Le Forum Catholique
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( 641737 )
différences Vulgate / Néo Vulgate par xanadu71 (2012-07-29 18:06:30)
Quelqu'un saurait-il quelles sont les différences, dans les versions
des livres bibliques, entre la vulgate et la néo vulgate ?
quels versets furent ajoutés ? supprimés ? modifiés ?
merci

( 641743 )
Une aide par AVV-VVK (2012-07-29 19:23:19)
[en réponse à 641737]
Consultez sur internet "Anabases".

( 641762 )
un article trouvé sur ce site par xanadu71 (2012-07-29 23:44:54)
[en réponse à 641743]
merci à vous

( 641747 )
[réponse] par Yves Daoudal (2012-07-29 20:15:17)
[en réponse à 641737]
La néo-vulgate prétend corriger la Vulgate pour la rendre plus proche du prétendu texte originel, donc, pour l'Ancien Testament, du texte hébreu... publié par les rabbins aux IXe-Xe siècle (toutes les versions antérieures ayant été soigneusement détruites).
La plupart du temps on se demande à quoi sert la correction, si ce n'est à vouloir sans doute justifier de son salaire. De nombreuses corrections sont le fait de l'orgueil du latiniste du XXe siècle qui croit vraiment connaître mieux le latin que saint Jérôme...
Parfois on tombe sur des choses stupéfiantes. Par exemple la traduction du psaume 67 verset 12. Pour les psaumes, le texte de la Vulgate est antérieur à saint Jérôme. Ce texte dit:
Dominus dabit verbum evangelizantibus, virtute multa.
Le Seigneur donnera la parole (le Verbe) à ceux qui annoncent la bonne nouvelle (aux évangélisateurs), avec une grande force.
Et la néo-Vulgate dit:
Dominus dat verbum; virgines annuntiantes bona sunt agmen ingens:
Le Seigneur donne la parole; les vierges annonçant les bonnes choses sont une immense armée.
Or la traduction française officielle de la Bible juive dit:
Le Seigneur fit entendre sa parole, des messages de bonheur en grande quantité:
On ne sait donc pas où les réviseurs ont trouvé des vierges... (saint Jérôme avait traduit pour sa part: "la multitude joyeuse de ceux qui annoncent est grande".)
Vous trouverez quelques autres indications
ici.
On notera:
Heureusement que les rédacteurs de la Nova Vulgata ne se sont pas attaqués à Virgile.
Mais il est pire de s'attaquer à la Bible qu'à Virgile...
Enfin, on peut constater que si la néo-Vulgate est devenue la Bible officielle de l'Eglise latine, le motu proprio Summorum Pontificum a ipso facto rétabli la légitimité de la Vulgate... Ouf.

( 641760 )
Ajoutons par Quaerere Deum (2012-07-29 23:08:04)
[en réponse à 641747]
aussi qu'elle hérite d'un certain esprit du XXème où l'on mélangeait allègrement les traditions.
Ainsi, certains passages ont été retraduits à partir de recoupements entre versions grecques, araméennes et hébraïques.
Or, on ferait plus cela aujourd'hui. Une édition critique est légitime car la Vulgate n'est pas exempte d'erreurs. Mais cette édition critique ne doit être réalisée qu'à partir des différentes éditions des manuscrits latins en circulation, et uniquement latins. C'est ce qu'ont fait les papes Clément et Sixte en leur temps.
Il existe une édition critique de la Vulgate (ce qu'aurait dû être la Néo Vulgate) : la Vulgate de Stuttgart. Lisible
ici (site de l'éditeur).
Attention, c'est une version d'étude, sans ponctuation (qui n'existait pas à l'origine).

