Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=636364
images/icones/mitre4.png  ( 636364 )en ce moment, messe télévisée sur France 2 par JVJ (2012-06-14 09:08:11) 

pour nos soldats.

Mgr Ravel, évêque aux armées, chanoine régulier de St-Victor.
Et grand évêque.

La République et le gouvernement socialiste and co dans la cathédrale
St-Louis.
Intéressant à voir...
Leur sectarisme a des limites.
images/icones/croix.gif  ( 636368 )Espérons quand même par Feiz ha Breizh (2012-06-14 09:28:50) 
[en réponse à 636364]

que tout ce beau monde ne communiera pas...

En union de prières avec les familles de ces hommes.

FhB
images/icones/neutre.gif  ( 636369 )C'est la moindre des choses... par Lux (2012-06-14 09:29:49) 
[en réponse à 636364]

... mais il est vrai que la moindre des choses, pour les socialistes, n'est jamais une évidence.

Réjouissons-nous donc que la France existe encore un peu.

Cela dit, je ne pense pas qu'il y aura de messe (le Gouvernement ne le supporterait pas - il ne faut rien exagérer). Quant à la qualité de la liturgie...
images/icones/neutre.gif  ( 636371 )Appparament par Feiz ha Breizh (2012-06-14 09:37:17) 
[en réponse à 636369]

vous avez raison, ce n'est pas une Messe.
images/icones/1f.gif  ( 636373 )Confirmation par Lux (2012-06-14 09:52:40) 
[en réponse à 636369]

Ornements hideux.

Mot puis homélie assez faiblards de l'évêque qui ne parle ni de religion, ni du Christ, ni du salut, ni de l'âme, ni de tout ce qui pourrait, de près ou de loin, ressembler à ce qui caractérise le discours d'un évêque catholique. Merci la pastorale de l'enfouissement !
Cela dit, il restait quelques éléments de philosophie naturelle.

Heureusement qu'il y a quelques prières que l'on n'a pas osé modifier, comme le Requiem.

Honneur à nos morts, et vive la France !
images/icones/mitre4.png  ( 636401 )vous savez que d'un trait de plume par JVJ (2012-06-14 11:21:13) 
[en réponse à 636373]

le pouvoir qui sortira des urnes lundi peut supprimer le passage
dans la cathédrale des Invalides. Personne ne bronchera et personne n'aura à broncher.

Récemment, un aumônier militaire un peu trop remuant et pas franchement discret a été prié d'aller jouer ailleurs. Quand on vous tire dessus à la mitrailleuse, il n'est pas toujours opportun de présenter sa poitrine avec le Sacré-Coeur.

L'exercice de Mgr Ravel n'est pas simple, comme pour le cardinal Lustiger à la mort de François Mitterrand. Il vaut mieux une cathédrale et l'archevêque de Paris en ces moments, ou une cérémonie laïque sur une esplanade.
Pas d'enfouissement là-dedans.

Sortez de vos chapelles !
Quand un curé enterre une personne, il a très souvent face à lui six personnes à la chorale et personne dans la nef qui réponde : une foule
indifférente totalement déconnectée et embarassée, quand elle n'est pas remuante. Ce n'est pas à coup de Thomas d'Aquin et de Thérèse d'Avila que le prêtre va capter l'attention. Ce n'est pas simple et un peu d'indulgence pour nos prêtres.

Mieux vaut des incroyants ou des mécréants présents ex officio que
deux membres du gouvernement. Cela les recadre un peu et leur rappelle que leur pays n'est pas né en 1905 ou en 1981.
Et cet office n'était pas destiné à évangéliser des politiques, mais il était une partie de l'hommage de la Nation à quatre soldats apparemment catholiques.

Vous vouliez peut-être une messe de Requiem de deux heures dans la forme extra ordinaire avec homélie tonitruante contre les apostats, la République, les divorcés, les jamais mariés, etc ?

Rien ne dit que ce genre d'offices catholiques perdure d'ici trente ans. Alors il faut que les Catholiques s'en réjouissent et qu'ils gardent leur esthétisme pour leurs dimanches après-midi avec leur vieille tante.
Même la crosse par Goudji et les armes épiscopales sur le trône ne vont pas je suppose... Et ces drapeaux tricolores alors que le comte de Chambord et Maurras ont dit que. Pfff.

Ceci dit, j'avais personnellement "tiqué" à la messe (une messe avec cardinal) aux Invalides pour Philippe Séguin en raison de son statut marital, alors que tant de catholiques discrets et fidèles sont enterrés sans messe mais avec prêtre présent en raison d'une pastorale
mortifère.

Il vaut mieux que ces quatre soldats soient passés par la cathédrale avec Mgr Ravel, que pas du tout. Et je pense à leurs enfants et leurs épouses ou compagnes (peu importe en ce jour leur statut marital).
J'ai bien vu un soldat courageux, président d'honneur d'un parti, entrer dans cette église... Et il est divorcé que je sache.

