Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=640120
images/icones/fleche3.gif  ( 640120 )Ignorance invincible de Mohamed Merah ? par xanadu71 (2012-07-11 14:09:17) 

Mohamed Merah, qui a commis des crimes atroces, a-t-il pu croire de bonne foi, que pour plaire à sa [fausse] divinité les assassinats étaient des actes méritoires pour aller au paradis ?

si oui, peut-il alors être sauvé [si l'aveuglement de sa conscience n'était pas le fruit de ses péchés] ?
images/icones/neutre.gif  ( 640124 )C'est possible par Eti Lène (2012-07-11 14:58:23) 
[en réponse à 640120]

Mais franchement j'ai du mal à y croire. On ne peut pas juger les consciences, mais reste quand même la matérialité des actes commis.

L'évangile nous renseigne: "Chaque fois que vous l'avez fait c'est à Moi-même que vous L'avez fait." L'orgueil est si aveuglant que les injustes répondent:"Quand Seigneur ne t'avons nous pas donné à manger, etc?"

Il y avait parmi les victimes un catholique pratiquant.

Tout de même c'est terrifiant. Ce gars a vécu 19 ans de sa vie, tout cela pour probablement aller dans une éternité de souffrances, car à aucun moment il ne s'est repenti de ses actes. Au moment du dénouement de cette affaire, cette pensée m'a glacé.

Le problème de la conscience qu'elle soit viciée ou non, elle reste secrète, mais il en a montré presque suffisamment pour qu'on puisse se faire une idée de la suite. Il s'est fait simplement manipuler par Allah, qui est un démon. Le démon homicide et menteur. Combien de musulmans le prennent pour un héros en ce moment à suivre? L'Islam est une machine abrutissante et lobotomisante propre à damner les âmes, c'en est une preuve.
images/icones/tao.gif  ( 640127 )Tout dépend si on est conciliaire ou non par Pellicanus (2012-07-11 15:26:30) 
[en réponse à 640120]

Si on adhère à la pensée de Vatican II et au caractère sacré et inviolable de chaque conscience, l'issue est assez positive pour Mohamed Merah qui est allé jusqu'au bout de sa conscience.

Si on est catholique comme le Magistère l'a toujours dit jusqu'autour de 1960, on sait qu'il n'est pas bon d'être musulman et qu'il est bien pire de mourir en tant que musulman qui a connu l'existence du christianisme mais ne s'est pas converti.

Donc :

d'un point de vue conciliaire, Merah devrait être assez bien placé au paradis.

du point de vue catholique, Merah a, au for externe, toutes les malchances d'être damné et bien damné.

Faites vos jeux ! rien de va plus....

Pellicanus (qui simplifie un tout petit peu le raisonnement pour stimuler la réflexion)




images/icones/fleche3.gif  ( 640129 )St Alphonse et St Thomas canonisent-ils Merah ? par xanadu71 (2012-07-11 15:36:30) 
[en réponse à 640127]

il me semble que saint Thomas d'Aquin enseigne que
si vous croyez que faire tel acte est un péché mortel
(alors qu'en réalité c'est un acte neutre)
et que vous le commettez, alors vous perdez quand même la grâce de Dieu
(bien qu'en réalité l'acte commis soit indifférent, neutre moralement)

saint Alphonse de Liguori enseigne la même chose dans sa "théologie
morale", il me faudrait retrouver les références précises

tout cela pour dire que l'Eglise connait depuis longtemps
la force contraignante de la conscience morale même quand elle se trompe
images/icones/neutre.gif  ( 640133 )Un musulman ne se réfère ni à St Alphonse ni à St Thomas ! par Pellicanus (2012-07-11 15:52:19) 
[en réponse à 640129]

Il se référera à ses docteurs musulmans.

Est-ce qu'avant d'agir vous vous référez aux docteurs du Coran et du Talmmud ? Si non, pourquoi ?

Pellicanus




images/icones/nul.gif  ( 640131 )Non ! par Réginald (2012-07-11 15:44:57) 
[en réponse à 640127]

Non seulement, vous simplifiez un peu, mais je trouve que vous simplifiez BEAUCOUP. Ce que vous présentez comme la doctrine conciliaire a été condamné par Jean-Paul II dans Veritatis Splendor dont voici quelques extraits qui contredisent radicalement ce que vous venez d'écrire. :


A l'affirmation du devoir de suivre sa conscience, on a indûment ajouté que le jugement moral est vrai par le fait même qu'il vient de la conscience. Mais, de cette façon, la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d'un critère de sincérité, d'authenticité, d'« accord avec soi-même », au point que l'on en est arrivé à une conception radicalement subjectiviste du jugement moral.

La conscience n'est pas un juge infaillible : elle peut se tromper. Néanmoins, l'erreur de la conscience peut être le fruit d'une ignorance invincible, c'est-à-dire d'une ignorance dont le sujet n'est pas conscient et dont il ne peut sortir par lui-même.

Le mal commis à cause d'une ignorance invincible ou d'une erreur de jugement non coupable peut ne pas être imputable à la personne qui le commet ; mais, même dans ce cas, il n'en demeure pas moins un mal, un désordre par rapport à la vérité sur le bien.

