Le Forum Catholique

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images/icones/francis1.gif  ( 642538 )Le pape et le staretz par origenius (2012-08-11 12:53:41) 




Quelques remarques sur "L’Anarchisme chrétien"



Jacques de Guillebon et Falk van Gaver ayant collaboré à la revue Contrelittérature ainsi qu’au dernier livre que j’ai dirigé, Du religieux dans l’art, la sympathie que je ressens pour eux ne facilite pas l’objectivité de la critique, mais le sujet qu’ils abordent dans L’Anarchisme chrétien (*) me tient trop à cœur pour que je faillisse à quelque amicale indulgence. Sans remettre en question leur talent et leur probité intellectuelle, je me permettrai donc quelques petites remarques sur leur ouvrage.

(*) Jacques de Guillebon et Falk van Gaver, L’Anarchisme chrétien, Éditions de l'Œuvre, 2012.

Déjà, le titre, assez "perturbant" pour la plupart des chrétiens, appellerait des éclaircissements théologiques liminaires. La chose aurait été pourtant des plus simples puisque le Nom divin glorifié, le Pentagramme (*), est un dévoilement du principe d’anarchie : les trois personnes qui sont des relations d’Amour, non hiérarchiques, correspondent respectivement au Yod (Y), au Waw (W) et au redoublé (HH) du tétragramme hébraïque (YHWH). Si on trace une croix dans ce "circulus divin", le Yod (Y) – représentant le Père – et le Waw (W) – le Fils – se placent respectivement en haut et en bas de l’axe vertical, alors que les deux (H) – du Saint-Esprit – sont de part et d’autre de l’axe horizontal ; enfin, au milieu de la croix, se tient le Shin (Sh), incarnation du Dieu fait homme.

La lecture visuelle du Nom se fait à partir du Yod et "tourne", de gauche à droite ou de droite à gauche, comme dans l’écriture en boustrophédon.



(*) Ce pentagramme YHShWH fut redécouvert par Reuchlin (1455-1522) in De arte cabalistica. L'incarnation du Fils (Shin) permet l'accomplissement du Nom de Gloire.

La vie des personnes divines est donc identique aux relations qui vont de l’une à l’autre : les processions trinitaires. Là où se trouve une personne, les deux autres s’y portent dans une "danse éternelle", c’est la périchorèse des Pères grecs que les théologiens latins ont traduit par circommincessio ("marcher l’un autour de l’autre"). Le mouvement circulaire de l’Amour est inscrit dans le Nom divin. Il est dommage que mes sympathiques collaborateurs ne soient pas de mes lecteurs car j’ai moi-même développé cette interprétation "anarchiste" du Nom de Gloire dans mon livre Au cœur de la talvera. (*)

(*) Alain Santacreu, Au cœur de la talvera, Éditions Arma Artis, 2010.

Le christianisme, en tant que "christogénèse" de l’homme, propose un modèle de cette logique du contradictoire qui transcende l’aristotélisme formel. Dans le Nom divin transparaît une dialectique unifiante qui, par l'extrême rigueur de l’équilibre, produit une énergie sans cesse croissante, néguentropique, à l’image de l’Amour créateur. (*)

(*) Cf. Au cœur de la talvera, "Le principe du contradictoire", pp. 25- 28.

Nos deux auteurs, après s’être placés sous la férule de Léon XIII et de son encyclique Libertas præstantissimum, publiée en 1888, commencent leur étude avec Proudhon, le "père de l’anarchie". Trop souvent écrasée sous un laborieux catalogue de citations, l’originalité de la "dialectique de l’équilibre" proudhonienne est à peine effleurée, alors qu’elle est la marque même de l’émancipation de sa pensée par rapport à la philosophie allemande et au socialisme marxiste autoritaire.

La dialectique de la synthèse hégéliano-marxiste repose sur le principe d’identité de la logique classique aristotélicienne. Au contraire, d'après Proudhon, toute synthèse du couple antagoniste est négatrice de la liberté. L’auteur du Système des contradictions économiques anticipe la rupture épistémologique de la théorie quantique qui s’est produite au début du XXe siècle. (*)

(*) C’est donc à l’aune de la théorie quantique qu’il nous faut aujourd’hui juger le pamphlet sarcastique de Karl Marx : Misère de la philosophie.

