Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=637614
images/icones/3c.gif  ( 637614 )Un traître ! par Introibo (2012-06-23 14:32:45) 

A moins que la nouvelle n'ait déjà été annoncée,

lien de Riposte Catholique.

La traîtrise d'un évêque. Tout simplement. Et n'allez pas essayer de sauver les meubles !

1) C'est l'Eglise catholique .... post conciliaire ! Liberté de conscience, avant V 2 ? inconnue.

2) Compréhension mutuelle ? Il faut être un âne pour affirmer ça. Combien de musulmans, vivant aux côtés de chrétiens et de juifs, depuis des siècles. Et combien de massacres ! La compréhension mutuelle, ça n'est valable que pour des discours plats à l'abri de bureaux.

3) L'apostat renie les racines chrétiennes de la France.

Un évêque participant à une cérémonie musulmane ? C'est tellement normal depuis V 2. Mais quid de sa foi ?
images/icones/abbe1.gif  ( 637616 )une photo peut-être... ? par jejomau (2012-06-23 14:49:48) 
[en réponse à 637614]

C'est LA !!

.. Avec une réaction de Jean-Paul Parfu .. ?
images/icones/heho.gif  ( 637619 )Incohérence par Nemo (2012-06-23 15:07:41) 
[en réponse à 637614]

Déjà dans le monde économique on imaginerait mal le PDG de Bouygues Télécoms venir inaugurer l'ouverture d'une nouvelle boutique Free.
Pas plus que Leclerc participer à l'inauguration d'un Carefour.

Or nous ne sommes pas dans le monde du commerce mais dans celui du Salut, il ne s'agit ni plus noi moins que de sauver ou pas son âme.

Il n'y a vraiment que dans l'Eglise catholique que l'on voit des folies pareilles, et de la part des chefs.
images/icones/1y2.gif  ( 637621 )De la concurrence... par Introibo (2012-06-23 15:53:28) 
[en réponse à 637619]

L'allusion aux marques et aux groupes est éclairante.

Pourquoi ces "folies" que ne feraient pas les PDG ?

A cause de la perte des repères. Le relativisme a envahi l'Eglise et on ne discerne pas de grand mouvement contraire.
images/icones/1v.gif  ( 637626 )Je dirais même plus... par Michel (2012-06-23 16:24:38) 
[en réponse à 637621]

Quand un groupe a manifestement une idéologie de conquête et de guerre, assister à l'inauguration de l'usine d'armement du voisin belliqueux, c'est un peu incongru, et surtout de nature à démobiliser ses propres défenseurs...

Imaginerait-on un Houtou assistant à l'inauguration d'un centre d'entrainement Tutsi ?
(ceci pour éviter de remporter un point Godwin, mais vous pouvez remplacer par grand-rabbin et national-socialiste si vous y tenez, ou Israélien et Hamas, Coréen du Sud et Coréen du Nord, etc.)

Ah, n'oubliez pas d'aller jeter un coup d'oeil sur http://www.fdesouche.com/, vous y verrez des choses intéressantes sur les bagarres à côté de cette mosquée.

Et puis aussi le prénom de l'assassin du collégien de 13 ans.
Une chance pour la France.



images/icones/1z.gif  ( 637629 )Pfff par Introibo (2012-06-23 17:40:32) 
[en réponse à 637626]

Pauvre France.
Pauvre Eglise.
images/icones/1i.gif  ( 637631 )imprudence en effet par Luc Perrin (2012-06-23 19:44:01) 
[en réponse à 637614]

"traître" ? le mot est pour le moins déplacé et injurieux, à moins bien sûr que Mgr Lebrun ait renié la foi chrétienne et prononcé la chahada à cette occasion après avoir envoyé sa démission au Saint-Père. Mais nul n'en parle.

Vous accusez à tort la liberté de conscience que jamais Vatican II n'a reconnu comme telle. La liberté religieuse, redisons le, n'a rien à voir : c'est l'interdiction faite à un État de vous empêcher de pratiquer votre culte, sauf si celui-ci trouble gravement l'ordre et la moralité publics.

De même aucun texte de Vatican II n'intime à un évêque d'aller à l'inauguration religieuse d'un lieu de culte acatholqiue. C'est une initiative extrêmement regrettable, un contre-témoignage à l'Évangile donné ici par Mgr Lebrun mais il faut bien dire que la dérive de "l'esprit (calamiteux) d'Assise" glisse vite à ce type d'abus.

