Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=642033

( 642033 )
Fraternité Saint-Pie X : beaucoup de bruit pour rien ? par jejomau (2012-08-02 19:52:00)
"La poussière est retombée et “Tradiland” est parti à la plage. Le 14 juillet le chapitre général de la Fraternité saint-Pie X s’est achevé en « rendant grâce à Dieu de sa profonde unité » (communiqué officiel) et Mgr Fellay avec quelques autres (mais pas tous) d’afficher un sourire Colgate sur la photo de groupe finale…
Le feuilleton avait commencé officiellement en août 2005 à Castel Gandolfo dans le bureau d’un Benoît XVI fraîchement élu auquel son ami l’abbé Schmidberger était venu présenter Mgr Fellay. On s’entendit sur la feuille de route de la réconciliation. Mgr Fellay réclama fièrement des préalables : levée des excommunications et autorisation de la messe traditionnelle. Ceux-ci furent obtenus “miraculeusement” par des croisades du Rosaire où la FSSPX comptabilisait chaque “Ave”. Vinrent deux années de « discussions doctrinales » qui aboutirent apparemment au constat que les positions étaient irréconciliables. L’année suivante, paradoxalement, bruissait de rumeurs d’un accord imminent : puisque l’on ne pouvait s’entendre sur la doctrine, une régularisation purement pratique suffirait. S’ensuivit une violente guerre civile dans Tradiland entre “accordistes” et “anti-accordistes”. On vit Mgr Fellay désavoué par les autres évêques sacrés par Mgr Lefebvre. Au moment où tout semblait fait et le texte prêt, tout se bloqua. Ce qui paraissait hier acquis était devenu inacceptable et on allait s’en expliquer en famille au chapitre général.
On pouvait imaginer que celui-ci allait être chaud, qu’on y éplucherait le contenu des discussions doctrinales et qu’on brosserait une stratégie pour les années qui viennent. Il n’en a apparemment rien été.
La question doctrinale ne semble plus le centre du problème
La déclaration finale du chapitre général de la FSSPX, comme à l’accoutumée imprégnée d’autosatisfaction, se borne à mentionner « les nouveautés du Concile Vatican II qui restent entachées d’erreurs et les réformes qui en sont issues » : c’est court après deux ans de discussions doctrinales d’experts…
Le 18 juillet l’abbé Thouvenot, secrétaire général de la FSSPX, a envoyé une lettre interne de compte-rendu à ses confrères (qui s’est retrouvée instantanément sur Internet). Par sa voix, Mgr Fellay remercie chaleureusement Rome d’avoir levé « certaines ambiguïtés » et d’avoir « clarifié nettement sa position ». Est-ce à dire que Mgr Fellay se réjouit que Rome adhère bien franchement aux hérésies de Vatican II ? Déjà, le 5 juin dans le sud de la France, le premier assistant de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Pfluger, déclarait au sujet des discussions doctrinales : « On avait une fausse idée : on va convertir Rome et après la crise sera terminée. Le but de ces discussions n’était pas que quelqu’un se convertisse. »
Dans son compte-rendu, l’abbé Thouvenot explique qu’au chapitre général, comme au royaume des bisounours, tout le monde s’aime et qu’on y a essentiellement discuté des conditions d’une reconnaissance canonique. Et le chapitre de conclure bravement qu’avant d’obtenir celle-ci, il désire que lui soit reconnu un « droit à la critique » de Vatican II et la faculté de dire la messe de saint-Pie V. C’est exactement l’accord qu’avait négocié l’Institut du Bon-Pasteur en 2006, accord vertement critiqué à l’époque par la FSSPX.
Tout ça pour ça ?
Comme nous le prévoyions dans Rivarol du 29 juin, il ne s’est donc rien passé au chapitre général.
Yves Daoudal parle de “glaciation” et les commentateurs apparaissent embarrassés.
Le Vatican semble peu inquiet et déclare attendre une lettre « en vue de la poursuite du dialogue ». En privé les accordistes fanfaronnent : on recule pour mieux sauter.
Mgr Fellay sort paradoxalement très fort de ce chapitre. Il a été largement suivi et y gagne une nouvelle légitimité. Ce n’est pas une performance en soi : Staline a toujours eu la majorité au parlement soviétique. Mais il est surtout parvenu à diviser les trois évêques qui s’étaient ligués contre lui. Comme Publius Horatius sauva Rome en tuant chacun des Curiaces séparément, Mgr Fellay, en excluant Mgr Williamson, a intimidé les deux autres qui se taisent désormais. D’ailleurs Mgr Tissier de Mallerais est nommé à Chicago… Prudents, plusieurs supérieurs de district ont fait publiquement allégeance. De retour de la plage, Mgr Fellay traitera sans doute le cas des soldats de fortune qui ont osé se rebeller.
Que va-t-il arriver désormais ?
On aurait tort d’imaginer qu’il ne s’est rien passé et que, comme l’affirme l’abbé Thouvenot, les relations de la Fraternité Saint-Pie X et des autorités romaines sont simplement revenues à la case “départ”.
Ce qui s’est essentiellement passé est que les récentes controverses ont révélé le secret des cœurs. Ne nous égarons pas en scrutant les bonnes ou mauvaises intentions des uns et des autres. Laissons à Dieu cette tâche effrayante.
Mais il importe, pour se bien diriger, de situer les positions des acteurs.
Or depuis un an Mgr Fellay s’est révélé. Il est désormais incontestable qu’il veut une régularisation canonique au-delà des impasses doctrinales.
Dans un entretien accordé à Catholic News Services en mai, Mgr Fellay déclare qu’on a fait dire à Vatican II des choses que ce concile ne dit pas, par exemple que la déclaration sur la liberté religieuse donnerait un droit à l’erreur. « Je peux dire que l’on voit, je pense, dans les discussions [doctrinales] que beaucoup de choses que l’on aurait condamnées comme venant du concile ne viennent pas en fait du concile, mais de la compréhension commune du concile », explique l’actuel supérieur de la Fraternité Saint-Pie X. Nous nous sommes tous trompés, Mgr Lefebvre en tête : le concile Vatican II n’est pas ce qu’on dit… Mgr Fellay ouvre ainsi la voie d’un accord avec Rome fondé sur une réinterprétation et non une condamnation de Vatican II.
Il s’explique dans son entretien du 8 juin 2012 à DICI : « Les autorités officielles ne veulent pas reconnaître les erreurs du Concile. Elles ne le diront jamais explicitement. Cependant si on lit entre les lignes, on peut voir qu’elles souhaitent remédier à certaines de ces erreurs ». Mgr Fellay veut un accord pratique parce qu’il considère qu’il ne peut obtenir plus officiellement et que sa Fraternité, si elle est régularisée, sèmera le virus de la tradition dans toute l’église conciliaire.
Ce qui le conforte dans cette position est que, selon lui, Rome veut précisément le reconnaître alors qu’elle sait précisément qu’il n’accepte pas le concile ! « C’est l’attitude de l’Eglise officielle qui a changé, ce n’est pas nous. Ce n’est pas nous qui avons demandé un accord, c’est le pape qui veut nous reconnaître », s’enthousiasme-t-il.
Mgr Fellay n’envisage pas un instant que Benoît XVI puisse être simplement cynique et qu’une fois signée une régularisation qui vaut allégeance en bonne et due forme, la Fraternité Saint-Pie X n’aura plus la volonté ni les moyens de conduire une subversion traditionaliste de l’intérieur. Mgr Fellay oublie que tous les prêtres traditionalistes qui se sont ralliés à Rome depuis quarante ans tenaient un discours parfaitement identique au sien et qu’ils ont tous fini par s’affadir et embrasser les réformes.
Enfin la prétention toute humaine de cette stratégie est frappante. La Fraternité Saint-Pie X, sous la houlette de Mgr Fellay, réussirait là où tous ont échoué ? Par l’habileté d’un accord “pratique”, elle parviendrait à éradiquer les “erreurs” de Vatican II, c’est-à-dire ni plus ni moins l’hérésie moderniste, que saint Pie X dénonçait avec effroi et qui a mis à terre l’Eglise entière ? Elle terrasserait cette philosophie des Lumières qui sous-tend Vatican II et bouleverse la chrétienté depuis trois siècles ? Quelle ambition ! Trop fort, ce Mgr Fellay ! Une sorte de mélange entre Gédéon, saint Paul et sainte Jeanne d’Arc !
Mais tel est l’objectif à peine dissimulé du stratège de Menzingen : faire revenir l’Eglise à la tradition par la base et pour cela il faut des papiers d’identité, à tout prix.
Le Figaro ne s’y est pas trompé qui titrait dès le 16 juillet : « Lefebvristes : Mgr Fellay veut un accord avec le Vatican ». Et Jean-Marie Guénois de relever, dans l’entretien du même jour donné par Mgr Fellay à DICI, toutes les déclarations d’allégeance de l’évêque à Benoît XVI : « nous reconnaissons le pape et les évêques, mais devons avant tout conserver inaltérée la foi […] sans pourtant nous substituer à l’Eglise catholique, apostolique et romaine. Loin de nous l’idée de constituer une Eglise parallèle, exerçant un magistère parallèle ! […] nous gardons la foi dans la primauté du Pontife romain et dans l’Eglise fondée sur Pierre ».
Or ces déclarations montrent où se situe la véritable difficulté. Pourquoi tant de déchirures dans le mouvement de Mgr Lefebvre durant ces derniers mois ? Parce qu’elles ont révélé les contradictions profondes de ce mouvement. Certes l’étendard des partisans de Mgr Lefebvre a toujours été le rejet du concile Vatican II, accusé à juste titre d’avoir précipité l’effondrement de l’Eglise catholique. Mais comment qualifier précisément les textes de ce concile ? Dire que Vatican II contient des “erreurs” est en réalité maintenir une profonde ambiguïté. Soit ces “erreurs” contredisent la foi ou les mœurs : dans ce cas elles portent le nom « d’hérésies » et ceux qui les professent n’appartiennent plus à l’Eglise catholique, soit elles ne contredisent pas la foi ou les mœurs et alors elles ne peuvent justifier une désobéissance formelle à l’autorité légitime.
Or la Fraternité Saint-Pie X n’a jamais véritablement tranché ce débat. Déclarer Vatican II “hérétique” obligeait à rejeter la légitimité des pontifes conciliaires. Mgr lefebvre ne s’y est jamais définitivement résolu. Ses successeurs ont maintenu cette ambiguïté qui constitue sans doute une des clés de la réussite de la FSSPX. En effet la Fraternité recrute depuis 40 ans des fidèles conciliaires en leur expliquant qu’elle reconnaît parfaitement le pape mais souhaite simplement garder une pratique religieuse traditionnelle.
Que répondre alors à Mgr Fellay qui déclare que Vatican II comporte des “erreurs” mais que Benoît XVI veut la réhabilitation de la FSSPX ? Comment résister à l’appel pressant du “Saint-Père” tant qu’il ne demande pas d’embrasser les “erreurs” incriminées ? A quel titre refuser cette régularisation ?
Seule une véritable “hérésie” pourrait justifier d’affronter le Vatican. En réalité, avec sa fameuse « ligne de crête », Mgr Fellay apparaît bien fidèle à la tactique de Mgr Lefebvre.
Sans doute les non-accordistes peuvent-ils de même revendiquer l’héritage de Mgr Lefebvre qui avait rejeté tout accord pratique en 1988 et n’avait pas ménagé ses attaques contre le Vatican et le cardinal Ratzinger en particulier. Mais peuvent-ils justifier une résistance jusqu’au-boutiste si l’hérésie n’est pas avérée ?
La Fraternité Saint-Pie X se trouve ainsi confrontée à ses contradictions:
- Soit la Fraternité va au bout du raisonnement et déclare que Vatican II est une hérésie véritable. Elle ne pourra alors reconnaître l’autorité de Benoît XVI.
- Soit elle reconnaît Benoît XVI, et elle n’aura d’autre choix que de se rallier. Souvent Dieu nous laisse à nous-mêmes et c’est le plus grand des châtiments. Beaucoup de bruit pour rien ? Non, pour une clarification."
Pierre Labat dans
RIVAROL via tradinews
PS : Ajoutons que l'abbé John Berg a été réélu pour six ans supérieur général de la Fraternité Saint-Pierre au cours du chapitre général de la FSSP en juillet 2012. En revanche, l'élection du supérieur général de l'Institut du Bon Pasteur est contestée. L'abbé Philippe Laguérie, le fondateur de l’IBP et l'abbé Roch Perrel, directeur du séminaire de Courtalain, ont revendiqué chacun avoir été élu par le chapitre général. L'Institut ayant demandé à Rome de trancher le différend, le Vatican a chargé l'abbé Laguérie d'organiser une nouvelle élection. J. B.

