Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=641669
images/icones/ancre2.gif  ( 641669 )Mgr Fisichella dénonce l'analphabétisme religieux par Paterculus (2012-07-28 18:26:09) 


Bruxelles, 28 juillet 2012 (Apic) "Les sociétés occidentales, qui ont été formées par la culture chrétienne, ne connaissent plus ni la présence du Christ ni les contenus fondamentaux de la foi", martèle Mgr Rino Fisichella. Pour le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation à Rome, qui participait à la 27ème session du Renouveau charismatique qui se tient à la basilique du Sacré-Cœur de Koekelberg à Bruxelles du 25 au 29 juillet 2012, en matière de connaissance des contenus de la foi, "il y a un analphabétisme impressionnant et dramatique".


Article complet sur Apic
Bon, c'est vrai qu'il y a un terrible analphabétisme religieux en Occident, mais peut-être qu'on aurait dû s'interroger plus tôt sur les méthodes catéchétiques mises en place dans les années soixante...
Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche3.gif  ( 641673 )Benoît XVI est le premier à utiliser les mêmes termes par jejomau (2012-07-28 19:14:24) 
[en réponse à 641669]

lors de son Homélie pour la messe Chrismale (LIEN).

La formation catéchétique - question que vous soulevez - est également mise en cause par le Père de Manaranche en ce qui concerne la chute des vocations religieuses . Le Saint-Père semble, quant lui, pointer dans son Homélie la désobéissance.. qu'il lie à cet analphabétisme (?)



images/icones/hein.gif  ( 641700 )Dénoncer cela sert à quoi? par Mauges (2012-07-29 00:32:16) 
[en réponse à 641669]

Si, comme vous l'écrivez, Paterculus, les enfants catéchisés connaissaient les bases (10 commandements, vertus, acte d'espérance, etc), cela irait mieux. Mais on préfère leur faire faire des coloriages, des découpages, collages...

Benoît XVI (que je critique pas mal ici et ailleurs) a au moins confessé (lors des JMJ espagnoles) même si c'était à un groupe sélectionné.
Peut-être que Mgr Fisichella et ses confrères évêques feraient mieux, de faire du porte à porte, du serviette de plage à serviette de plage, pour annoncer l'Evangile plutôt que prêcher les convaincus (?) du Renouveau.
A Londres n'importe qui peut monter sur une chaise pour parler ou prêcher. Au boulot messeigneurs, vous êtes les successeurs des apôtres tandis que nous, nous ne sommes que les successeurs des brebis sans pasteur.
images/icones/fleche2.gif  ( 641709 )Il faut passer du bon diagnostic à la bonne thérapie. par Scrutator Sapientiæ (2012-07-29 09:04:54) 
[en réponse à 641669]

Bonjour et bon dimanche, Paterculus.

1. Oui au bon diagnostic : la crise actuelle a un fondement anthropologique, mais elle a aussi un fondement pneumatologique :

- l'élévation, au rang de norme collective, du rejet intentionnel et objectif du projet de Dieu, Père, Fils, Esprit, pour l'homme et sur l'homme, sous la conduite et en direction de Jésus-Christ, Incarné, Crucifié, Ressuscité, cela existe ;

- l'élévation, au rang de norme collective, du refus intentionnel et objectif de recevoir en soi les dons du Saint-Esprit, de la crainte de Dieu à la sagesse de Dieu, et de transmettre autour de soi les fruits du Saint-Esprit, cela existe aussi.

2. Or, pour qu'il soit plus connu et mieux compris, le diagnostic sur la maladie qu'est la soumission de l'individu contemporain à l'esprit du monde devrait pouvoir déboucher plus fréquemment sur la dénonciation, courageuse et dissensuelle, au sein même de l'Eglise catholique, de ce refus et de ce rejet qui en sont la cause.

3. Oui à la bonne thérapie : il est question d'un analphabétisme relatif aux fondements et aux contenus de la Foi ; par ailleurs, il est également question d'un recentrage, sinon d'une refondation, de la théologie catholique, et, dans ce cadre, d'une réactivation de la relation privilégiée entre la Foi et la raison, entre la philosophie et la théologie.

4. Dans cet ordre d'idées, je suggère, sans doute après d'autres, et sûrement moins bien qu'eux, qu'un abécédaire de la Foi catholique soit diffusé, au sein même, puis autour, de l'Eglise catholique, précisément pour remédier à cet analphabétisme.

5. Dans mon esprit, la doctrine de la Foi devant pouvoir marcher "sur ses deux jambes", la Foi et la raison, la philosophie et la théologie, il va de soi que cet abécédaire devrait comporter plusieurs notions, dont le fondement et le contenu chrétiens disent en quoi elles se distinguent de l'esprit du monde ET s'opposent à l'esprit du monde, tout en étant inspirées par l'Esprit, sans être des vues de l'esprit.

6. En d'autres termes, à mon sens, il n'y aura pas de remédiation à cet analphabétisme sans réactivation d'une "apologétique contrapositionnelle", au sein de laquelle la réaffirmation de la radicalité et de la spécificité des notions qui renvoient aux réalités

- qui sont en rapport avec la Foi catholique,

et

- qui sont contraires à l'esprit du monde,

mais

- qui ne sont pas contraires à la raison humaine,

devrait pouvoir remplir son rôle.

7. Il n'est que de lire, notamment et par exemple, le Vocabulaire de Saint Augustin, de Christian NADEAU, petit livre paru aux éditions Ellipses, pour connaître et comprendre à quel type d'abécédaire de la Foi catholique et d'apologétique contrapositionnelle je fais allusion.

8. Formulé autrement, cela revient à dire que, bientôt un demi-siècle après le début du Concile, il convient de sortir, si je puis m'exprimer ainsi, de la part de spontanéisme qui est présente dans l'expression "il suffit d'aimer", expression qui a souvent été réduite à sa dimension "existentielle - immanentiste", pour ne pas pas dire "sentimentale - transcendantale", dans le cadre de toute une catéchèse hémiplégique, qui a longtemps promu beaucoup plus l'accueil de l'amour humain que celui de la lumière vraiment divine, davantage la charité destinée aux hommes que la vérité provenant du seul vrai Dieu.

9. Aux antipodes de ce "il suffit d'aimer" Dieu et les hommes, comme si la connaissance et la compréhension de tout le reste (les fondements et contenus de la Foi, l'Espérance, la Charité) étaient données par surcroît, je suis tenté de dire, au contraire : il s'agit de connaître et de comprendre le Credo, le Notre Père, le Décalogue, les sacrements, et d'y adhérer, de tout son esprit et dans toute sa vie, pour aimer Dieu et les hommes, par Lui, avec Lui et en Lui, dans l'Eglise, et non sans elle.

10. Pour résumer et pour terminer, je dirai ceci :

- non au spontanéisme qui maintient dans l'ignorance, et qui laisse (ou rend ?) les catholiques plus ou moins influençables

et

- oui à un organicisme bien conçu et bien compris, au service de la connaissance et de la compréhension de la Foi catholique.

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 641714 )de la mémoire... par jejomau (2012-07-29 09:38:35) 
[en réponse à 641709]

Notre société, qui a dévelloppé les supports fondés sur l'image, a amené les gens à vivre l'instantané. Plus l'enfant voit d'images, plus les professeurs sont contents !
Parallèlement, la perte de temps engendré ne permet plus de travailler la ... mémoire. Cet outil demande de faire travailler son cerveau sur une quantités de données infiniment plus petites. Puis d'y revenir une fois.. Puis d'y revenir encore une fois pour que la chose soit enregistrée.

Par exemple, je défie tout liseur - en ce moment même - de dire ce qu'il a lu dans le post en-dessous de celui que vous lisez en ce moment. Je parie même que vous ne savez même plus de quoi parle ce post !

