Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 639402 )Sur la Virginité de Marie in partu par Réginald (2012-07-06 13:13:26) 

Puisque le sujet fait couler beaucoup d'encre, voici une pièce à verser au débat. Il s'agit d'un article du Père Galot, théologien assez classique qui écrit dans les années soixante (Jacques Galot, « La virginité de Marie et la naissance de Jésus », Nouvelle Revue Théologique, 82-5, 1960, p.449-469 )


« Depuis la fin du IVe siècle, les Pères puis les théologiens scolastiques ont compris la naissance virginale comme étant une naissance miraculeuse, ex utero : Jésus serait né sans ouvrir le sein de sa mère, et c'est ainsi qu'il aurait laissé intacte la virginité de Marie. Ce passage miraculeux a été parfois comparé à celui du Christ ressuscité, entrant dans le cénacle toutes portes closes.
Du fait qu'elle n'ouvre pas le sein de Marie, cette naissance est sans douleur. Marie a échappé, en vertu de sa pureté virginale, aux douleurs de l'enfantement qui avaient été imposées à Eve à la suite du péché. Et des auteurs ont souligné le contraste entre l'absence de douleur au moment de la naissance de Jésus et la présence de la douleur dans le coeur de Marie au Calvaire.
Cependant, cette manière de concevoir la naissance virginale n'a jamais été approuvée officiellement par une déclaration infaillible de l'autorité doctrinale de l'Eglise. Lorsque la virginité de Marie dans la naissance de Jésus a été énoncée par le magistère, elle l'a été sans spécification. Pour affirmer cette virginité, le premier concile de Latran se borne à dire que Marie « a engendré sans corruption » ; l'expression semble indiquer simplement qu'elle a engendré sans dommage pour sa virginité. La constitution de Paul IV, en 1555, déclare que Marie « a toujours persévéré dans l'intégrité de la virginité, c'est-à-dire après l'enfantement » ; aucune précision n'est donnée sur le mode de l'enfantement. Malgré les affirmations de Pères et de théologiens sur ce mode, reconnu comme prodigieux, l'autorité de l'Eglise n'a donc pas voulu s'engager jusque-là, et a jugé suffisante l'affirmation d'une virginité complète de Marie ».



Source (article complet)
images/icones/neutre.gif  ( 639407 )Cher Ami par Marc B. (2012-07-06 14:03:07) 
[en réponse à 639402]

Comme je vous remercie de votre intervention.
Je recherchais moi-même des éléments, mais le manque de temps m'empêchait de progresser vite.

Je crois que nous voyons aujourd'hui se développer une erreur fondamentale qui consiste à chercher des références, même douteuses, pour faire passer son message et vouer son adversaire à la géhenne.

On s'éloigne de la recherche de la Vérité en devenant inconditionnel de tel ou tel.
Seules valent les références allant dans mon sens.
On en excommunie des cardinaux, presque le pape, quoique.

L'unité de l'Eglise n'est pas pour demain.

images/icones/1d.gif  ( 639408 )"théologien assez classique qui écrit dans les années soixante..." par John DALY (2012-07-06 14:07:37) 
[en réponse à 639402]

Ce n'est pas de la grosse artillerie là, Réginald. Et pour cause !
images/icones/fleche2.gif  ( 639411 )Jean-Paul II, discours à Caserta par Sacerdos simplex (2012-07-06 15:09:23) 
[en réponse à 639402]

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/1992/may/documents/hf_jp-ii_spe_19920524_concilio-capua_it.html