( 642066 )
étrange analyse ... borgne par Luc Perrin (2012-08-03 00:30:42)
[en réponse à 642033]
M. Labat ne parle que de Menzingen, de la FSSPX, de Mgr Fellay etc.
Mais Rome ? le cardinal Levada ? la volte-face du 13 juin 2012 ? Mgr Müller ? Mgr Roche etc. inconnus à Rivarol.
Cela se comprend vue la tonalité williamsoniste du propos mais tout de même, pour une réconciliation il faut être deux. Benoît XVI a clairement signifié à Mgr Fellay que pour le moment les termes de "l'accord" manquaient.
Alors oui on peut s'interroger pourquoi Rome a tant fait pour poser les bases d'un accord et le déchirer la veille de sa signature métaphoriquement parlant.
Mais la question n'est pas à adresser à Menzingen mais à Rome.

( 642081 )
sédévacantisme militant ! par FerdinandP (2012-08-03 09:43:48)
[en réponse à 642066]
ne vous inquiétez pas, Rivarol est désormais édité sous la houlette de Jérôme Bourbon, son rédacteur en chef, qui est sédévacantiste et qui milite donc pour sa thèse (qui a le mérite d'une certaine cohérence à défaut d'être compatible avec l'indéfectibilité de l'Eglise et donc avec le catéchisme)
Cet article de "Pierre Labat" est en réalité de la plume de J. Bourbon qui signe d'ailleurs le PS ! Et Bourbon est effectivement williamsonien au dernier degré ; pour résumer sa pensée : aucun accord n'est possible avec les acteurs du complot JM...

( 642108 )
Êtes vous si sûr? par Anton (2012-08-03 13:30:30)
[en réponse à 642066]
Alors oui on peut s'interroger pourquoi Rome a tant fait pour poser les bases d'un accord et le déchirer la veille de sa signature métaphoriquement parlant.
Mais la question n'est pas à adresser à Menzingen mais à Rome.
La question peut aussi être posée à Mentzigen.
Signeriez vous un accord avec des personnes dont l'attitude récente(avant l'accord annoncé) vous fait douter de la sincérité et des orientations?
Certains évènements ayant précédés l'entrevue du 13 Juin étant remontés jusqu'à Rome, n'ont pas plaidé en faveur de la signature.
Rome a montré sa volonté et sa détermination pour un accord, mais ces évènements ont pu la faire douter. Que ces évènements aient été exploités par des gens peu favorables à l'accord peut être, ces personnes peu favorables se situent dans les deux camps, d'autres évènements l'ont démontré, mais ces évènements n'étaient ils pas de nature à faire douter Rome, si certains ont préféré remettre la signature d'un accord?
La conférence de l'abbé pfluger, le paradigme qui règne dans la Fraternité sur la conversion de Rome, ou encore sur la super hérésie ou le super dogme que constitue le Concile sont assez éclairants.
N'y a-t-il pas plusieurs écueils a éviter?
En cas de non signature
-une condamnation majeure
En cas de signature
-scission au sein de la Fsspx
-scission au sein de l'Eglise

( 642124 )
Mais qu'elle vienne cette condamnation! par ptk (2012-08-03 16:09:59)
[en réponse à 642108]

( 642146 )
Rivarol par Vincent F (2012-08-03 18:44:01)
[en réponse à 642033]
est devenu grâce à M. Bourbon un torchon sédévacantiste, sans intérêt ici.
Le seul avantage est que quand on a lu un article pareil en version papier on n'a pas besoin de lire Sartre. On a à la fois La Nausée et Les mains sales.