La conscience, en tant que jugement concret ultime, compromet sa dignité lorsqu'elle est coupablement erronée, ou « lorsque l'homme se soucie peu de chercher la vérité et le bien, et lorsque l'habitude du péché rend peu à peu sa conscience presque aveugle »

Il est certain que, pour avoir une « bonne conscience » (1 Tm 1, 5), l'homme doit chercher la vérité et juger selon cette vérité. Comme le dit l'Apôtre Paul, la conscience doit être éclairée par l'Esprit Saint (cf. Rm 9, 1) ; elle doit être « pure » (2 Tm 1, 3) ; elle ne doit pas falsifier avec astuce la parole de Dieu, mais manifester clairement la vérité (cf. 2 Co 4, 2). D'autre part, le même Apôtre donne aux chrétiens ce conseil : « Ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait » (Rm 12, 2).

Dans les paroles de Jésus rappelées plus haut, nous trouvons également l'appel à former la conscience et à la rendre objet d'une conversion continuelle à la vérité et au bien. Il faut lire de manière analogue l'exhortation de l'Apôtre à ne pas se conformer à la mentalité de ce monde, mais à se transformer en renouvelant notre jugement (cf. Rm 12, 2).



Il serait bon d'éviter la caricature !

Réginald
images/icones/interdit.gif  ( 640136 )Faux par Pellicanus (2012-07-11 16:09:51) 
[en réponse à 640131]

Toutes les citations que vous donnez concernent le catholique qui voudrait se donner bonne conscience en vivant dans le péché grave.

Elles ne s'appliquent pas au musulman qui en fonction du Coran et de ses docteurs veut venger ses frères assassinés. Il est logique avec sa "foi"... Certes tous les musulmans ne font pas comme ça... mais allez trancher à leur place sur ce qu'il faut faire et pas faire !

Pellicanus


images/icones/fleche2.gif  ( 640143 )Non ! par Réginald (2012-07-11 17:37:51) 
[en réponse à 640136]

Les normes morales données par le Pape ne sont pas confessionnelles. Si est s'adressent d'abord aux catholiques, elles concernent aussi tous les hommes de bonne volonté. La preuve ?
La référence au Concile Vatican II et au décret Dignitatis Humanae au début du passage sur la conscience où le Pape nous dit qu'il" fournit une synthèse de la doctrine élaborée par l'Eglise au cours des siècles sur la conscience erronée." Or le concile dans DH parle bien d'obligation de chercher la vérité qio oblige la conscience du TOUT homme et pas uniquement la catholique en tant que tel. "En vertu de leur dignité, tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes, c’est-à-dire doués de raison et de volonté libre, et, par suite, pourvus d’une responsabilité personnelle, sont pressés, par leur nature même, et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité (...) Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité. "
images/icones/1n.gif  ( 640149 )Ouais.... par Pellicanus (2012-07-11 18:09:11) 
[en réponse à 640143]

"Tous les hommes sont tenus par obligation morale à chercher la vérité"... ce n'est pas scoop... Socrate et bien d'autres avant lui sont d'accord.

"Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité."

Et si Mohamed Merah a "connu la vérité" dans une certaine branche de l'islam, qu'est-ce qu'on fait ?...

Pourquoi Vatican II a-t-il "oublié" dans ce passage (pas 100 pages avant ou après) de rappeler que la vérité est la foi catholique ?...

Cela aurait évité bien des ambiguités "dommageables"...

Pellicanus


images/icones/idee.gif  ( 640243 )lisez-donc ! par Réginald (2012-07-12 02:05:05) 
[en réponse à 640149]


Pourquoi Vatican II a-t-il "oublié" dans ce passage (pas 100 pages avant ou après) de rappeler que la vérité est la foi catholique ?...



Vatican II ne l'a pas oublié : le Décret que je vous ai cité parle en effet quelques lignes plus bas seulement "du devoir moral de l'homme à l'égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ"


Réginald qui se demande sérieusement si les détracteurs du Concile ont pris la peine de lire dans leur intégralité au moins une fois dans leur vie les textes qu'ils critiquent
images/icones/1v.gif  ( 640256 )Une explication qui ne vous plaira pas par Vianney (2012-07-12 08:30:32) 
[en réponse à 640243]


le Décret que je vous ai cité parle en effet quelques lignes plus bas seulement "du devoir moral de l'homme à l'égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ"


Je manque probablement d’objectivité, mais ce genre de réponse me fait toujours songer à la réflexion de saint Pie X dans Pascendi à propos des modernistes : “Telle page de leur ouvrage pourrait être signée par un catholique ; tournez la page, vous croyez lire un rationaliste.”

Réginald qui se demande sérieusement si les détracteurs du Concile ont pris la peine de lire dans leur intégralité au moins une fois dans leur vie les textes qu'ils critiquent


Une explication parmi d’autres, celle du R.P. Calmel qui avait, semble-t-il, d’abord essayé de suivre votre conseil :

...ces textes présentent le double avantage pour le modernisme de ne pouvoir être taxés de propositions carrément hérétiques, mais cependant de pouvoir être tirés dans un sens opposé à la foi. Nous attarderons-nous à les combattre directement ? Un moment nous y avions pensé. La difficulté c’est qu’ils ne donnent pas prise à l’argumentation ; ils sont trop mous. Lorsque vous essayez de presser une formule qui vous paraît inquiétante voici que, dans la même page, vous en trouvez une autre entièrement irréprochable. Lorsque vous cherchez à étayer votre prédication ou votre enseignement sur un texte solide, impossible à tourner, propre à transmettre à votre auditoire le contenu traditionnel de la foi et de la morale, vous vous apercevez bientôt que le texte que vous avez choisi au sujet par exemple de la liturgie, de l’épiscopat, du devoir des sociétés à l’égard de la vraie Religion, ce texte dis-je est insidieusement affaibli par un second texte qui, en réalité, exténue le premier alors qu’il avait l’air de le compléter. (Apologie pour l’Église de toujours, Itinéraires n° 153, mai 1971.)