J'espère qu'après cette gaffe, disons le, Monseigneur saura expliquer dans le cadre de "l'Année de la foi" ce qu'est la foi chrétienne, fort éloignée de l'islam qui en nie le coeur le Christ et la Trinité.

Je ne sais pas combien d'imams viennent se réjouir physiquement de la construction ou réfection d'une église ou d'une école catholique en France ?
On se demande aussi si Dominus Iesus a été reçue dans le diocèse de Saint-Étienne et si la Déclaration qui clarifie bien ces questions y est réellement enseignée ?

Toutefois certains exemples venus des papes (Jean-Paul II et Benoît XVI) ont pu donner à penser que des gestes aventureux étaient possibles, comme embrasser un Coran ; des gestes malencontreux qui contribuent à brouiller complètement les identités religieuses, par conséquent à mettre entre parenthèses aux yeux des non-croyants la Bonne Nouvelle et la mission première de l'Église qui est d'évangéliser et donc de proclamer l'intégralité de la foi.

Le geste de Mgr Lebrun peut sûrement s'abriter derrière ces exemples pontificaux, hélas, mais il a dû étre motivé par le souci du vivre ensemble le plus harmonieux. Un souci louable et que je partage mais qui devrait en rester à un aspect civil et non religieux. L'évêque pouvait se borner à une lettre pour saluer l'effort que représente la construction du nouveau bâtiment et le "confort" amélioré quant à ses concitoyens de religion musulmane. Ou bien à un communiqué plus général encore sur le bien fondé pour chacun d'avoir un lieu de culte décent et ne pas oublier de former des voeux pour que les courants les plus sectaires au sein de l'islam soient dénoncés en France comme ils le sont par de trop rares musulmans au Caire, à Tunis, en Syrie, au Mali et au Nigéria.
Que ce nouveau bâtiment soit l'occasion d'appels réguliers au respect de l'autre, comme le font les catholiques de leur côté trop souvent de façon unilatérale... au moment où des islamistes fanatiques tuent des chrétiens et font exploser églises et écoles au Nigéria et que le Nord Mali est livré à des talibans tout aussi violents.

images/icones/3c.gif  ( 637646 )Quoi ? par Introibo (2012-06-23 22:45:37) 
[en réponse à 637631]

Vivre ensemble ?
Gaffe ?
Gestes aventureux ?
Confort amélioré ?

Grotesque !

Un évêque a-t-il le droit de se rendre dans une cérémonie organisée par les ennemis de la Foi ? Non.

Cet évêque trahit sa foi qui est de témoigner de la religion chrétienne jusqu'au martyre s'il le faut. Au lieu de cela, il se coule dans le moule gluant d'Assise, il suit les pires exemples !

Imagine-t-on Saint Pie X allant rencontrer les maçons dans leurs loges diaboliques ?

Vous dites :


la foi chrétienne, fort éloignée de l'islam qui en nie le coeur le Christ et la Trinité



Mais c'est l'islamisme qui est éloigné de la foi chrétienne, dont il n'est qu'une version dégénérée.

Le respect de l'autre n'existe pas chez les islamistes. Et il n'existera jamais.
images/icones/nul.gif  ( 637647 )je ne suis pas pour la guerre civile par Luc Perrin (2012-06-23 22:55:51) 
[en réponse à 637646]

c'est sans doute ce qui nous différencie.

Heureusement les Mohamed Merah version "chrétienne" sont très minoritaires.

Par ailleurs ouvrez un dictionnaire et regardez le sens des mots que vous tapez mais ne connaissez pas visiblement :
"islamisme" n'est pas "musulman" qui n'est pas "franc-maçon" (certains doivent l'être mais ça ne se recoupe pas).


Dans votre exaltation - assez malsaine à mon sens -, vous n'avez pas même compris que je désapprouve tant les différents "Assise" (pas l'exemple de saint François bien sûr) que le choix de Mgr Lebrun de se rendre dans cette mosquée.

Mais je ne deviens pas pour autant un "matamore" au deux sens espagnol et français du mot.
images/icones/1b.gif  ( 637669 )Flagrant délit de naïveté ? par Meneau (2012-06-24 12:20:03) 
[en réponse à 637631]


J'espère qu'après cette gaffe, disons le, Monseigneur saura expliquer dans le cadre de "l'Année de la foi" ce qu'est la foi chrétienne, fort éloignée de l'islam qui en nie le coeur le Christ et la Trinité.