En revanche si vous aviez pris du temps à mémoriser ce post... vous le sauriez.

Et non seulement vous le sauriez... Mais encore celà permettrait alors à l'intelligence de "ruminer" sur ce qui a été enregistré par la mémoire.

Ainsi, il y a un lien très étroit entre l'intelligence et la mémorisation... CONTRAIREMENT à ce que l'on raconte tout le temps dans l'Education Nationale. En conséquence de quoi aussi, nombre de jeunes sortent de l'Education Nationale... en donnant le sentiment de savoir très peu de choses aujourd'hui !

Eh bien , en matière de catéchisme c'est pareil. Je pense qu'il faut apprendre un certain nombre de chose par coeur. Savoir aussi les ressortir. En faire sa réflexion personnelle quotidiennement sans qu'on ait chaque fois à rechercher dans un livre ou dans un autre support.

C'est une réflexion toute personnelle sur la mémoire....
images/icones/heho.gif  ( 641730 )Haaaa oui, par Anisvert (2012-07-29 16:36:08) 
[en réponse à 641669]

" peut-être qu'on aurait dû s'interroger plus tôt sur les méthodes catéchétiques mises en place dans les années soixante"

Je suis bien de cet avis !

Et, expérience vécue, les dames-caté de nos jours sont, certes de bonne volonté, mais elles-mêmes, elles ne savant rien de ce qu'elles doivent enseigner. Une de ma connaissance ne connait même pas quels sont les sacrements. Suit-elle une livre, une méthode, ne sais. Qui est choisi et comment ?
L'évêque doit se contenter avec ce qu'il a, en tous cas.
Une foi, j'ai vu qu'ils avaient fait une petite mise en scène d'un petit oratoire avec des bougies, c'était très mignon, mais quoi ?

Puisque les prêtres ne veulent plus rien apprendre aux gens.

images/icones/1h.gif  ( 641757 )Quant à la formation des catéchistes, même chez les tradis, par erminig (2012-07-29 22:04:21) 
[en réponse à 641730]


je reste sceptque sur la prise de conscience de formation sérieuse des catéchistes et du niveau de formation nécessaire...

La mémorisation est un ancrage pour la vie, pour plus tard.

Mais elle n'a de sens que si l'enfant vit une vie spirituelle et liturgique tout u long de la journée, la semaine, l'année.

Les deux se complètent.

La mémorisation servait à nourrir des adultes à condition qui pouvaient être récupérés même en toute fin de vie par des prêtres "sur le terrain sacramentel".


Aujourd'hui, c'est le désert dans bien des endroits, et l'analphabétisme...

Enfin, pour ce que j'en dis...
à+
erminig

qui attend que la catéchisation soit vraiment une priorité, un peu sceptique...
images/icones/fleche3.gif  ( 641759 )distinguons bien par jejomau (2012-07-29 22:59:02) 
[en réponse à 641757]

- le travail de mémorisation qu'il me semble important de faire pour obtenir les bases - qui seront en outre un ancrage pour l'avenir, je n'en disconviens pas - dans le cadre de l'enseignement qu'un prêtre pourra donner lors de la catéchèse.....

- de la vie spirituelle qui s'acquiert dans la prière - en particulier au sein de la famille -

Ces deux choses sont effectivement complémentaires mais bien distinctes...
images/icones/1f.gif  ( 641780 )on ne parle pas de la même chose: la mémorisation ne suffit pas par erminig (2012-07-30 12:05:26) 
[en réponse à 641759]


Elle est importante mais doit s'appueyr sur le geste, la répétition et tout le reste.
Je vous renvoie sur d'autres pots parlant de lontessori.
le langage humain se construit par le travail de la main.
Et le geste.
Assister à la messe tout petit est aussi un ancrage essentiel. Et nécessaire pour former l'intelligence spirituelle.
je trouve toujours incroyable que l'on s'étire le cerveau sur l'apprentissage de la lecture ou des mathématiques, et que l'on réduise à la portion congrue ma formation des catéchistes, qu'is soient prêtres, parents ou bénévoles.

C'est un peu comme dans la vie ordinaire: les hommes vont se mettre e quatre quand il s'agit d'acheter une voiture, et rares sont ceux qui font une expertise pour l'achat d'une maison.

Je me souviens d'un prêtre qui estimait que les jeunes enfants, c'était leur moucher le nez et donc qu'il n'avait pas à s'en occuper...
Autre point: l'analphabétisme ne se cantonne pas au religieux; tant et sibien qu'il est presqu'imposssible de se servir des anciens petits catéchismes de nos enfants à cause du vocabulaire. Et encore cinq ans, il sera difficile de se servir de l'édition du catéchisme "rouge", réactualisation du chanoine Quinet...
L
images/icones/bulle.gif  ( 641784 )la mémorisation est un acte hautement répétitif par jejomau (2012-07-30 13:52:20) 
[en réponse à 641780]

et vous avez entièrement raison de souligner l'importance de ce que vous nommez le "travail de la main".

Comme anecdote je me souviens d'un professeur de russe qui, pour faire apprendre sa matière à ses élèves, les obligeait à écrire le vocabulaire à apprendre . Il répétait sans cesse que la main, en écrivant l'alphabet cyrillique, mémorisait cent fois mieux le vocabulaire à connaitre.
images/icones/fleche2.gif  ( 641867 )Oui, c'est l'un des points condamné du catéchisme progressif par Emmanuel (2012-07-31 12:45:32) 
[en réponse à 641759]

Oui, vous avez raison de distinguer le catéchisme de la vie spirituelle qui sont bien distincts et complémentaires.

C'est l'un des points condamné du catéchisme progressif du chanoine Colombe qui est encore la base "philosophique" de la catéchèse d'aujourd'hui et qui, curieusement, est repris sous une forme sympathique par des catholiques tout à fait traditionnels et qui se nomme entre autre, catéchèse du Bon Pasteur, etc. Dans ce type d'enseignement, sous une apparence traditionnelle, on retrouve les points condamnés du catéchisme progressif.
images/icones/fleche2.gif  ( 641761 )On lui doit un "Dictionnaire de théologie fondamentale". par Scrutator Sapientiæ (2012-07-29 23:29:45) 
[en réponse à 641669]

Bonsoir Paterculus,

Je vous signale à toutes fins utiles que l'on doit à Mgr FISICHELLA et au Père LATOURELLE la direction d'un "Dictionnaire de théologie fondamentale" "à peu près complet" (un peu plus de 1 500 pages) et qui a été publié, en 1992, aux éditions du Cerf.

J'ai la chance, et non le mérite, de disposer de cet ouvrage, qui nécessite un investissement en argent et un enfouissement qui prend du temps : ce n'est pas difficile, mais long, à lire...

C'est le type même de l'ouvrage

- très intéressant sous l'angle analytique, et sur le plan de l'organisation de la matière qu'est la théologie fondamentale, celle-ci étant une véritable "plate-forme",

- peu intéressant sous l'angle programmatique, et sur le plan de la mobilisation des ressources, en vue de remédier à la situation actuelle de la Foi dans l'Eglise,

mais il s'agit bien d'un dictionnaire, et non d'un catéchisme.

Ce dictionnaire est paru en 1992, vingt ans après le début du Concile, et quelques mois avant la parution du Catéchisme de l'Eglise catholique, et je suis tenté de dire qu'à la lecture, cela "se ressent".

On y ressent en effet l'aboutissement d'une manière plus descriptive que prescriptrice de concevoir les problématiques et de déployer les argumentaires qui relèvent de la théologie fondamentale.

Je vous précise, là aussi, à toutes fins utiles, une définition de ce qu'est la théologie fondamentale, définition que je viens de trouver sur Wikipédia :

" La théologie fondamentale est une discipline théologique majeure dont la tâche est de réfléchir sur les fondements de la foi, sur la révélation, sur la parole évangélique, sur le dogme, ainsi que sur le dialogue avec la philosophie et les non-croyants.