V.
 
images/icones/1e.gif  ( 640349 )très mauvaise explication ! par FerdinandP (2012-07-12 22:15:47) 
[en réponse à 640256]

car après lecture approfondie, avec recherches et arguments, on s'aperçoit qu'on ne trouve pas de pages qui auraient pu être signées par un rationaliste !

Donc merci d'avoir reconnu qu'on trouvait effectivement des pages écrites par un catholique avec des formules irréprochables !
images/icones/fleche2.gif  ( 640364 )Liberté n'est volonté ni de licence, ni de puissance. par Scrutator Sapientiæ (2012-07-13 00:13:34) 
[en réponse à 640349]

Rebonsoir à FerdinandP,

1. Que ce soit en morale ou en religion, la volonté de liberté ne peut ni ne doit doit être confondue

- ni avec telle ou telle forme de volonté de licence,

- ni avec telle ou telle sorte de volonté de puissance.

2. Le problème qui se pose, me semble-t-il, avec Dignitatis Humanae, mais je me trompe peut-être, c'est que l'Eglise catholique

- s'y adresse bien aux Etats, pour leur demander de ne pas recourir à la volonté de puissance, normative ou répressive, à l'abus de pouvoir, à l'encontre de l'exercice des libertés publiques en matière religieuse par les différentes religions,

- s'y adresse peu aux individus, pour leur demander de ne pas recourir à la volonté de licence, permissive ou transgressive, à l'abus de désir en direction de n'importe quelle religion, en lieu et place de la seule vraie liberté en matière religieuse.

3. A mon sens, ce déséquilibre peut très bien aboutir

- à ce que les Etats fassent preuve de neutralité, voire de neutralisme, face aux différentes religions,

- à ce que les individus se tournent vers telle ou telle religion non chrétienne, ou vers aucune religion, ,

- en le faisant, "au temporel", en toute volonté de liberté juridique,

mais aussi

- en le faisant, "au spirituel", en toute volonté de licence "pneumatique",

sans avoir conscience, ou sans reconnaître d'une manière explicite, que cette volonté de licence en matière religieuse n'EST PAS la volonté de liberté en matière religieuse, dans l'acception chrétienne du terme, puisque c'est (l'adhésion à) la vérité révélée qui libère.

4. A ce sujet, je constate que, dans le CEC, les précisions apportées à cette question ne proviennent pas toutes, en ce qui concerne leur origine magistérielle initiale, de DH elle-même.

" Le devoir social de religion et le droit à la liberté religieuse

2104 " Tous les hommes sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles " (DH 1). Ce devoir découle de " la nature même des hommes " (DH 2). Il ne contredit pas un " respect sincère " pour les diverses religions qui " apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes " (NA 2), ni l’exigence de la charité qui presse les chrétiens " d’agir avec amour, prudence, patience, envers ceux qui se trouvent dans l’erreur ou dans l’ignorance de la foi " (DH 14).

2105 Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement. C’est là " la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ " (DH 1). En évangélisant sans cesse les hommes, l’Église travaille à ce qu’ils puissent " pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent " (AA 10). Le devoir social des chrétiens est de respecter et d’éveiller en chaque homme l’amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaîtrele culte de l’unique vraie religion qui subsiste dans l’Église catholique et apostolique (cf. DH 1). Les chrétiens sont appelés à être la lumière du monde (cf. AA 13). L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines (cf. Léon XIII, enc. " Immortale Dei " ; Pie XI, enc. " Quas primas ").

2106 " Qu’en matière religieuse, nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêché d’agir, dans de justes limites, suivant sa conscience en privé comme en public, seul ou associé à d’autres " (DH 2). Ce droit est fondé sur la nature même de la personne humaine dont la dignité lui fait adhérer librement à vérité divine qui transcende l’ordre temporel. C’est pourquoi il " persiste même en ceux-là qui ne satisfont pas à l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer " (DH 2).

2107" Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent des peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l’ordre juridique de la cité à une société religieuse donnée, il est nécessaire qu’en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et respecté " (DH 6).

2108 Le droit à la liberté religieuse n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur (cf. Léon XIII, enc. " Libertas præstantissimum "), ni un droit supposé à l’erreur (cf. Pie XII, discours 6 décembre 1953), mais un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c’est-à-dire à l’immunité de contrainte extérieure, dans de justes limites, en matière religieuse, de la part du pouvoir politique. Ce droit naturel doit être reconnu dans l’ordre juridique de la société de telle manière qu’il constitue un droit civil (cf. DH 2).

2109 Le droit à la liberté religieuse ne peut être de soi ni illimité (cf. Pie VI, bref " Quod aliquantum "), ni limité seulement par un " ordre public " conçu de manière positiviste ou naturaliste (cf. Pie IX, enc. " Quanta cura "). Les " justes limites " qui lui sont inhérentes doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées par l’autorité civile selon des " règles juridiques conformes à l’ordre moral objectif " (DH 7). "

Si, en 1965, tout cela avait été formulé exactement de cette manière, y compris au moyen du contenu des numéros 2108 et 2109, contenu que je crois en partie absents du Concile, nous n'en serions peut-être pas là où nous en sommes aujourd'hui.