Blague à part,

il a dû étre motivé par le souci du vivre ensemble le plus harmonieux. Un souci louable et que je partage mais qui devrait en rester à un aspect civil et non religieux.


Pensez-vous qu'un évêque puisse, sur la scène publique, vraiment dissocier les deux aspects ? Un évêque est médiatisé en tant que leader religieux, pas en tant que citoyen.

Enfin, au chapitre dictionnaire, et compte-tenu de la nature du culte musulman, comment définiriez-vous la "communio in sacris" avec les musulmans ?

Cordialement
Meneau
images/icones/rose.gif  ( 637670 )une réception à l'Élysée par Luc Perrin (2012-06-24 12:58:11) 
[en réponse à 637669]

n'est pas une "communio in sacris" dans aucun dictionnaire ni Code de droit canonique.

Pour répondre assez simplement à votre affirmation, disons inepte, à propos du fait que tout acte civil serait religieux et vice-versa quand il est accompli par un évêque ou un clerc ou un baptisé d'ailleurs.


J'ose espérer que Mgr Lebrun ne s'est pas agenouillé sur un tapis à prière en récitant les prières tourné vers la Mecque qui sont propres au culte musulman, accompagnées des gestes rituels prescrits. Je ne sais pas d'où vous tenez cette information ?


"blague à part" comme vous dîtes mais je veux croire que votre post devait être une Witz comme on dit chez nous en Alsace.
Pas à la hauteur de la question posée à mon très humble avis.
images/icones/neutre.gif  ( 637675 )Assurément par Meneau (2012-06-24 13:35:09) 
[en réponse à 637670]

il y avait une part de blague dans mon post, et je n'ai jamais fait d'une réception à l'Elysée une communio in sacris.

Je posais simplement la question, à laquelle, à mon avis, les évêques devraient prendre garde : quand ils accomplissent, en tant que citoyens lambda, un acte civil, sont-ils médiatisés en tant que citoyens lambda, ou bien en tant que représentants d'une religion ? Cela ne fait en aucun cas de l'acte considéré un acte religieux, mais néanmoins en tant que leaders religieux, ils ont une responsabilité sur la scène médiatique (et politique).

Autrement dit, et pour retourner (à moitié) sur le terrain de l'ironie, on préférerait les voir faire l'acte civil de défiler à la Marche pour la Vie (une maniferstation n'est pas une procession religieuse), que l'acte civil d'assister à l'inauguration de la mosquée (la mosquée a, quoi qu'on en dire, une forte connotation religieuse...)

Cordialement
Meneau


images/icones/neutre.gif  ( 637676 )bien d'accord là dessus avec vous par Luc Perrin (2012-06-24 15:02:02) 
[en réponse à 637675]

je ne peux que souscrire à ce que vous écrivez cette fois qui est raisonnable.

Il se trouve que Mgr Lebrun a fait les deux ...
Toutefois une marche pour la Vie organisée par des catholiques pour promouvoir la doctrine catholique n'est sans doute pas un acte "religieux" au sens du culte mais relève cependant de la manifestation publique de la foi.

Il est clair qu'un évêque à l'inauguration d'une mosquée ne témoigne pas publiquement de sa foi, il envoie plutôt un contre-message.

Au passage, vous le voyez, j'avais bien raison de souligner que là est le vrai débat sur les points critiques de Vatican II et pas tant sur le rapport à l'État moins encore sur la vaine revendication d'un État catholique exclusif.

La position par rapport à la Mission et ce qui est tolérable ou erroné en matière d'interreligieux est le vrai point chaud.
images/icones/hein.gif  ( 637696 )Vraiment une imprudence? par Rikiki (2012-06-24 17:55:07) 
[en réponse à 637631]

Je ne suis relativiste en aucune manière, mais ne pourrait-on pas considérer que l'évêque, au même titre que le préfet, le député ou le sénateur-maire de la ville préfecture sont les notables locaux à qui revient le devoir de favoriser la cohabitation des communautés?

