Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=637071

( 637071 )
Qu'est-ce que c'est la 'pleine communion'? par John L (2012-06-19 12:02:09)
On parle beaucoup de l'entrée souhaitée de la FSSPX dans la 'pleine communion' avec l'Eglise. Malgré une formation théologique assez considérable, je n'ai jamais appris ce que c'est que la 'pleine communion', contrastée avec une communion partielle. J'ai donc consulté l'encyclopédie 'Catholicisme', et voilà ce que j'ai trouvé:
“COMMUNION ECCLESIASTIQUE.
Le premier sens du mot communion est celui d'une unité de plusieurs personnes dans la même foi. De là l'usage de ce terme pour désigner les différentes communautés religieuses, celle de l'Eglise catholique romaine, celles des autres 'confessions': la communion luthérienne, la communion orthodoxe, anglicane, etc. (voir notre article à paraître dans Irénikon en 1950).
Il serait souverainement intéressant d'étudier les lois et conditions de la communion ecclésiastique, le rôle des sacrements, du pape, des conciles, des échanges de lettres, professions de foi et services dans la communion ainsi entendue. Une telle étude, qui n'a jamais été faite ex professo, nous entraînerait trop loin ici. On en trouvera des éléments dans les exposés consacrés à l'unité de l'Eglise: voir les art. CONCILE, EGLISE, LITTERAE COMMUNICATORIAE, PAPE, etc.
Y. Congar.”
C'est tout!
Alors, la 'pleine communion' c'est quoi? Pas de réponse!

( 637076 )
communion imparfaite par Réginald (2012-06-19 12:25:01)
[en réponse à 637071]
Le concept de pleine communion ne peut se comprendre qu'à partir de la notion de communion imparfaite et d'une application du principe
métaphysique de la participation. .
Concrètement cela veut donc dire que
1. l'Église du Christ existe en plénitude dans la seule Église catholique
2." que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures ",c'est-à-dire dans les Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Église catholique.
3. Ces Églises qui, quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières.Par conséquent, l'Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises, malgré l'absence de la pleine communion avec l'Église catholique, provoquée par leur non-acceptation de la doctrine catholique du Primat, que l'Évêque de Rome, d'une façon objective, possède et exerce sur toute l'Église conformément à la volonté divine.
4. Ces Églises souffrent cependant de déficiences.
(Dominus Jesus)

( 637083 )
Tout le monde est donc en communion imparfaite non ? par Meneau (2012-06-19 13:03:59)
[en réponse à 637076]
Un hérésiarque met en doute un point de doctrine catholique, en général pas tous. Donc tout hérésiarque peut se dire en communion imparfaite avec l'Eglise catholique. Certains n'acceptent pas la doctine du Primat de l'Eveque de Rome, d'autres n'acceptent pas la transsubstantiation, d'autre n'acceptent pas la Résurrection, certains enfin n'acceptent pas que Dieu se soit fait homme.
Je ne connais personne qui nie en bloc tout et chacun des éléments du corpus théologique de l'Eglise catholique, d'autant plus que certains de ces éléments sont fondés sur la loi naturelle.
Avec un tel concept, on peut donc dire que tout le monde, d'une façon ou de l'autre, se retrouve en communion imparfaite avec l'Eglise.
Autrement dit pas en communion du tout : "Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu" dit l'adage scolastique.
Cordialement
Meneau

( 637086 )
[réponse] par Ben (2012-06-19 13:21:31)
[en réponse à 637083]
Donc tout hérésiarque peut se dire en communion imparfaite avec l'Eglise catholique.
On pourrait peut être établir des mesures: les Témoins de Jéhovah sont plus éloignés de l'Eglise Catholique (il ne croient même pas dans la Trinité) que les luthériens, ou les orthodoxes...
Par exemple, la FSPPX pourrait être comparée à l'Eglise Patriotique de Chine, vu qu'ils ont consacré des évêques sans l'autorisation du Pape...

( 637120 )
La citation de réginald parle expressément par le torrentiel (2012-06-19 17:08:54)
[en réponse à 637086]
de la succession apostolique et de l'eucharistie, ce qui exclut les témoins de Jéhovah, qui ne croient, ni en l'une, ni en l'autre, ni en la trinité, mais ce qui réintègre d'ores et déjà dans la communion imparfaite la FSSPX, sauf à ce qu'elle veuille confisquer le label catholique, encore que je ne sache pas (mais peut-être ai-je lu trop en diagonale ce document à sa parution) que "Dominus Iesus" ait prévu des condamnations expresses dans ce genre de cas, qui se sont pourtant assez souvent produits dans l'histoire.