( 641763 )
je partage votre avis par xanadu71 (2012-07-29 23:47:29)
[en réponse à 641747]
sans avoir vos connaissances, je suis incliné à penser
de la même manière que vous à ce sujet
la vénération pour les textes massorétiques, pluriels et tardifs
me semble un mystère
merci de votre aide
je vais découvrir ce forum grace à vous

( 641765 )
je partage votre avis Mr Daoudal par xanadu71 (2012-07-30 00:59:26)
[en réponse à 641763]
je complète un titre qui n'était pas assez clair
désolé
vous faites souvent des post très intéressants sur l'Ecriture Sainte

( 641771 )
Débat? par Alexandre (2012-07-30 10:45:28)
[en réponse à 641747]
Bonjour!
Merci de vos indications, mais je ne vois pas grand chose sur vulgate et nouvelle vulgate sur le lien.
Savez-vous si un vrai débat, c'est-à-dire entre partisans de la nouvelle vulgate et opposants, a eu lieu ?
Sinon, il est amusant de penser que Summorum Pontificum a de fait redonné droit de cité à la traduction de l'Institut Biblique, encore dite de Pie XII (1945) ! L'édition typique du bréviaire de 1961 a été publiée avec cette version.

( 641775 )
Lien du plus haut intérêt par Quaerere Deum (2012-07-30 11:27:24)
[en réponse à 641771]

( 641826 )
En effet. par Yves Daoudal (2012-07-30 19:15:58)
[en réponse à 641775]
Très remarquable article.
Merci beaucoup.

( 641823 )
[réponse] par Yves Daoudal (2012-07-30 18:42:28)
[en réponse à 641771]
je ne vois pas grand chose sur vulgate et nouvelle vulgate sur le lien
Si, il y a des petites choses intéressantes, que j'avais recopiées il y a quelque temps. Vous êtes allé trop vite.
Savez-vous si un vrai débat, c'est-à-dire entre partisans de la nouvelle vulgate et opposants, a eu lieu ?
Non, je ne sais pas. Et je n'ai rien trouvé sur internet jusqu'ici.
il est amusant de penser que Summorum Pontificum a de fait redonné droit de cité à la traduction de l'Institut Biblique, encore dite de Pie XII (1945) ! L'édition typique du bréviaire de 1961 a été publiée avec cette version.
Je ne le savais pas, et ça explique la réflexion que m'a faite un prêtre sur le bréviaire il y a quelques jours, et que je ne comprenais pas...
Mais il y a aujourd'hui des bréviaires
avec les vrais psaumes.


( 642922 )
[réponse] par Alexandre (2012-08-19 15:42:42)
[en réponse à 641823]
Je sors doucement de ma paresse aoûtienne et me suis un peu penché sur la question de la Néo-Vulgate et, en particulier, celle de la traduction du Psautier.
Si j’ai bien compris, votre point de vue diverge de la pensée dominante, si je puis dire, sur les textes originaux. Pour vous, la Bible hébraïque qu’on nous présente comme le texte original ne remonterait pas en deça du IXe siècle et la version des LXX lui serait antérieure.
Est-ce bien cela ?
Si oui, les Hexaples d’Origène (IIIe s.) et la traduction de saint Jérôme sur le texte hébreu, au moins, sont bien antérieurs, n’est-ce pas?
Enfin, je me suis amusé à comparer les variantes des grandes traductions latines du psaume 67, verset 12, dont vous critiquez la lecture de la Néo-Vulgate.
Psautier Romain (384)
Dominus dabit verbum evangelizantibus virtutes multas
Psautier Gallican (389, incorporé à la Vulgate et au Bréviaire Romain)
Dominus dabit verbum evangelizantibus virtute multa
Psautier juxta Hebraeos (vers 405)
Domine dabis sermonem adnuntiatricibus fortitudinis plurimae
Psautier dit de Pie XII (1945)
Dominus profert verbum ; laeta nuntiantium multitudo est magna
Néo-Vulgate (1969-74)
Dominus dat verbum; virgines annuntiantes bona sunt agmen ingens:
Traduction de la Bible de Jérusalem (1955)
(12a) Le Seigneur donne aux messagères la nouvelle :
(15a) « Shaddaï a dispersé (12b) une armée immense »
Traduction liturgique francophone (Liturgie des Heures, 1980)
Le Seigneur prononce un oracle, une armée de messagères le répand :

