Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=635877
images/icones/hein.gif  ( 635877 )Qui en saurait plus? (Pour Alexandre, Nemo par AVV-VVK (2012-06-10 19:01:13) 

et autres): La bulle du pape Alexandre VII (1655-1667) condamnant "toute traduction du missel romain en langue vulgaire" a-t-elle été jamais révoquée?
D'avance, merci.
images/icones/ancre2.gif  ( 635878 )Oui par Paterculus (2012-06-10 19:27:42) 
[en réponse à 635877]

Sans doute pas formellement (est-ce requis ?) mais le concile Vatican II, publié par un Pape, en autorisant le liturgie de la messe en langue vernaculaire, a rendu cette bulle caduque.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/1b.gif  ( 635880 )Et comme ce bref n'a jamais été appliqué, par Yves Daoudal (2012-06-10 19:40:23) 
[en réponse à 635878]

il est tombé en désuétude avant même que l'encre ne soit sèche, au grand dam de Dom Guéranger.
images/icones/neutre.gif  ( 635916 )Et le Missel de St Pie V? par Leopardi (2012-06-11 09:30:48) 
[en réponse à 635878]

Ce que vous exposez benoîtement n'est rien d'autre que l'argument avancé par le Vatican pour justifier la mise au rencart du VOM depuis 50 ans : pas abrogée, mais supplantée et donc interdiction de fait de dire le VOM puisque obligation de dire le NOM.

images/icones/carnet.gif  ( 635939 )en tout cas, on l'a ignorée pendant longtemps par Luc Perrin (2012-06-11 12:24:24) 
[en réponse à 635877]

Au moins pour ce que je sais les missels bilingues - avec imprimatur - existent au XXe siècle, bien avant Vatican II (ceci pour M. l'abbé Paterculus). En fait bien avant.

Si ces missels édités tous avec imprimatur devaient être illicites, on peut raisonnablement penser que les papes Pie XI, Pie XII et Jean XXIII (et leurs prédécesseurs) s'en seraient émus et que la Congrégation des Rites aurait été assaillie de dubia et interpellations à ce propos.

A partir de quand édite-t-on des missels bilingues (avec imprimatur le point est essentiel), là si quelqu'un sait ... cela m'intéresse aussi.
Il semble qu'au XVIIe, les Jansénistes aient diffusé des missels bilingues - d'où sans doute cette bulle d'Alexandre VII très en pointe contre le 1er jansénisme - et que cela soit très répandu au XVIIIe déjà mais avec imprimatur épiscopal.
Par ailleurs, au XVIIe on était sensible en contexte de Contre-Réforme à la prétention protestante de l'office en langue non latine (pas vraiment "vernaculaire" en fait) ce qui explique aussi la décision un peu surprenante d'Alexandre VII.
On se souviendra que la question s'est posée pour la traductions de la Bible dans les mêmes termes ou presque et que Benoît XIV au milieu du XVIIIe a levé les restrictions (quasi interdiction) édictées auparavant.

Au passage, Pie XII dans Mediator Dei loue la pratique du missel romain pour les fidèles (mais l'encyclique ne pipe mot des traductions) et ajoute un peu plus loin ce à quoi les missels bilingues contribuent :

"Ingéniez-vous aussi de toute façon pour qu’à l’aide des secours, jugés dans votre prudence les plus efficaces, le clergé et le peuple forment un seul esprit et une seule âme ; et qu’ainsi le peuple chrétien prenne une part active à la sainte liturgie, qui deviendra vraiment alors l’action sacrée, où le prêtre, et surtout le prêtre chargé d’âmes, dans la paroisse à lui confiée, en étroite union avec l’assemblée du peuple, rend au Seigneur le culte qui lui est dû."


images/icones/info2.gif  ( 635947 )Vous demandez ... par sylvquin (2012-06-11 14:05:17) 
[en réponse à 635939]

> A partir de quand édite-t-on des missels bilingues (avec imprimatur le point est essentiel), là si quelqu'un sait...