Après réflexion la présence à l'inauguration ne me choque pas tant que ça. Il me semble qu'on ne la doit pas tant à l'esprit d'Assise qu'à une vieille tradition française, disons, de "comices agricoles". Quelque chose comme Don Camillo et Peppone, ou encore comme les relations entre polonais, juifs et allemands en Pologne (cf. le film "la terre promise" - ziemia obiecana - de Andrzej Wajda). A l'opposé, la tradition très importante des "open houses" en Malaisie (où les dignitaires musulmans vont fêter Noël avec les chrétiens!) n'est jamais perçue comme un reniement de l'Islam mais bien comme la simple expression de la courtoisie des Malais vis-à-vis des Malaisiens chrétiens.

En fin de compte, je rejoins pleinement ce que vous écrivez au dernier paragraphe et me demande si ce n'est pas applicable à l'inauguration de la mosquée (acte civil autant que religieux). Moyennant quoi, bien entendu, on aurait au moins aimé un appel plus clair à condamner les persécutions antichrétiennes dans le monde...
images/icones/fleche2.gif  ( 637657 )"L'esprit d'Ankara" a soufflé sept ans avant "l'esprit d'Assise". par Scrutator Sapientiæ (2012-06-24 00:34:16) 
[en réponse à 637614]

Bonsoir Introibo,

Je me permets de vous renvoyer au discours inséré ci-dessous, discours qui, dès l'automne 1979, donc sept ans avant Assise, constitue davantage "un problème dans le problème" qu'"une solution au problème".

Je pense ici à ce que le Pape prend bien soin de DIRE, mais aussi à ce qu'il prend bien soin de TAIRE, notamment dans le paragraphe n° 3.

PÈLERINAGE APOSTOLIQUE EN TURQUIE - DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II À LA COMMUNAUTÉ CATHOLIQUE D'ANKARA

Ankara Jeudi 29 novembre 1979

Chers frères et fils, chers amis,

" 1. C’est une immense joie pour moi, successeur de saint Pierre dans le Collège apostolique et sur le siège de Rome, de m’adresser aujourd’hui à vous avec les paroles mêmes que saint Pierre adressait, il y a dix-neuf siècles, aux chrétiens qui formaient alors, comme aujourd’hui, une minorité sur cette terre, « dispersés et étrangers dans les régions du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce... À vous grâce et paix en abondance » (1 P, 1, 1-2).

Comme Pierre, je voudrais d’abord rendre grâce pour l’espérance vivante qui est en vous et qui vient du Christ ressuscité ; je voudrais exhorter chacun d’entre vous à être reconnaissant à Dieu, et ferme dans la foi, tels « des enfants obéissants » maintenant vos âmes pures dans l’obéissance à la vérité, dans une fraternité sincère avec une bonne conduite au milieu des nations... afin que, voyant vos bonnes œuvres, les hommes glorifient Dieu (cf. ibid. 1, 3,14, 22 ; 2, 12).

L’Apôtre prenait même soin de mentionner la loyauté envers les autorités civiles. « Agissez, disait-il, en hommes libres, non pas en hommes qui font de la liberté un voile sur leur malice, mais en serviteurs de Dieu. » (1 P, 2, 16.)

Oui, je voudrais vous inviter à considérer comme particulièrement vôtre cette lettre écrite à ceux qui vous ont précédés sur cette terre, à la relire attentivement, à en méditer chaque affirmation. J’attire à présent votre attention sur une de ses exhortations : « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous. Mais que ce soit avec douceur et respect, en possession d’une bonne conscience » (ibid. 3, 15-16).

2. Ces paroles sont la règle d’or pour les rapports et les contacts que le chrétien doit avoir avec ses concitoyens qui ont une foi différente. Aujourd’hui, pour vous, chrétiens résidant ici en Turquie, votre sort est de vivre dans le cadre d’un État moderne — qui prévoit pour tous la libre expression de leur foi sans s’identifier avec aucune —, et avec des personnes qui, dans leur grande majorité, tout en ne partageant pas la foi chrétienne, se déclarent « obéissants envers Dieu », « soumis à Dieu », et même « serviteurs de Dieu », selon leurs propres paroles, qui rejoignent celles de saint Pierre déjà citées (cf. ibid. 2, 16) ; ils ont donc comme vous, la foi d’Abraham dans le Dieu unique tout-puissant et miséricordieux. Vous savez que le Concile Vatican II s’est prononcé ouvertement sur ce sujet, et moi-même j’ai rappelé, dans ma première encyclique Redemptor hominis, que « le Concile... a exprimé son estime pour les croyants de l’Islam, dont la foi se réfère aussi à Abraham » (n. 11).