( 642172 )
Réfutation d'un pseudo dilemme puéril ! par jl d'André (2012-08-04 10:47:28)
[en réponse à 642033]
Mais comment qualifier précisément les textes de ce concile ? Dire que Vatican II contient des “erreurs” est en réalité maintenir une profonde ambiguïté. Soit ces “erreurs” contredisent la foi ou les mœurs : dans ce cas elles portent le nom « d’hérésies » et ceux qui les professent n’appartiennent plus à l'Église catholique, soit elles ne contredisent pas la foi ou les mœurs et alors elles ne peuvent justifier une désobéissance formelle à l’autorité légitime.
En m'excusant d'enfoncer des portes ouvertes auprès de tous ceux pour qui ces notions sont archi-connues, je rappelle ceci :
Le concile Vatican II fut contrairement à tous les précédents conciles un concile pastoral.
Les "erreurs" du concile ne portent donc pas sur la foi ou les moeurs mais sur la pastorale, domaine où l'autorité suprême de l'Église peut très bien se tromper (les exemples historiques pullulent).
En revanches, ces erreurs pastorales ont des conséquences graves touchant elles la foi ou les moeurs et d'ailleurs parfois dénoncées par l'autorité.
On a le devoir de désobéir à l'autorité légitime lorsqu'elle nous prescrit de commettre un péché. Mais ce serait un jugement téméraire d'en conclure que le titulaire de cette autorité a conscience de nous prescrire un péché!

( 642197 )
Pastorale des santons de Provence ?! par FerdinandP (2012-08-04 20:00:28)
[en réponse à 642172]
Il y aurait trois domaines de compétence de l'Eglise : la Foi, les mœurs et la Pastorale ?!
ça sort de quel catéchisme cette ineptie ?
Et l'Eglise peut se tromper dans le domaine pastoral ? Les exemples pullulent ?
On aimerait en avoir seulement un... Un tout petit... Allez !
Donc si on vous suit bien, pastoral s'opposerait à doctrinal et ainsi Vatican II n'aurait rien à voir avec la doctrine ?
Eh ben ouf alors ! donc pourquoi VII pose pb ? parce que la pastorale aurait des conséquences sur la foi et les mœurs ?
Euh... on nage en pleine contradiction, non ?
Vous racontez n'importe quoi ! la pastorale, c'est la mise en œuvre concrète des moyens de l'Eglise au service des âmes... Si pour vous, ça n'a rien à voir avec la foi et les mœurs, faut changer d'Eglise car il s'agit des sacrements (qui ont à voir avec la foi) des fins dernières (qui ont à voir avec la foi et les mœurs) des modalités pratiques de l'enseignement de l'Eglise (qui a forcément à voir avec la foi et les mœurs)... Bref, de tous les domaines dans lesquels l'Eglise est compétente au service du salut des âmes.
Le rôle de pasteur de l'Eglise, ça ne vous dit rien ? (car c'est de là qu'est dérivé pastoral...) : Pais mes brebis, pais mes agneaux... Et ça échapperait à la foi et aux mœurs ? Le cœur de la mission de l'Eglise qui est de mener les hommes à Dieu serait un troisième domaine de compétence n'ayant que des interférences involontaires avec la foi et les mœurs ?!
j'ai lu des idioties, mais des comme celle-là, rarement, quand même.

( 642200 )
Ne vous en déplaise par Meneau (2012-08-04 20:26:41)
[en réponse à 642197]
l'infaillibilité n'a été dogmatiquement définie que concernant la Foi et les moeurs. D'ailleurs en passant, Vatican I n'a pas défini l'infaillibilité du collège des évêques mais seulement celle du pape seul parlant ex cathedra.
L'objet primaire (foi) du magistère sont les vérités liées à la Révélation. L'objet secondaire (moeurs) est constitué des vérités qui sont connexes d'une manière nécessaire à la Révélation. On y inclut les vérités dogmatiques, les faits dogmatiques, les décrets disciplinaires, connexes à la Révélation quant à leur fin (le salut de l'âme), la canonisation des Saints, l'approbation des ordres religieux et les notes théologiques.
La "pastorale", ou façon qu'a tout un chacun de mettre en oeuvre concrètement les moyens de l'Eglise au service des âmes n'entre pas dans ces catégories, même si elle lui est liée.
Vous amalgamez pastorale et moeurs là où il faudrait faire quelques distinctions. Un évêque donné qui applique le droit canon peut se revendiquer de l'infaillibilité de l'Eglise. Un autre évêque qui met en place dans son diocèse un "conseil diocésain pour les relations avec les musulmans" (exemple) n'est pas infaillible en la matière même s'il est sensé avoir reçu des grâces d'état pour ce faire.
Enfin, il faudrait aussi distinguer entre "infaillibilité" et autres degrés d'assistance de l'Esprit Saint : l'Eglise peut-elle se tromper dans le domaine pastoral ? Ca dépend quel domaine pastoral, ça dépend s'il s'agit d'un Evêque seul en son diocèse ou de l'ensemble des évêques réunis en Concile, ça dépend de beaucoup de choses.
Mais vous allez sûrement nous donner les notes théologiques des différents textes du Concile Vatican II ?
Cordialement
Meneau

( 642204 )
gros mélange non ? par FerdinandP (2012-08-04 21:42:41)
[en réponse à 642200]
je répondais à un message qui estimait que Vatican II étant pastoral, il ne traitait donc pas de la foi et des moeurs...
Je n'ai jamais abordé la question de l'infaillibilité !
Maintenant, il va simplement falloir que vous m'expliquiez comment ce concile "pastoral", donc censé ne traiter que de la mise en œuvre concrètement des moyens de l'Eglise au service des âmes peut aborder dans ce cadre tout un développement sur la Révélation (Dei verbum) traitant de la nature de la Révélation, du magistère et de l'inspiration du Saint Esprit ?!
Pour l'infaillibilité, on verra plus tard...