È noto che alcuni Padri della Chiesa stabiliscono un significativo parallelismo tra la generazione di Cristo “ex intacta Virgine e la sua risurrezione ex intacto sepulcro” (Il est connu que certains Pères de l'Eglise établissent un parallélisme significatif entre la génération du Christ "ex intacta virgine", et sa résurrection "ex intacto sepulcro") (cf. S. Efrem, Commentarium in Diatesseron 21, 21: CSCO 145, 232; S. Isodoro Pelusiota, Epist. I, 404; PG 78, 408; S. Proclo di Constantinopoli, Homilia, 33. In s. Apostolorum Thomam, VII, 19-20: “Studi e Testi” 247, p. 241; S. Pietro Crisologo, Sermo 84, 3: CCL 24A, p. 518; S. Cesario di Arles, Sermo 203, 2; CCL 104, p. 818). Nel parallelismo, relativamente alla generazione di Cristo, alcuni Padri pongono l’accento sulla concezione verginale, altri sulla nascita verginale, altri sulla susseguente perpetua verginità della Madre, ma tutti testimoniano il convincimento che tra i due eventi salvifici - la generazione-nascita di Cristo e la sua risurrezione dai morti - esiste un nesso intrinseco che risponde a un preciso piano di Dio: un nesso che la Chiesa, guidata dallo Spirito, ha scoperto, non creato. (il existe... un noeud intrinsèque... que l'Eglise, guidée par le Saint-Esprit, a découvert et non pas créé)
Tra i testi patristici che mettono in stretta relazione la nascita e la risurrezione mi limiterò a ricordarne solo due: uno, per la sua antichità e autorevolezza; l’altro per la straordinaria lucidità con cui collega i due eventi e vede in essi una prova della divinità di Cristo.
Il primo è di Sant’Ireneo (Saint Irénée) : “David eam quae est ex Virgine generationem et eam quae est ex mortuis resurrectionem prophetans ait: «Veritas de terra orta est»” (Adversus haereses, III, 5, 1: SCh. 211, pp. 52-54). Il secondo di San Pier Crisologo : “Venit Maria ad monumentum, venit ad resurrectionis uterum, venit ad vitae partum, ut iterum Christus ex sepulcro nasceretur fidei, qui carnis fuerat generatus ex ventre; et eum, quem clausa virginitas vitam pertulerat ad praesentem, clausum sepulcrum ad vitam redderet sempiternam. Divinitatis insigne est clausam virginem reliquisse post partum; de sepulcro clauso exisse cum corpore, est divinitatis insigne” (Sermo 75, 3: CCL 24A, p. 460).


images/icones/fleche2.gif  ( 639424 )passages les plus intéressants de l'article par Réginald (2012-07-06 17:11:51) 
[en réponse à 639402]

Voici un bref résumé de l’article avec les passages les plus significatifs :

Le Père Galot examine d’abord les passages de l’Ecriture sainte et propose l’analyse suivante de l’évangile selon st Luc :
« saint Luc se sert d'un langage qui donne nettement l'impression que dans sa pensée il n'était pas question d'un enfantement survenu de manière prodigieuse. Il nous montre Marie se rendant au Temple pour la purification exigée par la loi après l'accouchement, et il cite la prescription légale : « Tout enfant mâle qui ouvre le sein maternel sera consacré au Seigneur » (II, 23). Certes, il s'agit d'une expression consacrée pour désigner le premier-né, et saint Luc ne fait que la citer en ce sens. Toutefois, il aurait évité cette expression s'il avait eu l'idée ou reçu l'information que Jésus à sa naissance n'avait pas ouvert le sein de Marie »

L’auteur montre ensuite que le constitutif formel de la virginité est moins à chercher dans la rupture de l’hymen que dans la consécration totale du corps et du cœur au Christ :

« Il faut donc bien prendre garde au fait que même dans son aspect corporel, la virginité n'est pas une réalité purement ni premièrement physiologique. Elle comporte toujours, et essentiellement, une qualification morale, qui concerne l'usage du corps. Elle n'est pas à définir d'un simple point de vue anatomique; elle est une intégrité corporelle qui n'est lésée qu'en vertu d'un consentement de la volonté au plaisir charnel. Toute rupture de l'hymen n'est pas signe de la perte de la virginité, pas plus d'ailleurs que l'intégrité de l'hymen n'est signe certain de la conservation de la virginité. Telle est la notion habituelle de virginité. »

Il se livre ensuite à une enquête dans la Tradition des Père de l’Eglise pour en conclure :
«On peut donc dire que, Jusque vers la fin du IVe siècle, la tradition patristique a affirmé l'enfantement virginal, mais en le considérant comme soumis aux conditions normales de la naissance humaine. L'ouverture du sein maternel par l'enfant était même regardée comme tout à l'honneur de Marie et de sa virginité. Nous ne connaissons pas de témoignage patristique de cette période qui affirmerait une naissance de mode prodigieux »

Il examine ensuite les raisons théologiques traditionnelles en faveur de la position des scolastiques :
« Y aurait-il des raisons théologiques, dans le cas de Marie, pour adopter une définition plus matérielle de la virginité et exclure notamment la rupture de l'hymen lors de la naissance? On n'en voit pas. Au contraire, si l'on admet qu'une violence ou une perforation accidentelle ne lèse pas la virginité, il faut affirmer qu'il en est ainsi, à plus forte raison, dans le cas où la rupture de l'hymen se produit en vertu de la maternité même de Marie. Dans cette maternité, tout est saint et pur. Qu'y aurait-il d'infamant à ce que l'enfant Jésus, le Verbe fait chair, ouvre le sein de sa mère ? A ceux qui prétendent qu'il y aurait là une atteinte à la perfection de Marie, ne doit-on pas répondre que ce serait faire injure au Christ lui-même que de penser de la sorte? En naissant d'une manière normale, Jésus aurait-il pu dégrader ce sein maternel qu'il ouvrait? Ne l'a-t-il pas plutôt sanctifié par ce passage ? »