Il n’est pas insignifiant qu’un grand penseur et mystique chrétien, le très regretté Jean Bancal, ait pu souligner combien "la théorie de la particule et de l’antiparticule constitue en physique moderne une confirmation de la théorie proudhonienne de l’organisation antinomique du monde" (*). Il faudrait, par conséquent, relire toute l’œuvre proudhonienne, et particulièrement La Justice dans la Révolution et dans l’Église, à la lumière de cette donnée nouvelle.

(*) Jean Bancal, Proudhon, pluralisme et autogestion, t. 1, Aubier, 1967, p. 118.

Au système de l’immanence, qui est la doctrine de la Révolution, Proudhon oppose le système de la transcendance qui est celui de l’Église. Du point de vue de la transcendance, la Justice se fonde a priori sur la parole de Dieu, interprétée par le sacerdoce, c’est le "Droit divin" qui a pour maxime l’Autorité. Dans la vision de l’immanence, la Justice, produit de la conscience, constitue le "Droit humain" qui a pour maxime la Liberté. Selon Proudhon, l’Autorité du Droit divin prend la forme de la propriété et du Capital, en économie, et de l’État, en politique. Au contraire, la Liberté du Droit humain engendre le mutuellisme, en économie, et le fédéralisme anarchiste, en politique.

Le "principe d’antagonisme", mis en avant par Proudhon entre la Révolution et l’Église, ouvre la possibilité d’un état d’équilibre rigoureux entre les deux pôles contradictoires, état d’une autre "nature" qui s’identifierait à la Justice absolue (*). Par un paradoxe des plus mystérieux, la dialectique proudhonienne aboutirait ainsi, dans La Justice dans la Révolution et dans l’Église, à célébrer l’incarnation de la transcendance dans l’immanence, c’est-à-dire l’avènement du Dieu-Homme.

(*) Dans la pensée de Stéphane Lupasco, dont je m’inspire ici, cet équilibre correspond à ce qu’il appelle l’état "T". Cf. Au cœur de la talvera, p. 25.

Nous pouvons appréhender ici la dimension "platonicienne" de Proudhon : "Les questions économiques, si vastes qu’elles se posent, ne suffisent pas à notre intelligence contemplative et pleine de tendresse. Il faut à notre âme quelque chose de plus que le nombre et la mesure, quelque chose au-delà de l’idée" (*). Ce quelque chose au-delà de l’idée, Proudhon l’appelle "mysticisme".

(*) Joseph Proudhon, Mélanges, Éditions Lacroix et Verboeckhoven, 1868, I, p. 140.

Pour Nicolas Berdiaev (*), le fondement religieux et métaphysique de l’anarchisme se découvre dans la légende du "Grand Inquisiteur" que Dostoïevski a enchâssée dans Les Frères Karamazov : le Christ réapparaît dans une rue de Séville, à la fin du XVe siècle et, le reconnaissant, le Grand Inquisiteur le fait arrêter. La nuit, dans sa geôle, il vient reprocher au Christ la "folie" du christianisme : la liberté pour l’homme de se déifier en se tournant vers Dieu. Claude Tresmontant a pu dire que, "selon la théologie chrétienne, l’humanité n’a pas d’autre avenir que la vie mystique".

(*) Cf. Nicolas Berdiaev, L’esprit de Dostoïevsky, Éditions Stock, 1946.

L’unique destinée de l’homme créé est de rentrer en relation avec l’Incréé. Dans la réalité psycho-somatique de l’homme, l’esprit inscrit le désir naturel d’une fin surnaturelle (*). La société moderne pour s’imposer a dû lutter contre l’esprit, emprisonner l’homme dans son psychisme, empêcher qu’il ne devienne un teleios, un homme achevé. La crainte du Grand Inquisiteur est que le retour du Christ rappelle à l’homme sa vocation mystique.

Toute la légende est construite sur l’acceptation ou le rejet des trois tentations du désert.

(*) Claude Tresmontant, La mystique chrétienne et l’avenir de l’homme, Éditions du Seuil, 1977, p. 17.

Le Grand Inquisiteur les accepte toutes les trois, comme les accepte, selon Dostoïevsky, le catholicisme et toute religion autoritaire, l’impérialisme, le socialisme athée et le communisme. L’anarchisme religieux est dans le rejet par le Christ de la tentation du royaume de ce monde. L’Église s’est toujours servi des paroles "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" pour justifier une attitude de compromis, d’opportunisme, d’adaptation du christianisme traditionnel envers l’État, jusqu’à vouloir "inculturer" le royaume de César !