( 642262 )
On en revient donc toujours au même point par Meneau (2012-08-06 14:52:25)
[en réponse à 642204]
Vous semblez donc convenir qu'en matière de "pastorale", le degré d'autorité du Magistère est moindre qu'en matière de foi et de moeurs.
Quant à Vatican II, il s'agit d'un concile "pastoral" selon les termes mêmes du pape à l'époque, mais je ne suis pas de ceux qui pour autant considèrent que du coup il ne serait aucunement doctrinal.
On en revient donc à la question que je vous posais : quelle est la note théologique des différents textes du concile Vatican II ? Le seul éclaircissement officiel du Magistère à ce sujet est la réponse de la congrégation doctrinale du 6 mars 1964, elle-même rappelée par Paul VI en annexe de
Lumen Gentium (justement, puisque vous en parlez !) :
Compte tenu de la coutume conciliaire et du but pastoral du présent concile, ce saint synode ne définit comme devant être tenus par l’Église que les seuls éléments relatifs à la foi et aux mœurs qu’il aura déclarés ouvertement tels»
Quels sont donc ces "éléments relatifs à la foi et aux moeurs que le concile a déclarés ouvertement tels" ?
A ma connaissance aucun.
Toutefois, on doit penser que lorsqu'un passage du concile se réfère explicitement à la Révélation, il doit être tenu, et bénéficie de l'assistance du St Esprit promise à l'Eglise.
Mais on ne peut aucunement noter ainsi en bloc l'ensemble des textes officiels du concile. Cela ne veut pas dire qu'il faille jeter le reste à la poubelle comme si cela n'existait pas, mais tout n'est pas
de fide, et il n'y a pas obligation de TOUT "tenir" en bloc.
Cordialement
Meneau

( 642222 )
La question de la valeur magistérielle du Concile. par Scrutator Sapientiæ (2012-08-05 15:36:11)
[en réponse à 642200]
Bonjour et bon dimanche, Meneau.
Je me permets de vous renvoyer aux textes suivants, que vous connaissez peut-être déjà.
Ici.
Ici..
Ici...
Ici....
Bon dimanche et à bientôt.
Scrutator.

( 642263 )
Oui, je connaissais les deux premiers par Meneau (2012-08-06 14:57:24)
[en réponse à 642222]
Je suis aussi à mes heures un lecteur de "Disputationes".
Merci pour ces références.
Cordialement
Meneau

( 642221 )
Eh bien, enfonçons encore quelques portes ouvertes ! par jl d'André (2012-08-05 15:27:48)
[en réponse à 642197]
Voici, parmi beaucoup d’autres quelques exemples d’erreurs pastorales commises par des souverains pontifes :
Pie XI a condamné l’action française ! Ce ne fut pas une erreur doctrinale car il ne manqua pas de condamner aussi abondamment dans ses encycliques le libéralisme et le laïcisme, principaux bénéficiaires de sa condamnation de l’action française. De plus il n’avait fait que reprendre une ancienne condamnation jamais publiée de son prédécesseur le pape saint Pie X. Saint Pie X avait déclaré : « l’action française est condamnable, mais je ne la condamnerais pas ! » jugeant avec raison que les immenses services que l’action française rendait à l’Église étaient sans commune mesure avec les quelques petits défauts qu’on pouvait lui reprocher. Mais ce jugement de Saint Pie X étant essentiellement pastoral, Pie XI a pensé qu’il pouvait se tromper et a passé outre condamnant l’action française. Les conséquences en furent catastrophiques pour l’Église comme l’avait si bien prévu Saint Pie X. Réalisant sur la fin de sa vie l’énorme erreur pastorale qu’il avait ainsi commise, Pie XI prépara le décret de levée de la condamnation de l’action française, mais mourut avant d’avoir pu le promulguer, ce qui fut l’un des tous premiers actes du pontificat de son successeur Pie XII.
Le même Pie XI, auteur de l’admirable encyclique sur le Christ Roi « Quas Primas » a lâchement abandonné et trahi les Cristeros mexicains qui justement se battaient pour le triomphe du Christ-Roi (d’où leur nom). Là encore Pie XI témoigne d’une grande fermeté dogmatique jointe à une action pastorale catastrophique !
Léon XIII a abondamment condamné toutes les erreurs modernes. Et ses encycliques restent un modèle d’enseignement de la saine doctrine. Pourtant, sa pastorale, son action politique et notamment sa politique française du ralliement en prenaient l’exact contrepied et n’a pas peu fait en faveur du triomphe du laïcisme.
Pie IX au début de son pontificat a favorisé les libéraux (du moins dans son action pastorale, car dogmatiquement il confirmait l’enseignement de ses prédécesseurs). Après que la révolution ait atteint ses propres états et qu’il dut s’exiler à Gaète, il a compris son erreur et est devenu le grand pape de l’immaculée conception, du syllabus et du concile Vatican I, mais on ne peut quand même pas oublier les premières années de son règne.
Clément XIV au XVIII° siècle a supprimé la compagnie de Jésus. Le XVIII° siècle est celui du déferlement de l’esprit moderne avec le gallicanisme, le jansénisme et pour couronner le tout, le philosophisme. Tous ces soi-disant philosophes déistes qui au nom de la raison mettaient en doute toutes les vérités de notre foi et les fondements de la société chrétienne et qui n’étaient combattus que par les jésuites. Les francs-maçons ont réussi à s’emparer du pouvoir dans les principaux pays catholiques (Espagne, Autriche, Portugal) dont les gouvernements ont fait pression sur le pape pour qu’il supprime les jésuites, principal obstacle à l’expansion des idées modernes. Et le pape a cédé. Pourtant, il n’avait aucune complaisance pour les idées modernes mais il n’a pas su résister à la pression diplomatique des puissances catholiques coalisées. Là aussi une grande fermeté doctrinale jointe à une non moins grande déficience pastorale. Le cas de Clément XIV est très symbolique car c’est celui qui fut cité en exemple par les chefs francs-maçons quand ils débattaient de leur projet d’avoir « un pape à eux » :
Nous n'entendons pas gagner les papes à notre cause, en faire des néophytes de nos principes, des propagateurs de nos idées. Ce serait un rêve ridicule ... Ce que nous devons demander, ce que nous devons chercher et attendre, comme les Juifs attendent le Messie, c'est un pape selon nos besoins. Alexandre VI, avec tous ses crimes, ne nous conviendrait pas, car il n'a jamais erré dans les matières religieuses, Un Clément XIV, au contraire, serait notre fait des pieds à la tête ...
Nous ne doutons pas d'arriver à ce terme suprême de nos efforts; mais quand? mais comment?
Or, donc, pour nous assurer un pape dans les dispositions exigées, il s'agit de lui façonner une génération digne du rêve que nous rêvons. Laissez de côté la vieillesse et l'âge mûr; allez à la jeunesse, et, si c'est possible, jusqu'à l'enfance. N'ayez jamais pour elle un mot d'impiété ou d'impureté... Vous devez vous présenter avec toutes les apparences de l'homme grave et moral. Une fois votre réputation établie dans les collèges, dans les gymnases, dans les universités et dans les séminaires, une fois que vous aurez capté la confiance des professeurs et des étudiants, faites que ceux qui, principalement, s'engagent dans la milice cléricale aiment à rechercher vos entretiens ... Dans quelques années, ce jeune clergé aura, par la force des choses, envahi toutes les fonctions ; il gouvernera, il administrera, il jugera, il formera le conseil du souverain... Que le clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des Chefs Apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige des tyrans et des oppresseurs; tendez vos filets comme Simon Barjona ; tendez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents plutôt qu'au fond de la mer: et, si vous agissez sans précipitation, nous vous promettons une pêche plus miraculeuse que la sienne. Le pêcheur de poissons devint pêcheur d'hommes; vous, vous amènerez des amis autour de la Chaire apostolique. Vous aurez prêché une révolution en tiare et en chape, marchant avec la croix et la bannière, une révolution qui n'aura besoin que d'être un tout petit peu aiguillonnée pour mettre le feu aux quatre coins du monde.
On pourrait citer encore bien d’autres exemples, je ne m’arrêterai maintenant qu’au premier d’entre eux, celui du premier pape, Saint Pierre lui-même : Le jeudi saint, dans la cour du grand prêtre, à la servante, puis aux gardes qui l’accusent d’être disciple de Jésus, Saint Pierre répond : « Je ne connais pas cet homme ! » Grave erreur qui ne concerne en rien la foi ou les mœurs, mais est exclusivement pastorale : Saint Pierre veut aider, sauver Jésus, c’est pour cela qu’il l’a suivi jusqu’ici. Il ne sait pas comment il fera, mais il lui importe pour cela de ne pas se faire prendre à son tour. Il ne veut pas affirmer que Jésus est notre sauveur, il se ferait arrêter, mais il ne veut encore moins lui dénier ce titre, ce qui serait le trahir, alors il se réfugie dans une feinte ignorance, sans s’apercevoir qu’ainsi il le renie. Il est mû par un souci « d’ouverture au monde » afin de désarmer son hostilité, mais toujours dans le but pastoral d’ainsi mieux servir Jésus. Il se trompe assurément et lui-même comprendra son erreur en entendant le chant du coq et nous dit l’évangile, il sortit pour pleurer amèrement. La défaillance de Pierre est l’image et l’exemple emblématique de toutes les erreurs pastorales de tous les papes qui se succéderont jusqu’y compris Vatican II et ses suites.