( 637088 )
oui par Réginald (2012-06-19 13:37:41)
[en réponse à 637083]
Oui vous avez tout à fait raison. Cette conclusion vous étonnera peut-être mais on la trouve déjà chez SainT Thomas dans un article de la Somme où le docteur angélique montre que tous les hommes sont membres de l’Église mais à des degrés divers :
Il faut donc regarder comme membres du corps mystique non seulement ceux qui le sont en acte, mais aussi ceux qui le sont en puissance. Parmi ces derniers, les uns le sont en puissance sans jamais le devenir en acte ; les autres le deviennent en acte à un moment donné selon trois degrés : par la foi, par la charité en cette vie, et enfin par la béatitude de la patrie céleste. Donc, si nous considérons en général toutes les époques du monde, le Christ est la tête de tous les hommes, mais à divers degrés : 1° d’abord et avant tout, il est la tête de ceux qui lui sont unis en acte par la gloire ; 2° il est la tête de ceux qui lui sont unis en acte par la charité ; 3° de ceux qui lui sont unis en acte par la foi ; 4° de ceux qui lui sont unis en puissance mais qui, dans les desseins de la prédestination divine, le seront un jour en acte ; 5° il est la tête de ceux qui lui sont unis en puissance et ne le seront jamais en acte, comme les hommes qui vivent en ce monde et ne sont pas prédestinés. Ceux-ci, quand ils quittent cette vie, cessent entièrement d’être membres du Christ, car ils ne sont plus en puissance à lui être unis (Summa Theologiae III, q. 8, a. 3)
L'approfondissement de cette notion de participation à l’Église du Christ a été faite par le Cardinal Journet dans
l’Église du verbe Incarné. Je ne saurais trop vous en conseiller la lecture : elle montre bien que Vatican II sur ce point est un exemple de développement homogène du Dogme.
En effet, comme d’une part, on peut pas être sauvé en dehors de l’Eglise et, scomme d’autre part, certains hommes ont l’état de grâce, sans être pleinement incorporés à l’Eglise, il faut en conclure que ces hommes appartiennent d’une certaine façon à l’Eglise à savoir de façon plus ou moins parfaite. Ils sont donc sont en communion plus ou moins grande avec l'unité catholique.
Pour comprendre cet état plus ou moins parfait, rangeons ces hommes selon la perfection de leur amour, en en imaginant en eux par hypothèse une égale intensité de la charité.
On obtient alors le schéma suivant :
- les justes des Églises orthodoxes dissidentes, en qui la grâce n’est pas pleinement orientée par la soumission au Pape;
- les justes baptisés du protestantisme, en qui la grâce n’est pas pleinement sacramentelle (ils n’ont pas l’eucharistie);
- puis les justes des groupes monothéistes qui n’ont même pas le baptême: sectes protestantes, judaïsme, islam;
- puis les justes des religions préchrétiennes.
Le Cardinal Journet commente ainsi ces états :
« En tous ces justes, qu’ils le sachent ou non, la grâce aspire secrètement à rencontrer son centre qui est le Christ et à former autour de lui l’Église en acte achevé. C’est ce que l’on veut signifier quand on dit qu’ils appartiennent à l’Église en acte initial, latent, tendanciel. Mais, en tous ces justes, des malentendus, pour eux insurmontables, entravent le mouvement spontané de la grâce, l’empêchent de rejoindre le seul lieu où elle pourrait pleinement éclore. Elle est en eux comme contrariée, mutilée; elle ne donnera pas ici-bas sa pleine floraison. Et l’unité qui les attache à l’Église, quoique profonde et divine est, elle aussi, contrariée, mutilée. Elle non plus ne donnera pas ici-bas ses pleins fruits.
En vertu du mouvement authentique de la grâce qui est en eux, ces justes tendent donc à joindre le Christ et son unique Église. Mais en vertu de leur ignorance invincible, ils restent fidèles à des formations religieuses diverses où leur foi est toujours en péril. Spirituellement, aux yeux des anges et des quelques hommes qui sauront voir, ils sont, initialement, dans l’Église. Corporellement, aux yeux du monde qui s’arrête aux apparences, et à leurs propres yeux couverts d’un bandeau, ils appartiennent aux dissidences de l’orthodoxie ou du protestantisme, au judaïsme, à l’islam, au brahmanisme, au bouddhisme. Quel déchirement, quelle tragédie! »
Bien à vous ;
Réginald

( 637090 )
question par jejomau (2012-06-19 13:59:17)
[en réponse à 637088]
mais cette communion plus ou moins parfaite que vous proposez entre un orthodoxe, un musulman, une religion préchrétienne, etc... ne concerne-t-elle que les vivants (ici-bas) ? Dans l'au-delà, cette communion imparfaite tient-elle toujours ? Parceque si c'est oui alors un musulman comme un animiste ou qui vous voulez.. va également au Paradis, non ? Maintenant, si c'est non.. alors à quel moment est-ce non ? Parceque si un catholique, ayant la "communion parfaite" bénéficie des promesses du Seigneur intégralement... un frère séparé dont la communion n'est pas vraiment parfaite avec Rome dès ici-bas mais qui est cependant "reconnu" par cette même Rome bénéficie bien du paradis aussi à sa mort, non ?

( 637092 )
Les frères séparés vont au Paradis par Ben (2012-06-19 14:08:22)
[en réponse à 637090]
Les juifs il vont au Paradis eux aussi (vois la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare).
Donc les frères separés ils y vont aussi... si c'est des braves gens!

( 637094 )
réponse par Réginald (2012-06-19 14:22:33)
[en réponse à 637090]
Saint Thomas vous répond : cette appartenance imparfaite au corps du Christ n'existe plus dans l'au-delà où il n'y a plus que l'union au Christ par la vision béatifique. Ceux qui ne meurent sans voir l'état de grâce, sont fixés définitivement dans leur refus de Dieu. Ils ne sont donc plus en puissance à lui être unis. Seuls, avec les démons, ils sont totalement exclus du corps du Christ.
Pour bien comprendre ce que je veux expliquer, je suppose que vous admettez ces deux points.
1. Nul ne peut être sauvé sans appartenir à l’Église (extra ecclesiam nulla salus)
2. Il peut y avoir des justes qui appartiennent à d'autres religions. [Si vous ne niez, alors vous tombez dans l'erreur du jésuite Feeney qui fut condamné par le Saint-Office dans les années 50]
Ma question est donc la suivante : quel le statut des ces justes qui appartiennent materialiter à d'autres religions ? Sont-ils pleinement incorporés à l’Église catholique ? Ou ne le sont-ils qu'imparfaitement parce qu'ils ne lui sont unis que par un acte initial, latent et tendanciel.

( 637096 )
Hors de l'Eglise... par Conomore (2012-06-19 14:52:48)
[en réponse à 637094]
Mais la phrase "extra ecclesiam nulla salus" ne veut-elle pas dire aussi que tout salut passe par l'Eglise ?