Bonne nuit.

Scrutator.
images/icones/1w.gif  ( 640366 )Il ne faut pas beaucoup pour vous rassurer... par Vianney (2012-07-13 00:24:12) 
[en réponse à 640349]

Ce n’est tout de même pas parce qu’on trouve dans un document des pages irréprochables que toutes le sont, et c’était bien la conviction exprimée par saint Pie X dans Pascendi. À ce compte-là, on peut trouver du bon partout : même à un représentant du communisme “intrinsèquement pervers” (Pie XI) tel que Lénine, je n’irai certainement pas reprocher d’avoir fait passer la Russie du calendrier julien au calendrier grégorien, mais de là à en attribuer le mérite au communisme !...

J’ai déjà signalé l’aveu d’un expert à Vatican II, le tristement célèbre P. Chenu, qui dans ses mémoires donnait (involontairement) raison au P. Calmel : il y expliquait comment, avec l’aide d’un confrère, il avait réussi à introduire dans le Décret sur les laïcs de Vatican II un paragraphe “qui disait à peu près le contraire du précédent”, et les Pères conciliaires n’y avaient vu que du feu...

Mais je pourrais invoquer un témoignage encore plus “autorisé” qui met le doigt sur le manque d’autorité des documents de Vatican II. Dans un article publié dans la Palestra del clero, Mgr Carli, évêque de Segni, citait la réponse officielle qui fut faite à un Père conciliaire demandant que Nostra Ætate fournisse un exposé plus complet des vérités scripturaires relatives au judaïsme : “Il ne s’agit pas ici de dire la vérité entière sur les juifs et sur leur religion, mais la vérité entière sur ce qui rapproche les juifs de l’Église.” Des réponses ont d’ailleurs été données à plusieurs reprises sur d’autres sujets, sous prétexte que le concile se voulait avant tout pastoral... Dans ces conditions, je ne vois comment on pourrait reprocher au prélat italien d’écrire que, contrairement à ce que semble promettre son titre (“Les relations de l’église avec les religions non-chrétiennes”), Nostra Ætate “offre une vision partiale des rapports du christianisme avec les autres religions” (Palestra del clero, 15 mars 1966, p. 335-336, n° 2.)

Vous pouvez dire ce que vous voulez, mais on ne me fera jamais avaler que le Saint-Esprit était à l’œuvre dans de tels montages.

V.
 
images/icones/1f.gif  ( 640132 )il ne pouvait agir de bonne foi, par blamont (2012-07-11 15:49:43) 
[en réponse à 640120]

étant passé par l'école de la république, laique et obligatoire, il apprit "les doigts de l'homme " lors des cours d’instruction civique.

De ce fait il y a persévérance dans l'erreur.

Quant au Paradis, sa conception mahométane pour services rendus et palme de martyr à titre erroné, lui donnerait des perspectives avantageuses et méritantes en matière d'environnement, comité d'accueil et prestations diverses de la part du personnel paradisiaque sélectionné.

Saint Pierre et son programme semble hors jeu à ce sujet et relativement à la compréhension d'un Merah et de sa superstition.
images/icones/livre.gif  ( 640137 )C'est aussi la loi morale naturelle qui juge Merah ! par Jean-Paul PARFU (2012-07-11 16:12:31) 
[en réponse à 640132]

Dieu a inscrit dans le coeur de tout homme, baptisé ou pas, la loi morale naturelle.

Certes, il est difficile à l'homme de vivre selon cette loi sans la grâce en raison du péché originel.

C'est la raison pour laquelle Dieu a dû rappeler cette loi, dans le cadre cette fois de Sa Révélation, par les Dix Commandements donnés à Moïse.

Mais, il me semble néanmoins que chaque homme :

- sait qu'il ne doit pas tuer ou se tuer ;

- et que chaque homme reçoit aussi, baptisé ou pas, chrétien en état de grâce ou pas, (Dieu seul le sait qui ne souhaite pas la mort du pécheur) des grâces prévenantes (méritées bien entendu par le Christ et obtenues par Son Eglise) destinées à l'attirer vers le bien et notamment vers la conversion, c'est-à-dire vers la grâce de la justification et donc la grâce sanctifiante !
images/icones/1p.gif  ( 640156 )9 000 euros d'allocations... par tchekfou (2012-07-11 18:57:09) 
[en réponse à 640137]

Vous avez vu ? : Le Père Merah, multirécidiviste, en était à plus de 9 000 euros d'allocations pour ses 8 enfants et deux femmes...
http://www.itinerarium.fr/breves/merah-pere-9000-euros-daides-de-letat-pour-ses-8-enfants-et-2-femmes/
images/icones/iphone.jpg  ( 640254 )On a retrouvé en plus par Anton (2012-07-12 08:13:37) 
[en réponse à 640132]

Une ligne privée vers un des anges gardiens du Dieu élyséen de l'époque dans ses papiers...heureusement qu il n'y avait pas de panne logicielle
images/icones/neutre.gif  ( 640162 )Autre chose par Eti Lène (2012-07-11 19:27:38) 
[en réponse à 640120]