Permettez-moi de rappeler ici, devant vous, ces paroles de la Déclaration conciliaire Nostra aetate : « L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent (« avec nous », lit-on dans un autre texte du Concile, Constitution Lumen gentium, n. 16) le Dieu un vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale Marie, et parfois même ils l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière l’aumône et le jeûne » (Déclaration Nostra aetate n. 3).

C’est donc en pensant à vos concitoyens, mais aussi au vaste monde islamique, que j’exprime à nouveau, aujourd’hui, l’estime de l’Église catholique pour ces valeurs religieuses.

3. Mes frères, quand je pense à ce patrimoine spirituel et à la valeur qu’il a pour l’homme et pour la société, à sa capacité d’offrir, surtout aux jeunes, une orientation de vie, de combler le vide laissé par le matérialisme, de donner un fondement sûr à l’organisation sociale et juridique, je me demande s’il n’est pas urgent, précisément aujourd’hui où chrétiens et musulmans sont entrés dans une nouvelle période de l’histoire, de reconnaître et de développer les liens spirituels qui nous unissent, afin de « protéger et de promouvoir ensemble, pour tous les hommes — comme nous y invite le Concile —, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté » (Déclaration Nostra aetate, ibid.).

La foi en Dieu, que professent les descendants spirituels d’Abraham, chrétiens, musulmans et juifs, quand elle est vécue sincèrement, qu’elle pénètre la vie, est un fondement assuré de la dignité, de la fraternité et de la liberté des hommes et un principe de rectitude pour la conduite morale et la vie en société. Et il y a plus : par suite de cette foi au Dieu créateur et transcendant, l’homme se trouve au sommet de la création. Il a été créé, enseigne la Bible, « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1, 27) ; pour le Coran, livre sacré des musulmans, bien que l’homme soit fait de poussière, « Dieu lui a insufflé son esprit et l’a doté de l’ouïe, de la vue et du cœur », c’est-à-dire d’intelligence (Sourate 32, 8).

L’univers, pour le musulman, est destiné à être soumis à l’homme en tant que représentant de Dieu, la Bible affirme que Dieu a ordonné à l’homme de soumettre la terre, mais aussi de la « cultiver et de la garder » (Gn 2, 15). En tant que créature de Dieu, l’homme a des droits qui ne peuvent être violés, mais il est également tenu à la loi du bien et du mal qui se fonde sur l’ordre établi par Dieu. Grâce à cette loi, l’homme ne se soumettra jamais à aucune idole. Le chrétien s’en tient au commandement solennel : « Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. » (Ex 20, 30.) De son côté, le musulman dira toujours : « Dieu est le plus grand. »

Je voudrais profiter de cette rencontre et de l’occasion que m’offrent les paroles écrites par saint Pierre à vos prédécesseurs pour vous inviter à considérer chaque jour les racines profondes de la foi en Dieu dans lequel croient aussi vos concitoyens musulmans, pour en tirer le principe d’une collaboration en vue du progrès de l’homme de l’émulation dans le bien, de l’extension de la paix et de la fraternité dans la libre profession de la foi propre à chacun.

4. Cette attitude, chers Frères et Sœurs, va de pair avec la fidélité déjà si méritoire de vos communautés chrétiennes ici représentées. Cette fidélité hérite d’un grand passé. Nous avons déjà parlé de la lettre de saint Pierre, on pourrait s’étendre sur la dilection de saint Paul, de saint Jean pour les Églises d’Asie mineure. Un auteur profane du début du second siècle, Pline le Jeune, décrivait la vie des disciples du Christ avec étonnement, dans un témoignage qui reste précieux aux yeux de l’histoire. Mais, comment oublier la période florissante qui a suivi ; et particulièrement le temps des Pères de l’Église ?

Et, puisque saint Pierre parle de la Cappadoce ma pensée va spontanément à saint Basile le Grand (329-379), l’une des gloires les plus remarquables de l’Église de cette région, d’autant plus que survient cette année le seizième centenaire de sa mort : je suis heureux de vous annoncer qu’un document pontifical, illustrant la figure de ce très grand docteur, viendra couronner ce mémorable anniversaire.