( 642950 )
[réponse] par Yves Daoudal (2012-08-20 12:37:59)
[en réponse à 642922]
Pour vous, la Bible hébraïque qu’on nous présente comme le texte original ne remonterait pas en deça du IXe siècle et la version des LXX lui serait antérieure.
Oui. Antérieure de 11 et 12 siècles selon les livres: c'est une vraie antériorité... Ce qu'on prétend être le texte original est en fait le texte le plus récent: plus récent que les diverses versions latines, beaucoup plus récent que la version grecque.
Si oui, les Hexaples d’Origène (IIIe s.) et la traduction de saint Jérôme sur le texte hébreu, au moins, sont bien antérieurs, n’est-ce pas?
Il ne reste très malheureusement presque plus rien des Hexaples. Quant à la traduction de saint Jérôme, elle date de saint Jérôme. Elle est donc bien antérieure à la Bible massorétique, mais également bien postérieure à la Septante. Il se trouve que (ou il en résulte, peut-être) que le texte qu'avait saint Jérôme est beaucoup plus proche du texte massorétique que de la Septante.
Le prestige du texte massorétique est tel, chez les spécialistes actuels, que tout écart entre ce texte et la Septante est considéré comme une erreur des traducteurs grecs. Il y a pourtant des endroits, notamment dans les Nombres (que je suis justement en train de lire) où il y a de telles différences que les éditeurs (de l'édition du Cerf de la LXX) en viennent malgré eux à supposer qu'il y avait plusieurs textes hébreux. Ce qui est pour moi une évidence (il n'y avait pas d'éditions critiques, à l'époque...). Corroborée par le fait que, lorsqu'ils ont publié le texte massorétique, les rabbins ont supprimé tous les autres textes existants.
A Qumran on a trouvé un seul livre complet en hébreu: celui d'Isaïe. Et il est très intéressant de constater que ce texte d'Isaïe est nettement plus proche de celui de la LXX que du texte massorétique.

( 642954 )
Encore un lien par Quaerere Deum (2012-08-20 13:14:25)
[en réponse à 642950]

( 642976 )
Merci pour ce texte par Yves Daoudal (2012-08-20 20:11:56)
[en réponse à 642954]
fort intéressant. Mais je pense qu'il est de Christophe Rico, comme celui que vous aviez déjà mis en lien. On y retrouve les mêmes idées (dont l'idée fausse que saint Jérôme aurait traduit les évangiles alors qu'il a seulement révisé les traductions existantes).

( 642977 )
Sans conteste par Quaerere Deum (2012-08-20 20:26:48)
[en réponse à 642976]
il est bien de Christophe Rico.
Il y a même dans la page un lien «by christophe rico» qui m'avait échappé.
Bien vu !

( 642957 )
Merci par Alexandre (2012-08-20 14:18:02)
[en réponse à 642950]
Merci pour ces éclaircissements!
Ils suscitent chez moi deux autres questions :
1. A-t-on fait un comparatif de la traduction des
Psaumes de la LXX et celle de saint Jérôme sur l'hébreu? Si oui, que donne-t-elle?
2. Pour la
Néo-Vulgate, les réviseurs n'ont pas du tout tenu compte de la Vulgate pour les livres de
Tobie et
Judith :
Nei libri storici uno spinoso problema fu presentato da quei libri della Volgata, il cui testo né corrisponde al testo della lingua originale né si avvicina a quello delle recenti edizioni bibliche. Poiché scopo della Neo-Volgata – secondo l’intenzione di Paolo VI – è quello di « rispettare alla lettera il testo della Volgata di S. Girolamo là dove esso riproduce fedelmente il testo originale, quale risulta dalle presenti edizioni scientifiche », si comprende l’abbandono del testo della Volgata per i libri di Tobia e Giuditta : l’originale semitico ne è andato perduto e la stessa traduzione di Girolamo, secondo la sua testimonianza, fu fatta velocemente e a senso. Inutile, quindi, anche il confronto con la versione greca, alla quale è più vicina, invece, la Vetus Latina.
Con l’esplicita autorizzazione del S. Padre, la Commissione abbandonò, dunque, il testo della Volgata, adottando come base, e diligentemente confrontandoli con codici latini e greci, due codici del sec. X della Vetus Latina, e precisamente il cod. XXII di Vercelli per il libro di Tobia e il cod. di Berna per il libro di Giuditta.
In L’Osservatore Romano
anno CXIX, n. 97 (36.081)
Sabato 28 Aprile 1979
P. 3
Cette nouvelle traduction, faite sur les originaux grec & latin vaudrait donc mieux que celle de saint Jérôme?
Merci!