( 637102 )
Hors de l'Eglise point de salut ? Réponse... par Véronique (Lala) (2012-06-19 15:13:21)
[en réponse à 637096]
Cher Conomore, hors de l'Eglise point de salut ?
Voici
la réponse dans cet enseignement du père Paulin, dont je fais référence dans mon précédent message.
Le jugement dernier
" Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, alors il prendra place sur son trône de gloire.
Devant lui seront rassemblées
TOUTES LES NATIONS, et il séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs... (Matt 25, 31...)
Fraternellement
Véronique

( 637145 )
Oui enfin quand meme par Deo Vindice (2012-06-19 21:04:41)
[en réponse à 637102]
Il s'agit d'un dogme de l'Eglise catholique defini par de nombreux papes et conciles ! Donc si l'on est catholique il faut croire qu'il n'y a pas de salut hors de l'Eglise. Certes Pie XII condamne l'interpretation litterale qu'en a fait le Pere Feeney aux Etats-Unis... Il n'en demeure pas moins vrai que la grace est necessaire au salut (on apprend cela au catechisme.) or la grace nous incorpore au Corps Mystique.
Voici ce que Pie XII ecrit:
Pour ceux-là mêmes qui n'appartiennent pas à l'organisme visible de l'Eglise, vous savez bien, Vénérables Frères, que, dès le début de Notre Pontificat, Nous les avons confiés à la protection et à la conduite du Seigneur, affirmant solennellement qu'à l'exemple du Bon Pasteur Nous n'avions qu'un seul désir: Qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance (195). Cette assurance solennelle, Nous désirons la renouveler, après avoir imploré les prières de toute l'Eglise dans cette Lettre encyclique, où Nous avons célébré la louange du " grand et glorieux Corps du Christ " , les invitant tous et chacun de toute Notre affection à céder librement et de bon cœur aux impulsions de la grâce divine et à s'efforcer de sortir d'un état où nul ne peut être sûr de son salut éternel ; car, même si, par un certain désir et souhait inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur, ils sont privés de tant et de si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l'Eglise catholique.
Les ames chretiennes se perdent en masse (petit nombres des elus ) alors n'imaginons pas que l'on va voir des myriades de non catholiques se sauver.... Plus que jamais le devoir de mission s'impose.
In Christo Rege
Abbe Demets

( 637173 )
Petit complement rapide... par Deo Vindice (2012-06-20 09:24:12)
[en réponse à 637145]
Il se trouve que j'ai abordé rapidement le sujet lors de mon sermon de dimanche.
http://defidecatholica.blogspot.fr/2012/06/sermon-pour-la-fete-du-sacre-coeur.html
Saint Thomas explique que l'infidelité est un péché ou un chatiment. Dans le second cas ce n'est pas en soi une cause de damnation, toutefois et si on rapproche le texte avec celui de Pie XII cité dans le post précédent, on comprendra combien le salut des infidèles (dans le second sens donné par saint Thomas) est extrêmement difficile.
De plus concernant le chapitre 25 de saint Matthieu cité, il faut bien lire le texte. Toutes les Nations seront rassemblées au Jugement. Notre Seigneur ne dit rien quant au nombre des elus de chaque Nation. Pourquoi n'y aurait-il pas des Nations n'ayant aucun élu ? Je ne dis pas que c'est le cas, mais le texte ne dit pas que c'est impossible.
Notre Seigneur mentionne la pratique des oeuvres de miséricorde ! Or celles ci sont a prendre au sens matériel et spirituel selon les commentaires des Pères:
Dans le sens spirituel, ranimer et nourrir du pain de la parole, ou rafraîchir du breuvage de la sagesse ceux qui ont faim et soif de la justice ; recevoir dans le sein de l’Église notre mère, ceux qui s’égarent dans les sentiers de l’hérésie et du péché ; supporter ceux qui sont faibles dans la foi, c’est observer les prescriptions de la vraie charité.

( 637108 )
réponse par jejomau (2012-06-19 16:08:34)
[en réponse à 637094]
nul ne peut être sauvé s'il n'est baptisé au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit.
Non ?

( 637110 )
certes par Réginald (2012-06-19 16:14:15)
[en réponse à 637108]
Certes, mais le baptême peut être un baptême de désir, y compris implicite.

( 637114 )
L'enseignement de ce prêtre... par Véronique (Lala) (2012-06-19 16:35:10)
[en réponse à 637108]
... vous donne la réponse cher jejomau.
N'oublions pas : "toutes les nations" (Matt 25, 31...), donc, même ceux qui n'auront jamais entendu parler de Dieu.
Réécoutez cet enseignement, plusieurs fois, car nous n'enregistrons que 30 % la première fois.
Fraternellement
Véronique

( 637125 )
mais je croyais par jejomau (2012-06-19 17:51:08)
[en réponse à 637114]
que le père Paulin était hérétique ? J'ai donc tout "faux" ?

( 637134 )
Oui... tout faux. par Véronique (Lala) (2012-06-19 19:11:47)
[en réponse à 637125]
Oui, vous avez tout faux, tout comme moi quand je croyais comme vous.
On en apprend tous les jours avec le Seigneur.
Fraternellement
Véronique