La théologie fondamentale se distingue de la théologie dogmatique par sa démarche, et par sa manière de regrouper ensemble toutes les disciplines théologiques, dont la théologie anthropologique, la théologie biblique et la théologie systématique.

Elle explore les fondements du credo, l'enseignement de la religion, l'organisation de l'Église et les sources du mystère chrétien dans ses rapports avec le Logos divin. Elle peut aussi s'apparenter à l'apologétique, dans le but de défendre l'Église et sa foi. "

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 641768 )une question simple par jejomau (2012-07-30 09:35:20) 
[en réponse à 641761]

peut-on parler de "théologie" en ce qui concerne l'Islam; en ce qui concerne les juifs ?

Je m'explique.

On parle de théologie dans la religion catholique pour aborder Dieu. Mais en ce qui concerne les religions citées ci-dessus, peut-on parler de "théologie" si l'on est d'accord pour affirmer que l'Islam n'est pas une religion mais une "construction" humaine ? Idem pour les juifs si l'on part du principe que la Nouvelle Alliance rend désormais caduque la religion juive depuis le Christ ?

En clair : la théologie ne concerne-t-elle que les religions chrétiennes qui professent et adorent seules le Vrai Dieu et sont donc seules susceptibles d'approcher par la connaissance (c-à-d : par la "théologie") Dieu ? Et inversement on affirmerait alors que ces religions ne peuvent avoir de théologie ?

J'espère m'être fait comprendre...
images/icones/1d.gif  ( 641770 )C'est merveilleux !.... par origenius (2012-07-30 10:37:01) 
[en réponse à 641768]

Bien que cela ne serve strictement à rien.



Peut-on parler de "théologie" en ce qui concerne l'Islam ; en ce qui concerne les juifs ?




Non bien sûr. La connerie et surtout l'ignorance crasse l'a décidé. Vous avez déjà, vous et d'autres, de gros problèmes avec un Christianisme revu et corrigé. On y ressuscite même en corps de chair dans votre pseudo religion. C'est marqué !!...même le Credo nous l'explique, paraît-il.

Donc vous êtes réincarnationniste comme un vulgaire spirite. Et encore même Allan Kardec n'était pas tout à fait d'accord, c'est tout dire. Ridicule !



Je m'explique.



Aïe !



On parle de théologie dans la religion catholique pour aborder Dieu. Mais en ce qui concerne les religions citées ci-dessus, peut-on parler de "théologie" si l'on est d'accord pour affirmer que l'Islam n'est pas une religion mais une "construction" humaine ?



Et si ON est pas d'accord ?



Idem pour les juifs si l'on part du principe que la Nouvelle Alliance rend désormais caduque la religion juive depuis le Christ ?



Et si l'ON part pas du principe ?

Si ON est d'accord. Si l'ON part du principe.

Vous êtes poignant.


En clair : la théologie ne concerne-t-elle que les religions chrétiennes qui professent et adorent seules le Vrai Dieu et sont donc seules susceptibles d'approcher par la connaissance (c-à-d : par la "théologie") Dieu ? Et inversement on affirmerait alors que ces religions ne peuvent avoir de théologie ?



ça mange pas de pain, n'est-ce pas ?


J'espère m'être fait comprendre...



Bien sûr. C'est clair comme du jus de boudin.


Ce n'est même plus du simplisme :

Q : Pourquoi le Christianisme est la seule vraie religion ?

R : Parce que les autres sont fausses.

Q : Et pourquoi les autres religions sont fausses ?

R : Parce que le Christianisme est la seule vraie.

Un regret : On peut sur ce forum et si on le désire contacter un aumônier. Il y manque un psychiatre... il aurait du boulot.
images/icones/1v.gif  ( 641773 )Aïe ! par jejomau (2012-07-30 11:05:28) 
[en réponse à 641770]

vous êtes jésuite....
images/icones/fleche2.gif  ( 641855 )Merci beaucoup pour toute réponse. par Scrutator Sapientiæ (2012-07-31 09:43:44) 
[en réponse à 641770]

Bonjour origenius,

Je vous remercie par avance pour toute remarque sur la formulation figurant ci-dessous, formulation que je vous soumets avec autant de modestie que de prudence.

Du point de vue, catholique, qui est le mien, point de vue qui s'efforce d'être le plus fidèle possible au document inséré ci-dessous, je considère

- que le judaisme est bien une religion monothéiste, mais constitue en lui-même une acceptation incomplète de la révélation divine,

- que l'islam est bien une religion monothéiste, mais constitue en lui-même une déformation manifeste de la révélation divine.

Les croyants non chrétiens sont d'authentiques croyants, et les religions non chrétiennes sont d'authentiques religions, d'un point de vue anthropologique, philosophique, sociologique, et même théologique, théologique n'étant pas synonyme, notamment ici même, de "surnaturel" ou de "théologal".

En d'autres termes, je ne conteste ni la sincérité des croyants non chrétiens, ni la présence d'éléments de vérité dans les religions non chrétiennes.

Mais cette partie de ma tentative de formulation n'éclipse pas, n'occulte pas, l'autre partie de ma formulation : en l'occurrence, et, à tout le moins, d'un point de vue catholique, éclairé par le Magistère, les religions non chrétiennes, y compris le judaisme et l'islam, ne comportent pas la plénitude de la révélation divine, et sont donc de ce fait susceptibles d'être qualifiées d'erronées.

Voici à présent la dernière partie du document Dominus Iesus :

« VI. L'ÉGLISE ET LES RELIGIONS FACE AU SALUT

20. Ce qui a été jusqu'ici rappelé impose nécessairement des étapes au chemin que la théologie doit parcourir pour élucider le rapport de l'Église et des religions avec le salut.

On doit avant tout croire fermement que l'« Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut: or, il nous devient présent en son Corps qui est l'Église; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16,16; Jn 3,5), c'est la nécessité de l'Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême, qu'il nous a confirmée en même temps ».77 Cette doctrine ne doit pas être opposée à la volonté salvifique universelle de Dieu (cf. 1 Tm 2,4); aussi, « il est nécessaire de tenir ensemble ces deux vérités, à savoir la possibilité réelle du salut dans le Christ pour tous les hommes et la nécessité de l'Église pour le salut ».78

L'Église est « sacrement universel de salut »,79 parce que, de manière mystérieuse et subordonnée, toujours unie à Jésus-Christ sauveur, sa Tête, elle a dans le dessein de Dieu un lien irremplaçable avec le salut de tout homme.80 Pour ceux qui ne sont pas formellement et visiblement membres de l'Église, « le salut du Christ est accessible en vertu d'une grâce qui, tout en ayant une relation mystérieuse avec l'Église, ne les y introduit pas formellement mais les éclaire d'une manière adaptée à leur état d'esprit et à leur cadre de vie. Cette grâce vient du Christ, elle est le fruit de son sacrifice et elle est communiquée par l'Esprit Saint ».81 Elle est liée à l'Église, qui « tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père ».82

21. Sur la modalité de transmission aux non-chrétiens de la grâce salvifique de Dieu, toujours donnée par le Christ en l'Esprit et dans un rapport mystérieux avec l'Église, le Concile Vatican II s'est contenté d'affirmer que Dieu la donne « par des voies connues de lui ».83

La théologie cherche à approfondir cette idée. Ce travail théologique doit être encouragé, parce qu'il sert sans aucun doute à une meilleure compréhension des desseins salvifiques de Dieu et des formes de leur réalisation.

Cependant, d'après ce qui a été rappelé jusqu'ici sur la médiation de Jésus-Christ et sur la « relation singulière et unique »84 entre l'Église et le Royaume de Dieu parmi les hommes — qui est en substance le Royaume du Christ sauveur universel —, il serait clairement contraire à la foi catholique de considérer l'Église comme un chemin de salut parmi d'autres.