( 642223 )
La condamnation de l'AF était justifiée, amplement ! par FerdinandP (2012-08-05 16:26:46)
[en réponse à 642221]
Ce n'était pas pastoral mais bel et bien doctrinal : le fameux "politique d'abord" est une monstruosité théologique et pas un "petit défaut" ! (et il faut rappeler que Ch. Maurras et ses écrits restent condamnés)
Le ralliement était une vision parfaitement intelligente et l'application du "rendez à César" à la politique française...
Quand St Pierre renie le Christ, il n'était pas encore pape ! vous connaissez mal la chronologie des Evangiles ! C'est l'exemple le plus insultant de votre liste.
Bref, vos portes ouvertes ne sont que des habituelles erreurs et approximations des membres de la FSSPX pour tenter de faire passer leur vision politico-religieuse de l'Eglise. Cette vision est largement erronée et au mieux n'est-ce qu'un point de vue (non partagé par la plupart des catholiques) sur les points listés. Elle se base souvent sur des "citations" fantasmées comme celle que vous fournissez et qui n'a d'autre origine que l'imagination délirante des Barruel et alii.
Pas la peine d'aller plus loin avec vous donc, ce serait perdre son temps et refaire indéfiniment les mêmes débats ! De toutes façons vous semblez avoir des lumières du St Esprit supérieures aux Papes régnants, tant mieux pour vous.
PS : spéciale dédicace au Professeur Perrin !

( 642226 )
Bien au contraire ! par jl d'André (2012-08-05 18:55:16)
[en réponse à 642223]
En prétendant que la condamnation de l'action française était justifiée, vous contestez l'autorité du pape Pie XII qui a levée toutes ses condamnations, ne faisant d'ailleurs que reprendre le travail de son prédécesseur s'étant enfin aperçu de son erreur.
Et après cette levée de condamnation, ni Charles Mauras, ni ses écrits n'ont plus été condamnés.
Le "politique d'abord", contrairement à ce qu'en disait Jacques Maritain, est parfaitement légitime et conforme à la doctrine catholique. Il faut seulement l'entendre dans le sens où l'entendait Charles Mauras, non une primauté de valeur, mais une antériorité dans l'action.
Mais si vous condamnez le « Politique d’abord » de Charles Mauras, il vous faut aussi condamner Pie XII qui ne s’est pas contenté de réhabiliter Charles Mauras, mais a aussi déclaré :
De la forme donnée à la Société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes, c’est-à-dire le fait que les hommes, appelés tous à être vivifiés par la grâce du Christ, respirent, dans les contingences terrestres du cours de la vie, l’air sain et vivifiant de la vérité et des vertus morales ou, au contraire, le microbe morbide et souvent mortel de l’erreur et de la dépravation.
Il vous faut aussi condamner Saint Alphonse de Ligori docteur de l’Église :
Si je parviens à gagner un roi, j’aurais plus fait pour la cause de Dieu que si j’avais prêché des centaines et des milliers de missions. Ce qu’un souverain, touché par la grâce de Dieu, peut faire, dans l’intérêt de l’Église et des âmes, mille missions ne le feront jamais.
Mais ce ne sont pas les seuls, Saint Vincent de Paul parlait aussi dans le même sens et bien d’autres. Tous se faisaient les défenseurs du « politique d’abord » exactement dans le sens où l’avait défini Charles Mauras.
Il faut arrêter de gober le canular répandu par Jacques Maritain que l’action française aurait été condamnée pour son « politique d’abord ». L’action française a été condamnée en raison du risque pour la foi des fidèles de mener une action politique durable commune avec des incroyants dans un mouvement politique dont le chef était agnostique et jouissait auprès d’eux d’un prestige immense. Il s’agit là d’une vue proprement pastorale et qui n’a rien de dogmatique. Si cette condamnation avait été doctrinale, elle n’aurait bien évidemment pas pu être levée par Pie XII sans renonciation par l’action française aux doctrines lui ayant valu cette condamnation.
Vous dites :
Le ralliement était une vision parfaitement intelligente et l'application du "rendez à César" à la politique française...
Certes, c’était bien ainsi qu’était présentée cette politique du ralliement et c’est bien pourquoi j’ai précisé qu’il n’y avait aucune erreur doctrinale. Mais peut-on oublier la réalité de la France de l’époque où tous les républicains étaient farouchement anti catholique et ne concevaient leur république que comme une machine de guerre contre l’Église. Relisez les chroniques de l’époque et vous verrez que je n’exagère pas. Dès lors le ralliement à un tel régime ne pouvait qu’être extrêmement nocif à l’Église catholique et c’est d’ailleurs très exactement ce qui s’est passé. L’action de Léon XIII désarmant l’opposition catholique, les franc-maçon ont eu les mains libres pour nous infliger les mesures anticléricales les plus violentes de notre histoire, expulsion des congrégations religieuses, inventaires des biens d’Église, laïcisation de toute la société, école sans dieu etc.
Quand à Saint Pierre, revoyez vous-même votre chronologie, au moment du reniement, Notre seigneur lui a déjà remis le pouvoir des clés :
Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux
Mais peut-être considérez-vous que ce n’est pas à ce moment là que Saint Pierre est devenu pape. Peut-être condamnez-vous toute la liturgie de l’Église qui prend cet évangile pour la messe des saints papes et y répète 3 fois la phrase clé « tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirais mon Église ». Et vous condamnez sans doute aussi tous les papes qui nous ont imposé une telle liturgie.

( 642229 )
vraiment n'importe quoi ! par FerdinandP (2012-08-05 20:52:33)
[en réponse à 642226]
la levée de la condamnation n'est venue qu'après que les responsables de l'AF aient fait amende honorable... N'oubliez pas l'essentiel ! Et Pie XII n'a ainsi jamais contredit son prédécesseur.
Mais on ne va pas polémiquer indéfiniment.
Sauf sur Saint Pierre : il ne pouvait être Pape tant que le Christ était sur terre et la phrase que vous citez est au futur... Comme le "je bâtirai" (et non pas 'je bâtirais'...)
Donc l'Eglise a toujours estimé que Pierre était devenu Pape au "Pais mes brebis", impératif présent, juste avant l'Ascension... et c'est à ce moment là que l'Eglise est instituée, après que Pierre ait racheté son reniement par son triple acte d'amour... C'est le B. A. Ba du catéchisme, monsieur !
Bref, vous arrangez l'Histoire à votre sauce et vous inventez celle de l'Eglise... Restons en là, c'est préférable, non ?!