( 637445 )
Le mot juste par Meneau (2012-06-21 22:52:31)
[en réponse à 637088]
Le mot juste dans votre schéma c'est justement ... "les justes".
Certes tous les hommes sont en puissances membre du corps mystique, puisqu'ils ont été créés par Dieu à Son image, et que NSJC s'est incarné et a souffert sur la Croix pour leur rédemption. Les seuls qui ne le sont pas sont ceux qui sont en enfer.
Lorsque vous faites votre catégorisation, vous (ne) parlez (que) des "justes" des diverses religions. Le problème est qu'il ne restent justes que tant que leur ignorance est une ignorance invincible (ce qu'indique également Journet). Dans ce cas, ils ont donc la Foi, une foi certes pas complètement éclairée, mais ils sont quand même membres de l'Eglise en acte (initial ou tendanciel selon Journet).
Mais dès qu'ils ne sont plus dans l'ignorance, ou dès que leur ignorance devient coupable, s'ils persistent dans leurs erreurs, ils se placent en acte hors de l'Eglise. Ils restent jusqu'à leur mort en puissance membres du corps mystique - une conversion est toujours possible - mais ce devenir est de plus en plus incertain.
Revenons donc aux justes dont vous parliez. Ils ont la Foi, ils sont donc en communion avec l'Eglise catholique. S'ils sortaient de leur ignorance invincible, ils accepteraient les points de doctrine catholique que leur fausse religion rejette.
De sorte que cela n'a pour moi aucun sens de parler de "communion imparfaite" pour une entité / un groupe de personnes / une religion. Car ce qui fait que cette religion n'est pas la religion catholique est justement ce qui est un obtacle au salut de leurs tenants. Et ce sont ces spécificités qui mettent leur Foi de "justes" en danger (cf Journet).
Pour les "justes" dont vous parlez, en tant qu'individus, on pourrait à la rigueur parler de communion imparfaite. Ils appartiennent à l'Eglise, mais de façon moins parfaite que celui qui en connaît et accepte tous les éléments de doctrine, de même que j'appartiens sûrement de façon moins parfaite à l'Eglise qu'une Ste Thérèse de l'Enfant Jésus ou qu'un Saint Thomas d'Aquin lorsqu'ils étaient vivants. Mais jamais, me semble-t-il, dans l'histoire de l'Eglise il n'a été question pour ces cas là de "communion imparfaite" . On a toujours parlé de communion - point barre. Sûrement à raison d'ailleurs, car le concept est difficile à manier, et on en voit les conséquences dans l'interprétation qui en est faite aujourd'hui.
Et en tout cas on n'a jamais parlé de "communion imparfaite" pour une fausse religion en tant que telle ! Une fausse religion en tant que telle, ou en tant que communauté de croyants dans leur ensemble, avec ses "justes" et ses "non justes", n'est pas en communion avec l'Eglise.
Cordialement
Meneau

