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Sermon pour la Décollation de Saint Jean Baptiste de Saint Augustin par ami de la Miséricorde (2012-08-29 08:31:18)
Décollation de Saint Jean Baptiste
par Saint Augustin Sermon CCCVII
1. La lecture du saint Evangile nous a mis sous les yeux un spectacle sanglant; nous avons vu, en haine de la vérité et servi par la cruauté, un mets funèbre, la tête même de Jean-Baptiste présentée dans un bassin, Une jeune fille danse, sa mère a la rage dans le coeur, au milieu des délices et des dissolutions d'un banquet, on prête, puis on accomplit un serment téméraire et impie.
Ainsi se réalisa dans la personne de saint Jean ce que saint Jean avait prédit. Il avait dit, en parlant de Notre-Seigneur Jésus-Christ: «Il faut qu'il croisse et que je diminue ». Jean fut donc diminué de la tête, et Jésus élevé sur la croix. La haine contre Jean naquit de la vérité même. On ne pouvait souffrir avec calme les avertissements que donnait ce saint homme de Dieu, et qu'il ne donnait qu'en vue du salut de ceux à qui il les adressait; et on lui rendit le mal pour le bien. Pouvait-il faire entendre autre chose que ce qui remplissait son coeur; et eux pouvaient-ils répondre autre chose aussi que ce qu'ils avaient dans l'âme? Jean sema le bon grain, mais il recueillit des épines. «Il ne vous est pas permis, disait-il au roi, de garder l'épouse de votre frère ». Esclave de sa passion, le roi en effet retenait chez lui, malgré la loi, la femme de son frère; mais la passion ne l'enflammait pas jusqu'à lui faire répandre le sang. Il honorait même le prophète qui lui disait la vérité. Quant à la femme détestable qu'il gardait, elle nourrissait une haine secrète qui devait finir par éclater dans l'occasion. Comme elle nourrissait cette haine, elle fit paraître sa fille, elle la fit danser; et le roi qui regardait Jean comme un saint, qui le craignait même par respect pour Dieu, sans toutefois lui obéir, s'affligea lorsqu'il vit qu'on lui demandait de livrer dans un bassin la tête de Jean-Baptiste; mais, par égard pour son serment et pour les convives, il envoya un archer et accomplit ce qu'il avait promis.
2. Ce passage nous invite, mes frères, à vous dire quelques mots du serment, afin de mieux régler votre conduite et vos moeurs. Le faux serment n'est pas un péché léger; c'est même un péché si grave que pour le prévenir le Seigneur a interdit tout serment. Voici ses paroles: «Il a été dit: Tu ne te parjureras point, mais tu tiendras au Seigneur tes serments. Et moi je vous dis de ne jurer en aucune façon; ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu; ni par la terre, parce qu'elle est l'escabeau de ses pieds; ni par tout autre objet; ni par ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre langage soit: Oui, oui; non, non; car, ce qui est en plus vient du mal ».
3. Nous trouvons néanmoins, dans les saintes Écritures, que le Seigneur jura lorsque Abraham lui obéit jusqu'à immoler son fils bien-aimé. Un ange, en effet, lui cria du haut du ciel: «Je le jure par moi-même, dit le Seigneur; parce que tu as été docile à ma voix et qu'en ma considération tu n'as pas épargné ton bien-aimé fils, je te comblerai de mes bénédictions et je multiplierai ta postérité comme les étoiles du ciel et comme le sable de la mer, et dans ta race seront bénies toutes les nations ». Si maintenant vous voyez les chrétiens remplir tout l'univers, c'est un effet de ce fidèle serment de Dieu. Dans les Psaumes il était dit également et par avance, de Notre-Seigneur Jésus-Christ: «Le Seigneur a fait ce serment, dont il ne se repentira point: Vous êtes le prêtre éternel, selon l'ordre de Melchisédech». Ceux qui connaissent l'Ecriture savent ce qu'offrit Melchisédech, quand il bénit Abraham . A cause des catéchumènes nous ne devons pas le rappeler; mais les fidèles reconnaissent ici la prédiction de ce que nous voyons accompli aujourd'hui. Or, d'où vient cet accomplissement? Du serment prêté par le Seigneur. «Le Seigneur a fait ce serment, et il ne s'en repentira point» comme Hérode s'est repenti de celui qu'il avait fait.