Les autres religions seraient complémentaires à l'Église, lui seraient même substantiellement équivalentes, bien que convergeant avec elle vers le Royaume eschatologique de Dieu.

Certes, les différentes traditions religieuses contiennent et proposent des éléments de religiosité qui procèdent de Dieu,85 et font partie de « ce que l'Esprit fait dans le cœur des hommes et dans l'histoire des peuples, dans les cultures et les religions ».86

De fait, certaines prières et certains rites des autres religions peuvent assumer un rôle de préparation évangélique, en tant qu'occasions ou enseignements encourageant le cœur des hommes à s'ouvrir à l'action divine.87

On ne peut cependant leur attribuer l'origine divine et l'efficacité salvifique ex opere operato qui sont propres aux sacrements chrétiens.88

Par ailleurs, on ne peut ignorer que d'autres rites naissent de superstitions ou d'erreurs semblables (cf. 1 Co 10,20-21) et constituent plutôt un obstacle au salut.89

22. Avec l'avènement de Jésus-Christ sauveur, Dieu a voulu que l'Église par lui fondée fût l'instrument du salut de toute l'humanité (cf. Ac 17,30-31).90 Cette vérité de foi n'enlève rien à la considération respectueuse et sincère de l'Église pour les religions du monde, mais en même temps, elle exclut radicalement la mentalité indifférentiste « imprégnée d'un relativisme religieux qui porte à considérer que “toutes les religions se valent” ».91 S'il est vrai que les adeptes d'autres religions peuvent recevoir la grâce divine, il n'est pas moins certain qu'objectivement ils se trouvent dans une situation de grave indigence par rapport à ceux qui, dans l'Église, ont la plénitude des moyens de salut.92

« Tous les fils de l'Église doivent [...] se souvenir que la grandeur de leur condition doit être rapportée non à leurs mérites, mais à une grâce spéciale du Christ; s'ils n'y correspondent pas par la pensée, la parole et l'action, ce n'est pas le salut qu'elle leur vaudra, mais un plus sévère jugement ».93 On comprend ainsi que, suivant le commandement du Seigneur (cf. Mt 28,19-20) et comme exigence d'amour pour tous les hommes, l'Église « annonce, et est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est “la voie, la vérité et la vie” (Jn 14,6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses ».94

La mission ad gentes, dans le dialogue interreligieux aussi, « garde dans leur intégrité, aujourd'hui comme toujours, sa force et sa nécessité ».95 En effet, « “Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité” (1 Tm 2,4). Dieu veut le salut de tous par la connaissance de la vérité. Le salut se trouve dans la vérité. Ceux qui obéissent à la motion de l'Esprit de vérité sont déjà sur le chemin du salut; mais l'Église, à qui cette vérité a été confiée, doit aller à la rencontre de leur désir pour la leur apporter. C'est parce qu'elle croit au dessein universel de salut qu'elle doit être missionnaire ».96 Le dialogue donc, tout en faisant partie de la mission évangélisatrice, n'est qu'une des actions de l'Église dans sa mission ad gentes.97

La parité, condition du dialogue, signifie égale dignité personnelle des parties, non pas égalité des doctrines et encore moins égalité entre Jésus-Christ — Dieu lui-même fait homme — et les fondateurs des autres religions. L'Église en effet, guidée par la charité et le respect de la liberté,98 doit en premier lieu annoncer à tous la vérité définitivement révélée par le Seigneur, et proclamer la nécessité, pour participer pleinement à la communion avec Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, de la conversion à Jésus-Christ et de l'adhésion à l'Église par le baptême et les autres sacrements. D'autre part la certitude de la volonté salvifique universelle de Dieu n'atténue pas, mais augmente le devoir et l'urgence d'annoncer le salut et la conversion au Seigneur Jésus-Christ. »

Bonne réception, bonne lecture, merci beaucoup pour toute réponse, bonne journée.

Scrutator.
images/icones/1d.gif  ( 641951 ) De plus en plus merveilleux... par origenius (2012-08-01 12:44:57) 
[en réponse à 641855]




Je vous remercie par avance pour toute remarque sur la formulation figurant ci-dessous, formulation que je vous soumets avec autant de modestie que de prudence.



Vous avez un style remarquable. Vous êtes encore plus clérical que les clercs. D'autre part, je me suis suffisamment expliqué sur la spécificité du Christianisme par rapport aux autres formes traditionnelles, pour ne pas avoir une fois de plus à y revenir.
Mais votre amour irraisonné de la dialectique dialecticienne vous conduit à une conclusion tout à fait remarquable.
Freud prétendait que la religion est un délire collectif, je constate que vous n'êtes pas pressé de lui donner tort.
Votre texte est un monument de loufoquerie. Allons-y !



Du point de vue, catholique, qui est le mien, point de vue qui s'efforce d'être le plus fidèle possible au document inséré ci-dessous, je considère



Non, déjà, point de vue exclusivement chrétien. Ainsi, le point de vue "catholique" qui est le votre consiste à être le plus fidèle possible au document cité ci-dessous. C'est une définition de la religion chrétienne que j'ignorais. Bref, continuons.


- que le judaïsme est bien une religion monothéiste, mais constitue en lui-même une acceptation incomplète de la révélation divine,



Que le judaïsme est bien une religion monothéiste.
Donc, qui a sa source inévitablement dans une Révélation. Dont acte.



- que l'islam est bien une religion monothéiste, mais constitue en lui-même une déformation manifeste de la révélation divine.



Que l'islam est bien une religion monothéiste.
Donc qui a sa source inévitablement dans une Révélation. Dont acte.



Les croyants non chrétiens sont d'authentiques croyants, et les religions non chrétiennes sont d'authentiques religions, d'un point de vue anthropologique, philosophique, sociologique, et même théologique, théologique n'étant pas synonyme, notamment ici même, de "surnaturel" ou de "théologal".



Les religions non chrétiennes sont d'authentiques religions et même d'un point de vue théologique.
Donc, où est le problème ?

Mais :


Théologique n'étant pas synonyme, notamment ici même, de "surnaturel" ou de "théologal".



Donc ces authentiques religions (je vous cite) ne relèvent pas du surnaturel.
Mieux, elles ne sont pas théologales.

Théologal veut dire "qui a Dieu pour objet".

Par conséquent, ces religions authentiques (je vous cite) ne relèvent pas du surnaturel et bien que vous les qualifiez de monothéistes et théologiques, elles ne parlent pas de Dieu.

Theos en grec veut donc dire CAC 40.

Remarquable !!



En d'autres termes, je ne conteste ni la sincérité des croyants non chrétiens, ni la présence d'éléments de vérité dans les religions non chrétiennes.



Vous êtes trop aimable.



Mais cette partie de ma tentative de formulation n'éclipse pas, n'occulte pas, l'autre partie de ma formulation : en l'occurrence, et, à tout le moins, d'un point de vue catholique, éclairé par le Magistère, les religions non chrétiennes, y compris le judaïsme et l'islam, ne comportent pas la plénitude de la révélation divine, et sont donc de ce fait susceptibles d'être qualifiées d'erronées.



Les religions non chrétiennes, y compris le judaïsme et l'islam sont susceptibles d'être qualifiées d'erronées.

Par conséquent, vous introduisez la notion remarquable et c'est à encadrer :

Religions authentiques erronées

Toutes mes félicitations.

Donc, comme les copains : ce sont de fausses religions.

Ce n'était vraiment pas la peine de tartiner tout ça.