( 642968 )
[réponse] par Yves Daoudal (2012-08-20 18:29:53)
[en réponse à 642957]
1. Je ne sais pas. Je le fais de temps en temps pour mon usage personnel. Vous avez cité le psaume 69, où saint Jérôme dit "adnuntiatricibus"... C'est impossible à psalmodier. C'est intéressant de voir ce qu'il y avait dans l'hébreu selon saint Jérôme. Mais je ne suis pas d'accord avec sa façon de varier les traductions. Ainsi il y a 20 fois, dans les psaumes, l'expression "misericordia et veritas", qui traduit les mots hébreux hesed et emet. Saint Jérôme traduit neuf fois par gratia et fidelitas, sept fois par misericordia et fidelitas, et autrement par bonitas et fides, gratia et fides, benignitas et veritas… Certes, ce sont des mots qui ont un large spectre de significations, mais je trouve qu'il faut conserver les équivalences d'une langue à l'autre.
2. Cela conforte ce que disait Quaerere Deum : la Néo-Vulgate est assurément néo, mais pas Vulgate.
En outre le Tobie de la Vulgate est une merveille. C'est je crois une version "chaldéenne", différente du texte grec, qu'on n'aurait pas eue si elle n'avait pas été traduite en latin par saint Jérôme.
C'est seulement dans le texte de la Vulgate que les tourtereaux commencent leur vie de jeunes mariés en jeûnant et priant trois jours et trois nuits, ce qui a été souvent repris au cours de l'histoire de l'Eglise pour souligner que le mariage ce n'est pas satisfaire tous ses appétits sensuels. Il y a même eu des endroits où les nouveaux mariés devaient promettre de s'abstenir de relations sexuelles la première nuit, afin de la consacrer à Dieu. Si l'on supprime le Tobie de la Vulgate, on supprime la référence de ces exhortations et pratiques.
Et quelle idée typiquement moderne de nous imposer ce nom de "Thobis" que personne ne connaît...

( 642999 )
Au passage par Quaerere Deum (2012-08-21 13:25:54)
[en réponse à 642968]
que penser de la Vulgate de Stuttgart ?
Il s'agit d'une édition critique de la Vulgate.

( 643010 )
Je ne la connais pas, sauf "en creux", par Yves Daoudal (2012-08-21 16:31:34)
[en réponse à 642999]
dans les références des Sources chrétiennes. Ça m'amuse toujours de lire ces notes où l'érudit de service me dit que saint Bernard (par exemple) cite tel verset de l'Ecriture dans une version différente de l'édition critique de la Vulgate. Comme s'il faisait exprès de se démarquer de l'édition critique, par je ne sais quel goût de se singulariser, de faire le malin en reprenant un vieux texte obsolète...
Quelquefois l'érudit de service pousse même l'érudition jusqu'à préciser que la citation correspond à la Vulgate sixto-clémentine mais pas à l'édition critique...
Et quand la citation ne correspond pas non plus à la sixto-clémentine, ni à une Vetus latina, il se demande d'où peut bien venir cette version. Il ne lui vient jamais à l'esprit qu'il s'agit de toute façon de citations de mémoire, qui sont le plus souvent modifiées pour entrer dans le développement de la pensée...