La partie la plus intéressante de l’article est celle où l’auteur argumente en faveur d’une ouverture du sein maternelle :

« La virginité a pour but d'accueillir pleinement l'amour divin. En Marie, cet accueil s'est fait non seulement dans le coeur mais aussi corporellement lors de la conception miraculeuse. Or si le but de la virginité n'est pas de se fermer à tout mais de s'ouvrir à Dieu, l'ouverture du sein maternel pour le passage de 'Dieu lui-même n'est-il pas le suprême couronnement de la virginité corporelle de Marie, l'accomplissement de son véritable but? Marie n'était vierge que pour s'ouvrir pleinement, dans son coeur et dans son corps, à Dieu »

De même « Pourquoi refuserait-on à Marie l'activité corporelle d'enfantement, qui est un acte important de la maternité? Pas plus qu'on ne peut porter atteinte à sa virginité, oh ne peut diminuer sa maternité. Il fallait que Marie soit, dans une plénitude de sens, « Theotokos », celle qui enfante Dieu- Pour avoir son entière consistance, avec toute sa stupéfiante grandeur, la maternité divine paraît réclamer un enfantement corporel complet. Et il serait erroné de penser que par un tel enfantement, la maternité de Marie abolirait le signe de la virginité. Si un signe doit rester gravé dans le corps de Marie, et persister actuellement dans son corps glorieux, c'est celui de sa maternité virginale; ce signe, c'est celui de l'ouverture par Jésus du sein maternel, sein fermé aux hommes et n'ayant livré passage qu'à Dieu lui-même.
En outre, ce qui est exigé par la maternité divine, l'est de même par la vérité de l'Incarnation. Il fallait que Jésus, pour être pleinement homme, ait une vraie naissance, une naissance pareille à celle des autres hommes. Il ne suffisait pas d'un transfert quelconque hors du sein maternel. Plus tard, dans la vie publique, le Christ refusera expressément de se servir de son corps pour faire des prodiges es ; n'aurait- il pas été étrange qu'il ait précisément inauguré sa vie terrestre par un prodige?
La naissance, dans toute sa réalité corporelle si humble, a fait partie de l'abaissement du Fils de Dieu; lui enlever une partie de cette réalité, c'est diminuer la profondeur, de cet abaissement et la noblesse de la démarche d'Incarnation.»

Sa conclusion est particulièrement intéressante : « La grandeur de Notre-Dame, ce n'est pas seulement d'avoir été la Vierge, mais c'est d'avoir été engagée à fond, par la maternité virginale, dans le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption; l'honneur suprême de l'enfantement, c'est d'avoir, dans la virginité, attesté et manifesté l'Incarnation, et, par une douleur à la fois virginale et maternelle qui aboutit à la joie, d'avoir préfiguré la Rédemption. »
images/icones/1a.gif  ( 639447 )Merci beaucoup. par Yves Daoudal (2012-07-06 20:06:42) 
[en réponse à 639424]

C'est très intéressant. Et cela correspond à ce que je pensais sans trop oser le penser.

C'est la logique de l'Incarnation.
images/icones/livre.gif  ( 639473 )St Thomas d'Aquin vous répond par Jean-Paul PARFU (2012-07-06 22:30:42) 
[en réponse à 639447]

ici
images/icones/1a.gif  ( 639494 )Personnellement.... par Lucas (2012-07-07 01:03:40) 
[en réponse à 639402]

Je suis convaincu que la Vierge Marie a enfanté Jésus dans une extase et parfaitement sans douleur, cette dernière étant la conséquence du péché originel.Marie en étant exemptée, Elle n'a pas connu cette dégradation de l'enfantement .Ce prodige n'enlève rien à l'authencité de la naissance de Jésus, ni à son humanité.
Il s'agit là d'un mystère, mais cela n'engage que moi.
Lucas.
images/icones/fleche3.gif  ( 639495 )certes par Réginald (2012-07-07 01:19:21) 
[en réponse à 639494]

Le travail " à la sueur du front" et la mort sont aussi une conséquence du péché originel. Cela n'a pas empêché le Christ de travailler dans l'atelier de Saint Joseph et de mourir sur la Croix.
images/icones/1b.gif  ( 639506 )C'est vrai.... par Lucas (2012-07-07 09:57:13) 
[en réponse à 639495]


Ce que vous dîtes est vrai, mais comparaison n'est pas raison: Jésus devait passer par la mort pour la détruire.Marie n'est pas passée par la mort, mais n'a connu qu'une tranquille dormition, ce qui aurait été le cas pour notre descendance, si nos parents n'avaient pas péché.Marie est le témoignage très Saint de ce que l'humanité aurait été sans le péché originel.
Lucas.