4. Puisque Dieu a juré, pourquoi le Christ Notre-Seigneur, défend-il aux siens de jurer? Le voici. Ce n'est pas un péché d'assurer la vérité par serment; mais comme il y a un crime énorme à affirmer par serment le mensonge, n'est-il pas vrai qu'on n'est pas exposé à commettre ce crime quand on ne jure pas du tout, et qu'on y est exposé davantage quand on jure pour la vérité? En t'interdisant de jurer, le Seigneur te défend donc de marcher sur le bord étroit du précipice, dans la crainte que ton pied venant à glisser, tu n'y tombes. Le Seigneur pourtant a juré, reprend-on. - Il jure sans danger, puisqu'il ne sait mentir. Ne te préoccupe pas des serments que Dieu a faits; il n'y a peut-être que lui qui doive en faire. Que fais-tu en jurant? Tu prends Dieu à témoin. Tu le prends à témoin; lui s'y prend lui-même. Mais à toi qui n'es qu'un homme et qui te trompes fréquemment, il arrive bien souvent de prendre la vérité à témoin de tes erreurs. De plus, on se parjure quelquefois même sans le vouloir, c'est quand on croit vrai ce qu'on affirme avec serment. Sans doute le péché n'est pas alors aussi grave que le péché commis quand on affirme par serment ce qu'on sait être faux. Qu'on fait bien mieux, et qu'on est moins exposé à commettre ce grave péché, lorsqu'on écoute le Christ Notre-Seigneur, et que jamais on ne jure!
5. Je sais que c'est pour vous une habitude difficile à détruire; en nous aussi elle a été difficile à extirper. Cependant la crainte de Dieu nous a aidé à bannir le serment de notre bouche. Nous vivons au milieu de vous: qui nous a jamais entendu jurer? Et pourtant n'avais-je pas l'habitude de jurer chaque jour? Mais après avoir lu l'Evangile, j'ai craint, j'ai lutté contre cette habitude, et tout en luttant, j'invoquais l'appui du Seigneur. Le Seigneur m'a accordé la grâce de ne plus jurer, et rien ne m'est plus facile que de m'en abstenir. Je fais cette communication à votre charité pour empêcher qui que ce soit de dire: Qui peut s'en empêcher? Oh! si on craignait Dieu! Oh! si les parjures tremblaient devant lui! Bientôt la langue aurait un frein, on s'attacherait à la vérité et le serment aurait disparu.
Source : clerus.org
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

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Méditation avec l'Imitation de Jésus-Christ par ami de la Miséricorde (2012-08-29 10:34:25)
[en réponse à 643511]
Livre III Que nous devons nous renoncer nous-mêmes et imiter Jésus-Christ en portant la Croix
2. Si vous voulez parvenir à la vie, gardez mes commandements.
Si vous voulez connaître la vérité, croyez-moi.
Si vous voulez être parfait, vendez tout.
Si vous voulez être mon disciple, renoncez-vous vous-même.
Si vous voulez posséder la vie bienheureuse, méprisez la vie présente.
Si vous voulez être élevé dans le ciel, humiliez-vous sur la terre.
Si vous voulez régner avec moi, portez la Croix avec moi.
Car les serviteurs de la Croix trouvent seuls la voie de la béatitude et de la vraie lumière.
Source : L'Imitation de Jésus-Christ traduit par l'abbé F. de Lamennais, Dijon, Pellion et Marchet Frères, 1870.
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

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Dans ma par Jean Ferrand (2012-08-29 15:07:45)
[en réponse à 643511]
Dans ma Biographie de Jésus-Christ, épisode 74,
ICI,au terme d'une discussion assez serrée, je fais mourir Jean-Baptiste vers février de l'an 32. Je me cite :
Daniel-Rops situe la mort de Jean-Baptiste en mars 29. Mais comme il a trois ans d’avance sur nous dans sa chronologie, cela correspond à mars 32.
Petitfils fait mourir Jean-Baptiste pour la 34e année d’Hérode, le jour de son dies natalis, l’anniversaire de son avènement. En réalité il faut corriger : ce devait être la 35e année d’Hérode Antipas. (Le début du règne d'Hérode Antipas se datant de - 4).
Arthur Loth, au terme d’une longue discussion, admet que la mort de Jean-Baptiste serait à placer fin 31. Cependant, il vaut mieux dire début 32, car on n’apprend cette mort qu’après la tempête apaisée, qui est sans doute survenue dans l’hiver 31-32. Et que la nouvelle n’ait filtrée que peu avant la Pâque 32, qui tomba cette année le 14 avril, indique aussi une mort vers février 32.
Arthur Loth ne manque pas de le souligner : pour rester dans la vraisemblance historique, il faut dater du plus tard possible, dans la vie de Jésus et dans l’histoire, le martyre de saint Jean-Baptiste. En effet, vers 36, Arétas IV roi des Nabatéens, voulant venger l’honneur de sa fille répudiée par Hérode le tétrarque de Galilée, profita d’une occasion favorable pour l’attaquer. L’armée d’Arétas fut victorieuse, et l’historien Josèphe raconte que toute la nation juive vit dans la défaite d’Antipas un juste châtiment, une
« vengeance divine », pour le meurtre inique de Jean-Baptiste. Il fallait que le souvenir de cette mort fût encore vivant dans les mémoires, très frais. Une mort de Jean-Baptiste en 29, comme l'admet Daniel-Rops, et avec lui une grande part des exégètes, est donc peu vraisemblable.
Autre argument de poids pour dater la mort de Jésus de la Pâque 33, et non de la Pâque 30.