Autre chose. Dans la naïveté dénoncée par Pellicanus, la faille à mon avis ne réside pas dans le fait de nier que les hommes puissent se couper de la morale naturelle, ce que Jean Paul II n'a jamais dit, mais de considérer qu'un grand nombre d'hommes ne peut pas, ensemble, se damner, ce qui est une erreur. Un groupe de milliers de personnes voire de millions peut-il se damner à cause d'une fausse doctrine? Forcément oui. Les fausses religions amènent à se couper de Dieu, du seul vrai Dieu. Or c'est simple, Jésus a affirmé avec son autorité divine:"Qui n'est pas avec Moi est contre Moi". L'attitude de Merah est juste le haut de l'iceberg et confirme bien la parole du Verbe qui est Dieu, car se couper de la Foi finit bien par amener une coupure complète à la morale naturelle. Faut pas se couper les cheveux en quatre par des contorsions sémantiques.
images/icones/fleche3.gif  ( 640176 )Ds l'AT, Dieu n'a-t-il pas commandé des exterminations par xanadu71 (2012-07-11 20:17:35) 
[en réponse à 640120]

Dans notre propre religion catholique, on sait que Dieu a pu demander à ses serviteurs (les juifs) de combattre et d'exterminer femmes et enfants,

MR blamont dit non Merah ne peut pas être de bonne foi car il est passé par l'école républicaine, mais cette école est athée, donc pour Merah, elle raconte forcément des choses perverses, pour Merah, Allah a le droit de demander la mise à mort de ceux qui refusent de devenir musulmans
coran 2, 193 : Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'association et que la religion soit entièrement à Allah seul.

selon Mr Parfu dit la loi naturelle enseigne à refuser le meurtre, mais la religion de l'ancienne alliance, demandait la mort des ennemis d'Israel,
pourquoi Merah ne pourrait-il pas croire qu'Allah a le droit de demander la mise à mort de ses ennemis ? et que lui obéir est un acte "saint" (selon le coran et les hadiths version barbus)

Mr Eti Lène,
je pense également que des masses d'hommes peuvent se condamner
mais la question porte sur l'aveuglement sous prétexte de servir Allah
car Merah ne connaissait pas ses victimes, il n'a pas réglé des comptes personnels (perte de sa copines, dettes d'argent, jalousie; ...)
ses actes sont "simplement" des actes de djihad à la gloire d'Allah (islam des barbus)


pour l'AT, je n'accuse pas Dieu, cela faisait partie d'un plan d'éducation progressive de l'humanité, Dieu tenant compte probablement de l'état de fragilité de l'homme.
Je ne sais comment les docteurs catholiques expliquent les actes de guerre sainte présents dans cette partie de la Bible
images/icones/fleche3.gif  ( 640178 )Juges 21, 10, Josué 6, 21, tuez les tous par xanadu71 (2012-07-11 20:29:07) 
[en réponse à 640120]

livre des Juges 21, 10 Alors l'assemblée envoya contre eux douze mille hommes d'entre les vaillants, en leur donnant cet ordre : "Allez, et frappez du tranchant de l'épée les habitants de Jabès en Galaad, avec les femmes et les enfants. (Juges 21 :10)


livre de Josué 6,21. et ils tuèrent tout ce qui s'y rencontra, depuis les hommes jusqu'aux femmes, depuis les enfants jusqu'aux vieillards. Ils firent passer aussi au fil de l'épée les boeufs, les brebis et les ânes.

je donne des citations pour que l'on ne m'accuse pas de mentir
au sujet de l'AT
on peut trouver d'autres citations
images/icones/neutre.gif  ( 640185 )En vous lisant on comprend pourquoi certains Papes par Jean-Paul PARFU (2012-07-11 21:06:49) 
[en réponse à 640178]

ont interdit la lecture de l'Ancien Testament !

Dieu a ordonné ces massacres dans un contexte très particulier, alors qu'Israël, entouré de peuplades païennes, abandonnait régulièrement la vraie religion pour les relgions idolâtriques de ses voisins.

En outre, Dieu, le vrai Dieu, est maître de la vie et de la mort. Il se réserve la vengeance. Il a ordonné le massacre par l'Ange exterminateur des premiers-nés d'Egypte qui n'étaient pas préservés par le sang de l'agneau.

Une tentative de réponse à votre question :

ici

Mais c'est aussi dans l'Ancien Testament que Dieu rappelle à Moïse, sous la forme des Dix Commandements, la loi naturelle et le précepte de ne pas tuer !

Ce précepte connaît bien entendu des exceptions : on a le droit de tuer pour défendre sa vie (c'est la légitime défense) ou celle de sa Nation (c'est la guerre juste selon St Thomas d'Aquin).

En tout état de cause, Merah n'agissait pas pour Dieu, il n'était pas son envoyé et il n'était pas en état de défense légitime !
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 640218 )Tous les sentiers du Seigneur sont miséricorde et vérité. par Abbé Néri (2012-07-11 22:35:14) 
[en réponse à 640185]


Au de-là des éléments de réponse que vous donnez il peut être utile de lire où relire ce que le docteur angélique dit dans la somme théologique à propos des œuvres de Dieu. Comme toujours il projette la lumière de très haut :

Article 4 — Trouve-t-on la justice et la miséricorde dans toutes les œuvres de Dieu ?

Objections :

1. Il semble qu’on ne retrouve pas la miséricorde et la justice dans toutes les œuvres de Dieu En effet, certaines sont attribuées à sa miséricorde, comme la justification de l’impie ; d’autres à sa justice comme la damnation des impies, ce qui fait dire à S. Jacques (2,13) : “ Le jugement sera sans miséricorde pour celui qui n’aura pas fait miséricorde ” Donc la justice et la miséricorde n’apparaissent pas dans toutes les œuvres de Dieu.