Le seul texte ecclésiastique sur lequel se fonde Jacques de Guillebon et Falk van Gaver est l'encyclique de Léon XIII publiée en 1888, mais un anarchisme chrétien véritable ne peut faire l’économie de la paradosis transmise par les Pères. Or, comme le constate Thierry Jolif dans une recension très perspicace de ce livre :

"les passages de Paul concernant les "pouvoirs" ne sont pas convoqués et l'extraordinaire corpus des Pères de l'Église est tout bonnement ignoré" (*).

(*) On lira la recension de Thierry Jolif sur le site Unidivers.

Proudhon a connu l’Église du milieu du XIXe siècle, quand l’ultramontanisme, forme religieuse de l’absolutisme catholique, s’isole volontairement des aspirations des peuples de l’Europe pour sauver les prérogatives de Rome. Dostoïevsky, à la même époque, dans son Journal d’un écrivain, dénonçait la tentation totalitaire de la papauté :

"L’Église romaine, ramenée à l’aspect qui est maintenant le sien, ne peut exister. Elle l’a elle-même proclamé bien haut, manifestant que son royaume est de ce monde, et que son Christ "ne peut se maintenir ici-bas sans empire terrestre".

L'idée d'hégémonie temporelle de Rome, l'Église Catholique l'a haussée au-dessus de la Vérité et de Dieu ; c'est dans ce même dessein qu'elle a proclamé aussi l'infaillibilité de son chef". (*)

(*) Dostoïevsky, Le Journal d’un écrivain (janvier 1874), Éditions de la Pléiade, p. 303.

Et, toujours de Dostoïevsky, ces mots d’une lucidité terébrante, cités par Paul Morand dans L’Europe russe :

"À l’Occident on a perdu le Christ par la faute du catholicisme, et l’Occident tombe à cause de cela, uniquement à cause de cela". (*)

(*) Paul Morand, L’Europe russe annoncée par Dostoïevsky, Genève, 1948, Éditions P. Cailler, p. 26.

Si l’on en croit ses carnets, l’athéisme est le thème intérieur de Dostoïevsky dans Les Frères Karamazov : la religion du Grand Inquisiteur, le catholicisme romain, est un christianisme athée, producteur de l’athéisme humaniste.

Il tente, en imposant l’idée d’un Dieu immanent, d’apporter une réponse "sociale" au problème du mal ; mais la réponse authentique, car non illusoire ou temporelle, Dostoïevsky la trouve dans la figure du staretz, de l’être déifié qui aime tous les hommes et prie pour tous les hommes. Le staretz est l’anarchiste à la couronne d’épines, l’isochrist.

La papauté moderne a façonné un modèle humain antagoniste du staretz, un type d’homme « infaillible » que le Père Justin Popović a analysé dans un article d’une rare clairvoyance : "Par le dogme de l’infaillibilité l’homme européen a proclamé de façon décisive et dogmatique sa suffisance, son autarcie ; il a définitivement proclamé qu’il n’avait pas besoin du Dieu-Homme, qu’il n’y avait pas sur la terre de place pour Lui. Le vicaire du Christ le remplace pleinement, le Dieu-Homme est remplacé par l’homme. Sur tous les trônes européens monte l’homme de l’humanisme européen". (*)

(*) Justin Popović, L’Homme et le Dieu-Homme, l’Âge d’Homme, 1989, p. 154. Le Père Justin Popović (1894-1979) a été canonisé par l’Église orthodoxe serbe le 29 avril 2010.

Alain Santacreu


(19 Juillet 2012)

Cordialement à tous.

Origenius

images/icones/fleche3.gif  ( 642540 )à propos du nom de Yahvé par jejomau (2012-08-11 15:00:06) 
[en réponse à 642538]

La Congrégation vaticane pour le Culte divin a rappele qu’on ne doit pas appeler Dieu ” Yahvé" et que ce nom doit être effacée dans la liturgie. Cette lettre, signée par le cardinal Francis Arinze et Mgr Malcolm Ranjith, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est explicitement présentée comme une directive du pape.

