"la portée du sacrement (eucharistique) est plus limitée ; il atteint beaucoup de gens, mais pas tous".
C’est-à-dire qu’il atteint la communauté célébrante concrète ("pour vous") ainsi que l’Église dans son ensemble ("pour beaucoup"). L’Église qui, à son tour, est appelée à être et levain de salut "pour tous".
"L'interprétation proposée ne manque pas de possibilités, mais en même temps elle suscite de fortes réserves. La principale est qu’elle sépare excessivement, en limitant sa portée, le rite eucharistique de la mort rédemptrice".
Pieri montre qu’il est d’accord avec l'exégèse du mot hébreu "rabbim" faite par Albert Vanhoye, le grand bibliste que Benoît XVI a créé cardinal, selon laquelle ce mot signifie simplement "un grand nombre", sans préciser s’il correspond ou non à la totalité
"Nous estimons que, dans le cas du 'pro multis', il y a une solution qui permet de se rapprocher de la lettre de cette formule sans en trahir le sens. Il s’agit de la très heureuse traduction utilisée dans le missel français, 'pour la multitude', qui pourrait être adoptée sans difficulté en italien et probablement aussi dans les autres langues romanes : 'pour la multitude' ou, si l’on préfère, 'pour une multitude'. Cette traduction, plus proche de la lettre du missel romain que celle qui est actuellement utilisée, aiderait à révéler à un plus grand nombre de fidèles le cœur même de cette prière eucharistique, que l’Occident a employée pendant plus d’un millénaire et demi dans la célébration de la messe, professant ainsi sa foi et alimentant sa dévotion"
"Mais l’expression 'pro multis' pourrait également être rendue par deux termes au lieu d’un : à travers un substantif exprimant l’idée de multitude, accompagné d’un adjectif qui en souligne la dimension 'in-définie'. L’adjectif de la langue italienne – il provient du latin – qui exprime le mieux tout cela est 'immense', qui signifie 'sans mesure' : exactement la dimension de ce qui n’est pas délimité ou défini. Le résultat de la présente analyse serait donc le suivant : 'Prenez et buvez-en tous : ceci est le calice de mon sang pour la nouvelle et éternelle alliance, versé pour vous et pour des multitudes immenses, en rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de moi'"
Nous avons également le problème de groupes – de droite ou de gauche, comme on a l'habitude de dire – qui occupent une grande part de notre temps et de notre attention. On risque facilement de perdre un peu de vue notre devoir principal, qui est celui d'annoncer l'Evangile et d'exposer de façon concrète la doctrine de l'Eglise.
Pour comprendre comment le communisme a réussi à se faire accepter sans examen par les masses ouvrières, il faut se rappeler que les travailleurs étaient déjà préparés à cette propagande par l'abandon religieux et moral où ils furent laissés par l'économie libérale."
"Un troisième facteur contribue largement à la diffusion du communisme, c'est la conjuration du silence dans une grande partie de la presse mondiale non catholique. Nous disons conjuration, car on ne saurait expliquer autrement le fait qu'une presse aussi avide de commenter les menus incidents de la vie quotidienne ait pu si longtemps garder le silence au sujet des horreurs commises en Russie, au Mexique et dans une grande partie de l'Espagne, qu'elle parle relativement peu d'une organisation mondiale aussi vaste que le communisme dirigé par Moscou. Cette conjuration est due en partie à des raisons inspirées par une politique à courte vue; elle est favorisée par diverses organisations secrètes, qui depuis longtemps cherchent à détruire l'ordre social chrétien"
le marxisme se cache sous des prétextes de "paix" :
"Le communisme athée s'est montré au début, tel qu'il était, dans toute sa perversité, mais bien vite il s'est aperçu que de cette façon il éloignait de lui les peuples: aussi a-t-il changé de tactique et s'efforce-t-il d'attirer les foules par toutes sortes de tromperies, en dissimulant ses propres desseins sous des idées en elles-mêmes bonnes et attrayantes. Ainsi, voyant le commun désir de paix, les chefs du communisme feignent d'être les plus zélés fauteurs et propagateurs du mouvement pour la paix mondiale; mais, en même temps, ils excitent à une lutte de classes qui fait couler des fleuves de sang, et sentant le manque d'une garantie intérieure de paix, ils recourent à des armements illimités. Ainsi encore, sous divers noms qui ne font pas même allusion au communisme, ils fondent des associations franchement catholiques et religieuses."
des chétiens collaborent:
"Ainsi, sans rien abandonner de leurs principes pervers, ils invitent les catholiques à collaborer avec eux sur le terrain humanitaire et charitable comme on dit, en proposant parfois même des choses entièrement conformes à l'esprit chrétien et à la doctrine de l'Eglise."