est-ce bien, est-ce mal ?
L'épreuve est : tu mangeras de tous les arbres du jardin d'Eden, mais de celui de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas encore... Ce n'est pas encore l'heure. Adam oublie de surveiller Eve, Eve oublie d'aller demander à son chef ce qu'il pense d'un serpent qui parle, et "c'est la cata" !
En parallèle, nous avons, le "mon heure n'est pas encore venue" à Cana. Marie demande à Jésus de les sortir de l'épreuve, et éprouve la foi des serviteurs "faites tout ce qu'Il vous dira". Marie bouscule l'heure de Jésus, qui lui accorde (deux mêmes coeurs) par amour.
Mangeant trop tôt le fruit défendu, l'homme se sent mal. Il est brûlé par son acte. Ses yeux n'étaient pas encore capable de voir, comme ceux de la caverne de Platon, pas encore capables de sortir à la lumière... Ils ont loupé l'épreuve, et ont perdu le contac. ce n'est pas Dieu qui s'est éloigné d'eux, ce sont eux qui se cache.
Et Dieu pleure : Adam, où es-tu ?
Il répondra alors à Abraham qui cherche Dieu : Va vers ton pays, va vers ton toi-même, et je serais avec toi.
L'épreuve est là : aller au dedans de soi, et lâcher l'extérieur qui nous asservirait.
Alors, là est Dieu.
"Rentre au dedans de toi, et prie dans le secret.
Dieu savait comment l'homme est fait.
Dieu désirait de tout son coeur de père que l'homme réussit son épreuve.
AU bon moment, car la patience (l'art de supporter le temps, celui du monde, celui d'autrui, celui que Dieu a fixé) est le principal de l'épreuve qu'Il nous propose.
Je n'ai plus le temps de relire.
J'espère avoir su dire ce que j'ai entendu.
Cela m'a fait trop de bien pour que je le garde pour moi seule.
Avec mes respectueuses salutations