D'un aspirant qui a bien connu les Invalides comme Vincennes durant son service.



images/icones/coeur.gif  ( 636412 )Mgr Ravel fut parfait sachant par blamont (2012-06-14 11:35:34) 
[en réponse à 636401]

les limites d'intervention.
belle élévation envers les Anciens de la grande guerre, les vertus familiales* et il est touchant de constater, par la qualité des mots rapportés d'un soldat tué en 1914, combien le commun savait exprimer les hauts sentiments de patriote et de conjoint.
un bémol: la citation du capitaine Bournazel a été diminuée:
mon corps à la patrie, mon cœur à la famille et mon âme...? A qui?
Mgr Ravel fut muet à ce sujet alors qu'on était dans une Eglise faite pour les militaires.
y avait-il des ordres à ce sujet?

Au fait peut-on rappeler que durant la Grande Guerre, tombaient 900 soldats par jour.

en 1914: 173 régiments d'infanterie métropolitaine d'active à 3200 h chacun.

Combien aujourd'hui?

* vertus familiales et patriotiques: on a du entendre des grincements de dents chez des politicards.
images/icones/1i.gif  ( 636449 )NON ! par Adso (2012-06-14 13:56:21) 
[en réponse à 636401]

Vous dites "Quand un curé enterre une personne...bla bla bla "
NON, le curé il DOIT faire son boulot de curé, point ! (et donc idem pour l'evêque, qui n'a pas à être politiquement correct et rondouillard ou je ne sais quoi !)
images/icones/neutre.gif  ( 636477 )Voyez comme vous êtes. par Lux (2012-06-14 15:42:10) 
[en réponse à 636401]


Vous vouliez peut-être une messe de Requiem de deux heures dans la forme extra ordinaire avec homélie tonitruante contre les apostats, la République, les divorcés, les jamais mariés, etc ?



A quoi servent ces provocations ?

Je suis catholique. J'attends d'un évêque qu'il parle de foi. Il est possible de le faire avec tact ; l'histoire de l'Eglise l'a montré.

S'il faut renoncer aux fastes de la République pour annoncer la foi, alors renonçons à ces fastes. Vous ne savez pas distinguer l'essentiel du subsidiaire.

La première chose qui vient à l'esprit après une telle cérémonie est la suivante : si c'est pour parler de la France et de l'armée qu'elle a lieu, quel besoin d'avoir un évêque ? C'est ainsi que des centaines de milliers de Français se sont dits : quel besoin d'une messe la dimanche si c'est pour aller dans une "teuf" avec de la mauvais musique, voir un clown ?

Ce que je dis est simple et incontestable : un homme d'Eglise doit annoncer l'Evangile. Grâce à ceux qui sont morts pour avoir le droit de le faire, notre Eglise est debout et l'annonce encore. Pourquoi ne pas continuer ?

Cela dit, il y eut quelques beaux passages dans le sermon de Mgr Ravel.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 636516 )Sermon de Mgr Ravel par Lavallée (2012-06-14 19:25:03) 
[en réponse à 636477]

Pour que vous puissiez débattre réellement en ayant connaissance du fond.
Je trouve, compte tenu de la composition de l'assistance mais aussi du fait que ce texte sera très lu par les militaires déployés en Afghanistan, que Mgr a très bien parlé.

Texte tiré du site http://www.dioceseauxarmees.catholique.fr

Introduction à la célébration

Monsieur le président, mesdames et messieurs les ministres, autorités civiles, militaires et religieuses, familles de nos morts pour la France et vous tous ici, votre présence dans cette église des soldats élève très haut cet hommage national pour nos quatre morts. Soyez-en profondément remerciés.

Sous ces voûtes, plus de cent fois déjà a retenti la sonnerie aux morts. Cent fois déjà le silence a conquis les corps et mille fois la prière a rempli les cœurs. Ici, chacun selon ses convictions mais tous d’un seul mouvement, nous nous recueillons et nous prions avec les familles, pour nos morts et pour les deux interprètes afghans qui les accompagnaient.

Homélie

Au moment où une peine très vive se mélange à une admiration profonde pour ces hommes qui ont donné leur vie pour notre patrie, je voudrais m’adresser à celles qui restent. Mères, sœurs, compagnes, filles, amies de nos militaires.

Il y a quelques mois, un aumônier m’envoyait des lettres de son grand père, écrites entre le 6 août 1914 et le 8 octobre 1914, jour où il meurt pour la France, laissant sa femme et une toute petite fille. J’y trouve ces mots où s’entend déjà le grondement des canons : « Je ferai tout ce qu’il faut pour être fort… Il faut être énergique et surmonter ses peines, comme tu le feras toi aussi, douce chérie, car ton devoir est aussi noble à remplir que le mien. » (Patriote et de bon cœur. Dominique Rézeau, lettre du 6 août 1914) Deux jours plus tard, il complète : « si je ne te reviens pas demain, je partirai faire mon devoir avec toi sur mon cœur, ne te quittant pas un instant dans ma mémoire. » (8 août 1914).