( 642232 )
Pas du tout ! par jl d'André (2012-08-05 22:07:17)
[en réponse à 642229]
Les responsables de l'AFn'ont aucunement fait amende honorable et en particulier pas Charles Maurras le principal intéressé. Et il n'a tout spécialement pas renoncé au "Politique d'abord". La condamnation de l'action française a été levée sans conditions. Certes, cela ne vous plaît pas, mais c'est historique!
Et Pie XII n'a effectivement pas contredit son prédécesseur, puisque c'est justement son prédécesseur le pape XI qui s'étant aperçu de son erreur s'était apprêté à lever lui-même la condamnation. Seule la mort l'en a empêché et Pie XII n'a eu qu'à signer le décret préparé par son prédécesseur.
L'évènement qui a fait changer d'avis le pape fut la guerre d'Espagne (1936, 3 ans avant sa mort) où il a constaté avec stupéfaction que tous les démocrates chrétiens prenait le parti des révolutionnaires et communistes contre la réaction nationale et catholique. Et il n'y avait que l'action Française pour soutenir résolument la politique pontificale de soutien aux forces catholiques. Pie XI s'empressa d'envoyer un nonce à Burgos et comprit qui étaient les vrais soutiens de l'Eglise en France.
Quand à le phrase de Notre Seigneur, elle est au présent et non au futur. "Tu es Pierre" c'est au présent, si la suite de la phrase est au futur, c'est que l'Église ne sera bâtie effectivement que plus tard, mais Pierre reçoit dès cet instant toutes les prérogatives du chef de cette future Église. "Tout ce que tu liera... tout ce que tu délieras..." Il dit bien "tout" sans aucune restriction et notamment sans aucune restriction dans le temps. Cela commence donc à l'instant même où ces paroles sont prononcées.
Quant à l'autre parole du Christ "pais mes brebis" ce n'est que la confirmation de ses prérogatives, confirmation nécessaire après le reniement pour bien nous montrer qu'une telle faute pastorale ne suffisait pas à lui faire perdre le souverain pontificat. Votre opinion s'oppose à la liturgie de l'Église qui prend comme évangile de la messe de Saint Pierre comme de tous les saints papes l'évangile du "tu es Pierre" et ne consacre qu'une seule oraison au "pais mes brebis", tandis que les deux autres oraisons sont encore une reprise du "tu es Pierre"

( 642247 )
débile ! par FerdinandP (2012-08-06 09:38:48)
[en réponse à 642232]
Pierre serait Pape d'une Eglise n'est pas encore instituée et qui n'existe donc pas encore ?!
Tâchez d'être cohérent et de respecter le principe de non-contradiction. Vous avez tort, très clairement sur ce point, et vos explications embrouillées ne convainquent pas : tu es Pierre, mais tu lieras (au futur donc !), c'est à dire que les prérogatives ne lui seront attribuées que lorsque l'Eglise sera instituée !
Pour l'AF : c'est votre point de vue, il n'est pas fondé historiquement et je ne le partage pas : il y a bien eu des courriers sollicitant la levée de l'excommunication avec reconnaissance des erreurs. Et comme le rappelle Vianney ci-dessous, les ouvrages de Maurras sont bel est bien restés condamnés et avec eux le journal de l'AF !
Donc là aussi, vous falsifiez la réalité : la levée de la condamnation n'est en aucun cas reconnaissance qu'elle était une erreur, c'est la conséquence d'une attitude de soumission des dirigeants et elle n'est pas sans conditions !

( 642254 )
Il n'y a nulle contradiction, bien au contraire ! par jl d'André (2012-08-06 11:26:28)
[en réponse à 642247]
Jésus-Christ, étant Dieu ne saurait se contredire. Il n'y a nulle contradiction entre sa proposition au présent "Tu es Pierre" et son autre proposition au futur "sur cette pierre je bâtirai mon Église". Avant de construire l'édifice, il faut bien que la pierre d'angle sur laquelle il sera bâti soit solidement affermie dans le sol et dotée de toutes ses qualités de pierre d'angle. Quand Notre Seigneur le rencontre pour la première fois il lui dit "tu t'appelleras Pierre" au futur. Mais à Césarée de Philippes, il lui dit "tu est Pierre" au présent et dès ce moment, il le dote de toutes ses aptitudes et prérogatives de chef de l'Église.
Bien sûr "tu lieras" est au futur, mais la phrase est tronquée, Jésus a dit "tout ce que tu lieras". Tout! cela commence quand? Notre Seigneur ne dit pas "tout ce que tu lieras à partir de ce moment là", mais "tout ce que tu lieras". C'est vous qui rajoutez abusivement une restriction là où Notre Seigneur n'en a pas mis, afin de mieux justifier votre délire sédévacantiste qui ne tient plus dès que la crise actuelle a eu un précédent.
Nul ne s'y est d'ailleurs trompé:
A la résurrection, l'ange dit aux saintes femmes: "allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il est ressuscité". Pourquoi avoir rajouté "et à Pierre" si Pierre n'est que l'un des disciples ?
Pierre et Jean se précipitent au tombeau, mais Jean arrive le premier. Là il attend que Pierre le rejoigne et entre le premier avant d'y entrer à son tour ! Pourquoi si Pierre n'est pas déjà le chef de l'Église ? Seul apôtre au pied de la croix et à qui Notre Seigneur avait confié sa mère, saint Jean s'efface pourtant devant le chef de l'Église.
Au retour des disciples d'Emmaüs, les apôtres leur disent "Jésus est vraiment ressuscité et il est apparu à Simon!" Les même apôtres qui n'ont pas cru au témoignage des saintes femmes, il suffit que Pierre leur rende le même témoignage pour qu'ils croient aussitôt et sans l'ombre d'un doute !
Enfin encore une fois, l'Église s'est prononcée sur cette question par sa liturgie. "Lex orandi , Lex credendi". Il y a là une tradition bimillénaire par laquelle la vérité nous est révélée.
L'évangile du "pais mes agneaux... pais mes brebis" est celui de la vigile de Saint Pierre, tandis que l'évangile du "tu es Pierre" est celui de la fête de Saint Pierre elle-même. L'ordre chronologique a été inversé, pourquoi ? Seules les grandes fêtes ont une vigile, mais la vigile n'est pas la fête on y retrouve seulement tout ce qui prépare à la fête. Si vraiment le "Tu es Pierre" n'avait été qu'une préparation à l'investiture de Pierre qui n'aurait eu lieu qu'avec le "pais mes brebis", c'est bien évidemment le "tu es Pierre" qui aurait été l'évangile de la vigile et le "pais mes brebis" celui de la fête.
Enfin, comme je l'ai déjà dit, dans la messe du commun des papes, l'évangile est celui du "tu es Pierre" et on a seulement un petit extrait de celui du "pais mes brebis" dans l'introït, tandis qu'un petit extrait de l'évangile du "tu es Pierre" est encore répété dans deux autres oraisons.

( 642259 )
bla bla et énorme mauvaise foi par FerdinandP (2012-08-06 13:38:13)
[en réponse à 642254]
qui cachent mal vos erreurs et la pauvreté de vos arguments !
Il ne peut y avoir de Pape, représentant, 'Lieutenant' et vicaire du Christ sur terre, tant que le Christ est présent !
Il ne peut y avoir de chef de l'Eglise tant qu'il n'y a pas d'Eglise !
Le pape est le chef visible de l'Eglise dont le Christ est le chef invisible.
Le Pontife Romain est le Vicaire de Jésus-Christ parce qu’il le représente sur la terre et qu’il tient sa place dans le gouvernement de l’Eglise. Catéchisme de St Pie X.
Pouvait-il alors y avoir deux chefs visibles ?!
Vous confondez l'objet du pouvoir de Pierre : "tout" avec une locution circonstancielle de temps : vous êtes absolument nul en analyse grammaticale et logique car
tout ne répond pas à la question
quand ! Et c'est vous qui tronquez la phrase exacte puisque le pouvoir de lier est identifié au
pouvoir des clés et ce pouvoir est bien conféré au futur :
"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et je te donnerai (futur) les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera aussi lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera aussi délié dans le ciel."
Vous vous enferrez donc dans le ridicule.
PS : je ne suis aucunement sédévacantiste, bien au contraire, fermement attaché au Pape glorieusement régnant Sa Sainteté Benoît XVI !

