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images/icones/carnet.gif  ( 642055 )Etre digne de recevoir la sainte communion par jejomau (2012-08-02 23:12:25) 

Je vous présente ici un texte assez court mais dense quant à notre dignité de fils de Dieu susceptible de communier au Corps du Seigneur. Ce texte est écrit par le cardinal Ratzinger et il traite essentiellement de principes généraux tournant autour de problèmes importants d'ordre moral comme l'avortement ou l'euthanasie ou le problème des divorcés-remariés.

Là où il semble particulièrement interessant, c'est qu'il précise que :

Les questions morales n’ont pas toutes le même poids moral


Le cardinal Ratzinger donne l'exemple de la peine de mort ou de la guerre... Dont il précise même que :

Toutefois, il peut être permis de prendre les armes pour repousser un agresseur ou d’avoir recours à la peine capitale. Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement et l’euthanasie


Un texte à découvrir ou à redécouvrir. Un document qui n'émane pas directement du Pape, mais dont on peut supposer qu'il est revêtu de toute l'autorité du Magistère, puisqu'il est signé par le cardinal Ratzinger en tant que Préfet de la Congrégation pour la Foi...



Etre digne de recevoir la sainte communion.


Principes généraux



1. Se présenter pour recevoir la sainte communion devrait être une décision réfléchie, fondée sur un jugement raisonné permettant de savoir si l’on est digne de communier selon les critères objectifs de l’Eglise. Il faut se poser des questions comme “Suis-je en pleine communion avec l’Eglise catholique? Suis-je coupable d’un péché grave? Ai-je encouru des peines (comme une excommunication ou une interdiction) qui m’interdisent de recevoir la sainte communion? Me suis-je préparé en jeûnant depuis une heure au moins? “. Le fait de se présenter sans réflexion à recevoir la sainte communion, simplement parce que l’on est présent à la messe, est un abus qui doit être corrigé (cf. l’instruction “redemptoris sacramentum“, n° 81, 83).

2. L’Eglise enseigne que l’avortement ou l’euthanasie sont des péchés graves. L’encyclique “Evangelium Vitae“, se référant à des décisions de justice ou à des lois civiles autorisant ou encourageant l’avortement ou l’euthanasie, établit qu’il existe “une obligation importante et précise de s’y opposer par l’objection de conscience. […] Dans le cas d’une loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet l’avortement ou l’euthanasie, il n’est jamais licite de s’y conformer, ni de participer à une campagne d’opinion en faveur d’une telle loi, ni de voter pour elle“ (n. 73). Les chrétiens “sont appelés, en vertu d’un grave devoir de conscience, à ne pas apporter leur collaboration formelle aux pratiques qui, bien qu’admises par la législation civile, sont en opposition avec la Loi de Dieu. En effet, du point de vue moral, il n’est jamais licite de coopérer formellement au mal. […] Cette coopération ne peut jamais être justifiée en invoquant le respect de la liberté d’autrui ni en prenant appui sur le fait que la loi civile la prévoit et la requiert“ (n. 74).

3. Les questions morales n’ont pas toutes le même poids moral que l’avortement ou l’euthanasie. Par exemple, si un catholique était en désaccord avec le Saint-Père sur l’application de la peine capitale ou sur la décision de faire la guerre, il ne serait pas considéré pour cette raison comme indigne de se présenter pour recevoir la sainte communion. L’Eglise exhorte les autorités civiles à rechercher la paix et non la guerre et à faire preuve de modération et de miséricorde dans l’application d’une peine aux criminels. Toutefois, il peut être permis de prendre les armes pour repousser un agresseur ou d’avoir recours à la peine capitale. Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement et l’euthanasie.

4. Indépendamment du jugement que chacun porte sur sa propre dignité à se présenter pour recevoir la sainte eucharistie, le ministre de la sainte communion peut se trouver dans une situation où il doit refuser de distribuer la sainte communion à quelqu’un, comme dans les cas d’excommunication déclarée, d’interdit déclaré ou de persistance obstinée dans un péché grave manifeste (cf. can. 915).

5. Concernant les péchés graves d’avortement ou d’euthanasie, lorsque la coopération formelle d’une personne devient manifeste (comprendre: lorsqu’un homme politique catholique fait systématiquement campagne pour l’avortement et l’euthanasie et vote des lois permissives sur ces sujets), son pasteur devrait le rencontrer, lui expliquer l’enseignement de l’Eglise, l’informer qu’il ne doit pas se présenter à la sainte communion tant qu’il n’aura pas mis fin à sa situation objective de péché, sans quoi l’eucharistie lui sera refusée.