Par ces mots, femmes de France, tout est dit de ce que pensent vos militaires chéris. S’ils appartiennent à la nation par leur état, s’ils savent s’arracher à votre tendresse pour une aventure incertaine, si leur attention se concentre sur les ordres, leur amour les porte vers vous. Si leur vie est à la France, leur cœur est à vous.

Et personne n’oublie que certaines d’entre vous affrontent les mêmes risques.

S’ils servent leur pays, c’est parce que vous êtes là et qu’ils vous aiment. Et c’est parce qu’ils vous aiment que la France est belle. Malheur à ceux dont les yeux aveugles ne savent plus lire les cœurs. Nous savons, nous, qu’il n’y a pas un centimètre de ces guerres monstrueuses qui ne soit habité par la tendresse des hommes.

L’armée ne vous les prend pas. Pas plus le hasard ou la folie délirante de ceux qui détournent le nom de Dieu. Ils donnent leur vie. Ils osent prendre un rude chemin, celui de l’action. Ils ne veulent pas assister impuissants à la débâcle de l’humanité. Le maréchal Lyautey écrivait : « il y a deux catégories d’êtres, ceux qui absorbent, les parasites, ceux qui rayonnent, l’élite. » (Lyautey, Maréchal de France, 1954, p. 24) Rayonner comporte toujours un risque : ici, il est mortel. Avec l’amour, le goût du risque habite le cœur du soldat.

Peut être alors, dans un cœur de mère ou de femme, se glisse-t-il maintenant ce soupçon que je sentis quelque fois chez ma propre mère : pourquoi ce goût du risque ? Ne serait-il pas irresponsable ?

En 1943, à Londres où elle est venue défendre sa patrie, Simone Weil écrivait contre les partisans de la honte : « Le risque est un besoin essentiel de l'âme. L'absence de risque suscite une espèce d'ennui qui paralyse autrement que la peur, mais presque autant… » (Simone Weil, Enracinement, Gallimard 1949, p.49) Et un philosophe ami rajoutait : « L’être qui court le moins de risques est ici-bas l’être le plus voisin du néant : qui ne risque rien n’est rien… La destinée de chaque homme est commandée par la réponse intérieure qu’il fait à cette question : de l’amour ou de la mort, lequel est une illusion? » (Gustave Thibon).

Le risque appartient au soldat : il faut le lui laisser. Quitte à lui pardonner.

Dans l’un de nos hymnes militaires, «loin de chez nous, en Afrique», un soldat frappé d’une balle s’adresse à son meilleur camarade en des murmures dévorés par la mort et l’amour :

«Si tu retournes au pays, A la maison de ma mère, Parle-lui, dis-lui ces mots très doux.
Dis-lui qu’un soir, en Afrique, Je suis parti pour toujours. Dis-lui qu’elle me pardonne Car nous nous retrouverons un jour.»

«Dis-lui qu’elle me pardonne.» Pour ceux qui sont partis, pour ceux qui sont blessés, avec ceux qui sont auprès de vous, au nom de tous ces hommes qui partiront loin de vous, je vous demande de vous souvenir, de comprendre et de pardonner. Souvent il le faut. C’est en vous que commence le pardon qui permet au soldat de ne pas succomber à la haine.

«Car nous nous retrouverons un jour.» Quelle espérance dans un cœur d’homme ! Les croyants le savent : la foi et de la prière, mêlées, font une espérance. N’est-elle pas en définitif cet élan souterrain et puissant qui jaillit quand la mort est proche ? Nous avons vu aussi cette femme,Marie, au pied de la croix : droite tandis que meurt son Fils. Quelle force et quelle espérance en elle ! D’où leur vient cette énergie ?

Je reviens à l’une des dernières lettres de ce héros de la grande guerre : «au pied d’une meule de blé, je t’écris pour m’entretenir avec toi, pour avoir la force de supporter cette lourde croix comme tu dis. Mais nous la porterons ensemble bien vaillamment tous les deux, car au bout du chemin un bonheur nous est réservé. J’ai eu une vision dans un rêve, la veille que j’aille au feu… Dans un nuage lointain, je vis une croix lumineuse avec deux anges souriants derrière et un peu plus haut que la croix. J’en ai eu la vue deux secondes et depuis je me sens très fort car la confiance ne m’abandonne pas un instant.» (8 septembre 1914)

Je vous souhaite à toutes, cette pure vision d’espérance absolue.

Monseigneur Luc Ravel, évêque aux armées françaises
Cathédrale des soldats, le 14 juin 2012