( 643013 )
citations de mémoire par Quaerere Deum (2012-08-21 17:03:12)
[en réponse à 643010]
encore faut-il y penser !
C'est notre tendance habituelle à avoir une vision anachronique des choses.

( 641772 )
Psautier gallican et romain? par Alexandre (2012-07-30 11:01:30)
[en réponse à 641747]
Savez-vous encore si la traduction du Psautier Romain (faite par saint Jérôme pour le pape Damase en 383 et utilisée à la basilique Saint-Pierre jusqu’à la dernière réforme liturgique) fut jugée meilleure par son auteur que celle du Psautier Gallican (reprise par la vulgate sixto-clémentine et reproduite dans le Bréviaire de saint Pie V) ?

( 641824 )
[réponse] par Yves Daoudal (2012-07-30 18:48:32)
[en réponse à 641772]
Il me semble que le psautier gallican est postérieur au psautier romain, donc a priori saint Jérôme préférait le psautier gallican, sa deuxième révision. Mais il ne s'agissait que d'une révision des traductions du texte grec, qui ne lui plaisait pas, et il refit une traduction, sur le texte hébreu, qui ne fut pas admise dans la liturgie.
Mais vous savez ça aussi bien et mieux que moi. Je n'ai pas dû comprendre la question...

( 641981 )
Psautiers par Alexandre (2012-08-01 22:04:56)
[en réponse à 641824]
Si, si, vous aviez bien compris la question.
Mes connaissances scripturaires sont malheureusement réduites et si je savais que s. Jérôme avait fait les deux traductions des Psaumes évoquées (Psautiers Romain et Gallican), j'ignorais leur chronologie et je ne me souvenais plus de la troisième version.
Si donc ce psautier juxta Hebraeos est la traduction la plus achevée, pourquoi alors n'a-t-il pas été adopté dans les livres liturgiques de Rome? (Il me semble que l'Institut biblique parle longuement de cette version dans son introduction [latine] à sa nouvelle traduction de 1945.)
Par ailleurs, j'ai lu ici ou là que c'est saint Pie V qui a rendu obligatoire le psautier gallican dans le bréviaire de 1568. Savez-vous si les bréviaires en usage à Rome jusque là avaient uniformément la même version, et si oui, laquelle?
Certes, je pourrais potasser mes bouquins pour avoir ces réponses, mais ma paresse aoûtienne profite de votre science...

( 642003 )
[réponse] par Yves Daoudal (2012-08-02 10:35:15)
[en réponse à 641981]
Saint Jérôme n'a pas réalisé trois traductions. Il a effectué une première révision du psautier latin traduit de la Septante (psautier dit romain), puis une seconde révision (psautier dit gallican, qui est celui de la Vulgate), puis il a traduit d'après l'hébreu (comme les autres livres de l'Ancien Testament).
En effet cette traduction d'après l'hébreu ne s'est pas imposée. Parce que le "vieux" psautier latin était déjà traditionnel. Et le poids de la tradition était tel que le psautier est dans la Vulgate le seul livre de la Bible hébraïque qui ne soit pas directement traduit de l'hébreu... (Quoique les éditions de la Vulgate comportent habituellement le psautier de saint Jérôme en regard du psautier dit gallican.)
A ma connaissance (mais vos livres sauront beaucoup mieux que moi quand vous aurez surmonté votre paresse aoûtienne), le psautier gallican s'imposa rapidement partout, sauf à Rome, et en tout cas à l'époque de saint Pie V il y avait très longtemps qu'il était le psautier de toute l'Eglise latine (sauf de Rome, curieusement).
Il est intéressant de remarquer que les révisions de saint Jérôme visaient à ce que le texte latin soit aussi fidèle que possible au texte grec de la Septante. De ce fait, le psautier traditionnel de l'Eglise latine et le psautier des Eglises grecques sont exactement le même...