2. Dans sa lettre aux Romains (15, 8, 9), l’Apôtre attribue la conversion des Juifs à la justice et à la vérité, mais la conversion des païens à la miséricorde Donc il n’y a pas, en toute œuvre de Dieu, miséricorde et justice.

3. Beaucoup de justes, en ce monde, sont affligés. Or, cela est injuste. Il n’y a donc pas dans toute œuvre de Dieu justice et miséricorde.

4. La justice consiste à rendre ce qui est dû, la miséricorde à soulager la misère ; l’une comme l’autre présuppose donc une matière de son œuvre. Mais la création ne présuppose rien. Donc, dans la création, ne se rencontre ni la miséricorde ni la justice.

En sens contraire, il est dit dans le Psaume (25,10) : “ Tous les sentiers du Seigneur sont miséricorde et vérité. ”

Réponse :

On trouve nécessairement en toute œuvre de Dieu miséricorde et vérité, à condition de comprendre la miséricorde comme la suppression d’une déficience, bien que, à proprement parler, toute déficience ne puisse pas être appelée une misère, mais seulement celle qui affecte la créature raisonnable, laquelle est susceptible d’être heureuse. Car la misère s’oppose au bonheur.

La raison de cette nécessité est que ce qui est attribué en vertu de la justice divine étant dû soit à Dieu même, soit à quelque créature, ni dans un cas ni dans l’autre il ne peut être omis dans une œuvre faite par Dieu.

En effet, Dieu ne peut pas faire quelque chose qui ne soit pas conforme à sa sagesse et à sa bonté, et c’est de cette manière, comme nous l’avons dit que quelque chose est dû à Dieu.

De même, quoi qu’il fasse dans les créatures, il le fait toujours selon l’ordre et la mesure convenables ; c’est en quoi consiste la raison de justice. Et ainsi est-il nécessaire qu’en toute œuvre de Dieu se rencontre la justice.

L’œuvre de la justice divine présuppose toujours une œuvre de miséricorde et se fonde sur elle.

Car rien n’est dû à la créature, si ce n’est en raison de quelque chose qui préexiste en elle, ou que l’on considère tout d’abord en elle ; et si cela est dû à la créature, ce sera en raison d’un présupposé encore antérieur.

Ne pouvant aller ainsi à l’infini, on doit arriver à quelque chose qui dépend de la seule bonté de la volonté divine, laquelle est la fin ultime.

Comme si l’on disait qu’avoir des mains est dû à l’homme en vue de son âme raisonnable ; avoir une âme lui est dû pour qu’il soit un homme, mais être un homme, cela n’a pas d’autre raison que la bonté divine.

En toute œuvre de Dieu apparaît donc, comme sa racine première, la miséricorde.

La vertu de ce principe se retrouve dans tout ce qui en dérive, et même là elle agit plus fortement, comme la cause première a une influence plus forte que la cause seconde. Pour cette même raison, quand il s’agit de ce qui est dû à quelque créature, Dieu, dans sa surabondante bonté, dispense des biens plus que n’exige la proportion de la chose. En effet, ce qui serait suffisant pour observer l’ordre de la justice est au-dessous de ce que confère la bonté divine, laquelle dépasse toute la proportion de la créature.

Solutions :

1. Si l’on attribue certaines œuvres à la justice de Dieu, et d’autres à sa miséricorde, c’est parce qu’en certaines apparaît plus fortement la miséricorde, et en d’autres la justice Mais dans la damnation même des réprouvés la miséricorde apparaît, non pour une relaxe totale, mais pour une certaine atténuation, car Dieu punit en deçà de ce qui est mérité. De même dans la justification de l’impie, la justice apparaît, car elle remet les fautes en raison de l’amour, que cependant Dieu inspire lui-même par miséricorde. C’est ainsi qu’il est écrit de Madeleine (Lc 7, 47) : “ Beaucoup de péchés lui sont pardonnés, parce qu’elle a beaucoup aimé. ”

2. La justice et la miséricorde ne se montrent pas moins dans la conversion des Juifs que dans celle des païens. Mais tel aspect de la justice apparaît dans la conversion des Juifs qui ne se voit pas dans celle des païens, par exemple qu’ils sont sauvés à cause des promesses faites à leurs pères.

3. Le fait même que les justes subissent des peines en ce monde prouve la justice et la miséricorde de Dieu ; car ils sont purifiés de leurs fautes légères par ces afflictions et libérés de l’attachement aux biens terrestres pour s’élever davantage jusqu’à Dieu, selon ces paroles de S Grégoire : “ Les maux qui nous pressent en ce monde nous contraignent d’aller vers Dieu. ”

4. Il est vrai que rien n’est présupposé à la création dans le réel ; mais quelque chose lui est présupposé dans la connaissance divine. En ce sens, la raison de justice y est sauvegardée en ce que Dieu produit les êtres selon qu’il convient à sa sagesse et à sa bonté. Et d’une certaine manière la raison de miséricorde y est sauvegardée en ce que la créature passe du non-être à l’être.


images/icones/fleche2.gif  ( 640361 )L'ignorance invincible en droit pénal+Veritatis Splendor. par Scrutator Sapientiæ (2012-07-12 23:31:45) 
[en réponse à 640120]

Bonsoir, xanadu71,

1. Je suis juriste de formation, mais je ne suis pas pénaliste.

2. En l'occurrence, il y a l'intention de l'acteur, son intention subjective, et il y a l'objet de l'acte, son entité objective.