La Congrégation pour le culte divin rappelle que le tétragramme YHWH a toujours été tenu pour imprononçable, afin d’exprimer l’infinie grandeur et majesté de Dieu, et a toujours été remplacé, dans la lecture de l’Ecriture sainte, par un autre nom : en hébreu ”Adonaï", en grec ”Kyrios", en latin ”Dominus", qui tous signifient Seigneur. « Eviter de prononcer le tétragramme du nom de Dieu, de la part de l’Eglise, a donc des motifs propres. En dehors d’une raison d’ordre purement philologique, il y a aussi celle qui consiste à rester fidèle à la tradition de l’Eglise, qui est, depuis le début, que le tétragramme sacré n’a jamais été prononcé dans le contexte du christianisme, ni traduit dans aucune des langues dans lesquelles la Bible a été traduite », précise la Congrégation vaticane
images/icones/hein.gif  ( 642575 )Le Nom ineffable par PEB (2012-08-12 01:31:34) 
[en réponse à 642540]

En bonne théologie chrétienne, le Nom de Dieu n'est-il pas la personne de Jésus-Christ, Révélation ultime, Loi (Torah) faite chair, Fils unique et Verbe incarné?

La sanctification du Nom, n'est-elle pas dans la glorification du Fils?

Invoquer le Saint Nom de Jésus n'a-t-il donc pas un effet comparable à l'ancienne liturgie du grand sacrificateur d'Israël?

L'ancien Nom ne doit-il pas céder le pas à celui de l'Alliance nouvelle et éternelle?
images/icones/1n.gif  ( 642576 )bonne question par jejomau (2012-08-12 08:32:45) 
[en réponse à 642575]

que celle-ci que vous posez : "le Nom de Dieu n'est-il pas la personne de Jésus-Christ ?"

Je suis malheureusement incapable de vous répondre mais ce serait bien si quelqu'un avait quelques connaissances en ce domaine...

En ce qui me concerne quand même, j'ai presque envie de vous dire "non" car Dieu, c'est en tout : trois personnes .

la foi catholique consiste en ceci : nous vénérons un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'unité, sans confondre les personnes ni diviser la substance : autre en effet est la personne du Père, autre celle (la personne) du Fils, autre celle (la personne) de l'Esprit Saint ; mais le Père, le Fils et l'Esprit Saint ont une même divinité, une gloire égale, une même éternelle majesté.
Comme est le Père, tel est le Fils, tel (aussi) l'Esprit Saint : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé l'Esprit Saint ; immense est le Père, immense le Fils, immense l'Esprit Saint : éternel est le Père, éternel le Fils, éternel l'Esprit Saint ; et cependant ils ne sont pas trois éternels, mais un seul éternel ; ni non plus trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé (immense) et un seul immense (incréé). De même tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout puissant l'Esprit Saint ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un seul tout- puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l'Esprit Saint est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, l'Esprit Saint est Seigneur; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais il y a un seul Seigneur : car de même que la vérité chrétienne nous commande de confesser chacune des personnes en particulier comme Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il ya trois dieux ou trois seigneurs............. Et dans cette Trinité rien n'est antérieur ou postérieur, rien n'est plus grand ou moins grand, mais toutes les trois personnes sont coétemelles et coégales, si bien qu'en tout, comme il a déjà été dit plus haut, on doit vénérer aussi bien l'unité dans la Trinité que la Trinité dans l'unité Celui donc qui veut être sauvé doit penser cela de la Trinité.

Extrait du "Quicumque" ou symbole de Foi de Saint Athanase

images/icones/1w.gif  ( 642582 )Le Saint Nom, c'est le Verbe par PEB (2012-08-12 10:35:30) 
[en réponse à 642576]

Le nom est ce par quoi un être se révèle et une personne se livre.

Le Fils bien-aimé est celui par qui le Père se donne à aimer et adorer...

Jésus est, dans le mystère de l'Incarnation, la pleine Révélation de Dieu. Il En est donc le Nom ineffable en ces temps nouveaux.

Qui entend Jésus, qui Le voit, n'ouït-il pas la voix du Père, ne regarde-t-il pas son icône de gloire?

C'est pourquoi il est juste et bon de ne plus utiliser dans la liturgie l'ancien Nom mais le nouveau qui est le Fils de l'homme lui-même.
images/icones/fssp.gif  ( 642614 )Le nom de Jésus par Jean Ferrand (2012-08-13 08:09:28) 
[en réponse à 642540]

Le nom de Jésus, en hébreu Yéhoshua, souvent abrégé en Yéshua veut dire "Yahvé sauve".