( 637463 )
réponse par Réginald (2012-06-22 07:45:35)
[en réponse à 637445]
Concernant l’Eglise, nous savons quatre choses :
« 1° qu’il n’y a pas de salut sans appartenance au Christ et à son Église (c’est l’axiome « Hors de l’Eglise pas de salut »)
2° que certains pécheurs, privés de la charité, appartiennent au Christ et à l’Église mais d’une manière stérile, non salutaire
3° que certains justes, qui n’appartiennent pas encore corporellement au Christ et à l’Église, leur appartiennent pourtant spirituellement, d’une manière initiale, tendancielle, déjà salutaire: ils sont pareils à ces brebis de bonne volonté qui, entravées par quelqu’une des formes de l’ignorance invincible, sont en marche, sans toujours le savoir, vers le seul troupeau régi par le seul berger. » (Cardinal Journet) C’est le cas des hommes de bonne foi qui peuvent être sauvés bien que n’appartenant pas extérieurement à l’Eglise, même s’ils sont dans une situation indigente.
4° que certains hommes non seulement appartiennent au Christ à l’Eglise de façon visible (en professant la foi et en étant soumis au Pontife Romain), mais aussi et surtout, en étant en état de grâce.
Le mode d’appartenance à l’Eglise est analogique et non, univoque : il y a diverses façons plus ou moins parfaites d’appartenir à l’Eglise, la façon la plus parfaite, naturellement, étant d’y appartenir selon le quatrième mode.
La notion clef est le concept de participation. J’insiste sur ce point en me servant d’un article de la Somme qui raisonne de manière inductive à partir de la notion de quantité.
« dans l’ordre quantitatif des corps, on dit qu’une chose est grande lorsqu’elle est amenée à la parfaite quantité qu’elle doit avoir ; ainsi y a-t-il des dimensions qu’on estime grandes pour l’homme et qui ne le sont pas pour l’éléphant. De là dans l’ordre des formes, on dit que quelque chose est grand dès lors que c’est parfait » (I-II, 52, 1)
Saint Thomas passe ensuite aux accidents qualitatifs. Ainsi pour la science, on peut la considérer :
a) en elle-même comme quand on dit qu’une « science est plus ou moins grande selon qu’elle s’étend à plus ou moins de choses » (ibid.)
b) dans la participation du sujet : « cela veut dire qu’une science égale est reçue plus profondément chez un autre suivant une diversité de nature de la nature ou de l’habitus » (ibid)
Saint Thomas applique ensuite ce concept aux vertus surnaturelles : en I-II, 112, 4 (l'intensité de la grâce habituelle varie selon la participation subjective, mais non pas selon l'objet, qui est Dieu lui-même) et, surtout, II-II, 5, 4, c: la vertu de foi peut varier en intensité selon l'objet matériel (défini en II-II, 1, 1) et selon le sujet, mais non selon l'objet formel (c'est-à-dire la veritas prima, qui, étant Dieu lui-même, ne peut varier).
Pour en revenir à l'appartenance à l'Eglise, elle comprend deux grandes séries d'habitus et de puissances.
Il y a, d'une part, la grâce habituelle ou sanctifiante, et ses propriétés que sont les vertus théologales, les vertus morales infuses : c’est ce que Journet appelle la « deiconformation intérieure »
Il y a, d’autre part, les caractères sacramentels du baptême et de la confirmation, et, pour l'Eglise en tant que corps, celui du sacerdoce; il y a l'adhésion au magistère (vivant...) de l'Eglise; et il y a la soumission à ses directives ministérielles (notamment pour les clercs et les religieux, mais pas uniquement): voilà ce qu'on pourrait appeler la "christoconformation extérieure".
Dans une ecclésiologie trop juridique, on ne verrait que la deiconformation extérieure, au risque d'oublier que tout homme peut être en état de grâce; à l'opposé, dans une ecclésiologie trop "pneumatique", on ne tiendrait compte que de la christoconformation intérieure, au risque d'oublier le mystère de l'Incarnation.
Il faut donc impérativement harmoniser ces deux dimensions.
C'est ce qu'a tenté de faire le cardinal Journet, en disant que l'appartenance à l’Église procédait de la "charité en tant que cultuelle, sacramentelle et orientée": la charité, qui présuppose la grâce, la foi et l'espérance théologales; la charité en tant que cultuelle, c'est-à-dire en tant qu'elle offre à Dieu son amour à travers le culte de latrie qu'elle lui rend (la messe et l'office divin); la charité en tant que sacramentelle, c'est-à-dire en tant qu'elle est engendrée et fortifiée par les sacrements; la charité en tant qu'orientée, c'est-à-dire en tant que son exercice, et celui de toutes les vertus dont elle est la forme, est réglé par le pouvoir d'enseigner et de gouvernement que le Christ a donné à son Église. Tous ces dons, grâce, vertus théologales et infuses, caractères sacramentels, institutions ecclésiastiques dérivent, pour nous thomistes, de la grâce capitale du Christ.
L'appartenance à l’Église est, ainsi, à l'état parfait dans le catholique en état de grâce et entré dans la voie unitive, comme le furent sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus ou saint Maximilien Kolbe. A l'ombre des cloîtres, il y a certainement, de nos jours, des âmes qui vivent de cette façon le mystère de l’Église. On peut ensuite appartenir à l’Église de manière moins parfaite, ou même imparfaite, par une moindre participation aux dons déiconformants, que ce soit de manière salutaire (le catholique en état de grâce, mais qui se trouve seulement dans la voie purgative, comme la plupart des fidèles), ou de manière non salutaire (le catholique qui adhère pleinement au magistère, accepte les décisions de l'autorité ecclésiastique, et participe au culte divin selon que le prescrit son devoir d'état) lorsque, privé de la grâce, de la charité et des dons du Saint Esprit par le péché mortel, il conserve la foi et l'espérance: tout cela ne pose, je pense aucune problème pour un catholique "traditionnel".
La "nouveauté" (homogène) proposée par un Journet, puis, surtout, enseignée par le concile Vatican II et le magistère postérieur, c'est que l'on peut aussi appartenir imparfaitement à l’Église en raison d'une moindre participation aux dons extérieurement christoconformants, que ce soit de manière salutaire ou non salutaire, selon que le sujet est, ou non, en état de grâce. Je réponds là à votre objection : car même si quelqu'un n'est pas en état de grâce, il participe de l’Église en raison de son caractère baptismal.
L'orthodoxe aura ainsi une charité (ou une foi, s'il est pécheur) non pleinement "orientée", par défaut du magistère romain; l'anglican ou le protestant aura cette même charité d'une manière non orientée (à cause du libre examen) et non pleinement sacramentelle (il n'a que le baptême et le mariage). Ensuite, le juif, le musulman, le païen ou, cas extrême, l'agnostique de bonne foi (je dis l'agnostique, pas l'athée) pourront avoir une charité qui ne sera ni sacramentelle, ni orientée, c'est-à-dire qu'elle n'aura pas de christoconformation extérieure. Ceux-ci pourront être aussi, évidemment et fréquemment, pécheurs, n'ayant, alors, qu'une foi très implicite, et une espérance peu consciente. En dessous, à la limite inférieure, en quelque sorte, il y a le non-baptisé qui a refusé consciemment la foi, de quelque façon qu'elle lui ait été proposée: il ne sera alors membre de l'Eglise que d'une manière purement potentielle, puisqu'il n'y aura aucun élément d'appartenance actuelle en lui: aucun caractère sacramentel, aucune orientation magistérielle ou jurisdictionnelle, pas de grâce ni de charité, et, en raison de son péché personnel d'infidélité, pas de foi, même implicite.

( 637671 )
Sauf que Journet... par Meneau (2012-06-24 13:09:29)
[en réponse à 637463]
Sauf que Journet ne parle pas de ceux dont l'ignorance est coupable.
Encore une fois, vous (ne) parlez (que) des justes qui, tenants d'une fausse religion, participent néanmoins à l'Eglise.
Mais dans ces communautés, il existe aussi une part (une majorité ?)de non justes.
car même si quelqu'un n'est pas en état de grâce, il participe de l’Église en raison de son caractère baptismal.
Oui et non. S'il meurt en cet état, il se retrouve définitivement exclu de l'Eglise. Est-ce sa mort en tant que fait, ou est-ce cet état qui en est la cause ?
Cordialement
Meneau