En conclusion :

Je vous soupçonne de vouloir à tout prix imiter Raymond Devos et que vous êtes sans aucun doute l'inventeur de la migraine.
De grâce, évitez à ce point là de vous prendre les pieds dans le tapis.
images/icones/fleche2.gif  ( 641998 )Distinction entre Foi chrétienne et croyances non chrétiennes. par Scrutator Sapientiæ (2012-08-02 09:45:36) 
[en réponse à 641951]

Bonjour origenius,

1. Je vous renvoie cette fois ci, non plus à la fin, mais au début de Dominus Iesus.

" I. LA REVELATION DE JESUS-CHRIST COMPLETE ET DEFINITIVE

5. Pour remédier à cette mentalité relativiste toujours plus répandue, il faut réaffirmer avant tout que la révélation de Jésus-Christ est définitive et complète. On doit en effet croire fermement que la révélation de la plénitude de la vérité divine est réalisée dans le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu incarné, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6): « Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11,27); « Nul n'a jamais vu Dieu; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître » (Jn 1,18); « En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité, et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude » (Col 2,9-10).

Fidèle à la parole de Dieu, le Concile Vatican II enseigne: « La profonde vérité que cette révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l'homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le médiateur et la plénitude de toute la révélation ».9 Et il précise: « Jésus-Christ donc, le Verbe fait chair, “homme envoyé aux hommes”, “prononce les paroles de Dieu” (Jn 3,34) et achève l'œuvre de salut que le Père lui a donné à faire (cf. Jn 5,36; 17,4). C'est donc lui — le voir, c'est voir le Père (cf. Jn 14,9) — qui, par toute sa présence et par la manifestation qu'il fait de lui-même par paroles et œuvres, par signes et miracles, et plus particulièrement par sa mort et par sa résurrection glorieuse d'entre les morts, par l'envoi enfin de l'Esprit de vérité, achève en la complétant la révélation, et la confirme encore en l'attestant divinement [...]. L'économie chrétienne, étant l'Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n'est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ (cf. 1 Tm 6,14 et Tt 2,13) ».10

Aussi l'encyclique Redemptoris missio rappelle à l'Église la tâche de proclamer l'Évangile comme plénitude de la vérité: « Dans cette Parole définitive de sa révélation, Dieu s'est fait connaître en plénitude: il a dit à l'humanité qui il est. Et cette révélation définitive que Dieu fait de lui-même est la raison fondamentale pour laquelle l'Église est missionnaire par sa nature. Elle ne peut pas ne pas proclamer l'Évangile, c'est-à-dire la plénitude de la vérité que Dieu nous a fait connaître sur lui-même ».11 Seule la révélation de Jésus-Christ « fait donc entrer dans notre histoire une vérité universelle et ultime, qui incite l'esprit de l'homme à ne jamais s'arrêter ».12

6. Est donc contraire à la foi de l'Église la thèse qui soutient le caractère limité, incomplet et imparfait de la révélation de Jésus-Christ, qui compléterait la révélation présente dans les autres religions. La cause fondamentale de cette assertion est la persuasion que la vérité sur Dieu ne pourrait être ni saisie ni manifestée dans sa totalité et dans sa complétude par aucune religion historique, par le christianisme non plus par conséquent, et ni même par Jésus-Christ.

Cette position contredit radicalement les précédentes affirmations de foi selon lesquelles la révélation complète et définitive du mystère salvifique de Dieu se réalise en Jésus-Christ. Aussi, les mots, les œuvres et toute l'existence historique de Jésus, quoique limités en tant que réalités humaines, ont cependant comme sujet la Personne divine du Verbe incarné, « vraiment Dieu et vraiment homme »;13 ils portent donc en eux le caractère complet et définitif de la révélation des voies salvifiques de Dieu, même si la profondeur du mystère divin en lui-même demeure transcendante et inépuisable. La vérité sur Dieu n'est pas abolie ou réduite quand elle est exprimée dans un langage humain. Elle demeure en revanche unique, complète et définitive car celui qui parle et qui agit est le Fils de Dieu incarné. Dès lors la foi exige qu'on professe que dans tout son mystère, de l'incarnation à la glorification, le Verbe fait chair est la source, participée mais réelle, et l'accomplissement de toute révélation salvifique de Dieu à l'humanité,14 et que l'Esprit Saint, qui est l'Esprit du Christ, enseigne cette « vérité tout entière » (Jn 16,13) aux apôtres et à travers eux à l'Église de tous les temps.

7. La réponse adéquate à la révélation divine est « “l'obéissance de la foi ” (Rm 1,5; cf. Rm 16,26; 2 Co 10,5-6), par laquelle l'homme s'en remet tout entier et librement à Dieu dans un “complet hommage d'intelligence et de volonté à Dieu qui révèle” et dans un assentiment volontaire à la révélation qu'il fait ».15 La foi est un don de grâce: « Pour exister, cette foi requiert la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que les secours intérieurs du Saint-Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l'esprit et donne “à tous la douceur de consentir et de croire à la vérité” ».16

L'obéissance de la foi comporte l'accueil de la vérité de la révélation du Christ, garantie par Dieu qui est la Vérité même:17 « La foi est d'abord une adhésion personnelle de l'homme à Dieu; elle est en même temps, et inséparablement, l'assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélée ».18 La foi par conséquent, « don de Dieu » et « vertu surnaturelle infuse par lui »,19 comporte une double adhésion: à Dieu qui révèle et à la vérité qu'il révèle, à cause de la confiance accordée à la personne qui affirme. C'est pour cela que « nous ne devons croire en nul autre que Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ».20

On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l'accueil dans la grâce de la vérité révélée, qui « permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente »,21 la croyance dans les autres religions est cet ensemble d'expériences et de réflexions, trésors humains de sagesse et de religiosité, que l'homme dans sa recherche de la vérité a pensé et vécu, pour ses relations avec le Divin et l'Absolu.22

Cette distinction n'est pas toujours présente dans la réflexion actuelle, ce qui provoque souvent l'identification entre la foi théologale, qui est l'accueil de la vérité révélée par le Dieu Un et Trine, et la croyance dans les autres religions, qui est une expérience religieuse encore à la recherche de la vérité absolue, et encore privée de l'assentiment à Dieu qui se révèle. C'est là l'un des motifs qui tendent à réduire, voire même à annuler, les différences entre le christianisme et les autres religions.

8. On avance aussi l'hypothèse de l'inspiration des textes sacrés d'autres religions. Il faut certes reconnaître que certains éléments de ces textes sont de fait des instruments pour que des multitudes de personnes au cours du temps aient pu, aujourd'hui comme hier, alimenter et conserver leur rapport religieux avec Dieu. Ainsi donc, en considérant les manières de faire, les règles et les doctrines des autres religions, le Concile Vatican II — comme on l'a rappelé supra — affirme que: « Quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu'elle-même [l'Église] tient et propose, cependant [elles] apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes ».23

Néanmoins, la tradition de l'Église réserve la qualification de textes inspirés aux livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament, en tant qu'inspirés par le Saint-Esprit.24 Recueillant cette tradition, la Constitution dogmatique sur la Révélation divine du Concile Vatican II enseigne: « Notre sainte Mère l'Église, de par sa foi apostolique, juge sacrés et canoniques tous les livres tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l'inspiration de l'Esprit-Saint (cf. Jn 20,31; 2 Tm 3,16; 2 Pt 1,19-21; 3,15-16), ils ont Dieu pour auteur et qu'ils ont été transmis comme tels à l'Église elle-même ».25 Ces livres « enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu pour notre salut a voulu voir consignée dans les Lettres Sacrées ».26

Cependant, parce qu'il veut appeler à lui tous les peuples en Jésus-Christ et leur communiquer la plénitude de sa révélation et de son amour, Dieu ne manque pas de se rendre présent de manière multiforme « non seulement aux individus mais encore aux peuples, par leurs richesses spirituelles dont les religions sont une expression principale et essentielle, bien qu'elles comportent “des lacunes, des insuffisances et des erreurs” ».27 Par conséquent, les livres sacrés des autres religions qui de fait nourrissent et dirigent l'existence de leurs adeptes, reçoivent du mystère du Christ les éléments de bonté et de grâce qu'ils contiennent. "

2. Et comme j'ai la possibilité de lire et faire lire des auteurs qui ne sont peut-être pas totalement en accord avec la position magistérielle rappelée ci-dessus, je le fais ici :

Claude GEFFRE.