( 642281 )
Qui est de mauvaise foi ? par jl d'André (2012-08-06 19:12:27)
[en réponse à 642259]
Vous prétendez n'être pas sédévacantiste tout en reprenant presque à la lettre tous les arguments éculés traînant sur tous les sites sédévacantiste.
Vous refusez d'admettre que notre Seigneur ait pu conférer à Saint Pierre les prérogatives de son souverain pontificat avant qu'il ait eu effectivement à l'exercer. Or pourtant c'est ce qu'il a fait !
Et vos sophismes pour prétendre le contraire n'ont apparemment pas réussi à convaincre l'ange annonçant aux saintes femmes la résurrection et leur commandant d'en avertir ses disciples et Pierre!
Ils n'ont pas convaincu non plus saint Jean qui arrivé le premier au tombeau s'efface devant la préséance de Saint Pierre afin qu'il y entre le premier.
Ils n'ont pas convaincu non plus tous les apôtres et disciples qui se rangèrent à l'avis de Saint Pierre leur annonçant la résurrection quand ils avaient refusé de croire les saintes femmes qui leur disaient la même chose.
Enfin ils n'ont pas convaincu non plus tous les papes depuis cette époque jusqu'à aujourd'hui qui ont approuvé que l'évangile de la messe de Saint Pierre soit celui du "Tu es Pierre" ainsi que l'évangile de la messe du commun des papes, l'évangile du "pais mes brebis" étant lui relégué à la messe de la vigile de Saint Pierre.
Cela fait quand même beaucoup de monde face à vous tout seul accompagné des seuls sédévacantistes !

( 642282 )
psittacisme n'est pas argument ! par FerdinandP (2012-08-06 19:31:43)
[en réponse à 642281]
Faute d'arguments, vous vous contentez de jouer le disque rayé...
je crois que les lecteurs ont bien assez d'éléments désormais pour juger !
En résumant vos inepties, vous en êtes arrivé à déclarer que le reniement de St Pierre était donc la première crise de l'Eglise (qui n'existait pas encore !). Je vous laisse l'entière responsabilité de cet anachronisme simplet.
Vous êtes rempli de préjugés, y compris à mon endroit. Comment voulez-vous êtes crédible ?!

( 642227 )
Mensonges par Vincent F (2012-08-05 19:04:10)
[en réponse à 642223]
et il faut rappeler que Ch. Maurras et ses écrits restent condamnés
1° Charles Maurras n'a jamais condamné (comme aurait-il pu l'être n'étant pas catholique). Donc il ne peut pas rester condamné.
2°) La condamnation de ses écrits a été levée.

( 642235 )
Pas vraiment par Vianney (2012-08-05 22:37:57)
[en réponse à 642227]
2°) La condamnation de ses écrits a été levée.
Non, consulter un
Index des ouvrages prohibés datant du pontificat de Pie XII, par exemple l’édition de 1948 : vous y trouverez les ouvrages de Maurras déjà condamnés par Pie XI, ainsi que les numéros de la revue
L’Action Française du 29 décembre 1926 au 5 juillet 1939 :
Action (L’) Française (Revue Bimensuelle et Diarium usque ad diem 10 iulii anni 1939). Decr. S. Off. 29 dec. 1926 et 5 iul. 1939.
Ce qu’il n’est plus interdit de lire sous Pie XII, ce sont les numéros de la revue postérieurs au 5 juillet 1939.
V.

( 642236 )
Oui mais ils ne figurent plus à l'Index par Vincent F (2012-08-05 22:49:42)
[en réponse à 642235]
depuis 1966 !

( 642241 )
Parce qu’il n’y a plus d’Index... par Vianney (2012-08-05 23:30:03)
[en réponse à 642236]
...Paul VI l’ayant supprimé ! Mais cela ne veut pas dire que tous les ouvrages mentionnés antérieurement dans cet Index sont tout à coup devenus bons...
V.

( 642248 )
donc ce n'était pas un mensonge... par FerdinandP (2012-08-06 09:39:39)
[en réponse à 642236]
la moindre des choses serait de vous excuser...

( 642252 )
De quoi aurais-je à m'excuser ? par Vincent F (2012-08-06 10:15:45)
[en réponse à 642248]
La condamnation a bien été levée par la suppression de l'Index.

( 642264 )
Non par Meneau (2012-08-06 14:59:38)
[en réponse à 642252]
La suppression de l'Index ne signifie pas une réhabilitation globale de tous les écrits qui y figuraient. HEUREUSEMENT !
On a supprimé le "contenant" : le catalogue des livres prohibés. Sauf mention contraire explicite, ils restent pourtant déconseillés (voire interdits) aux catholiques.
Cordialement
Meneau

( 642239 )
Accessoirement, je vous signale aussi...! par jl d'André (2012-08-05 23:07:14)
[en réponse à 642223]
Que la citation que je vous ai fourni des chefs de la haute vente italienne ne provient pas de l'abbé Barruel (décédé depuis longtemps au moment des faits), mais de Crétineau Joly dans son maître ouvrage "l'Église catholique face à la révolution"! Et que Crétineau Joly a rédigé ledit ouvrage à la demande expresse de plusieurs souverains pontifes successifs qui lui ont ouvert pour cela les archives vaticanes.

( 642676 )
condamnation disciplinaire (sans préalables attendus) ne vaut pas condamnation doctrinale par Presbu (2012-08-13 23:06:16)
[en réponse à 642223]
1) Dans le domaine prudentiel, ou pastoral, sans garantie d'inerrance, nous constatons bien une condamnation pénale, assortie de treize ans de répression (bien documentée par Philippe PRÉVOTAT). Impossible de transformer la lettre d'approbation au card. Andrieu en réquisitoire intellectuel et moral inattaquable: d'ailleurs les auteurs de "Pourquoi Rome a parlé" (Bernadot,Doncoeur et Maritain) se sont bien gardés de prendre au mot l'argumentation plutôt faible et parfois fausse de l'éminence de Bordeaux.
==> En Décembre 1926, la maladroite réponse du "Non Possumus" (que Maurras n'approuva pas) fut le chiffon rouge prétexte aux sanctions pontificales, motif: "refus public d'obéissance" comme au tempsde Canossa. Ce n'était évidemment pas dans le tempérament des catholiques Léon Daudet, Pierre Pujo et autres Bernard de Vesins de recourir à la violence psychologique d'une grêve de la faim à la porte du Pape jusqu'à obtenir une audience privée... Et pourtant, c'était la seule forme d'arguments frappants à employer vis-à-vis des ecclésiastiques et de l'opinion publique.
2) Dans le domaine doctrinal, aucun document pontifical en bonne forme n'est apparu dans le dossier des historiens, à part une déclaration furibonde de Pie XI parlant d'"hérésie" devant cette insubordination insurmontable. La condamnation doctrinale de l'AF reste toujours impossible à démontrer, faute d'exposé des motifs tant soit peu hors de doute. Les affirmations de "Clairvoyance de Rome" et autres ouvrages approuvés par diverses autorités mitrées n'ont pas d'autre poids que la conviction et l'habileté constructive de leurs divers auteurs. Les projets jésuites d'encyclique contre l'AF sont restés dans les placards de la Compagnie et ceux du Saint-Office!
3) De toute façon, depuis Vatican II, qui reconnaît l'autonomie du jugement politique des laics dans leur domaine propre, la condamnation de l'Action Française devient désormais impossible (Bernard MALLET).