( 637695 )
réponse par Réginald (2012-06-24 17:51:25)
[en réponse à 637671]
Cher Meneau,
Si j’ai pris l’exemple des justes, c’est pour des raisons pédagogiques. Tout le problème, j’en conviens, est de savoir quel est le statut de ceux qui ne sont pas en état de grâce.
Comme, je vous l’ai expliqué, l'appartenance à l'Eglise comprend deux grandes séries d'habitus et de puissances. Il y a, d'une part, la grâce habituelle ou sanctifiante, et ses propriétés que sont les vertus théologales, les vertus morales infuses : c’est ce que Journet appelle la « deiconformation intérieure » Il y a, d’autre part, les caractères sacramentels du baptême et de la confirmation, et, pour l'Eglise en tant que corps, celui du sacerdoce; il y a l'adhésion au magistère (vivant...) de l'Eglise; et il y a la soumission à ses directives ministérielles (notamment pour les clercs et les religieux, mais pas uniquement): voilà ce qu'on pourrait appeler la "christoconformation extérieure".
La théologie classique enseigne que les catholiques qui ne sont pas en état de grâce, à savoir qui n’ont pas la charité, restent membres de l’Eglise. Voici qu’écrit par exemple Pie XII : « Qu'on n'imagine pas non plus que le Corps de l'Eglise, ayant l'honneur de porter le nom du Christ, ne se compose, dès le temps de son pèlerinage terrestre, que de membres éminents en sainteté, ou ne comprend que le groupe de ceux qui sont prédestinés par Dieu au bonheur éternel. (…). Car toute faute, même un péché grave, n'a pas de soi pour résultat - comme le schisme, l'hérésie ou l'apostasie de séparer l'homme du Corps de l'Eglise. » (Mystici Corporis)
La raison pour laquelle ces catholiques restent membres du corps de l’Eglise est le fait qu’ils continuent à professer la foi et l’espérance (donc une partie de « la déiconformation intérieure »), ainsi qu’ à être soumis au Pontife Romain et à avoir les caractères sacramentels du baptême et de la confirmation (donc la « christoconformation extérieure »). Tout cela ne pose aucun problème au « catholique traditionnel ».
Comme je vous l’ai déjà écrit, la "nouveauté" (homogène) proposée par un Journet, puis, surtout, enseignée par le concile Vatican II et le magistère postérieur, c'est que l'on peut aussi appartenir imparfaitement à l’Église en raison d'une moindre participation aux dons extérieurement christoconformants, que ce soit de manière salutaire ou non salutaire.
Pour prendre l’exemple de l’orthodoxe qui n’est pas en état de grâce, il participe tout de même par son baptême et sa confirmation de la « christoconformation extérieure » et appartient pour cette raison non pas « simpliciter » mais « secundum quid » à l’Eglise. Du reste, cette doctrine n’est pas si nouvelle qu’on peut le penser. On peut en effet s’appuyer sur un texte de Saint Thomas : « parce que le caractère baptismal par lequel quelqu’un est compté au nombre du peuple de Dieu est indélébile, le baptisé appartient toujours d’une certaine façon à l’Eglise (semper remanet baptizatus de ecclesia » (Suppl. , q. 22, a. 6, ad 1 ; IV Sent. D. 18 Qu. 2 a.3 q.3 ad 1). De même dans le droit Canon l’Eglise considérait que les hérétiques, les schismatiques et les excommunié bien que non membres de l’Eglise lui étaient toujours soumis (CIC 87 de 1917).
Par conséquent l’Eglise à Vatican II, en approfondissant cette notion de participation, ne range pas les orthodoxes ou les protestants au nombre de communautés purement naturelles, mais au rang de communautés en « communion imparfaite » avec Elle.

( 637482 )
Petit complément... par Athanasios D. (2012-06-22 10:12:53)
[en réponse à 637445]
... d'
information qui donne assez à voir combien toute estimation en ce domaine est rapidement hasardeuse.
Ath

( 637100 )
Pleine communion = plus grand commandement laissé. (Le salut des non-croyants) par Véronique (Lala) (2012-06-19 15:05:10)
[en réponse à 637071]
La pleine communion, est celle de l’union entre tous, quelle que soit notre religion, couleur de peau, milieu social…
Nous avons donc besoin de tous : catholiques, anglicans, protestants, orthodoxes, musulmans, personnes athées… pour être en pleine communion, c’est-à dire, s’aimer les uns les autres comme Dieu nous aime.
Le plus grand commandement que Notre-Seigneur nous ai laissé est celui-ci :
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».
Jésus ne fait aucune différence, quelle qu’elle soit (religion ou autre chose) entre nous tous.
Si nous n’avons pas l’amour, la pleine communion avec Dieu le Père ne sera possible.
« En vérité je vous le dis, tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. Puis il dira à ceux qui sont à sa gauche : ‘Retirez-vous loin de moi, maudits ! Allez au feu éternel qui a été préparé pour le démon et pour ses anges… » (Matt 25, 40-41)
« En vérité, je vous le dis, si vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. Alors ceux-ci iront au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. » (Matt 25, 45-46)
La pleine communion est simplement la pleine communion avec l’amour par lequel nous avons été créés et pour lequel nous sommes faits éternellement :
« L’amour ».
J’en avais déjà parlé
ici, et je vous invite à
écouter cet enseignement (jusqu’au bout [entendre à partir de 5’.. (Matt 5, 31…) et plusieurs fois) du père Roger Paulin, notamment pour le salut des non-croyants. Cela répond aux messages des uns et des autres plus hauts.
Fraternellement
Véronique

( 637103 )
Rectification Biblique par Véronique (Lala) (2012-06-19 15:15:29)
[en réponse à 637100]
...(jusqu’au bout [entendre à partir de 5’.. (Matt 25, 31…)
Chapitre 25 de l'Evangile de Saint Matthieu et non pas 5.
Fraternellement
Véronique

( 637147 )
Bon..... par Deo Vindice (2012-06-19 21:22:45)
[en réponse à 637100]
Ben on va reprendre les cours de doctrine pour adultes a Saint Etienne, parce qu'il y en a bien besoin !

( 637148 )
C'est comme le jardinage monsieur l'abbé ! par M (2012-06-19 21:27:00)
[en réponse à 637147]
Faut surveiller tous les jours ...
M...