Henri de la Hougue.

Recension critique de "l'estime de la foi des autres".

Recension critique de "l'estime de la foi des autres"..

Recension de "l'estime de la foi des autres"...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/iphone.jpg  ( 642002 )Monothéisme et Révélation par Vincent F (2012-08-02 10:26:48) 
[en réponse à 641951]

Vous affirmez (de manière parfaitement gratuite) qu'étant des monothéismes, judaïsme et islam ont inévitablement leur source dans une Révélation.
Ceci absolument faux dans la mesure où la Révélation n'est pas nécessaire pour savoir qu'il n'y a qu'un seul Dieu.
images/icones/fleche2.gif  ( 642023 )Très rapidement : merci beaucoup + un texte de Paul VI. par Scrutator Sapientiæ (2012-08-02 14:28:08) 
[en réponse à 642002]

Bonjour Vincent F,

Merci beaucoup pour cette remarque, ce remerciement n'ayant aucun caractère polémique : je vous remercie "pour" cette remarque en tant que telle (et non parce qu'elle serait adressée "contre" celle de qui que ce soit), car elle va, dans toute sa brièveté, en plein coeur du sujet : oui, la Révélation n'est pas nécessaire pour savoir qu'il n'y a qu'un seul Dieu.

C'est cela aussi qui gagnerait à être précisé ou rappelé plus fréquemment, en ces temps d'analphabétisme catéchétique ou théologique.

PAUL VI AUDIENCE GÉNÉRALE Mercredi 27 novembre 1968

" Connaissance de Dieu et raison

Chers Fils et Filles,

Comment fait-on pour connaître Dieu? C'est la grande question qui tourmente l'esprit moderne. C'est une question aussi ancienne que l'histoire de l'homme; mais aujourd'hui elle tourmente l'homme parce que le progrès de la connaissance humaine a rendu plus exigeant le besoin de donner à cette question une réponse satisfaisante par rapport aux habitudes de notre mentalité, c'est-à-dire de notre raison critique et scientifique et par rapport au rôle que joue, dans notre connaissance, l'expérience sensible. Maintenant se vérifie le fait que notre processus de connaissance semble rencontrer, et en pratique rencontre, plus de difficultés à atteindre Dieu qu'il n'en rencontrait par le passé, quand la connaissance de Dieu était admise et présupposée normalement dans toute forme de pensée; alors qu'aujourd'hui la connaissance de Dieu n'est pas un principe indiscutable, mais une conclusion finale de la pensée elle-même; arriver à cette conclusion est chose difficile. On dirait que nous sommes devenus plus intelligents et plus instruits, et, en même temps moins religieux, c'est-à-dire moins capables d'arriver à Dieu.

L'attitude athée

Devrons-nous renoncer à cette conquête? L'athéisme contemporain répond: nous devons renoncer. Cette réponse qui semble si simple, produit un tel vide dans la pensée et la vie de l'homme qu'elle suscite des problèmes nombreux et graves au point de troubler la confiance dans la pensée elle-même comme dans le sens positif de la vie. Ceux qui croient pouvoir fonder un humanisme sur l'athéisme deviennent en réalité les prophètes d'un nihilisme qui rend tout gratuit, instable, irrationnel et qui supplée ces carences par des notions empiriques ou insuffisantes, par des systèmes arbitraires et violents, et ensuite par des conclusions pessimistes, révolutionnaires et désespérés. Et le grand absent, Dieu, devient le cauchemar de celui qui demande à son esprit la vérité. Nous en trouvons le témoignage dans la littérature: « Dieu m'a tourmenté pendant toute la vie » dit, par exemple, un personnage d'un célèbre romancier russe (cf. Dostoïewski).

La raison nous mène à Dieu

Vous savez que l'Eglise, elle, ne renonce pas à la conquête de Dieu. Elle ne nie pas à l'esprit humain la capacité d'arriver à la connaissance de Dieu par la raison aussi, même si ce n'est pas sans efforts et sans ombres. L'Eglise reste ferme, même si elle doit rester seule (cf. Newman) à revendiquer pour la raison cette suprême possibilité. Il faut lui rendre honneur pour cela, du moins pour cette défense de la raison, alors que si souvent on accuse l'Eglise d'obscurantisme et de fidéisme. La foi nous donne certainement de Dieu une connaissance bien plus entière et bien plus facile par elle-même, mais la foi même, affirme notre doctrine, ne peut faire abstraction de l'usage normal et vigoureux de la raison. Le Concile Vatican I a canonisé sous cet aspect la raison naturelle (cf. Denzinger-Sch. 3015 ss.).

Oh! Quel domaine illimité d'études! (cf. L'œuvre encore valable de Garrigou-Lagrange: Dieu, Beauchesne, 1919). Ce n'est certainement pas ici que nous le pénétrerons! Il nous suffit de faire quelques remarques modestes, mais peut-être non superflues. La première est celle-ci. Quand nous nous posons la question de la connaissance rationnelle de Dieu, nous oublions facilement que cette question a un double aspect; nous pouvons demander à notre raison de nous dire si Dieu existe; et à cette demande, notre raison, dans la mesure où elle reste fidèle à ses lois, répond: oui, Dieu existe; et elle nous en donne la certitude; mais si nous demandons à notre raison de nous dire qui Il est, elle devient très timide et modeste, et nous laisse insatisfaits. En niant ce que Dieu n'est pas et ce qu'il ne peut être, en cherchant à sublimer quelques notions propres à l'Etre, elle nous élève, mais dans une région où elle trouve plus le mystère que la science, plus le désir que la possession. Qui se laisse entraîner sur les ailes de la spéculation théologique et de la contestation mystique vers ce mystère, se rend compte qu'il se rapproche d'une plénitude spirituelle qui surpasse les conditions présentes de notre vie temporelle et qui touche à l'immortalité (cf. Sag. 15, 3): « Te connaître est racine d'immortalité »; et Jésus nous dira: « cela est la vie éternelle, Te connaître Toi seul vrai Dieu et celui que Tu nous as envoyé Jésus » (Jn 17, 3). Il n'y a pas de plus grande invitation offerte à la méditation humaine que celle-là (cf. Lessius: De perfectionibus moribusque divinis, Lethielleux 1912).

Usage et limites de la raison

Mais la question demeure: comment faire pour avancer dans les sentiers aussi inaccessibles? Et voici une autre observation, élémentaire mais capitale: il suffit de bien user de la raison « secundum perfectum usum rationis », disait saint Thomas (II, II, 45, 2). C'est-à-dire, il suffit de bien raisonner. Et cela, tous, même ceux qui n'ont pas fait d'études, peuvent le faire; et même souvent les simples, les enfants, les petites gens, les cœurs purs spécialement, ont une logique naturelle plus saine et plus concluante que ceux qui dans le développement de la raison en ont violé ou oublié certaines exigences. Aujourd'hui, c'est ce qui arrive à beaucoup de penseurs qui, contestant à la pensée certaines de ses lois, certains de ses principes premiers et évidents, ne lui permettent plus de dépasser les limites entre lesquelles Dieu ne peut être rejoint. Une connaissance amoindrie de la vérité ne peut comprendre la suprême Vérité qui est Dieu. Il serait logique ici de faire allusion aux fameuses cinq voies, toujours valables si elles sont bien comprises, que la théologie scholastique indiquait comme celles qui peuvent porter la raison à une connaissance certaine, même si elle est obscure, de Dieu. Mais l'homme d'aujourd'hui ne veut pas en entendre parler, même si, parfois sans s'en rendre compte, il les utilise d'une certaine manière, surtout la cinquième qui révèle l'existence de la nécessité (cf. Galilée, Dial. I journée) d'un ordre, d'une finalité, d'une intelligence dans les choses (cf. Danusso); voies qui conduisent, au-delà de l'expérience scientifique à reconnaître en elles une Présence pensante et créatrice, plus profondément intérieure. Ces voies, l'homme quelquefois les parcourt à rebours pour arriver à la découverte de ce qui manque aux choses, la privation d'une propre raison d'être, d'une propre cause suffisante (cf. Sartre).