( 642219 )
Très rapidement, quelques remarques non polémiques. par Scrutator Sapientiæ (2012-08-05 12:43:33)
[en réponse à 642172]
Bonjour et bon dimanche, jl d'André.
Très rapidement, quelques remarques non polémiques, au contact de vos phrases.
1. "Le concile Vatican II fut contrairement à tous les précédents conciles un concile pastoral."
A mon sens, la distinction la plus pertinente, pour comprendre la nature du Concile Vatican II, n'est pas entre doctrinal et pastoral, mais entre dogmatique et adogmatique ; en effet, et bien que le Concile Vatican II comporte deux constitutions dogmatiques, il ne comporte aucune définition expressément dogmatique.
Or, c'est à ce Concile Vatican II que l'on a entendu conférer, notamment en France, une autorité équivalente à celle d'un Concile dogmatique, que ce soit
- pour que nous obéissions à sa mise en oeuvre, par les évêques et dans les diocèses, quelle que soit cette mise en oeuvre, et aussi partiellement conforme ou contraire au Concile, et aussi partiellement déplorable ou regrettable soit-elle,
- pour l'exposer à une critique dévalorisante (cf. la dogmatisation "en négatif" de certains des aspects du Concile par certains catholiques "traditionalistes") ;
ou
- pour l'encenser, par une mystique survalorisante (cf. la dogmatisation de certains des aspects du Concile par certains catholiques "humanitaristes").
Aucune de ces trois attitudes n'est respectueuse de la spécificité du Concile Vatican II, et ce n'est pas moi qui dit que ce Concile est adogmatique, c'est Vatican II lui-même, au moyen de précisions qui figurent à la fin de DV et de LG, ainsi qu'au début de GS.
Cela ne signifie en rien que l'intention explicite des Pères du Concile était que ces textes n'aient aucune autorité doctrinale, mais cela signifie que leur intention explicite n'était pas que ces textes aient une autorité dogmatique.
Peut-être ces mêmes Pères, dont on oublie parfois qu'ils ont non seulement mis en forme, mais aussi mis en oeuvre, le Concile, ne s'attendaient-ils pas à ce que le Concile, avant même sa clôture, soit instrumentalisé par les "progressistes rupturistes", et peut-être ont-ils considéré que la pente "progressiste rupturiste" était la plus conforme à "l'esprit du Concile" ou la moins contraire au "sens de l'histoire", mais il s'agit là d'un aspect plus conjoncturel et moins fondamental : quand bien même cet aspect figurerait, en toutes lettres, dans tel ou tel texte du Concile, cela ne lui conférerait pas pour autant une autorité dogmatique.
Pour le reste, je ne m'y connais pas assez, mais je suis convaincu que des préoccupations pastorales n'ont jamais été totalement absentes des Conciles antérieurs à Vatican II ; merci beaucoup à plus qualifié que moi de me dire à quel point je me trompe.
2. "Les "erreurs" du concile ne portent donc pas sur la foi ou les moeurs mais sur la pastorale, domaine où l'autorité suprême de l'Église peut très bien se tromper (les exemples historiques pullulent)."
Pour ma part, je ne raisonnerai pas tant en termes d'"erreurs" qu'en termes d'équivoques et de négligences, ou, comme je l'ai déjà écrit, d'ambivalence, d'aveuglement, d'imprécision et d'incomplétude, ce qui ne signifie en rien que le Concile ne comporte que des équivoques et des négligences : il comporte aussi
- des affirmations sans équivoques et des insistances sans négligences,
- des additions ou des soustractions "d'avant-dernière minute" qui ont permis d'obtenir le moins d'aveuglement et d'imprécision possible dans certains textes, dont DV, LG, DH, UR, additions ou soustractions que l'on doit souvent à Paul VI lui-même.
Entre autres raisons, peut-être moins fondamentales que procédurales, celui-ci, je le rappelle ici, voulait vraiment la plus grande unanimité possible, au moment du vote final des textes du Concile, d'où un certain nombre de "pénalties de compensation" accordés à la minorité présente au Concile, afin qu'elle s'exprime en faveur des textes.
Pour le reste, là aussi, je ne m'y connais pas assez, mais je suis convaincu qu'il convient de distinguer
- entre l'Eglise, qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper, sur les formulations dogmatiques,
- et les hommes d'Eglise, qui peuvent se tromper, voire nous tromper, sur les questions qui relèvent de la pastorale,
l'erreur cardinale pouvant consister à élever ce qui n'est qu'un moyen inapproprié, une certaine conception horizontaliste et humanitariste de la pastorale, au rang de fin, le souci des âmes en vue du salut des âmes, la gloire de Dieu et le salut du monde.
Il est déjà arrivé que les hommes d'Eglise concernés "manquent leur affaire", à tout le moins partiellement, à l'occasion d'un Concile, ou bien à cause de leur méconnaissance du contexte, ou bien du fait des insuffisances de leurs textes ; je pense ici au Concile de Latran V (1512-1517) ; cela pose la question de l'infécondité ou de l'infructuosité relative, en tout cas pour l'instant, du Concile Vatican II.
3. "En revanches, ces erreurs pastorales ont des conséquences graves touchant elles la foi ou les moeurs et d'ailleurs parfois dénoncées par l'autorité."
Oui, ces équivoques ou négligences doctrinales en matière pastorale ont eu alors, et ont toujours, des conséquences graves, mais d'une manière indirecte, sur le rapport des catholiques à la Foi et aux moeurs, id est sur leurs relations, à penser et à vivre, avec les fondements et les contenus de la Foi et des moeurs : un peu en amont, un peu plus au moment, et surtout en aval du Concile,
- l'extrêmement important (notamment la prise en compte du Credo et du Décalogue) a été présenté ou ressenti comme étant "désormais" presque escamotable ou facultatif,
et
- le différemment important (notamment l'oecuménisme et le dialogue interreligieux) a été présenté ou ressenti comme étant "à présent" presque dogmatisable ou impératif.
Les Papes eux-mêmes ont entendu y remédier, mais parfois en donnant l'impression qu'ils le faisaient par intermittences, et non d'une manière systématique : il ne s'est écoulé que quelques mois entre la publication de Humanae Vitae et celle du début de la réforme de la liturgie, par le même Paul VI, or, il n'est pas totalement impossible de considérer que la forma mentis "dérégulatrice" de celle-ci n'est pas spontanément en phase avec la forma mentis "réaffirmatrice" de celle-là.
4. "On a le devoir de désobéir à l'autorité légitime lorsqu'elle nous prescrit de commettre un péché. Mais ce serait un jugement téméraire d'en conclure que le titulaire de cette autorité a conscience de nous prescrire un péché!"
En aval du Concile, et en prenant appui sur lui, de très nombreux évêques ont entendu prescrire aux prêtres et aux fidèles, non de commettre des péchés, mais de se rallier, voire de se soumettre, à un état d'esprit, certes présent au Concile, mais auquel celui-ci ne se limite pas ; cet état d'esprit, j'ai déjà eu l'occasion de dire qu'il est caractérisé par de l'angélisme, de l'irénisme et de l'utopisme.
C'est cela, à mon avis, le scandale des scandales qui a caractérisé, notamment, les années 1960 et 1970 : avoir laissé entendre ou fait entendre que la seule attitude "authentiquement évangélique", placée sous le double signe de la fraternité universelle et de la fidélité au Concile, et pleinement accueillante et bienveillante, au contact des signes des temps, était cette attitude là :
- un extrême angélisme, à l'égard de l'homme moderne, en tant qu'homme et en tant que moderne,
- un très grand irénisme, vis-à-vis des confessions non catholiques, des religions non chrétiennes, et même de l'athéisme,
- un extrême utopisme, à l'égard du monde moderne, en tant que monde et en tant que moderne, dans le sillage d'une partie de GS.
Merci par avance pour toute votre indulgence, au contact de ce message, qui se veut une approche, parmi d'autres possibles, et non, bien sûr, "la seule bonne manière" de parler de cette question difficile, mais passionnante, et qui peut être formatrice, mais qui peut aussi être "déformante".
Bon dimanche et à bientôt.
Scrutator.