Le nom de Jésus, ainsi que bien d'autres noms théophores, contient le nom de Yahvé, et même la prononciation de ce nom, au moins en forme abrégé.

L'interdiction de prononcer le nom de Yahvé est relativement tardive. D'après la tradition rabbinique elle-même, elle ne remonterait guère qu'au IIIe siècle avant notre ère.

Le grand prêtre prononçait le nom divin, je crois le jour de Yom Kippour.
images/icones/fssp.gif  ( 642620 )Voir par Jean Ferrand (2012-08-13 09:35:53) 
[en réponse à 642614]

Voir cet article de Zénit.
images/icones/fssp.gif  ( 642623 )Eloge par Jean Ferrand (2012-08-13 10:11:11) 
[en réponse à 642620]

Eloge de Simon II grand prêtre, par Ben Sira :

"Alors il descendait et élevait les mains vers toute l'assemblée des enfants d'Israël pour donner à haute voix la bénédiction du Seigneur et avoir l'honneur de prononcer son Nom." Si 50, 20.

images/icones/neutre.gif  ( 642625 )Ce serait intéresssant par Yves Daoudal (2012-08-13 10:29:40) 
[en réponse à 642623]

si ce n'était pas une fausse traduction. Le texte dit ceci:

καὶ ἐν ὀνόματι αὐτοῦ καυχήσασθαι·


Et la Vulgate a normalement traduit, mot à mot:

et in nomine ipsius gloriari.


C'est-à-dire: "et se glorifier en son nom" : au nom du Seigneur (cf les Rameaux: béni soit celui qui vient au nom du Seigneur - c'est la même expression).
images/icones/fssp.gif  ( 642635 )La traduction par Jean Ferrand (2012-08-13 12:07:26) 
[en réponse à 642625]

La traduction de la Bible de Jérusalem est faite sur l'hébreu et non sur le grec.
images/icones/1e.gif  ( 642638 )Peut-être, mais par Yves Daoudal (2012-08-13 12:19:23) 
[en réponse à 642635]

quoi qu'il en soit du texte hébreu trouvé à la fin du XIXe siècle, et de sa traduction par de modernes experts qui ne font pas autorité, le texte canonique est la traduction grecque réalisée par le petit-fils de Ben Sirach.
images/icones/5a.gif  ( 642641 )Autant pour moi par Jean Ferrand (2012-08-13 12:46:46) 
[en réponse à 642638]

Autant pour moi, j'ai répondu trop vite. L'Ecclésiastique est un deutérocanonique. Mais je me fiais naïvement à la traduction que j'ai sous les yeux. Quoi qu'il en soit le grand prêtre prononçait publiquement le nom de Yahvé.
images/icones/info2.gif  ( 642643 )Vérification faite, par Yves Daoudal (2012-08-13 12:51:43) 
[en réponse à 642638]

c'est le texte qui a été conservé dans la Néo-Vulgate:

"et in nomine ipsius gloriari".

C'est donc le seul texte reçu tant en Orient qu'en Occident.
images/icones/radioactif.gif  ( 642701 )Toutes les traductions par Jean Ferrand (2012-08-14 13:13:37) 
[en réponse à 642643]

Toutes les traductions que j'ai consultées donnent la même interprétation du texte grec. Par exemple la TOB :

20 "Alors il rerdescendait et élevait les mains sur toute l'assemblée des fils d'Israël, pour donner de ses lèvres la bénédiction du Seigneur et avoir l'honneur de prononcer son nom.21. Et pour la seconde fois tous se prosternaient pour recevoir la bénédiction du Très-Haut." Si 50, 20-21.

images/icones/porrectus.png  ( 642711 )Le nom de Marie par Jean Ferrand (2012-08-14 18:11:18) 
[en réponse à 642701]

Le nom de Marie est lui aussi théophore. Il signifie : Mir-ya, "Aimée de Yahvé". Daniel-Rops nous en informe dans son "Jésus en son temps", page 106.
Ce nom était très commun à l'époque. Aux pieds de la croix, il y aura au moins trois Maries : Marie, mère de Jésus ; Marie, femme de Clopas, belle-soeur de Marie et mère de Jacques, José, Simon et Jude ; et Marie-Magdeleine, qui sera le premier témoin de la Résurrection.
images/icones/1b.gif  ( 642712 )Mais par Yves Daoudal (2012-08-14 18:49:07) 
[en réponse à 642701]

Le texte grec ἐν ὀνόματι αὐτοῦ καυχήσασθαι ne peut pas se traduire autrement que : « se glorifier en son nom ».
ἐν ὀνόματι αὐτοῦ : au nom de lui
καυχήσασθαι : se glorifier.
En latin « in nomine ipsius gloriari ».