( 641831 )
Vulgata et Nova Vulgata par Quodvultdeus (2012-07-30 20:54:26)
[en réponse à 641737]
Les différences (de détail le plus souvent) sont innombrables et en faire un inventaire serait un « travail de bénédictin ».
La Vulgate a connu de multiples retouches au fil des siècles, à commencer par les retouches apportées par saint Jérôme lui-même sur ses propres traductions.
Les dernières retouches datent de 1979. La Néo-Vulgate (Nova Vulgata) se veut à la fois fidèle à la Vulgate ‘tout court’ d’une part et aux textes originaux (hébreux ou grecs) d’autre part.
Rien à voir cependant avec la "traduction Pie XII" du psautier qui, d'ailleurs, n'a pas fait long feu.
Voici quelques exemples de corrections :
Vulgate : « Erat lux vera, quæ illuminat omnem hominem venientem in hunc mundum » (Jn I, 9) → Il était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde.
Néo-Vulgate : « Erat lux vera, quæ illuminat omnem hominem, veniens in mundum » (Jn I, 9) → Il était la vraie lumière, celle qui vient dans le monde, qui illumine tout homme (comme dans le texte grec).
Vulgate : « visitavit et f e c i t redemptionem plebis suæ » (Lc I, 68) avec un génitif.
Néo-Vulgate : « visitavit et f e c i t redemptionem plebi suæ » avec un datif.
Parfois, la Néo-Vulgate rectifie des expressions qui avaient échappé à toutes les corrections antérieures. C’est le cas ici :
Vulgate : « tradebat autem iudicanti se iniuste » (I Petri II, 23);
Néo-Vulgate : « commendabat autem iuste iudicanti » → mais s’en remettait au juste Juge (trad. Osty-Trinquet).
Parfois, certaines corrections sont assez déconcertantes, comme le souligne justement Yves Daoudal. Et l'abbé Paterculus pourrait rajouter quelques judicieuses observations sur la ponctuation adoptée, et notamment sur la déroutante "virgule germanique".
Malgré ses défauts (dont on peut espérer qu'ils seront corrigés lors d'une prochaine révision), il s'agit d'un travail remarquable et j'ai grand plaisir à me pencher quotidiennement, dans le cadre de mes travaux, sur cette Bible officielle de l'Eglise catholique.
La Néo-Vulgate permet également à ceux qui lisent le latin mais ne lisent pas le grec de disposer, pour le Nouveau Testament, d'un texte latin qui est un décalque très fidèle du texte grec.
Si le sujet vous intéresse, je vous recommande l’ouvrage suivant :
Novum Testamentum Latine (Novam Vulgatam Bibliorum Sacrorum Editionem secuti apparatibus titulisque ediderunt Kurt Aland et Barbara Aland una cum Instituto studiorum textu Novi Testamenti Monasteriensi (Westphalia) édité par la Deutsche Bibelgesellschaft (en vente sur Amazon)
Vous y trouverez, verset par verset, toutes les variantes, non seulement par rapport à la Vulgate traditionnelle, mais aussi par rapport à la versio Sixtina-Clementina, à la Vulgata Stuttgartiensis, et à bien d’autres encore dont je n’ai pas le courage de dresser la liste car elle serait trop longue.
Il doit bien exister la même chose pour l’Ancien Testament, mais je ne suis pas en mesure de vous donner des références.
Quodvultdeus (diplômé en latin ecclésiastique)

( 641834 )
Ne seriez-vous pas aussi par
Le Webmestre (2012-07-30 21:39:09)
[en réponse à 641831]
spationaute à vos heures perdues ? hihi
XA

( 641836 )
Allez voir par Quaerere Deum (2012-07-30 21:44:38)
[en réponse à 641831]
le lien sur un article que j'ai posté un peu plus haut, si vous le voulez bien.
Je crois qu'il faudrait retirer le terme «Vulgate» de la Néo Vulgate.
Car c'est en fait trompeur. Il s'agit d'un traduction latine tout simplement.
Le terme Vulgate ne devrait être utilisé que pour les éditions critiques réalisés à partir des seuls manuscrits latins.
La Néo Vulgate au contraire propose de nouvelles traductions à partir du grec, de l'araménen et une nouvelle traduction du psautier à partir des textes massorétiques avec leur numérotation.
Je ne crois pas qu'elle intéresse grand monde dans les milieux universitaires.