3. Sous un angle juridique, il me semble que ce qui compte, ce n'est pas avant tout ni seulement ce que MM "a pu croire de bonne foi", à savoir "que pour plaire à sa [fausse] divinité les assassinats étaient des actes méritoires pour aller au paradis."

4. Ce qui compte "au moins autant", c'est ce qu'il a fait, et le fait que ce qu'il a fait soit sanctionné par la loi.

5. Voici ce qui devrait pouvoir vous intéresser.

Ici.

Ici aussi.

6. Sous un autre angle, qui ne relève plus du droit pénal, mais de la morale, je vois renvoie à la deuxième partie de Veritatis splendor ; je pense ici aux actes intrinsèquement mauvais, de par leur objet :

" 77. Pour donner les critères rationnels d'une juste décision morale, les théories mentionnées tiennent compte de l'intention et des conséquences de l'action humaine. Il faut certes prendre en grande considération l'intention — comme le rappelle Jésus avec une insistance particulière dans une opposition ouverte aux scribes et aux pharisiens, qui prescrivaient minutieusement certaines œuvres extérieures sans tenir compte du cœur (cf. Mc 7, 20-21 ; Mt 15, 19) —, et aussi les biens obtenus et les maux évités à la suite d'un acte particulier. Il s'agit d'une exigence de responsabilité. Mais la considération de ces conséquences — et également des intentions — n'est pas suffisante pour évaluer la qualité morale d'un choix concret. La pondération des biens et des maux, comme conséquences prévisibles d'une action, n'est pas une méthode adéquate pour déterminer si le choix de ce comportement concret est, « selon son espèce » ou « en soi-même », moralement bon ou mauvais, licite ou illicite. Les conséquences prévisibles appartiennent aux circonstances de l'acte, qui, si elles peuvent modifier la gravité d'un acte mauvais, ne peuvent cependant pas en changer l'aspect moral.

Du reste, chacun connaît la difficulté — ou mieux l'impossibilité — d'apprécier toutes les conséquences et tous les effets bons ou mauvais — dits pré-moraux — de ses propres actes : faire un calcul rationnel exhaustif n'est pas possible. Comment faire alors pour établir des proportions qui dépendent d'une évaluation dont les critères restent obscurs ? De quelle manière pourrait se justifier une obligation absolue sur des calculs aussi discutables ?

78. La moralité de l'acte humain dépend avant tout et fondamentalement de l'objet raisonnablement choisi par la volonté délibérée, comme le montre d'ailleurs la pénétrante analyse, toujours valable, de saint Thomas 126. Pour pouvoir saisir l'objet qui spécifie moralement un acte, il convient donc de se situer dans la perspective de la personne qui agit. En effet, l'objet de l'acte du vouloir est un comportement librement choisi. En tant que conforme à l'ordre de la raison, il est cause de la bonté de la volonté, il nous perfectionne moralement et nous dispose à reconnaître notre fin ultime dans le bien parfait, l'amour originel. Par objet d'un acte moral déterminé, on ne peut donc entendre un processus ou un événement d'ordre seulement physique, à évaluer selon qu'il provoque un état de choses déterminé dans le monde extérieur. Il est la fin prochaine d'un choix délibéré qui détermine l'acte du vouloir de la personne qui agit. En ce sens, comme l'enseigne le Catéchisme de l'Eglise catholique, « il y a des comportements concrets qu'il est toujours erroné de choisir parce que leur choix comporte un désordre de la volonté, c'est-à-dire un mal moral » 127. « Souvent — écrit l'Aquinate —, l'homme agit avec une intention droite, mais cela ne lui sert de rien, car la bonne volonté lui manque ; comme si, par exemple, quelqu'un vole pour nourrir un pauvre, son intention assurément est droite, mais il lui manque la rectitude de la volonté, qui fait que la rectitude d'intention n'excuse jamais une mauvaise action. " Comme certains nous accusent outrageusement de le dire, devrions-nous faire le mal pour qu'en sorte le bien ? Ceux-là méritent leur propre condamnation " (Rm 3, 8) » 128.

La raison pour laquelle la bonne intention ne suffit pas mais pour laquelle il convient de faire le choix juste des œuvres réside dans le fait que l'acte humain dépend de son objet, c'est-à-dire de la possibilité ou non d'ordonner celui-ci à Dieu, à Celui qui « seul est le Bon », et ainsi réalise la perfection de la personne. En conséquence, l'acte est bon si son objet est conforme au bien de la personne dans le respect des biens moralement importants pour elle. L'éthique chrétienne, qui privilégie l'attention à l'objet moral, ne refuse pas de considérer la « téléologie » intrinsèque de l'agir, en tant qu'orientée vers la promotion du vrai bien de la personne, mais elle reconnaît que ce bien n'est réellement poursuivi que si les éléments essentiels de la nature humaine sont respectés. L'acte humain, bon selon son objet, peut être aussi ordonné à la fin ultime. Et cet acte accède à sa perfection ultime et décisive quand la volonté l'ordonne effectivement à Dieu par la charité. En ce sens, le Patron des moralistes et des confesseurs enseigne : « Il ne suffit pas de faire des œuvres bonnes, mais il faut les faire bien. Afin que nos œuvres soient bonnes et parfaites, il est nécessaire de les faire dans le seul but de plaire à Dieu » 129.