( 637126 )
Doctrine d'un Docteur de l'Église par John DALY (2012-06-19 18:01:21)
[en réponse à 637071]
Deux textes de saint Robert BELLARMIN
1. De Ecclesia Militante, Lib. III, Cap. 2, « La définition de l’Église » [extrait]
[Ayant exposé cinq définitions hérétiques, saint Robert donne comme suit la saine doctrine :]
Cependant notre avis est qu’il y a une seule Église, et non deux, et que cette unique et vraie Église est l’assemblage des hommes unis par la profession de la même foi chrétienne et par la communion des mêmes sacrements, sous le gouvernement des pasteurs légitimes et particulièrement du seul vicaire de Jésus-Christ sur terre, le Pontife Romain. Cette définition permet de voir facilement qui sont ceux qui appartiennent à l’Église et qui ne lui appartiennent pas. Car la définition est composée de trois éléments : la profession de la vraie foi, la communion des sacrements et la soumission au légitime pasteur, le Pontife Romain.
Le premier élément exclut tous les infidèles n’ayant jamais été dans l’Église, tels les juifs, les Turcs et les païens ; pareillement ceux qui avaient été de l’Église mais se sont retirés, tels les hérétiques et les apostats. Le deuxième élément exclue les catéchumènes et les excommuniés, puisque ceux-là ne sont pas encore admis à la communion des sacrements et ceux-ci en sont exclus. Et le troisième élément exclue les schismatiques, lesquels ont la foi et les sacrements mais ne sont pas soumis au pasteur légitime et partant professent la foi et reçoivent les sacrements à l’extérieur. Tous les autres en revanche sont inclus, encore qu’ils soient du nombre des réprouvés, des scélérats ou bien des impies.
Entre notre opinion et toutes les autres se trouve une différence fondamentale : toutes les autres exigent des vertus internes pour établir quelqu’un dans l’Église, d’où ils considèrent que la vraie Église est invisible. Mais pour notre part, tout en croyant qu’en l’Église se trouvent toutes les vertus – la Foi, l’Espérance, la Charité et les autres – toutefois nous ne pensons pas que soit exigée quelque vertu interne que ce soit afin de dire que quelqu’un est membre, absolument parlant, de l’Église dont parlent les Écritures, mais seulement la profession externe de la foi et la communion des sacrements, lesquels tombent sous les sens. Car l’Église est un assemblage d’hommes aussi visible et palpable que l’assemblage du peuple romain, que le royaume de France ou que la république de Venise.
Il faut pourtant remarquer, avec saint Augustin (Breviculum collationis, coll. 3) que l’Église est une unité vivante ayant une âme et un corps ; ce sont les dons internes du Saint-Esprit qui font l’âme : la Foi, l’Espérance, la Charité, etc. La profession de la foi et la communication des sacrements font le corps. D’où certains sont de l’âme et du corps de l’Église et ainsi unis intérieurement et extérieurement au Christ son chef. Ceux-ci sont dans l’Église de la façon la plus parfaite, car ils sont, pour ainsi dire, des membres vivants dans le corps, encore que parmi ceux-ci d’aucuns participent plus à la vie, d’autres moins, et d’autres encore n’ont qu’un début de vie, comme le sens sans le mouvement, par exemple ceux qui ont la foi seule sans la charité.
Certains sont de l’âme et non du corps : c’est le cas des catéchumènes, voire des excommuniés au cas où ceux-ci ont la foi et la charité, ce qui n’est pas impossible.
Finalement, d’autres sont du corps et non de l’âme ; c’est le cas de ceux qui n’ont aucune vertu interne et pourtant, par quelque espoir ou crainte temporelle, professent la foi et communiquent dans les sacrements sous le gouvernement des pasteurs. Ceux-là sont comme les cheveux, les ongles ou les mauvaises humeurs dans le corps humain.
Ainsi notre définition ne connote que cette dernière manière d’être dans l’Église, laquelle est exigée comme un minimum pour être appelée une partie de l’Église visible. Il faut donc prouver en ordre que les non baptisées, les hérétiques et les apostats, les excommuniés et les schismatiques n’appartiennent pas à l’Église. Ensuite, qu’appartiennent bien à l’Église les non prédestinés, les non parfaits, voire les pécheurs manifestes et les infidèles occultes, à la condition d’avoir les sacrements, la profession de la foi et la soumission, etc.
2. De Romano Pontifice, Lib. II, cap. xxx [extrait]
Le fondement de cette opinion est que l’hérétique manifeste n’est aucunement membre de l’Église, c'est-à-dire ni de son corps ni de son âme, ou, en d’autres termes, ni par union interne ni par union externe. Car les catholiques, même mauvais, sont unis et sont membres de l’âme par la foi, et du corps par la confession de la foi et la participation des sacrements visibles ; les hérétiques occultes sont unis et membres seulement de l’union externe, alors qu’en revanche les bons catéchumènes sont de l’Église seulement par union interne, mais pas externe, et les hérétiques manifestes d’aucune manière, comme il a été déjà prouvé.
Traduction © John Daly 2007

( 637155 )
Le catéchisme du concile de Trente par Vianney (2012-06-19 22:43:56)
[en réponse à 637126]
...est très proche de saint Robert Bellarmin (C.C.T.
chap. X) :
“§ III. — QUI SONT CEUX QUI N’APPARTIENNENT PAS A L’ÉGLISE.
De ce que nous venons de dire il résulte que trois sortes de personnes seulement sont exclues de l’Eglise : premièrement les infidèles, ensuite les hérétiques et les schismatiques, et enfin les excommuniés. — Les infidèles, parce que jamais ils n’ont été dans son sein, qu’ils ne l’ont point connue, et qu’ils n’ont participé à aucun Sacrement dans la société des Chrétiens. — Les hérétiques et les schismatiques, parce qu’ils l’ont abandonnée, et que dès lors ils ne peuvent pas plus lui appartenir qu’un déserteur n’appartient à l’armée qu’il a quittée. Cependant, on ne saurait nier qu’ils ne restent sous sa puissance. Elle a le droit de les juger, de les punir, de les frapper d’anathème. — Enfin les excommuniés, parce qu’elle les a chassés de son sein par sa Communion, tant qu’ils ne se convertissent pas.
Il est clair que le catéchisme parle ici de ceux qui n’appartiennent pas au
corps de l’Église, puisqu’il n’envisage pas, par exemple, le cas des catéchumènes. Il poursuit d’ailleurs ainsi :
“Pour tous les autres, quelque méchants et quelque criminels qu’ils soient, il n’est pas douteux qu’ils font encore partie de l’Église. Et c’est une vérité qu’on ne saurait trop redire aux Fidèles, afin que si par malheur la vie de leurs Chefs spirituels devenait scandaleuse, ils sachent bien que même de tels Pasteurs appartiendraient toujours à l’Église, et ne perdraient rien de leur autorité.”