( 641870 )
[réponse] par Yves Daoudal (2012-07-31 13:42:13)
[en réponse à 641831]
Vous ne pouvez pas dire que la traduction de Jean 1, 9 dans la Néovulgate est « comme dans le texte grec ». Car non seulement le texte grec permet la traduction de la Vulgate, mais il s’agit de la traduction la plus naturelle (panta anthropon erkhomenon : tout homme venant), attestée en outre par les trois versions syriaques du texte (voir le passionnant article mis en lien par Quaerere Deum).
La « correction » de Lc I, 68 est le type même de la correction qui ne tient aucun compte de la tradition et de la liturgie. Il s’agit du Benedictus, texte qui est chanté chaque jour aux laudes depuis toujours dans la traduction… « fautive » de la Vulgate. Vraiment ? Soyons sérieux… Dans les manuscrits grecs, le datif est le plus fréquent, mais le génitif est parfaitement attesté, et d’un sens très clair. On voit là toute la prétention antitraditionnelle de ces grands exégètes « scientifiques » qui se précipitent pour supprimer une variante légitime afin de montrer que la liturgie n’est pas immuable et que nos pauvres ancêtres avaient un mauvais texte…
« tradebat autem iudicanti se iniuste » n’est pas une expression « qui avait échappé à toutes les corrections antérieures ». C’est une autre version du texte. Celle-ci dit que Jésus se livrait à celui qui le jugeait injustement (Pilate) alors que la version grecque la plus courante dit que Jésus s’en remettait au juste juge (son Père). Il est vraisemblable que saint Jérôme ait gardé le texte de la Vieille Latine parce qu’il avait déjà été repris par les pères (dont saint Cyprien et saint Hilaire), et qu’on le trouvait même dans des textes grecs.
Yves Daoudal (diplômé en rien du tout, mais lecteur assidu de la Bible grecque et latine).

( 641833 )
Pour les spécialistes par Quodvultdeus (2012-07-30 21:14:14)
[en réponse à 641737]
La nouvelle Vulgate sur le site du Vatican.
Lire, notamment, la préface de Mgr Eduard Schick ainsi que les
praenotanda :
Nova Vulgata

( 641837 )
Vulgate et liturgie par Quodvultdeus (2012-07-30 22:01:45)
[en réponse à 641737]
La publication de la nouvelle Vulgate n’a pas détrôné la Vulgate traditionnelle qui demeure un texte vénérable et de référence, malgré ses imperfections.
Cela se constate notamment dans la liturgie :
Le Missale Romanum de 2002 a conservé, dans les paroles de la consécration, le texte de la Vulgate :
Hoc est enim Corpus meum quod pro vobis tradétur (I Cor XI, 24).
(alors que la nouvelle Vulgate dit : quod pro vobis est).
Dans le même Missale Romanum de 2002, on trouve l’antienne Introíbo ad altáre Dei, ad Deum qui lætíficat iuventútem meam (Ps XLII) qui ne figurait pas dans les éditions de 1970 et 1975. Or cette antienne est donnée dans la traduction de la Vulgate, ce qui n’est pas le cas dans la Liturgia Horarum.
Et on pourrait multiplier les exemples : les douze fruits de l’Esprit dans la Vulgate ne sont que neuf dans le texte grec et la Néo-Vulgate, mais redeviennent douze dans la liturgie. Etc.

( 641843 )
Verbum Domini et Liturgiam Authenticam ... par Paterculus (2012-07-30 22:32:51)
[en réponse à 641737]
Verbum Domini ne parle pas de la néo-vulgate, du moins si mes souvenirs sont bons ;
et Liturgiam Authenticam ne l'impose pas comme base pour les traductions à usage liturgique.
Mais cela n'oblige pas à conclure qu'il y a une distanciation du magistère par rapport à cette néo-vulgate.
Votre dévoué Paterculus