Il y a aujourd'hui beaucoup de gens, même bien pensants, surtout des jeunes, qui craignent que l'idée de Dieu ne vienne à s'obscurcir et à se dissoudre sous la pression de la nouvelle mentalité née du contact scientifique avec le monde, par le sentiment de force et de liberté que l'homme semble éprouver lorsqu'il ne se sent plus assujetti à des principes absolus et transcendants (cf. J. M. Au- bert, Recherche scientifique et foi chrétienne). Mais cette crise peut se résoudre moyennant une purification continue de l'idée même de Dieu et de son culte, quand on met en relief ce qu'elle doit être vraiment, une idée toujours en progrès, toujours nécessaire, toujours féconde, toujours vivante (cf. Guardini, le Dieu vivant); ou bien aussi quand on veut soumettre à de nouvelles analyses les procédés de notre pensée (cf. B. Varisco, Dall'Uomo a Dio, Cedam, Padova, 1939; De Lubac, Sur les chemins de Dieu, Au- bier, 1956). Elle peut encore se résoudre d'une autre manière, en portant logiquement le monde matérialiste et athée à ses conséquences fatales, qui appellent finalement Dieu pour ne pas tomber dans des conceptions monstrueuses et catastrophiques de pseudoabsolus et de formes de vie inhumaine. Ce cri douloureux et étonné devra un jour s'élever vers Dieu du monde moderne, devenu maître des choses et lourdement esclave d'elles; ce sera un jour grandiose, de guérison et de poésie, quand Dieu apparaîtra tel qu'Il est pour nous « principe de l'existence, raison de la pensée, loi de l'amour » (saint Augustin, contra Faustum, 20, 7; PL. 42, 372); l'éternel nouveau, le verbe silencieux, la présence invisible, l'abîme joyeux, le principe total, l'Etre vivant.

Courage, fils très chers; ce n'est pas impossible, ce n'est pas difficile; avec un peu d'effort, en hommes véritables, en humbles chrétiens, en pensant à Dieu nous le cherchons, en l'aimant nous le trouvons. Courage, avec notre Bénédiction Apostolique. "

Bon après-midi et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/1d.gif  ( 641863 )Avant le psy, un... par FerdinandP (2012-07-31 11:39:19) 
[en réponse à 641770]

linguiste ? pour expliquer le sens des mots, donner leur étymologie, permettre à ceux qui ont quelques lacunes de les combler avant d'intervenir...

On pourrait aussi prendre un professeur d'arts plastiques pour accompagner tous ceux qui aiment enfiler les mots afin de faire des colliers de perles ! Car je vous rejoins, on a là de bien fort jolies perles !
images/icones/fleche2.gif  ( 641851 )Le Pape dénonce l'analphabétisme théologique de bien des exégètes. par Scrutator Sapientiæ (2012-07-31 08:21:31) 
[en réponse à 641669]

Bonjour Paterculus,

I. Voici :

XII ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU SYNODE DES ÉVÊQUES

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AU COURS DE LA QUATORZIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE - Salle du Synode - Mardi 14 octobre 2008

" Chers frères et sœurs,

Le travail accompli lors de l'élaboration de mon livre sur Jésus offre amplement l'occasion de voir tout le bien qui nous provient de l'exégèse moderne, mais également d'en reconnaître les problèmes et les risques. Le n. 12 de Dei Verbum offre deux orientations méthodologiques pour un travail exégétique approprié.

En premier lieu, elle confirme la nécessité d'utiliser la méthode historique et critique dont elle décrit brièvement les éléments essentiels. Cette nécessité est la conséquence du principe chrétien formulé dans Jn 1, 14 Verbum caro factum est. Le fait historique est une dimension constitutive de la foi chrétienne. L'histoire du salut n'est pas une mythologie, mais une véritable histoire et c'est pour cela qu'elle doit être étudiée avec les méthodes de la recherche historique sérieuse.

Toutefois, cette histoire a une autre dimension, celle de l'action divine. Par conséquent, Dei Verbum parle d'un second niveau méthodologique nécessaire en vue d'une juste interprétation des paroles qui sont à la fois paroles humaines et Parole divine.

Le Concile déclare, en suivant une règle fondamentale valable pour toute interprétation d'un texte littéraire, que l'Ecriture doit être interprétée dans le même esprit que celui dans lequel elle a été écrite et indique par conséquent trois éléments méthodologiques fondamentaux afin de tenir compte de la dimension divine, pneumatologique de la Bible : c'est-à-dire que l'on doit

1) interpréter le texte en tenant compte de l'unité de l'ensemble de l'Ecriture; aujourd'hui on parle d'exégèse canonique; à l'époque du Concile, ce terme n'avait pas encore été créé, mais le Concile dit la même chose : il faut tenir compte de l'unité de toute l'Ecriture ;

2) il faut par ailleurs tenir compte de la tradition vivante de toute l'Eglise et, enfin,

3) il faut observer l'analogie de la foi.

Seulement dans le cas où les deux niveaux méthodologiques, celui de nature historique et critique et celui de nature théologique, sont observés, on peut alors parler d'une exégèse théologique - d'une exégèse adaptée à ce Livre.

Alors qu'au premier niveau, l'exégèse académique actuelle travaille à un très haut niveau, et nous apporte ainsi une aide réelle, l'on ne peut pas en dire autant de l'autre niveau.

Souvent, ce second niveau, constitué par les trois éléments théologiques indiqués dans Dei Verbum, semble presque absent. Et cela a des conséquences véritablement graves.

La première conséquence de l'absence de ce second niveau méthodologique est que la Bible devient un livre seulement du passé.
On peut en tirer des conséquences morales, on peut en apprendre l'histoire, mais le Livre en tant que tel parle seulement du passé et l'exégèse n'est plus véritablement théologique, mais devient une pure historiographie, une histoire de la littérature. Telle est donc la première conséquence : la Bible demeure dans le passé, parle seulement du passé.

Mais il existe aussi une seconde conséquence encore plus grave : là où disparaît l'herméneutique de la foi indiquée par Dei Verbum, apparaît nécessairement un autre type d'herméneutique, une herméneutique sécularisée, positiviste dont la clef fondamentale est la conviction que le Divin n'apparaît pas dans l'histoire humaine.

Selon cette herméneutique, lorsqu'il semble qu'existe un élément divin, il faut expliquer d'où provient cette impression et tout ramener à l'élément humain. Par conséquent, on propose des interprétations qui nient l'historicité des éléments divins.

Aujourd'hui, ce que l'on appelle le mainstream de l'exégèse en Allemagne nie, par exemple, que le Seigneur ait institué la Sainte Eucharistie et déclare que le corps de Jésus serait resté dans son tombeau. La Résurrection ne serait pas un événement historique, mais une vision théologique.

Ceci advient parce qu'il manque une herméneutique de la foi : on affirme alors une herméneutique philosophique profane qui nie la possibilité de l'entrée et de la présence réelle du Divin dans l'histoire.

La conséquence de l'absence du second niveau méthodologique est qu'il s'est créé un profond fossé entre exégèse scientifique et lectio divina. Il en ressort parfois une forme de perplexité également dans la préparation des homélies.