6. Au cas où “ces mesures préventives n’auraient pas eu d’effet ou n’auraient pas été possibles“ et si la personne en question, faisant preuve d’obstination, se présente malgré tout pour recevoir la sainte eucharistie, “le ministre de la sainte communion doit refuser de la lui donner (cf. la déclaration du conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, “Sainte communion et catholiques divorcés et remariés civilement“, 2000, n° 3-4). Cette décision n’est à proprement parler ni une sanction ni une peine. Le ministre de la sainte communion ne formule pas non plus un jugement sur la faute subjective de la personne; il réagit plutôt à l’indignité publique de cette personne à recevoir la sainte communion, en raison d’une situation objective de péché.

[N.B. Un catholique serait coupable de coopération formelle au mal – et donc indigne de se présenter à la sainte communion – s’il votait délibérément pour un candidat en raison même des positions permissives de celui-ci sur l’avortement et/ou l’euthanasie. Quand un catholique ne partage pas la position d’un candidat en faveur de l’avortement et/ou de l’euthanasie mais vote pour lui pour d’autres raisons, cette coopération, considérée comme matériellement indirecte, peut être permise pour des raisons proportionnées.]

Cardinal Joseph Ratzinger, juin 2004

LIEN

PS : je remercie tout liseur qui m'indiquera le texte original parmi les documents du Saint-Siège
images/icones/neutre.gif  ( 642062 )[réponse] par Mauges (2012-08-03 00:03:33) 
[en réponse à 642055]

Je n'ai rien vu là: http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/index_fr.htm En aucune langue.

Lorsque le Cardinal Ratzinger écrivait:

"Quand un catholique ne partage pas la position d’un candidat en faveur de l’avortement et/ou de l’euthanasie mais vote pour lui pour d’autres raisons, cette coopération, considérée comme matériellement indirecte, peut être permise pour des raisons proportionnées."



que voulait-dire par "des raisons proportionnées"?

Que les catholiques pouvaient voter pour Nicolas Sarkozy en dépit du fait qu'il a laissé faire le Pass Contraception en Ile de France?

Je crois que non.
images/icones/fleche3.gif  ( 642075 )de fait je pense par jejomau (2012-08-03 08:15:07) 
[en réponse à 642062]

qu'il donne la réponse à cette phrase :

"Quand un catholique ne partage pas la position d’un candidat en faveur de l’avortement et/ou de l’euthanasie mais vote pour lui pour d’autres raisons, cette coopération, considérée comme matériellement indirecte, peut être permise pour des raisons proportionnées."


.... Juste avant quand il énonce ceci :

Un catholique serait coupable de coopération formelle au mal – et donc indigne de se présenter à la sainte communion – s’il votait délibérément pour un candidat en raison même des positions permissives de celui-ci sur l’avortement et/ou l’euthanasie



Autrement dit... Si vous votez pour un candidat - qui est en faveur de l'avortement, etc.... - JUSTEMENT parce que vous voulez que les lois "pro-mort" soient votées et instaurées dans le pays (comme le dit le cardinal Ratzinger : délibérément... en raison même des positions permissives)... Alors vous êtes "coupable de coopération formelle au mal" et dans ce cas présent : excommunié.

Effectivement le fait de voter pour Sarkosy en pensant qu'il était le dernier capable de s'opposer au socialisme de Hollande ne vous rend pas coupable de coopération formelle au mal. MAIS si vous aviez voté pour lui en pensant qu'il était le seul de gagner et que, par conséquent, il aurait été le seul à pouvoir répandre l'avortement (mieux que Hollande).. Vous rend alors coupable de coopération au mal ! puisque vous avez voté délibérément dans cette intention.

Il faut souligner l'intention profonde d'un vote.

On peut prendre le même exemple avec Hollande. TOUS ceux qui ont voté pour lui à cause des lois iniques qu'il veut répandre sur l'euthanasie et le mariage homosexuel sont devenus coupables de coopération formelle au mal et sont aujourd'hui excommuniés. En revanche, tous ceux (et je pense à de nombreux "chrétiens de gauche") qui ont voté pour lui en raison de ses lois dites sociales (ou pour d'autres raisons) ne se sont pas rendus coupables de coopération formelle au mal.
images/icones/hein.gif  ( 642133 )Péché collectif? par PEB (2012-08-03 16:53:02) 
[en réponse à 642075]

Le magistère parle de péché collectif ou de structure de péché.

Il est difficile d'ouvrir les yeux et de discerner en conscience le mal que l'on commet alors qu'il est partagé par tout un chacun. A ce sujet, le Chist en Croix n'a-t-il pas absoud la foule de ses persécuteurs: "Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font!" L'Ecriture fait remonter ce mystère d'iniquité à la fondation des premières cités par les Caïnites.

Ce n'est donc pas que par le vote, quelqu'en soit le motif, que se discerne la volonté du citoyen mais par ses prises de position en public ou en privé, par des actes positifs ou négatifs que s'expriment les intentions. Ce n'est pas la même chose que de mettre un bulletin dans une enveloppe et cette enveloppe dans l'urne que de militer à Act-Up ou d'être "cloîtré" au "couvent" de Paris des "Soeurs" de la "Perpétuelle Indulgence".