5. Aujourd’hui, même si vos communautés sont modestes, elles sont riches de la présence de diverses traditions et elles sont constituées par des personnes provenant de nombreuses parties du monde. Cela vous donne l’occasion de vous exprimer réciproquement votre foi et votre espérance, et de donner ici un important témoignage d’unité et de fraternité.

Ayez toujours le courage et la fierté de votre foi. Approfondissez-la. Approchez-vous sans cesse du Christ, la pierre angulaire, comme des pierres vivantes, sûrs de remporter la fin de votre foi, le salut de vos âmes. Dès maintenant le Seigneur Jésus fait de vous les membres de son corps.

Fils de Dieu, il vous fait participer à sa nature divine il vous donne part à son Esprit. Puisez avec joie à la source jaillissante qu’est son eucharistie. Qu’il vous comble de sa charité ! Ayez aussi le sentiment d’être en communion avec l’Église universelle que le Pape représente devant vous, dans son humble personne. Votre témoignage est d’autant plus précieux qu’il est restreint en nombre, mais non dans sa qualité.

Pour moi, je tenais à vous dire ma profonde affection et ma confiance. Restons très unis par le lien de la prière. Je recommande au Christ Jésus, et à sa très sainte Mère, tous les besoins humains et spirituels de vos communautés, de chacune de vos familles. J’ai une pensée spéciale pour vos enfants, vos malades, ceux qui sont éprouvés. Qu’ils soient réconfortés par l’amour de Dieu et l’entraide de leurs frères ! De tout cœur je vous bénis, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. "

A. Le dialogue interreligieux, s'il n'est pas mis davantage au service de l'annonce, risquera de sombrer bientôt dans le délayage et le délestage interreligieux :

1 - le délayage : la dilution de la substance du christianisme dans le liquide du pluralisme religieux

2 - le délestage : la diminution puis la disparition d'une charge et d'un fardeau :

a - quelle charge, nuisible au déploiement du dialogue, en effet, que le "préjugé" selon lequel le chrétien est inspiré par la seule vraie religion !

b - quel fardeau, obstacle à la pratique du dialogue, en effet, que la "prétention" selon laquelle l'Eglise catholique est le corps mystique du seul Médiateur, qui est aussi le seul Rédempteur !

B. D'un certain point de vue, celui de ceux qui sont en position dominante, on est en droit de se demander si le raisonnement n'est pas celui-ci :

- de même que ce qui compte, dans le monde, c'est que le chômeur qui veut vraiment travailler, et qui n'y arrive pas, culpabilise son inutilité, en demeurant inactif et isolé, alors qu'il n'en est pas coupable, mais victime ; qu'il culpabilise, donc, au lieu de se mobiliser et de s'organiser.

- de même, ce qui compte, dans l'Eglise, c'est que le catholique traditionnel qui veut vraiment s'intégrer, et qui n'y arrive pas, culpabilise sa marginalité, en demeurant, lui aussi, inactif et isolé, alors que lui non plus n'en est pas coupable, et que lui aussi en est victime ; qu'il culpabilise, donc, au lieu de se rebeller et de résister.

C. En l'occurrence, il s'agit de se rebeller, et de résister, face à l'angélisme, à l'irénisme, à l'utopisme, à la "PACIVITE", c'est-à-dire à la passivité, sous couvert de pacifisme, face à des religions

- qui ne sont pas seulement différentes, mais qui sont également divergentes,

- qui sont,

certes, au temporel, sociologiquement apposées,

mais, au spirituel, théologiquement opposées,

par rapport au christianisme catholique, compte tenu de sa radicalité et de sa spécificité, mais aussi et surtout compte tenu du Christ lui-même, Lui qui est LA Voie, LA Vérité et LA Vie.

D. En fait, il n'y a jamais eu autant de " PME " et de " SDF ", au sein de l'Eglise catholique : face aux religions non chrétiennes, c'est

- le " Pacifisme par la Moindre Exhortation " à la conversion,

- le " Pacifisme par la Moindre Exigence " de véracité,

- l'Eglise des " Sans Doctrine Fixe " et des " Sans Dogmes Fermes ",

face à ceux qui adhèrent à telle ou telle religion erronée.