Là où l'exégèse n'est pas théologie, l'Ecriture ne peut être l'âme de la théologie et, vice versa, là où la théologie n'est pas essentiellement interprétation de l'Ecriture dans l'Eglise, cette théologie n'a plus de fondement.

C'est pourquoi pour la vie et pour la mission de l'Eglise, pour l'avenir de la foi, il est absolument nécessaire de surmonter ce dualisme entre exégèse et théologie. La théologie biblique et la théologie systématique sont deux dimensions d'une unique réalité que nous appelons théologie.

Par conséquent, il me semble souhaitable que, dans une des propositions, on parle de la nécessité de tenir compte dans l'exégèse des deux niveaux méthodologiques indiqués par le n. 12 de Dei Verbum, là où l'on parle de la nécessité de développer une exégèse non seulement historique mais également théologique.

Il sera donc nécessaire d'élargir la formation des futurs exégètes dans ce sens afin d'ouvrir réellement les trésors de l'Ecriture au monde d'aujourd'hui et à nous tous. "

II. Je considère pour ma part que

- l'adogmatisme peut être l'antichambre d'une certaine forme d'agnosticisme théologique,

- l'exégétisme peut être le couloir d'accès à un certain genre d'immanentisme théologique,

- l'herméneutisme peut être le hall d'entrée sur une certaine sorte d'historicisme théologique,

- le phénoménisme peut être le vestibule d'un certain type de naturalisme théologique.

( Je viens de citer quatre des six composantes d'une certaine manière de concevoir le christianisme catholique, aujourd'hui, les deux autres composantes étant, je le crois,

- une certaine forme d'"eudémonisme", de réduction du christianisme à une religion du bonheur, ce qui peut être un tremplin propice à du "libéralisme" théologique,

- une certaine forme d'"oecuménisme", d'extension du christianisme en une religion de l'élargissement disproportionné, ce qui peut être un vecteur propice à de "l'unanimisme" théologique. )

III. Ce qui ne contribue guère à la réception et à la transmission de la Foi catholique,

- c'est ainsi, d'une part, le recours à une exégèse historico-critique qui peut aller jusqu'à invalider l'historicité des Evangiles et jusqu'à oblitérer la matérialité des miracles et des prophéties présents dans le Nouveau Testament, non par fidélité à l'Ecriture, à la Tradition, au Magistère, ni à l'histoire, ni à la vérité, mais par fidélité à un certain nombre de postulats philosophiques et à ceux qui les propagent, et qui doivent beaucoup à l'idéalisme et à l'herméneutisme allemands ;

- c'est aussi, d'autre part, un "phénomène compensatoire" qui est apparu par réaction, au contact de ce recours à l'exégèse historico-critique ; ce phénomène compensatoire, je l'intitule "l'exégèse" symbolico-mystique, qui consiste en substance à dire aux fidèles que les Evangiles, les miracles, les prophéties, voire l'incarnation et la résurrection, ont un caractère essentiellement symbolique, auquel on aurait accès surtout par adhésion de l'âme et du coeur.

Dans cette optique, on demanderait aux fidèles, uniquement, "d'aimer", de "croire", de "partager", et on ne leur demanderait pas également, à due proportion, de connaître, de comprendre, de réfléchir.

IV. Je rebondis sur le titre, et seulement sur le titre, car je n'ai pas lu l'ouvrage d'Olivier ROY intitulé : "La sainte ignorance : le temps de la religion sans culture", titre que je trouve excellent pour évoquer ce à quoi je pense ici.

Je n'arrive pas à la cheville de bon nombre de catholiques (non parce que je n'ai aucune piété, mon missel et mon psautier étant mes "points d'appui"), mais sous l'angle de la piété mariale ou de la spiritualité charismatique ; or j'ai déjà rencontré, comme certains d'entre nous, des catholiques charismatisants et des catholiques traditionalistes qui avaient une relation au Credo, aux dogmes, à la Foi, quelque peu biaisée, vraisemblablement à cause d'une subordination de leur intelligence de la Foi à leur piété ou leur spiritualité.

Cela peut sembler paradoxal, mais cela aussi, cette subordination, peut nuire à la réception et à la transmission de la connaissance et et de la compréhension de la Foi catholique, au sein même de l'Eglise.

V. Au sujet de l'adogmatisme et de l'herméneutisme, qui sont deux des composantes d'un certain rapport théologique contemporain à la Parole de Dieu, je voudrais faire la remarque suivante :

- d'une part, et à mon sens, l'adogmatisme peut aller jusqu'à délégitimer a priori, par principe, la possibilité et la souhaitabilité d'une formulation et d'une présentation "axiomatiques" de la Foi catholique, telle qu'on la trouve dans le Compendium de 2005 ; or, non seulement cette "axiomatique" a toute son utilité, sous l'angle propédeutique, sous l'angle de l'apprentissage nécessaire à l'appropriation de la Foi catholique, mais en outre cette "axiomatique" a toute sa valeur sous l'angle de la remédiation à la situation actuelle de la Foi catholique dans l'Eglise catholique ;

- d'autre part, et à mes yeux, l'herméneutique constitue seulement l'une des quatre dimensions plus particulièrement indispensables à l'intelligence de la Foi catholique : si je puis m'exprimer ainsi, il y a en effet

- la dimension "érotétique", la dimension de l'interrogation de la Foi catholique,

- la dimension "existentielle - performative", la dimension de l'interpellation, par la Foi catholique,

- la dimension "herméneutique", la dimension de l'interprétation de la Foi catholique,

- la dimension "intellectuelle - informative", la dimension de l'interposition, par la Foi catholique.

VI. De mon point de vue,

- si l'on insiste trop sur les dimensions de l'interrogation et de l'interprétation, on risque de donner à croire que les croyants chrétiens catholiques sont à la fois croyants et "en recherche", et que l'interrogation et l'interprétation des fondements et contenus de la Foi catholique donnent à penser, mais aussi à douter ;

- si l'on n'insiste pas assez sur la dimension que j'ai qualifiée d'existentielle - performative, on risque de faire passer au second plan, si j'ose dire, le fait que la présence éclairante de la Foi dans l'esprit n'a de sens que dans sa relation avec la présence exigeante de la Charité dans la vie ;

- enfin, et c'est surtout là où je veux en venir, en évoquant la dimension intellectuelle - informative de la Foi catholique : celle-ci constitue une force d'interposition normative et objective, contre des erreurs qui s'opposent à elle, ou contre des erreurs qui s'opposent entre elles : dans cette optique, il n'y aurait rien de plus ruineux que de laisser entendre, notamment et par exemple,

- que la Foi catholique, en 2012, est la vérité à laquelle adhèrent les catholiques, en 2012, ce qui la distinguerait de la Foi catholique de 1912, qui n'aurait jamais été que "l'agglomérat intellectuel momentané" auquel auraient adhéré les catholiques, en 1912 ;

- que la Foi catholique est la "vérité" à laquelle adhèrent les catholiques, mais que la "Foi" musulmane est la "vérité" à laquelle adhèrent les musulmans, et que la "Foi" animiste ou hindouiste est la "vérité" à laquelle adhèrent les animistes ou les hindouistes...

...compte tenu des caractéristiques particulières, qui seraient toutes également légitimes, de l'expression du désir de Dieu et du bonheur en Dieu, lesquels seraient différemment exprimées et formulés, par les uns et par les autres, dans le cadre d'une "convergence différenciée", id est

- d'une convergence, sur le fond, qui plus est d'une convergence surnaturelle et théologale, des différentes religions ou traditions sapientielles ou spirituelles, lesquelles seraient toutes de même nature,

- d'une différenciation, seulement sur la forme, par plusieurs formulations doctrinales, non contradictoires, mais complémentaires, qui seraient dues à la présence de plusieurs intelligences humaines d'une même "Foi" divine.

Bonne journée.

Scrutator.