( 637129 )
Doctrine de Pie XII et d'autres papes par John DALY (2012-06-19 18:09:36)
[en réponse à 637071]
Ce qui suit est un extrait d'un ouvrage jusqu'ici inachevé sur les erreurs du concile Vatican II :
Doctrine traditionnelle
L’Église catholique a une doctrine dogmatique sur ce qu’elle est. Elle affirme être — identiquement, absolument — la société fondée par le Christ pour le salut des hommes. Elle affirme que cette société est visible, hiérarchique, unique et divine, et qu’elle est le Corps Mystique du Christ. L’Église oblige ses membres à croire qu’il y a une parfaite identité entre elle-même et cette société divine. Ainsi, tout ce qui est vrai du Corps Mystique du Christ, est vrai de l’Église catholique, apostolique et romaine, et vice versa. L’Église romaine est une société visible et hiérarchique, donc le corps du Christ est une société visible et hiérarchique. Il n’y a ni sainteté ni salut en dehors du Corps Mystique de Jésus-Christ, donc il n’y a ni sainteté ni salut en dehors de l’Église catholique, apostolique et romaine. Les dénominations religieuses « orthodoxes », protestantes et autres, ne font pas partie de l’Église catholique, apostolique et romaine et donc ne font pas partie du Corps Mystique du Christ.
Preuves
Ainsi dans son encyclique sur l’Église, Mystici Corporis Christi (1943), le pape Pie XII a constaté la présence de « opinions inexactes voire entièrement fausses parmi les fidèles du Christ » concernant la nature de l’Église, « lesquelles éloignent les esprits du chemin droit de la vérité » . Il détermina donc de « fermer entièrement l’accès aux multiples erreurs en cette matière » en éclaircissant la doctrine de l’Église, notamment le fait que « cette vraie Église du Christ qui est l’Église sainte, catholique apostolique et romaine » n’a pas « de définition ni de description plus noble ou supérieure que celle en vertu de laquelle elle est appelée le Corps Mystique de Jésus Christ » . Et il réprouva, parmi autres erreurs ceux qui « se font l’idée d’une Église ne pouvant être vue, n’étant qu’une réalité « spirituelle » » … qui réunirait « de nombreuses communautés chrétiennes, bien que divisées entre elles ».
Et en 1950 il revint à l’attaque dans son encyclique Humani Generis « concernant certaines fausses opinions qui menacent de miner les fondements doctrines de la doctrine catholique. » Là il protesta contre ceux qui « ne se croient pas tenus par la doctrine exposée il ya peu d’années dans notre lettre encyclique, appuyée sur les sources de la révélation laquelle enseigne que le Corps Mystique du Christ et l’Église catholique et Romaine sont une seule et même chose » — « unum idemque esse ».
De même dans son encyclique Mortalium animos de 1928, qui se dresse comme une réfutation point-par-point du Unitatis redintegratio de Vatican II, le pape Pie XI avait exercé « son office apostolique » pour prévenir contre « l’erreur sans doute très grave » ceux qu’il appelait les « pan-chrétiens » qui niaient « que l’Église du Christ doit être visible et manifeste », prétendant que « l’Église visible n’est qu’un alliage XXX composé des diverses communautés chrétiennes malgré leur divergentes adhésions en matière doctrinale ». Contre cette idée, Pie XI rappelle que « le Christ a institué son Église en tant que société parfaite, de nature externe et tombant sous les sens qui accomplit l’œuvre de la rédemption XXX humaine sous la direction d’un seul chef, par la voix vivante du Magistère et en dispensant les sacrements… »
Déjà en 1864 dans son épitre aux évêques de l’Angleterre le Saint-Office avait condamnait sévèrement l’idée que « la vraie Église de Jésus-Christ est composée en partie de l’Église romaine … en partie du schisme Photien [c'est-à-dire ce que l’on appelle de nos jours inexactement les « orthodoxes »] et de l’hérésie anglicane », idée qui « renverse de haut en bas la constitution divine de l’Église. » Et en 1896 l’unicité de l’Église était le sujet essentiel de l’encyclique Satis cognitum de Léon XIII.
Explications
Il convient d’expliquer ici que cette identité entre l’Église catholique, société visible, et le Corps Mystique du Christ, hors duquel manifestement le salut est impossible, ne s’oppose en rien à la doctrine classique qui admet la possibilité du salut pour les catéchumènes (parmi lesquels l’Église vénère plusieurs saints), bien que ceux-ci ne soient pas formellement membres de l’Église, et même pour certaines âmes égarées de bonne foi dans les sectes mais gardant la vraie foi divine. Ceux-ci peuvent se sauver non pas en dehors de l’Église romaine, mais en étant de ses membres « in voto » sinon « in re », pour reprendre le langage de la lettre du Saint-Office Suprema Haec Sacra de 1949 à l’archevêque de Boston à ce sujet. Autrement dit, il n’existe pas une société plus grande que l’Église visible (catholique, apostolique et romaine) qui sauve. Mais il existe une manière exceptionnelle, non-juridique, d’être affilié à l’unique vraie Église.