E. Que voulez-vous ? On vous l'a dit et répété :

- si vous confessez la Foi catholique, MAIS sans l'édulcorer, ni l'euphémiser, sans la censurer ni la diminuer, DONC, y compris en ce qu'elle contrarie les croyants non chrétiens, en ce qu'elle contredit (et pour cause, tout de même !) les croyances non chrétiennes,

- si vous faites de la confession de la Foi catholique une source de "blocages" ou de "clivages" intellectuels et relationnels, doctrinaux et pastoraux, entre croyants, que ce soit entre croyants chrétiens ou entre croyants chrétiens et croyants non chrétiens,

c'est que votre attitude n'est pas authentiquement évangélique !

c'est que vous manquez de charité envers vos frères non chrétiens !

F. C'est un peu comme si je manquais de charité envers quelqu'un qui croirait, à tort, avoir trouvé la vérité, dans tel ou tel domaine, en lui disant

a) qu'il se trompe, en croyant vrai ce qui est faux, et en persévérant dans son erreur, bien qu'il sache, à présent, que c'en est une,

b) que la vérité, dans le domaine concerné, est bien éloignée de son erreur, bien opposée à son erreur, non conciliable avec elle,

c) qu'il a vocation à refuser, à rejeter son erreur, et à adhérer à la vérité, maintenant qu'elle lui a été explicitée dans sa spécificité.

G. Il ne faut pas, en effet, n 'est-ce pas, s'exposer au risque de blesser, de froisser, la dignité et la liberté de tous ceux qui font preuve de sincérité, en matière religieuse, car ce qui importe,

- ce n'est pas qu'ils croient chercher ou avoir trouvé Dieu là où, en réalité, il n'est pas ;

- ce n'est pas qu'ils passent ainsi à côté du seul vrai Dieu et de la seule véritable Eglise ;

- c'est la reconnaissance de la valeur quasiment transcendante de leur sincérité.

H. Une bonne fois pour toute, quelle est donc celle des deux instances suivantes qui dispose de la primauté, par rapport à l'autre ?

L'autorité de la Parole du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit,

ou

L'autonomie, toujours toute relative, de la conscience humaine ?

Bonne réception, bonne lecture, bonne nuit.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 637672 )un texte très faible en effet par Luc Perrin (2012-06-24 13:13:28) 
[en réponse à 637657]

qui manifeste une grande confusion, particulièrement s'adressant à des catholiques !
Je l'ignorais mais c'est vraiment du très mauvais Jean-Paul II.


Spécialement quand on sait très bien que la liberté religieuse est entravée en Turquie, et non respectée comme le dit le pape, de manière permanente et odieuse, au point d'étouffer l'Église orthodoxe turque notamment, interdiction de séminaires, refus d'autoriser construction ou même réparation d'églises etc.
C'était vrai en 1979 comme en 2012, rien n'ayant changé si ce n'est des assassinats de prêtres catholiques intervenus entre les deux dates.

Je comprends qu'on dise quelques mots gentils lorsqu'on est invité dans un pays étranger : c'est la courtoisie, l'aspect "civil".
J'ai plus de mal à comprendre qu'on fasse silence sur ce qui opprime vos propres fidèles d'une part et qu'on exalte à ce point une religion non chrétienne.

En fait, ce texte est bien pire qu'Assise I puisqu'il ignore largement la mission qui est celle de tout baptisé chrétien, a fortiori l'évêque de Rome, annoncer la Bonne Nouvelle.
Pire qu'Assise I puisque le pape perd son temps en une sorte de catéchèse partielle de l'islam ... alors qu'il s'adresse aux catholiques d'Ankara dans le cadre d'une visite à but religieux.

Heureusement quand même que des textes magistériels à fort degré d'autorité, une allocution de ce type a un degré d'autorité assez faible, sont venus rappeler la foi catholique.
images/icones/1i.gif  ( 637689 )il y a des phrases à effet meurtrier par blamont (2012-06-24 17:02:32) 
[en réponse à 637657]

ainsi le 22 juin 1942, un ancien ministre socialiste, membre du cartel des gauches, proclama:
" Je souhaite la victoire allemande, parce que, sans elle, le bolchevisme demain s'installerait partout".


"Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète; ils honorent sa Mère virginale Marie, et parfois même ils l’invoquent avec piété".

Notre Seigneur leur est juste un Prophète, c'est cool.
Alors le Credo: simple clause de style?
et l'Esprit-Saint, c'est comme dans les DVD, le bonus maison ou l'option facultative comme au bac?

signification de "même"? Cela ne serait-il pas de fait?