Mettons pour un premier essai que selon le lien suivant : www.gregorianbooks.com/gregorian_books.html#prv_1922, cela existait déjà en 1922.
images/icones/info2.gif  ( 635949 )Quelques réponses plus anciennes... par sylvquin (2012-06-11 14:24:39) 
[en réponse à 635947]

que voici :

En 1901, mais au Canada : http://archive.org/details/paroissienromain00cath

et en 1830 dans le diocèse de Sens : http://archive.org/details/nouveauparoissi00churgoog
images/icones/livre.gif  ( 635957 )Traductions par Nemo (2012-06-11 15:22:06) 
[en réponse à 635939]

On peut dire que les missels romains ou parisiens français-latin à usage des fidèles, avec imprimatur des évêques et docteurs de l'université sont très répandus à partir du 17ème siècle. J'en possède de nombreux exemplaires. Tout est imprimé et traduit, y compris le canon, au grand dam de Dom Guéranger.

Ces livres de piété individuels se développent grâce à la vulgarisation du livre imprimé dès le 16ème siècle.

Je ne suis pas chez moi mais j'ai dans ma bibliothèque une copie du "Missel manuscrit de St-Gervais à Paris" par Leroquais qui donne des traductions très anciennes et très belles du canon. Hélas je ne me souviens plus de la date, du vieux français.
images/icones/bible.gif  ( 635965 )Missel romain français-latin de 1676 avec imprimatur par Nemo (2012-06-11 18:19:36) 
[en réponse à 635957]

Missel romain selon le règlement du concile de Trente
images/icones/hein.gif  ( 636010 )Question de français par Alonié de Lestre (2012-06-12 04:46:09) 
[en réponse à 635965]

Pourquoi anciennement écrivaient-ils à certains endroits la lettre «s» comme des «f» ?

Exemple trouvé dans le Missel romain 1676 : « Or ce qui fe dit à la Meffe eft de deux fortes. »
images/icones/neutre.gif  ( 636014 )"vieux" français par Sic transit (2012-06-12 07:11:23) 
[en réponse à 636010]

- J'ai failli faire observer à Nemo que son expression "vieux français" ne correspond à rien: au XVIIe siècle c'est le français classique, quasiment le nôtre, avec quelques tournures différentes et un vocabulaire qu'il faut parfois préciser.

- Ce qui saute aux yeux, ce sont deux particularités de graphie:
- le "s" long, qui ressemble à un "f" mais en est différent, il a été utilisé jusqu'à la fin du XIXe siècle environ (et plus encore dans l'écriture de ceux qui avaient appris ainsi)
- le "oi" pour "ai", qu'on trouve lui aussi, selon les éditions, encore tardivement au XIXe
Et j'ajoute la ligature entre le "s" et le "t" qui m'a longtemps troublée.

Il suffit d'un peu d'entrainement pour aller au-delà de ces apparences.


images/icones/iphone.jpg  ( 636016 )Vieux français par Nemo (2012-06-12 07:30:53) 
[en réponse à 636014]

Je ne vois pas pourquoi vous réfutez l'expression vieux français. Je l'appliquais à une traduction que j'ai à ce moment sous les yeux, du XVe siècle. Le très érudit Leroquais écrit lui-même page 8 "dans le vieux français souple et savoureux du XVe siècle". Bien sûr je ne qualifierais la langue du XVIIe de vieux français.
images/icones/fleur.gif  ( 636017 )Dans ce cas... par Sic transit (2012-06-12 07:43:44) 
[en réponse à 636016]

L'expression que vous citez marque ces différences de syntaxe et de vocabulaire dont je parlais plus haut.

Mais ce n'est pas une autre langue, comme l'ancien français, et le terme est trop souvent utilisé abusivement.
images/icones/neutre.gif  ( 636018 )2 cas par Aigle (2012-06-12 08:16:05) 
[en réponse à 635877]

Il y a deux façons d'abroger un texte : explicitement (en général lorsqu'on supprime une règle en la remplaçant par ... rien !)ou plus fréquemment implicitement en adoptant un texte contraire qui se substitue au texte abrogé.

Dans le cas de figure que vous citez on doit à mon avis considérer que la constitution conciliaire et les textes relatifs au nouveau missel romain valent abrogation implicite.

Les décisions des Papes peuvent toujours être abrogées ou réformées par un autre Pape sauf dans les rares cas prévus par le Concile Vatican I au sujet de l'engagement infaillible d'un enseignement relatif à la foi et aux moeurs.

Telle est ma vision du sujet.