Dom Augustin Calmet, 1730
Alors le grand prêtre descendant de l’autel, étendit ses mains vers toute l’assemblée des enfants d’Israël, pour rendre gloire à Dieu par ses lèvres, et pour se glorifier en son nom.

Fillion
Alors le grand prêtre descendant de l'autel élevait ses mains sur toute l'assemblée des enfants d'Israël, pour rendre gloire à Dieu par ses lèvres, et pour se glorifier en Son nom;

Glaire-Vigouroux
Alors le grand prêtre descendant de l’autel élevait ses mains sur toute l’assemblée des enfants d’Israël, pour rendre gloire à Dieu par ses lèvres, et pour se glorifier en son nom ;

Crampon
Alors le grand prêtre descendait et élevait sa main sur toute l'assemblée des enfants d'Israël, pour donner de ses lèvres la bénédiction du Seigneur, et se glorifier en son nom.

Vos traductions sont des traductions d'après les fragments découverts depuis 1896. Il n'y a aucune légitimité à les considérer comme plus authentiques. L'Eglise latine et les Eglises grecques s'en tiennent au texte grec et à sa traduction latine.
images/icones/neutre.gif  ( 643353 )[réponse] par José Luis (2012-08-27 16:57:46) 
[en réponse à 642538]

Étant, comme Origenius, un lecteur assidu et attentif d'Alain Santacreu, je me permets de renvoyer à son étude "La gnose du Nom nouveau", parue dans Au commencement est le coeur chez L'Harmattan. L'auteur y parle notamment de l'"enfouissement" (et non pas l'interdiction) du Nom divin par Siméon le Juste. Il y justifie la nécessité de cet "enfouissement"comme une mesure préventive contre les pratiques magiques auxquelles se livraient, à l'intérieur même du Temple, certaines sectes "naasseni" adoratrices du serpent édénique. A mon sens, concernant la thématique du Nom divin, Santacreu est influencé par les écrits de Jean-G. Bardet (qu'il lui arrive de citer) mais aussi d'Étienne Couvert (qu'il ne cite jamais).
images/icones/hein.gif  ( 643594 )Question à Origenius par José Luis (2012-08-30 09:22:08) 
[en réponse à 643353]

Cher Origenius,
Je ne comprends pas l'intérêt de faire des copier-coller de textes que nous pouvons lire sur leur site originel. Pourquoi ne pas donner tout simplement le lien ? Un texte est une unité de sens qui entre en relation avec d'autres textes. Ainsi, il est beaucoup plus enrichissant de lire le dernier texte d'Alain Santacreu "La Pape et le Staretz" sur son propre site http://www.contrelitterature.com. On s'aperçoit alors qu'il doit être lu "en miroir" avec les trois textes sur la Guerre d'Espagne qui le précèdent.
images/icones/idee.gif  ( 643599 )[réponse] par origenius (2012-08-30 10:40:35) 
[en réponse à 643594]



Je ne comprends pas l'intérêt de faire des copier-coller de textes que nous pouvons lire sur leur site originel.



Vous avez entièrement raison.


Pourquoi ne pas donner tout simplement le lien ?



Tout à fait d'accord.


Un texte est une unité de sens qui entre en relation avec d'autres textes.



Je vous remercie de me le rappeler.


Ainsi, il est beaucoup plus enrichissant de lire le dernier texte d'Alain Santacreu "Le Pape et le Staretz" sur son propre site http://www.contrelitterature.com.



C'est vrai.


On s'aperçoit alors qu'il doit être lu "en miroir" avec les trois textes sur la Guerre d'Espagne qui le précèdent.


Tout à fait d'accord avec vous.

Permettez-moi de m'excuser de vous avoir imposé ces doublons sur le forum et contribué bien malgré moi à appauvrir la pensée d'Alain Santacreu.

Merci de vos critiques et de vos conseils.