Le « mal intrinsèque » : il n'est pas licite de faire le mal en vue du bien (cf. Rm 3, 8)

79. Il faut donc repousser la thèse des théories téléologiques et proportionnalistes selon laquelle il serait impossible de qualifier comme moralement mauvais selon son genre — son « objet » — le choix délibéré de certains comportements ou de certains actes déterminés, en les séparant de l'intention dans laquelle le choix a été fait ou de la totalité des conséquences prévisibles de cet acte pour toutes les personnes concernées.

L'élément primordial et décisif pour le jugement moral est l'objet de l'acte de l'homme, lequel décide si son acte peut être orienté au bien et à la fin ultime, qui est Dieu. Cette orientation est trouvée par la raison dans l'être même de l'homme, entendu dans sa vérité intégrale, donc dans ses inclinations naturelles, dans ses dynamismes et dans ses finalités qui ont toujours aussi une dimension spirituelle : c'est exactement le contenu de la loi naturelle, et donc l'ensemble organique des « biens pour la personne » qui se mettent au service du « bien de la personne », du bien qui est la personne elle-même et sa perfection. Ce sont les biens garantis par les commandements, lesquels, selon saint Thomas, contiennent toute la loi naturelle 130.

80. Or, la raison atteste qu'il peut exister des objets de l'acte humain qui se présentent comme « ne pouvant être ordonnés » à Dieu, parce qu'ils sont en contradiction radicale avec le bien de la personne, créée à l'image de Dieu. Ce sont les actes qui, dans la tradition morale de l'Eglise, ont été appelés « intrinsèquement mauvais » (intrinsece malum) : ils le sont toujours et en eux-mêmes, c'est-à-dire en raison de leur objet même, indépendamment des intentions ultérieures de celui qui agit et des circonstances. De ce fait, sans aucunement nier l'influence que les circonstances, et surtout les intentions, exercent sur la moralité, l'Eglise enseigne « qu'il y a des actes qui, par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours gravement illicites, en raison de leur objet » 131. Dans le cadre du respect dû à la personne humaine, le Concile Vatican II lui-même donne un ample développement au sujet de ces actes : « Tout ce qui s'oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d'homicide, le génocide, l'avortement, l'euthanasie et même le suicide délibéré ; tout ce qui constitue une violation de l'intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques ; tout ce qui est offense à la dignité de l'homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l'esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable : toutes ces pratiques et d'autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu'elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s'y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement l'honneur du Créateur » 132.

Sur les actes intrinsèquement mauvais, et en référence aux pratiques contraceptives par lesquelles l'acte conjugal est rendu intentionnellement infécond, Paul VI enseigne : « En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien (cf. Rm 3, 8), c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de la volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et par conséquent une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux » 133.

81. En montrant l'existence d'actes intrinsèquement mauvais, l'Eglise reprend la doctrine de l'Ecriture Sainte. L'Apôtre Paul l'affirme catégoriquement : « Ne vous y trompez pas! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu » (1 Co 6, 9-10).

Si les actes sont intrinsèquement mauvais, une intention bonne ou des circonstances particulières peuvent en atténuer la malice, mais ne peuvent pas la supprimer. Ce sont des actes « irrémédiablement » mauvais ; par eux-mêmes et en eux-mêmes, ils ne peuvent être ordonnés à Dieu et au bien de la personne : « Quant aux actes qui sont par eux-mêmes des péchés (cum iam opera ipsa peccata sunt) — écrit saint Augustin —, comme le vol, la fornication, les blasphèmes, ou d'autres actes semblables, qui oserait affirmer que, accomplis pour de bonnes raisons (causis bonis), ils ne seraient pas des péchés ou, conclusion encore plus absurde, qu'ils seraient des péchés justifiés ? » 134.

De ce fait, les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte « subjectivement » honnête ou défendable comme choix.

82. En outre, l'intention est bonne quand elle s'oriente vers le vrai bien de la personne en vue de sa fin ultime. Mais les actes dont l'objet « ne peut être ordonné » à Dieu et est « indigne de la personne humaine » s'opposent toujours et dans tous les cas à ce bien. Dans ce sens, le respect des normes qui interdisent ces actes et qui obligent semper et pro semper, c'est-à-dire sans aucune exception, non seulement ne limite pas la bonne intention, mais constitue vraiment son expression fondamentale.

La doctrine de l'objet, source de la moralité, constitue une explicitation authentique de la morale biblique de l'Alliance et des commandements, de la charité et des vertus. La qualité morale de l'agir humain dépend de cette fidélité aux commandements, expression d'obéissance et d'amour. C'est pour cette raison, nous le répétons, qu'il faut repousser comme erronée l'opinion qui considère qu'il est impossible de qualifier moralement comme mauvais selon son genre le choix délibéré de certains comportements ou actes déterminés, en faisant abstraction de l'intention pour laquelle le choix est fait ou de la totalité des conséquences prévisibles de cet acte pour toutes les personnes concernées. Sans cette détermination rationnelle de la moralité de l'agir humain, il serait impossible d'affirmer un « ordre moral objectif » 135 et d'établir une quelconque norme déterminée du point de vue du contenu, qui obligerait sans exception ; et ce au préjudice de la fraternité humaine et de la vérité sur le bien, ainsi qu'au détriment de la communion ecclésiale. "

Bonne nuit et à bientôt.

Scrutator.